[00:00:02] Gauthier Seys: Mais au fait, ça se passe comment la vie à Dubaï aujourd’hui? 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui on décolle avec Éric Dartige-Dufournay, direction Dubaï. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde.
[00:00:26] Eric Bartige Du Fournet: Mais mon invité a le don d’ubiquité puisqu’il est aussi El Mostacho.
[00:00:34] Gauthier Seys: On a découvert son parcours il y a un an sur ce podcast de la radio des Français dans le monde. Derrière El Mostacho, qui chaque année rassemble de l’argent pour Movember, il y a Éric. Bienvenue Éric!
[00:00:47] Eric Bartige Du Fournet: Salut Gauthier, ravi de te revoir depuis l’année dernière.
[00:00:50] Gauthier Seys: Eh bien oui, déjà un an de passé. Il s’est passé 2-3 trucs d’ailleurs en un an.
[00:00:53] Eric Bartige Du Fournet: Il s’est passé d’autres trucs, en effet. On peut, on pourra en reparler effectivement, mais ça a pas été de tout repos là à Dubaï.
[00:01:01] Gauthier Seys: Alors on va commencer d’abord par ce personnage que tu as créé il y a quelques années, Elmo Snatcho, qui a ramené 12 000€ l’année passée pour l’association Movember. Un petit rappel sur ce qu’est Movember et Elmo Snatcho?
[00:01:13] Eric Bartige Du Fournet: Avec plaisir. Movember, c’est donc une association qui a été créée il y a 25 ans à peu près par des Australiens. L’idée était et est toujours de supporter la santé masculine. Donc après Octobre Rose en octobre, on fait Movember en novembre. Le principe est simple pour les hommes, on se laisse pousser la moustache pour montrer l’appartenance au mouvement, faire parler les gens autour de soi, faire parler du fait qu’il faut prendre soin de sa santé, notamment chez les hommes. Tout ce qui est détection des cancers masculins, cancer des testicules, cancer de la prostate. Donc messieurs, faites-vous détecter quand vous avez quelque chose qui tourne pas rond. Donc novembre arrive, on est encore qu’en octobre, j’ai encore un mois, la moustache ressortira. Et El Mostacho, c’est le combattant pour la santé masculine ayant habité au Mexique par le passé. Je me suis fait faire un beau costume rouge et jaune, de lutteur pour la santé masculine. Et donc ce costume ressortira au 1er novembre, bien sûr.
[00:02:04] Gauthier Seys: On invite nos auditeurs, notamment ceux qui vivent sur la zone de Dubaï, à suivre tes pérégrinations lorsque tu seras dans ton beau costume d’El Mostacho. Tu évoquais ta vie à Mexico. Je te propose un petit flashback. On revient en novembre 2022. La société dans laquelle tu travailles te propose de changer, de migrer vers Dubaï. Rappelle-moi, à ce moment-là, quels étaient, quand tu discutes avec ta femme et les enfants sur ce projet, quelles étaient les a priori que tu pouvais avoir sur Dubaï?
[00:02:33] Eric Bartige Du Fournet: Bon, il y en avait un paquet. Déjà, je connaissais pas du tout, du tout cette région, la région du Middle East. Les a priori, ils sont assez simples. Il fait très chaud, c’est le premier truc qui a été dit et redit. Il fait très chaud, c’est le désert. Moi, je suis plutôt breton du Nord, donc je suis plutôt pas trop chaud. Ensuite, une ville très moderne avec des malls, des grands bâtiments, des grands buildings, pas trop de nature. Les a priori étaient plutôt négatifs. Un pays jeune et récent, donc probablement en termes de culture, quand on vient du Mexique où il y a quand même beaucoup d’années d’histoire et des vestiges mayas. Là, clairement, à Dubaï, c’est pas sur ça qu’on va tabler. Et puis quand même ces rumeurs ou cette image de bling-bling et de superficialité, d’influenceurs, de fric, qui est sympa pour rigoler, mais on se dit pas forcément, enfin, on va aller habiter là-bas, on sait pas très bien comment on va être bouffé, quoi. On sait pas très bien si c’est vrai, si c’est pas vrai. En tout cas, les a priori étaient pas forcément hyper positifs. Après, Il y a quand même des a priori positifs. Il fait beau tout le temps, c’est moins loin de la France que le Mexique, donc ça c’est pas mal. Et un truc qui n’est pas une rumeur parce que c’est vrai, on paye pas d’impôts à Dubaï et ça c’est plutôt sympa. Il y a quand même des aspects un peu sympas.
[00:03:43] Gauthier Seys: Alors justement, lorsque vous vous y installez en famille, au bout de quelques mois, quelques années, quelle est ton analyse? Est-ce que tu as fait le bon choix? Est-ce que tu étais heureux là-bas?
[00:03:53] Eric Bartige Du Fournet: Alors j’ai fait un très bon choix parce que ça fait 4 ans et on est toujours aussi heureux. Il y a beaucoup de choses qui sont dans les a priori qui sont à moitié fausses ou totalement fausses. Donc on peut parler d’abord du climat. Il fait effectivement chaud, mais en fait à Dubaï, il fait chaud 4 mois par an. Genre vraiment très chaud, on peut pas sortir. Pendant 8 mois par an, on éteint la clim littéralement. Il y a plus de clim dans les maisons, en tout cas dans la mienne, et on passe sa vie dehors. On fait du sport, on peut vraiment être tout le temps dehors. C’est un climat hyper agréable. Il fait même un peu frais vers décembre-janvier. Et puis si on va dans le désert, il fait carrément froid. Donc le climat est pas forcément aussi difficile que ce qu’on pourrait imaginer. Ensuite, toute la partie superficialité, c’est ce qui sort dans les médias, donc tout ce qui est influenceur et tout. Ensuite, la vraie vie à Dubaï, il y a des tas. La communauté française notamment est très riche en termes de type de profil, de type de famille. On s’est fait des tas de copains à Dubaï, des gens qui nous ressemblent, des gens qui nous ressemblent pas du tout, des centres d’intérêt hyper variés, beaucoup de sport, beaucoup de sorties le week-end dans le désert, dans les wadis. Donc en fait, pas forcément que des malls et pas forcément que des restos de luxe, on tourne à 53 étages, on va camper dans le désert en fait un week-end. Donc tu vois, en termes de week-end de ouf, c’est pas forcément ce que tu peux imaginer. Et puis la vie est facile, c’est hyper bien organisé. Très clairement, l’intérêt d’avoir une ville jeune comme Dubaï, Abu Dhabi aussi, c’est que j’imagine que les visionnaires qui ont créé ces villes-là se sont inspirés des best practices de toutes les autres villes autour. Et en tout cas, jusqu’il y a 4 ans. Là, ça commence à coincer, tu vois, le trafic. Mais ils avaient fait des plus beaux plans d’urbanisme, ils se sont inspirés des grandes villes les plus récentes. Tu peux pas imaginer toutes les démarches administratives, à quel point c’est facile. Tu as un Emirates ID qui est ta carte d’identité, qui est connectée à tout. Tu, enfin, dans les aéroports, tu sors même plus ton passeport. J’atterris à Dubaï Airport, moins d’une heure après, je suis dans mon lit et j’ai récupéré ma valise. C’est hyper efficace, hyper rapide. Ça, c’est redoutable. Donc ça, c’est plutôt agréable. Et puis effectivement, il y a pas mal d’industries et c’est assez actif. Donc tu vois, t’es pas là à te dire on s’emmerde. C’est une région clairement qui est dynamique. La région du Middle East, ça tire vers le haut et ça continue.
[00:06:13] Gauthier Seys: Alors on va arriver le samedi 28 février. Tu te souviens de cette date, toi, t’étais où?
[00:06:18] Eric Bartige Du Fournet: J’étais dans le désert en train de camper.
[00:06:20] Gauthier Seys: Et puis soudain, tu vas découvrir que les USA ont attaqué l’Iran, que l’Iran riposte sur toute la région de façon étonnante d’ailleurs, puisque ça n’était pas de base des pays qui étaient en guerre avec eux. Et là, vous allez avoir quelques mauvaises surprises. Des bombes vont éclater dans le ciel, interceptées par le système de défense. C’est très rodé, c’est, ça marche très très bien, mais c’est très spectaculaire.
[00:06:44] Eric Bartige Du Fournet: Ouais, en fait, ça faisait quand même quelques semaines entre potes qu’on se disait bon, c’est chaud quand même. C’est comme quand tu regardes ton horloge de l’Apocalypse, l’aiguille, elle se rapprochait dangereusement de minuit. Donc on commençait à le sentir le truc. Après, on se disait tous mais non, mais c’est pas possible, ils vont pas faire ça, ils vont pas faire ça. Bon bah si, ils l’ont fait. Donc effectivement, ce 28 février au soir, moi j’étais dans le désert et ma femme et les enfants étaient à Dubaï. Donc nous, on a commencé à entendre des boums, on a surtout commencé à entendre nos téléphones, donc avec nos femmes à Dubaï qui qui nous envoyaient des messages comme quoi ça pétait dans le ciel, que les fenêtres tremblaient, que ça explosait. En gros, il y avait des tirs de missiles. Donc rapidement, on a tout de suite essayé de savoir mais qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce qui se passe? Alors donc, comme tu décris, il y a eu des ripostes de l’Iran sur Dubaï, notamment pour viser les bases américaines qui étaient basées aux Émirats arabes unis. C’est surtout ça qui s’est passé au début. Les Émirats arabes unis n’ont jamais eux-mêmes attaqué l’Iran. C’est vraiment que les États-Unis basés aux Émirats arabes unis, d’après ce que je sais. Je ne suis pas géopoliticien. Et donc en quoi ça ressemble à quoi? Effectivement, Tu as alors tout d’abord, avant les bombardements en règle générale, tu as ton téléphone qui se met à vibrer et qui se met à sonner de façon assez désagréable. C’est une alarme géolocalisée qui est envoyée sur tous les téléphones d’une certaine zone, donc ça gueule. C’est vraiment une sonnerie, tu l’aimes pas celle-là, tu vois, c’est la sonnerie et puis en pleine nuit, et puis même si tu as éteint ton téléphone, enfin bref, ça sonne quoi. Donc déjà tu as ce son-là, donc tu t’attends ensuite à un boom effectivement. On a entendu sur les semaines qui ont suivi ce 28 février, même les mois puisque ça s’est vraiment calmé qu’à partir de mai-juin, on a entendu régulièrement cette sonnette et puis des boums plus ou moins proches, plus ou moins forts. Les 2 vraiment que moi j’ai entendus, là vraiment les fenêtres ont bien tremblé, c’était un peu plus tard, c’était vers fin mars où il y en a eu 2 coup sur coup. Je suis pas expert mais je crois qu’il y avait plusieurs types de missiles qui étaient envoyés, des missiles balistiques, des missiles machin, il y avait des drones donc on a compris un peu ce qu’ils nous envoyaient et notamment ce que Dubaï faisait pour répondre à cette attaque, c’est-à-dire ce que tu as décrit, un système de défense antimissile et anti-drone méga rodé, méga méga méga rodé. Il y a pas grand-chose qui passait. Donc les médias ont retranscrit effectivement un hôtel qui brûlait sur La Palme assez rapidement, quelques flammes vues à l’aéroport, mais je crois qu’il y a eu 3000 missiles tirés. D’un point de vue vie à Dubaï, nous ce qui s’est passé c’est, bon bah de toute façon quand tu habites dans une maison tu vas pas aller plus bas que là où tu es. Donc tu vas pas dans ton garage, tu vas pas dans ta baignoire. C’était pas le cas pour ceux qui habitaient dans des tours où là, dès qu’il y avait alarme, c’était tout le monde descend dans le parking et on se réfugie. Donc moi j’ai eu des collègues qui effectivement ont passé des moments difficiles parce que quand ça sonne la nuit, faut prendre les enfants, tu vas dans le parking. Mais quand tu es dans une maison, bon bah ça sonne, bon bah voilà, tu attends, c’est un feu d’artifice, comme un feu d’artifice. Le risque Le risque, il était minime selon moi. En tout cas pour nous qui habitons dans un quartier résidentiel, l’Iran va pas aller s’amuser à aller taper sur des maisons ou des quartiers résidentiels. Enfin, je vois vraiment pas pourquoi il ferait ça. Le risque de se prendre un débris de missile sur la tronche, bon bah oui, tu peux aussi risquer de te faire bouffer par un requin quand tu te baignes ou d’avoir un accident d’ascenseur. Tu vois, statistiquement parlant, il y a beaucoup plus de chances de crever dans un accident de bagnole que de se prendre un bout de missile. Donc tu relativises assez rapidement. Et voilà. Et donc la vie continue. Nous, on n’a rien changé de notre quotidien. Alors le quotidien a un peu changé parce que l’école a rapidement fermé pendant un mois et demi, donc on a eu les enfants à la maison. Moi, mon bureau étant au Financial Center a fermé aussi pendant un mois et demi. Ma tour a été touchée par un drone, donc tu te dis c’est peut-être pas plus mal. Du coup, c’était un peu retour au Covid, tout le monde à la maison, l’école à la maison, mes enfants étaient un peu plus grands, donc c’était pas forcément évident mais c’était plus court. Parce que ça a duré qu’un mois et demi, une grosse partie des Français est restée. Quelques-uns sont partis, mais une grosse partie des Français est restée.
[00:10:41] Gauthier Seys: Justement, tu me disais en préparant cette interview, forcément avec la famille, les collègues, les amis, on se pose des questions, mais on a finalement vite des réponses parce qu’on voit que tout ça est bien tenu, bien organisé. Ça va surtout impacter très rapidement le tourisme, les touristes vont plus venir du tout, mais votre quotidien, non?
[00:10:57] Eric Bartige Du Fournet: Non, le quotidien, il faut faire la part des choses. Encore une fois, nous on n’a pas vu la menace de près, on n’a pas vu de drone. Moi j’ai pas vu de drone de mes yeux, ce qui est pas le cas de certains collègues qui dans des tours. Les sociétés ont eu des comportements aussi assez différents. Certaines sociétés ont dit on rapatrie tout le monde vite. Certaines sociétés comme la mienne ont décidé de rapatrier au cas par cas, c’est-à-dire que la recommandation dit écoutez, la sécurité du groupe dit restez, par contre si certains d’entre vous le sentent pas, voilà, en gros se sentent pas en sécurité, alors on prendra en charge un rapatriement dans votre pays d’origine. Donc ce qui était, je trouve, qui était la bonne approche parce que c’est pas intrusif, chacun fait ce qu’il veut. À part ça, effectivement, l’école à la maison, mais oui, pas de grands changements en fait.
[00:11:40] Gauthier Seys: Octobre 2026, on va regarder un petit peu. Tu me disais tout ce qui est dans l’univers hospitality, comme on dit, donc les restaurants, les parcs d’attractions, le tourisme en général est quand même impacté. Les importations sont impactées, le port est moins fréquenté. Il y a eu un dérèglement, il faut un peu de temps pour se remettre en place. Même pour le tourisme, il y a de l’espoir que les choses se remettent d’équerre?
[00:12:01] Eric Bartige Du Fournet: Il y a de l’espoir parce que Dubaï, et moi j’étais pas là depuis assez longtemps, mais quand tu discutes avec des personnes qui sont là depuis 20 ans, Dubaï, ils te disent que c’est une ville qui rebondit 4 fois plus haut que ce qu’elle était avant. Donc aux différentes crises qu’il y a pu avoir, le Covid, là cette guerre, ils te disent tous on est confiants que Dubaï sera 10 fois plus rapide et plus gros. Donc ils ont un certain dynamisme. Le tourisme, on en parle effectivement. Pendant cette période qui était une forte période, mars, avril, mai, c’est la high season pour Dubaï parce qu’on sort de l’hiver où il il commence vraiment à faire bon, pas encore trop chaud. Bon bah là, clairement, les taux d’occupation des hôtels étaient à 5% alors qu’ils sont plutôt à 95%. Donc on a eu une grosse phase de désertion, personne ne pouvait venir. Accessoirement, même si tu voulais venir, clairement tu ne pouvais pas parce que pas mal de compagnies aériennes ont suspendu leurs vols, notamment Air France. Seulement Emirates, en gros, a continué d’opérer. Il faut se dire qu’aujourd’hui, Dubaï, la philosophie des dirigeants de cette ville est coûte que coûte, il faut qu’on fasse revenir du monde. On ne peut pas se permettre d’avoir une ville qui est connue pour être la plus safe du monde et de dire on prend des drones sur la tronche. Donc coûte que coûte, c’est ce qu’a fait le gouvernement. On ne peut pas dire que ça ait complètement fonctionné pour l’instant parce que la guerre, elle s’est éloignée, mais elle n’est pas terminée. Donc clairement, ça fait longtemps qu’on n’a plus eu d’alerte et à ma connaissance, ça fait longtemps qu’il n’y a plus eu un drone qui a survolé le territoire des Émirats. On a eu une alerte, je crois, la dernière, c’était fin août, mais c’était un peu isolé. Donc il va falloir un peu de temps pour que les gens considèrent de revenir passer des vacances ici, en sachant bien que c’est pas complètement fini dans la région. Ils se font pas encore des grandes accolades, les Iraniens et les Américains. Il y a encore des villes autour, que ce soit le Bahreïn ou le Qatar ou le Koweït, qui prennent encore des tirs de missiles. Et donc c’est pas du tout terminé. Donc la région en elle-même n’est pas encore gage de safety, si tu veux. Il y a des gens qui se disent, bah non, mais tu sais quoi, allons plutôt au Maroc, allons plutôt en Espagne, allons plutôt en Thaïlande. Les estimations de tout ce qui est hospitality disent, on espère revenir à 50-60% vers Noël et puis revenir à 100%, entre guillemets, de taux d’occupation versus ce qu’on aurait dû avoir en 2027 vers avril-mai. Donc tu vois, on n’est pas du tout encore arrivé, mais ça en prend le chemin quand même.
[00:14:19] Gauthier Seys: Finalement, ça ressemble un peu à la période post-Covid. La remise en place est lente, mais ça se remet en place.
[00:14:24] Eric Bartige Du Fournet: Alors tu dis c’est lent, tu te dis que pour une ville qui a quand même ramassé 3000 missiles, c’est bien moins pire que ce qui aurait pu être dans, dans d’autres situations. Donc ils se relèvent, et je commence à voir, ils se relèvent vachement vite, hein, franchement. Ils, ils mettent en place plein de mesures pour faire venir les touristes. Donc si tu viens et que tu dis que tu visites un pote, on va te filer un accès à un parc d’attraction, on va te filer une place dans un beach club. Donc ils essaient de mettre en place des trucs assez attractifs. Les prix vont peut-être finalement commencer un peu à baisser, ce qui est une bonne chose. C’était un peu n’importe quoi le gin tonic à 30€. Il y a des choses qui vont se rationaliser un peu. Dubaï était en croissance ininterrompue et exponentielle. Et là, effectivement, tu mets un petit coup qui remet un peu de raison dans cette espèce de croissance à la démesure. Et moi, je trouve que c’est plutôt une bonne chose. Les loyers vont moins exploser. Ah oui, ils baissent pas encore. Pas arrivé, mais, mais les loyers arrêtent d’augmenter, en tout cas pour l’instant. Le rythme se ralentit, mais pour autant ça progresse encore. Le, le trafic est revenu à 100%, il y a des bouchons, les gens sont revenus un peu moins. C’est ce que je te disais, on voit dans les classes des enfants, il y avait peut-être 23-24 gamins l’année dernière, ils sont plutôt 18-19. Donc même les, les résidents expatriés peut-être sont pas encore complètement revenus. Après, si tu te dis que les expatriations se décident peut-être en mars, bah c’est-à-dire qu’en mars, chéri, viens, on va s’installer à Dubaï. Bah non, on va peut-être pas aller s’installer à Dubaï, tu vois. Il y a peut-être eu des décisions qui ont été avortées à cette période-là, quoi.
[00:15:57] Gauthier Seys: Il me semblait important, Éric, de revenir sur la Radio des Français dans le Monde sur un peu un suivi de ce dossier, parce qu’on en a beaucoup entendu parler en préparant l’interview. Encore une fois, on disait à quel point on en avait mal entendu parler, avec un focus sur des influenceurs un faux sujet finalement. C’est pas la réalité, c’est pas votre quotidien, c’est ce que tu disais.
[00:16:17] Eric Bartige Du Fournet: Non, pas du tout. Après, encore une fois, chaque personne a vécu cette période à sa façon, et la façon dont je l’ai vécue moi n’engage que moi. Moi, j’ai pas du tout été— j’ai pas eu peur à aucun moment. À aucun moment j’ai craint pour ma vie, ni celle de mes enfants, ni de ma famille. Je sais qu’il y en a qui ont vécu ça de façon très différente, et c’est pas du tout une critique. Il y a des familles dont les familles sont reparties en France parce qu’ils le sentaient pas. Donc tu vois, vraiment, c’est à chacun, chacun gère son truc. Oui, les vidéos de personnes totalement paniquées, Macron vient me chercher, oui, c’était pas forcément— j’ai pas croisé grand monde qui était dans ce cas-là, moi personnellement.
[00:16:58] Gauthier Seys: C’est pour ça que je voulais me tourner vers toi et que tu donnes ton avis, qui est évidemment bien le tien, qui ne peut-être pas représenter l’ensemble des avis des expatriés français sur Dubaï, mais je pense que ça donne un un bon visuel de, de la situation à ce jour. Je te souhaite le meilleur pour la suite. Prépare ton costume El Mostacho, tu auras bientôt à le mettre. À très vite alors.
[00:17:21] Eric Bartige Du Fournet: Avec plaisir, merci Gauthier.
[00:17:26] Gauthier Seys: Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale, radio et podcast sur fdlm.fr.