Parentalité & Expatriation : le coaching d’Anne Bargiacchi

Avez-vous déjà envisagé de vivre à l’étranger avec votre famille et de vous confronter à une nouvelle culture ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » réalisé en partenariat avec Expat Pro, Gauthier Seys pose cette question intrigante à ses auditeurs avant de les emmener dans un voyage virtuel aux États-Unis, à proximité de San Francisco. Il nous invite à réfléchir aux défis et aux opportunités que représente la vie d’expatrié, surtout pour les familles.

L’invitée de cet épisode est Anne Bargiacchi, une médecin psychiatre spécialisée dans la santé mentale des enfants et des adolescents, ainsi qu’une coach parentale. Originaire de Toulouse, Anne a suivi ses études de médecine en France avant de s’installer en Californie en 2019 avec son conjoint et leurs trois enfants. Elle partage son expérience personnelle de l’expatriation et de l’adaptation à une nouvelle vie, tout en mettant en avant son rôle d’accompagnement auprès des parents expatriés.

Au cours de l’épisode, Anne discute des défis qu’elle a rencontrés lors de son installation aux États-Unis, notamment les chocs culturels et l’impact de la pandémie sur sa famille. Elle aborde également son travail auprès des familles expatriées, en soulignant l’importance de soutenir les parents dans leur parcours de santé mentale et d’éducation de leurs enfants. Anne met en lumière les pressions modernes auxquelles font face les adolescents et leurs parents, et propose des solutions concrètes pour alléger leur fardeau.

https://auxcotesdesparents.com/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Anne Bargiaki. Direction les Etats-Unis.
10 minutes.
Je vous emmène à Nile Vallée. Nous sommes à 15 minutes du Golden Gate, près de cette très, très jolie ville de San Francisco. Bonjour, bienvenue Anne. Bonjour Gauthier, merci. Alors vous allez entendre, Anne a une voix très posée.
En plus, c’est l’aube pour toi. Tu t’es réveillée tôt pour la radio des Français dans le Monde. Oui, il est cinq heures du matin ici. Quel courage. C’est vrai qu’en même temps, les États-Unis commencent tôt leur journée, finissent tôt leur journée de travail, mangent tôt et vont se coucher tôt.
Absolument. On reste toujours très étonné de l’heure à laquelle ils vont manger le soir et du dîner à cinq heures. Alors que tu as, on l’entend dans ton nom de famille, des origines italiennes qui ont, eux, tendance à faire tout l’inverse. Exactement. On se retrouve aujourd’hui dans le cadre du partenariat avec Expat Pro, partenaire fidèle depuis cinq ans.
On va parler de ton activité aux côtés des parents. Alors, tu as un très beau métier, très utile. On va échanger ensemble sur ton parcours. Tu es docteur, médecin psychiatre des enfants et adolescents. Tu es coach parent et c’est cette activité de coach que nous allons mettre en avant aujourd’hui sur la radio des Français dans le Monde.
Mais si tu veux bien, commençons par Toulouse. Tu originaires de là-bas, études de médecine et ensuite internat à Paris où tu vas obtenir ton diplôme. La France est bien loin, non? Oui, ça paraît loin tout ça. Tu as décidé avec ton conjoint, qui a eu une opportunité d’être médecin à l’Université de Californie, de vivre l’aventure familiale.
Vous avez trois enfants lorsque vous arrivez en 2019. Ils ont 9, 6 et 3 ans. C’est quoi la volonté des parents de faire vivre cette ouverture à l’international aux enfants? Oui, c’est exactement ça. On s’est dit que c’était une chouette opportunité en famille et que pour les enfants, ça leur ferait à la fois une aventure, l’occasion de découvrir une autre culture, d’apprendre l’anglais.
Alors, vous y arrivez, vous vous installez. Est-ce que tu peux me dire quel est ton pire souvenir de cette période d’installation, de découverte d’un nouveau monde? Alors je pense que les premières semaines ont été remplies de moments où le temps de faire nos repères, de ne pas avoir nos affaires, de tout se découvrir. Mon mari qui commençait tout de suite à travailler à l’hôpital et donc trouver comment on inscrivait les enfants à l’école, à quelle école ils allaient aller, comment les journées s’organisaient, découvrir pour faire les lunchbox pour les enfants. Donc je pense que les premières semaines le plus dur ça a été de trouver nos repères et notre rythme.
peu mentalement fatigants? Mentalement fatigants et je pense qu’on a une vision parfois de l’expatriation et qui est pleine de super moments et de souhaits rencontres mais aussi en mesure je pense pas forcément à quel point ça peut être bouleversant de se retrouver dans un tout nouvel environnement. Et toi, avec l’expérience maintenant, est-ce qu’il y a des choses que tu ferais différemment pour ton arrivée dans un nouveau pays? C’est une bonne question. Je ne suis pas sûre qu’on aurait pu faire tellement différemment.
Je pense que peut-être je me serais plus préparée au fait que même dans un pays qu’on a l’impression de connaître comme les Etats-Unis, à travers tout ce qu’on en voit, de se préparer aux chocs culturels, je pense. Alors Anne, tu vas avoir une punition, parce que sur la radio des Français dans le Monde, on le dit constamment, préparez-vous, préparez-vous à l’interculturel, même dans des pays qu’on croit connaître. Alors attention, tu vas avoir une petite punition, je te dirai à la fin de l’interview laquelle. À l’inverse, le plus agréable pour une famille de vivre cette aventure, qu’est-ce que tu partagerais aux auditeurs? Je pense que le fait justement d’être en famille et de vivre tout ça, c’est des moments quand même assez incroyables de nous voir les uns les autres découvrir ce nouvel endroit, toutes ces nouvelles expériences, et puis voir les enfants s’épanouir au fur et à mesure aussi.
Ça a été vraiment chouette. Et c’est une carte magnifique pour eux de connaître cette expérience. Oui, c’est ce qu’on se dit. Aujourd’hui, ça fait quelques temps que vous êtes installée. Il faut dire qu’on arrive en 2019.
On voit donc la chose venir, la pandémie en 2020. Il y a eu quelques épreuves quand même. Notamment pour les enfants, pas d’école pendant un an. Enfin, pas facile. Oui, à un moment, on s’est quand même demandé si l’univers nous disait qu’il fallait rentrer et que ce n’était plus le moment de continuer.
Vous avez failli le faire? On s’est posé la question, je pense que ça a été dur, même pour mon mari qui est réanimateur, d’être là alors que les vagues d’hospitalisation n’ont pas forcément été au même moment, de ne pas se sentir très utile au début. Je pense qu’en tant que médecin, ce n’est pas simple non plus. Et puis l’éloignement de la famille, de ne pas pouvoir rentrer aussi pendant plusieurs années. Alors bon, les années vont passer, toi tu vas obtenir un poste au lycée français, tu vas travailler justement auprès des enfants sur la santé mentale.
Un mot sur ce mot qu’on utilise beaucoup maintenant, beaucoup plus qu’avant. C’était très intéressant en préparant cette interview. Tu m’as dit finalement, la période Covid, le confinement pour l’adolescent, ça n’a pas été cool, mais il y avait déjà tout un faisceau entre l’état du monde, de la planète, des réseaux sociaux. Il y avait déjà des choses qui se mettaient en place et qui n’allaient pas être cool pour les ados. Oui, les chiffres sont vraiment inquiétants aujourd’hui, mais ils commençaient à l’être même avant la pandémie.
Donc, on sait qu’il y a beaucoup de choses qui ne sont pas liées uniquement à ce qui s’est passé pendant le Covid et qu’il faut continuer à faire attention à nos enfants et adolescents. Ça, je crois que tout le monde le sait après. Alors moi j’ai 54 ans, j’ai été ado dans les années 80, c’est vrai qu’on écoute les chansons des années 80, il y a une légèreté qui a plu aujourd’hui, on sent un stress quasi continu, parfois émanant d’ailleurs du sol américain. Comment on prend ça en pleine tête quand on a 15-20 ans? Alors, je pense que pour eux, ça fait beaucoup de choses à encaisser.
Moi, ce que je voyais beaucoup au lycée français, c’était des jeunes qui essayaient de trouver du sens dans tout ça et de trouver leur place, ce qui est déjà le propre de l’adolescence, mais de savoir aussi comment ils pouvaient être utiles, mais aussi d’avoir beaucoup de doutes sur leur avenir et ce qui allait se passer pour eux et qu’est-ce que tout ça voulait dire pour ce qu’ils allaient devenir. Mais docteur, en même temps, si on regarde un peu de façon lucide, on vit mieux, on mange mieux, on est mieux accompagnés, on a quand même des outils merveilleux autour de nous. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ça devrait être mieux. Je suis d’accord avec ce constat-là. Je pense qu’il y a, et c’est intéressant d’ailleurs, je pense qu’il y a une partie aussi qui est très liée au discours et à la comparaison, à comment on vit les choses aussi, par rapport à ce qu’on imagine qui devrait se passer.
Et que tout n’est pas forcément dans ce qu’on pourrait voir objectivement, mais aussi beaucoup dans la façon dont c’est raconté. Parce qu’évidemment, être un enfant dans la mine, je suis dans le nord de la France. On était à la mine à 14 ans. Je pense pas que c’était le kiff. Ouais, non, je pense que les préoccupations ont bougé beaucoup, mais qu’il existe une forme de pression et qui est vraie sur les parents aussi.
Elle existe sur les enfants et les adolescents, mais elle est très vraie sur les parents. Et je pense que ça participe aussi à pourquoi les enfants et ados ne font pas bien. Et c’est pour ça que tu es aux côtés des parents. C’est le nom que tu as choisi pour ton activité. Bravo.
Tu l’as lancé en août dernier. Être aux côtés des parents pour les aider, les écouter, les accompagner, éclaircir un peu les parcours de santé qui peuvent être parfois compliqués. Lorsqu’on t’annonce que ton enfant a un trouble XY, tu es là. Exactement. Et c’est vrai que c’est des situations où ce que les parents racontent beaucoup, c’est qu’à la fois, le diagnostic peut soulager, mettre des mots, donner des informations, mais qu’il y a aussi un côté et après.
Qu’est-ce que ça signifie? Qu’est-ce qu’on fait? Et ce qui est vrai, pour avoir travaillé à l’hôpital, on n’a pas toujours le temps de donner plein d’infos, de donner plein de ressources, d’expliquer aux parents vers qui se tourner pour du soutien entre pairs, par exemple. Et donc, c’est ce que je fais. Alors par exemple, quand on découvre pour un enfant qu’il va falloir entamer une série de soins particuliers, tu peux être aux côtés des parents pour leur expliquer les démarches, ce qui va se passer, combien de temps ça va se passer, comment on verra les améliorations.
C’est ça, exactement. Je pense que le fil rouge, c’est vraiment mettre des mots sur les expériences des parents avec leurs enfants et mettre ça en lien avec les diagnostics et les soins que les parents voir vers où ils vont et que tout ça ait du sens et soit moins douloureux pour eux aussi. Tu dois avoir des parents qui, lorsqu’ils quittent un rendez-vous avec toi, doivent être soulagés, non? C’est ce qu’ils me disent et j’espère, c’est vraiment l’intention, c’est ce sentiment d’avoir déposé un petit bout du fardeau et aussi d’y voir plus clair, je pense que ce soit. Et parfois c’est juste ça d’ailleurs, c’est juste une seule séance et on discute, pas que de la discussion, j’essaie de donner des outils concrets, des éléments concrets, mais c’est ce qu’ils disent que ça soulage.
Tu parles sur ton site de parents épuisés. On réfléchit moins bien quand on est épuisé, quand on s’est pris une claque avec une mauvaise nouvelle sur la santé de son enfant. Là, tu redonnes un petit peu d’air et de courage. C’est ça et c’est ce que je vois beaucoup, c’est des parents qui font vraiment absolument du mieux qu’ils peuvent et qui en même temps se heurtent à plein d’obstacles, plein de barrières et que de temps en temps, la possibilité qu’eux soient aussi pris en charge, aidés est quelque chose d’important. Alors concrètement, tu travailles à distance avec des familles expats.
Comment on entre en contact avec toi, Docteur Anne? On peut rentrer en contact avec moi ou directement sur mon site internet. Il y a plein de différentes manières de me contacter, soit par e-mail, soit par texto, WhatsApp, de faire un premier rendez-vous gratuit pour prendre connaissance, pour faire connaissance et décider de la suite. Et voilà, ou justement envoyer un e-mail directement sans passer par mon site internet. Et vous avez remarqué, chers auditeurs, le calme qui se dégage de la voix de Anne.
Ça doit être fantastique de passer un entretien avec toi parce que voilà. Est-ce que tu t’énerves de temps en temps, Anne? Oui, ça m’arrive. Pas avec mes clients. Bon, avec les trois enfants, de temps en temps, il faut mettre les points sur les livres.
C’est ça, quand même. Arrête TikTok! Ça suffit maintenant. En tout cas, au plaisir de te retrouver à nouveau sur notre antenne parce que tu as vraiment une mission importante pour nos auditeurs et ils peuvent te contacter grâce au lien disponible dans le descriptif de ce podcast. Je te souhaite une bien belle journée.
Allez, le prochain thé, tu bois votre café. Le prochain thé, il est pour moi. OK, ça marche. Merci beaucoup. À très vite.

__________________________________________________
Podcast n°2659 (février 2026)

Francaisdanslemonde.fr : le média de la mobilité internationale
Radios & podcasts disponibles partout, cherchez « FRANCAIS DANS LE MONDE »
Installez l’APP pour votre mobile
www.fdlm.fr

Podcasts à ne pas louper !