Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Stéphane Arnoux, délégué général de français du monde à DFE. On parle de leur baromètre. 10 Minutes.
26 000 Répondants à cette enquête, enfin 25 688 pour être précis. Bonjour, bienvenue Stéphane. Bonjour Gautier, merci de m’accueillir. Content de te retrouver pour plonger dans cette vaste enquête. Vous avez publié sur votre site déjà la synthèse principale mais d’autres articles.
Vont arriver dans les prochains jours et nous allons ensemble regarder les essentiels que l’on peut tirer de cette enquête. Un petit mot pour commencer Stéphane pour rappeler l’implantation dans le monde entier de l’Association Français du Monde ADFE. Alors déjà pour présenter rapidement l’association c’est effectivement l’une des principales associations représentant les français et les français établieurs de France. Elle est reconnue d’utilité publique. On oeuvre depuis 1980 dans l’accompagnement de nos compatriotes à l’étranger.
On couvre des sujets qui sont très variés, que ce soit l’accès au droit, la protection sociale, l’éducation, la citoyenneté, donc l’éventail est assez large. Notre association est présente sur le terrain dans environ 80 pays. À travers 110 sections locales qui organisent différents événements pour fédérer la communauté française et lui apporter un certain nombre d’informations. Depuis quelques années nous sommes partenaires avec la radio des français dans le monde, je vous invite à découvrir sur la page du club des partenaires notamment la présentation de l’association et aussi un certain nombre d’interviews que j’ai pu faire parce que tu m’as promené dans le monde à la rencontre de vos adhérents. Absolument et on est d’ailleurs ravis de continuer ce partenariat avec toi et grâce à toi justement on voit les diversités des profils de nos compatriotes à l’étranger.
Alors justement on va s’intéresser pour commencer aux répondants de cette vaste enquête que vous venez de mener. Les résultats donc viennent de tomber. Commençons par l’âge de ceux qui ont répondu. Quel enseignement on peut tirer? Alors déjà, c’est difficile de synthétiser en une figure, en un persona, ce que sont les Français de l’étranger, puisque les contextes géographiques, les contextes sociaux sont très différents.
Si on s’arrête sur l’âge, on se rend compte qu’on a une belle portion de nos répondants qui ont plus de 45 ans, environ 63%. Au début, en lisant ce score-là, si je puis dire, ça nous a un peu interpellés, mais en comparant avec le dernier rapport du gouvernement concernant les Français de l’étranger, on voit qu’on est à peu près sur la même moyenne d’âge qu’aussi autour de 40 ans. Alors au niveau de l’âge, on pourrait avoir l’image que ça se rajeunisse avec les digital nomades et les choses comme ça. Finalement, dans les chiffres, ça ne se voit pas de façon flagrante. Alors dans les chiffres, ça ne se voit pas forcément de façon flagrante.
En effet, nous, l’un des biais quand même qu’il faut accepter dans notre étude, c’est que les personnes âgées de moins de 20 ans sont sous-représentées. Il y a des Français qui sont nés à l’étranger. Malheureusement, ils sont très peu à avoir participé à cette enquête. Donc forcément, ça fait augmenter la moyenne d’âge. Les personnes, comme je le disais, de plus de 40 ans ont bien participé à l’enquête, et forcément ça va avoir une incidence dans les préoccupations qui sont mentionnées.
Dans le top 3 des préoccupations, on va les survoler ensemble, un grand sujet c’est la retraite, avec un manque d’informations visiblement. Absolument, donc la retraite c’est probablement l’un des enseignements les plus constants, alors pas seulement de cette enquête, c’est des 4 éditions du baromètre. Je rappelle que cette initiative elle est portée depuis 2019, Et systématiquement, peu importe les contextes, puisqu’on les a traversés depuis 2019, le monde a été bouleversé, comme tu le sais bien, mais la retraite reste en tête des préoccupations. Je crois que ça dit quand même quelque chose de fort au niveau de cette communauté. Pendant longtemps, l’expatriation, elle a été perçue comme une parenthèse.
Aujourd’hui, on parle plutôt de Français qui vivent durablement à l’étranger. La question de la retraite, elle est bien plus complexe pour une personne qui a effectué sa carrière dans plusieurs pays. Il y a des inquiétudes qui ne sont pas forcément liées à l’âge, mais plutôt une inquiétude qui est liée, comme tu le disais, à la lisibilité de ses propres droits. Comment faire reconnaître, par exemple, les périodes qui ont été travaillées dans différents pays, comprendre les règles qui sont applicables? Comment anticiper sa retraite quand on a une carrière internationale?
C’est toutes ces questions qui ressortent. Je précise aussi que l’enquête révèle que 41,2% des personnes qui ont entrepris des démarches pour leur retraite ont rencontré des obstacles. Le manque d’information, la complexité des conventions bilatérales ou le délai de traitement, quand ils sont très engagés sur cette question-là. En tout cas, si vous vous approchez de l’âge de la retraite, prenez-les devant. Bref, à partir de 40 ans, commencez à penser à votre retraite.
Ça va être un petit parcours du combattant, clairement. Autre sujet important, la géopolitique. Le monde n’est pas facile, n’est pas simple en ce moment. Oui absolument, la géopolitique avait déjà fait son apparition en 2022. Je rappelle qu’on entrait dans l’invasion de la Russie en Ukraine.
Les guerres, les conflits à l’astude de cela se sont multipliés, en tout cas se sont révélés dans les médias. On a beaucoup parlé. Forcément, là aussi, il y a une incidence dans ce que ça crée chez nos compatriotes. Je rappelle que dans les précédentes éditions, en 2019, par exemple, c’était très secondaire. Cette question-là était quasiment absente.
Les Français de l’étranger, eux, y vivent les bouleversements du monde de manière très directe. Là aussi, un chiffre peut être important. Quasiment 15 des répondants se déclarent fortement impactés par ces situations internationales. Bien sûr, quand on vit au Moyen-Orient, en Europe centrale, en Asie, dans certaines régions d’Afrique, on peut penser au Mali, par exemple, où les Français sont particulièrement sensibles aux questions de géopolitique. La sécurité, les changements d’équilibre géopolitique, tout ça va amener à de vraies problématiques qu’il va falloir traiter.
On voit quand même que c’est une préoccupation qui évolue et qui, par rapport aux autres, et aussi transversale au niveau des âges, c’est peut-être la seule qui va inquiéter autant les moins de 25 ans que les plus de 75 ans, contrairement par exemple à la question écologique qui est beaucoup plus apparente chez les plus jeunes, ou la retraite bien sûr qui va émerger chez les plus de 40 ans. Par contre, alors il y a un autre sujet qui fait l’unanimité, c’est l’inflation. Post-Covid, un peu partout dans le monde, une inquiétude s’est installée, notamment en Espagne et Portugal avec une inflation qui a explosé. Tout à fait, ce qui nous ramène aussi à ce tableau ou cette map-monde, on pourrait dire, que dresse ce baromètre. Les préoccupations ne sont pas les mêmes en fonction de la région du monde.
Le coût de la vie, on pourrait peut-être aussi le mettre en parallèle avec la préoccupation précédente, c’est-à-dire la géopolitique. Là, encore une fois, en 2019, cette question-là était quasiment absente. 12% Mentionnaient le coût de la vie comme une préoccupation, alors qu’aujourd’hui on est plutôt sur 30%, donc ça a plus que doublé, c’est assez parlant quand on l’observe. Ce qui est intéressant, c’est de voir que c’est une difficulté qui peut prendre des formes assez différentes selon la région du monde. Là aussi, ça va être peut-être le loyer dans certaines régions, ça va être les frais de scolarité dans d’autres.
Ou la question de l’accessibilité à la santé en fonction du pays dans lequel on réside. Petit focus justement puisque tu parlais d’enseignement, un petit peu compliqué ce sujet, ces derniers mois on en parle régulièrement sur notre antenne, qu’est-ce qui est ressorti de cette enquête? C’est un sujet qui a été très médiatisé, je pense aussi sur ton antenne, notamment dans la crise budgétaire que traverse le réseau AEFE, donc des lycées français, qui est à mettre peut-être là aussi en parallèle avec le coût de la vie. Si on s’inquiète pour son budget, on s’inquiète peut-être aussi des augmentations budgétaires et tout ce qui concerne l’accessibilité de ce réseau. Quand on est parent, je précise que 42% de nos répondants ont un enfant à charge.
Mais tous ne les mettent pas nécessairement dans un établissement français. Ce qui nous marque aussi dans les résultats de l’enquête, c’est que la EFE, la Mission Laïque Française, donc la MLF, le CNED, ont un déficit de notoriété. 44% Des répondants déclarent ne pas connaître les principaux acteurs, mais quand ils les connaissent, ils les déclarent peu ou inaccessibles. Donc ça pose quand même des questions. En tout cas, lorsqu’ils les connaissent, Ils estiment aussi que l’extension de certains dispositifs existants, notamment associatifs, je pense aux dispositifs FLAM, donc Français Langue Maternelle, mériterait peut-être de bénéficier d’une extension.
Ce sont des éléments sur lesquels on pourrait réfléchir un peu plus longuement avec les différents acteurs publics. J’en profite pour passer le message. L’AEFE aujourd’hui ou le CNED n’ont jamais communiqué, par exemple, sur la radio des Français dans le monde, alors que c’est ici aussi qu’il faut s’exposer pour qu’on les connaisse et puis qu’on puisse évidemment les utiliser. Petit message donné en cours de route. Dernier sujet, l’image de la France et pas forcément l’envie de revenir.
Absolument. La perception de la France est probablement l’un des résultats les plus subtils de cette édition. Au niveau des chiffres, on est sur 44,7% des répondants qui déclarent avoir une image négative contre 29,4%. Par contre, il ne faudrait peut-être pas s’arrêter sur ce constat, ce serait probablement une erreur ou un jugement peut-être ratif. Les Français de l’étranger continuent d’exprimer quand même un fort attachement à la France.
La culture française par exemple, la langue française, la francophonie, le patrimoine ou encore l’influence culturelle de la France restent largement valorisées. Ce qui est questionné, c’est pas tant ce que représente la France, c’est plutôt la façon dont elle fonctionne. Le baromètre traduit moins, je dirais, un détachement qu’une exigence. Donc ça, c’est un point aussi à bien considérer, je pense, dans les résultats qui émergent. Ces 120 pages vont être transmises aux décideurs publics.
L’idée, c’est qu’ils aient l’information pour peut-être faire bouger les lignes. Vous avez des attentes là-dessus? On a pu constater que dans différents contextes, les données qui sont issues de cette étude peuvent avoir leur impact. Je précise donc qu’au cours des précédentes éditions, on a déjà transmis ces gros dossiers à différents membres de l’exécutif. Jean-Baptiste Lemoyne, qui était alors secrétaire d’État des Français de l’Étranger, Sophie Primas ou Laurence Lamartin, qui était, eux, ministre dédié aux Français de l’Étranger.
On essaye aussi d’organiser des restitutions publiques pour permettre de prendre connaissance des chiffres, pour ouvrir aussi un certain nombre de questions, pour ouvrir un certain nombre de débats, notamment sur la question de la visibilité de certaines institutions qui répondent en fait à des attentes qui concernent nos compatriotes. Mais on a aussi vu que nos données ont pu être utilisées notamment sur des propositions de loi. Je pense à la question de l’accès aux comptes bancaires chez les Français, chez nos compatriotes hors de France. Ça a été fait par le passé, donc on espère que ces données permettront à des chercheurs ou des personnes intéressées dans ce domaine-là d’avoir une base de données solide concernant cette population qui est quand même estimée à 3 millions de personnes. Une mériterie qui soit bien sûr considérée dans les politiques.
Écoutez, absolument. Francais-du-monde.org, le résultat de ce baromètre est en ligne et arrive donc dans le futur des articles sur l’enseignement, sur la retraite, etc. Puisque Français du Monde ADFE vous accompagne dans cette mobilité internationale. Stéphane, un grand merci. Donc tu m’envoies de nouveaux profils à interviewer et à suivre dans les prochains mois?
Avec grand plaisir, on ne manquera pas d’en parler à nos adhérents qui sont toujours ravis de passer à l’antenne, souvent pour passer des messages joyeux ou des messages beaucoup plus engagés. Donc, on continue avec grand plaisir avec toi. Eh bien, vous êtes les bienvenus. Belle journée à toi, très vite. Également.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr. Et sur YouTube en cherchant Français dans le monde.