Présentation du podcast :

Avez-vous déjà réfléchi à l’importance de la représentation politique des expatriés français ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », nous nous penchons sur cette question cruciale avec notre invitée, Patricia Connell. Elle partage son expérience personnelle et professionnelle en tant que Française vivant au Royaume-Uni, et nous invite à explorer les défis et les opportunités liés à la représentation des Français de l’étranger.

Patricia Connell est une figure bien connue parmi les expatriés français au Royaume-Uni : installée en Angleterre par amour, elle a travaillé dans la communication avant de se lancer dans une carrière politique. Ancienne présidente du Conseil consulaire et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger, elle a consacré une grande partie de sa vie à renforcer les liens entre les communautés françaises à l’étranger et à moderniser leur représentation.

Dans cet épisode, nous discutons des élections consulaires récentes et de l’importance de la participation électorale des Français de l’étranger. Patricia met en lumière les défis de communication qui entravent souvent la mobilisation des électeurs expatriés et propose des solutions pour moderniser et humaniser les services administratifs grâce à l’intelligence artificielle. Elle souligne également le paradoxe d’un système unique de représentation qui, malgré ses avantages, souffre d’un manque de participation et de reconnaissance parmi les expatriés.

► Podcast n°2944 (juin 2026)

0:00:02-Bienvenue et introduction
0:00:28-La rencontre avec l’amour en colonie de vacances
0:01:05-S’intégrer au Royaume-Uni
0:01:35-Rapprochement avec la communauté francophone
0:03:18-Travail avec Elton John
0:03:43-Engagement dans la vie politique
0:05:25-La unique représentativité des Français de l’étranger
0:06:30-Problèmes de mobilisation lors des élections consulaires
0:07:50-Modernisation et humanisation des services administratifs
0:09:56-Challenges et solutions pour le vote par internet
0:12:22-Influence des Français de l’étranger dans les élections présidentielles
0:12:55-Regards sur les avantages français et réflexion finale

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Patricia Connell. On revient sur les élections consulaires. 10 Minutes.
Patricia Connell, C-O-N-N-E-L, ça c’est un nom bien british. Bonjour, bienvenue Patricia. Merci Gauthier, oui en effet. En fait c’est même un Irlandais d’origine. Il faut dire que c’est l’amour qui t’a amené à vivre au Royaume-Uni.
Très jeune, tu rencontres ton futur mari dans une colonie de vacances. Ça nous remonte à il y a quelques années. Ah oui, ça on peut le dire. Il y a très longtemps, j’avais 16 ans, il en avait 19 et on faisait du camping. Et c’était grâce au jumelage.
Jumelage entre ta ville d’origine, tu es de Saint-Denis et donc cette province de l’Essex où tu vas te retrouver depuis tu t’es installé là-bas. D’ailleurs, tu m’as dit après avoir grandi dans la banlieue parisienne, tu as été amené à t’installer par amour au Royaume-Uni. Et là, tu vas vouloir t’intégrer le plus possible, même cacher quasiment le fait que tu es un peu française. Absolument, je voulais vraiment m’intégrer. Je pense que c’est le cas de beaucoup de Français qui arrivent dans un pays, ils veulent surtout s’intégrer et devenir presque plus, enfin pour moi en tout cas, c’était devenir plus british que les british, ça c’est sûr.
Tu as bossé dans la communication jusqu’en 99. Il va y avoir trois enfants aujourd’hui, trois petits enfants qu’on embrasse au passage. C’est d’ailleurs avec les enfants que tu vas te rapprocher de la communauté des francophones qui sont au Royaume-Uni et t’intégrer dans cette dynamique, on va dire, de se regrouper, du réseau, etc. Ça s’appelle France in London, un website qui a été créé au tout début d’Internet. Absolument.
En fait, quand mes enfants ont commencé l’école, c’est là où j’ai commencé à rencontrer des Français, parce que tout d’abord, je voulais vraiment que mes enfants soient français, pas simplement british. Et donc, j’ai décidé de beaucoup plus D’une certaine manière, m’introduire dans les réseaux français aussi, travailler avec eux et devenir représentante de classe dans les écoles dans lesquelles mes enfants étaient, notamment au lycée français, Charles de Gaulle. Et par la suite, j’ai eu des amis qui m’ont proposé de monter un site internet avec eux qui s’appelait France in London, donc la France à Londres. Et c’est comme ça que l’aventure a commencé avec les Français. Un tout dernier mot concernant ton boulot, ton job.
Tu as travaillé et tu as terminé de travailler dans le monde économique en travaillant pour Elton John. C’est incroyable. Absolument, c’était sur son tour mondial en 98-99 avec la banque Citibank. Et c’est comme ça que j’ai travaillé avec Elton John. Et tu as bu un thé avec Elton John du coup?
Oui. Faire des pubs avec lui, travailler sur des concerts avec lui. C’était très sympa. Bravo. De là, on quitte ce monde pour arriver dans la politique.
Pourquoi tu vas t’engager dans cette vie politique et associative? Alors, dans la vie politique, ça a commencé un petit peu aussi parce que je travaillais dans la com, comme je le sais, et on m’a demandé de faire une campagne de com pour quelqu’un, de travailler dessus. J’ai accepté, et par la suite, je me suis rendu compte de ce que cela voulait dire, que d’être justement dans la politique et de se mouiller le maillot, comme je dirais, puisque c’est un petit peu ça dont on parle, et l’influence qu’on pouvait avoir justement pour faire changer les choses. Pour être très honnête avec toi, le gros du truc, ça a été vraiment au moment du Brexit, où là, je pense que beaucoup, j’ai pris conscience de l’importance du vote que nous pouvions avoir, de l’impact que les politiques avaient justement sur les décisions qui étaient prises, et je me suis dit que c’était très important de s’impliquer. Alors il faut quand même faire un petit cocorico.
Nous sommes en France un des seuls pays à avoir un système assez unique avec des représentants, avec des élus sur le terrain, avec des députés, des sénateurs et même un ministre dédié aux Français de l’étranger. C’est bien de le rappeler parce que cette représentativité fait de nous, Français, un cas un peu unique. Nous sommes totalement uniques, c’est un système totalement unique. Les Italiens ont quelque chose qui ressemble un petit peu à ça, mais par rapport à nous, il est beaucoup moins construit. Nous avons à la fois des représentants de terrain, des sénateurs, comme je l’ai dit, des députés, douze sénateurs, et c’est vrai que c’est quelque chose de très important, c’est-à-dire que tous les jours, ces Français sont représentés, quoi qu’il arrive, Et il y en a 3 millions, c’est sur ces chiffres que l’on travaille.
Et donc ils sont représentés, et je pense que c’est très important de le savoir, parce que beaucoup d’autres pays nous l’envient.
Ils sont représentés en effet, mais pour pouvoir voter, ils doivent s’enregistrer sur un registre. En l’occurrence, il y a à peu près la moitié seulement qui s’est enregistrée. Et lorsqu’il y a une élection, comme on vient de vivre les élections consulaires, ils sont aussi peu à aller voter et à se mobiliser. Il y a un paradoxe. C’est ça qui est très bizarre.
Alors c’est vrai que souvent ils ne sont pas au courant. Déjà pour commencer, il y a un gros problème de communication et de renforcer le message de la représentation. Ils ne savent pas déjà qu’ils ont même des sénateurs ou des députés. Alors encore moins des conseillers des Français d’étrangers. Et je rajouterais même l’Assemblée, parce qu’on a une Assemblée représentative aussi des Français d’étrangers qui compte 90 conseillers.
Ils sont absolument ignares sur le sujet, parce que c’est vraiment le cas, ils ne savent pas que ça existe. Et c’est vrai que nous avons un devoir d’information et pour l’instant on ne l’a pas respecté. Eh bien, il faut venir sur la radio des Français dans le monde pour en parler comme on fait aujourd’hui. Absolument, et c’est pour cette raison que je suis là. Alors aujourd’hui, jolie CV, conseillère des Français de l’étranger, Royaume-Uni.
Tu es ex-présidente du Conseil consulaire, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger. Ça fait beaucoup de travail pour moderniser, humaniser, anticiper les trois mots que tu as cités dans un récent article du Petit Journal. Il y a du boulot devant nous? Absolument. Alors quand on parle justement de moderniser, c’est vraiment d’utiliser l’IA pour aider à améliorer le service que nous donnons à nos concitoyens de par le monde.
C’est-à-dire la possibilité de renouveler ses passeports en ligne, de faire sa carte d’identité, de remplir des formulaires dont ils ont besoin, que ce soit des CERFA pour voter aux élections consulaires ou autres. Bon, pour l’instant, je sais que C’est très compliqué, il faut se déplacer souvent pour aller jusqu’à un consulat, ou si on se trouve en France, le moment opportun d’aller justement dans un commissariat de police pour pouvoir faire une procuration par exemple, ça on parle de faire entièrement en ligne. La nouvelle carte d’identité permettra justement énormément de choses en ligne, mais il faut qu’on aille plus loin. C’est-à-dire qu’aussi on pourrait répondre à des questions très simples qui sont constamment demandées à l’administration. Par exemple, qu’est-ce que je fais au moment de ma retraite?
Certaines formalités que je dois remplir, tout ça pour être tout à fait géré par l’IA, des gens qui peuvent justement se permettre de le faire. Alors, il y a des personnes qui ne toucheront jamais à l’IA parce que déjà, ils sont un peu techphobes et on le sait très bien. Et donc, ça permettrait de libérer du temps et c’est là l’humanisation du sujet, c’est-à-dire que ça permettrait du temps pour libérer du temps, pour aider ces personnes à remplir leurs formalités, à les accompagner et à faire en sorte que les gens soient mieux servis d’une certaine manière. Et l’anticipation, c’est de prévenir justement les problèmes que nous pouvons avoir dans le futur. Et ça, on le sait, des moments de crise, il faut les anticiper et savoir comment on va mieux les gérer.
Alors autre paradoxe que l’on a souligné, les français de l’étranger peuvent en effet voter, la modernisation permet de voter par internet et pourtant on a eu pas mal de retours sur une utilisation compliquée du système avec des mots de passe qui n’arrivent pas, etc. Qu’est-ce qu’on peut faire là? Il faut moderniser et simplifier. Absolument, et je suis tout à fait d’accord avec toi. Je pense que nous-mêmes, ayant fait deux tests qui ont pourtant bien marché, les informations qui, par la suite, ont été données n’étaient pas digestes.
Les électeurs ne comprennent pas le texte qu’il leur est présenté. Souvent parce que ça fait très longtemps qu’ils habitent à l’étranger, mais aussi parce que c’est un texte qui est écrit par des technocrates qui n’arrivent pas à se mettre au niveau du français moyen et d’expliquer les choses très clairement et très simplement. Et je trouve que c’est regrettable, encore une fois, je pense qu’il y a le problème de la langue, Et ça, on pourrait l’éliminer. Moi, je suis tout à fait pour, justement, d’avoir des textes bilingues pour que les gens puissent mieux comprendre les instructions, mais aussi simplifier le vocabulaire qui est utilisé, de le faire d’une manière beaucoup plus visuelle. Et surtout, comme je l’ai dit, il y a des gens qui n’ont pas reçu les informations en temps et en heure, alors beaucoup moins que la dernière fois.
Ça va souvent dans les spams, il y a des… Des serveurs qui empêchent les textos d’arriver. Il y a eu des problèmes, bien sûr, en Chine, mais aussi en Iran et ailleurs. Des élections annulées, d’ailleurs, à cause de ça, par le passé. Il faut qu’on l’adresse d’une manière beaucoup plus sereine.
Alors, d’où l’importance d’avoir, justement, cette carte d’identité numérique qui puisse être utilisée de manière plus facile. Et c’est vrai que ça permet de voter très rapidement sans avoir à avoir des codes et des e-mails qui arrivent. Les prochaines élections, ce sera les élections présidentielles en 2027. Là aussi, on a une petite période pour s’améliorer, pour bien communiquer. Il y aura une mobilisation, ça vote plus pour cette période-là?
Oui, les présidentielles sont toujours un moment particulier et là, pour le coup, nous n’aurons pas le vote par Internet. Ce sera bien sûr un vote à l’urne et les gens sont beaucoup plus mobilisés et se rendent compte de l’importance. De la présidentielle beaucoup plus que pour n’importe quelle élection. Et c’est très important pour notre pays, on le sait. Et ça peut peser dans la balance le poids des Français de l’étranger dans cette élection?
Absolument, on l’a vu aux dernières élections, ça a fait une énorme différence. 3 Millions de personnes qui votent, ça sera 1,5 million. 1,5 Million de personnes qui votent, peut-être plus d’ici là. C’est un gros poids dans cette élection. Ça peut influencer à quelques pourcentages.
Pour terminer, Patricia, cet investissement dans la vie associative et politique aujourd’hui, c’est quoi ton regard un peu? Tu n’es pas très loin de la France, mais tu es quand même au Royaume-Uni qui sort de dix années de Brexit en ce moment. Comment tu vois les choses évoluer? J’espère que ça ira dans le sens. Mais c’est vrai qu’en étant français d’étranger, on a un peu plus de recul que les Français qui sont en France et qui vivent les problèmes au jour le jour, qui sont peut-être aussi plus bombardés d’informations de droite, de gauche, d’un peu partout, des fausses informations, la façon dont ils reçoivent.
Nous, on a su… Qui permet aussi de se rendre compte de ce que les Français ont. Et souvent, je sais que je ne suis pas la seule à être très frustrée de se dire, mais les Français ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont, que ce soit par exemple, bien sûr, la représentation, mais aussi au niveau des retraites, au niveau de l’emploi, de revenir à 62 ans, nous c’est 67 ans en Angleterre, mais par exemple au Danemark c’est 70 ans, donc c’est vraiment une différence majeure, mais c’est aussi au niveau des de la sécurité sociale. Les Français, quand ils vont chez le dentiste, ça ne leur coûte pratiquement rien, alors que nous, je sais que ce sont des milliers d’euros dont on parle à chaque fois s’il faut se faire arracher les dents, etc. C’est des choses de base, mais je veux dire qu’on le voit réellement, au jour le jour, on pensait qu’on avait énormément de chance.
Ils ont aussi un pouvoir d’achat qui est bien plus élevé que la majorité des autres pays et ils ne s’en rendent pas compte. Finalement, le mot de cette interview, Patricia, ce serait le paradoxal système que chantait Laurent Voulzy. Il y a pas mal de choses un peu particulières qui s’opposent. Oui, c’est-à-dire que justement, le fait que les Français de l’étranger se rendent compte de l’avantage qu’ils ont, mais d’un autre côté ils ne votent pas, de fait que très peu, puisque aux dernières élections ça a quand même été très peu de gens qui ont voté. Mais ceci dit, ils sont partis, mais ils adorent leur pays.
Quand on part de France, on devient plus français que jamais. En tout cas, on a plus d’attachement à la France qu’on avait quand on était dans son pays. On devient moins critique. Tout en l’étant, on reste quand même critique parce que les Français, c’est un sport national, la critique. Il y a quand même pas mal de paradoxes, c’est vrai.
Plus je m’éloigne et plus je t’aime, c’est le paradoxal système. Je cite la chanson de Laurent Voulzy. J’aurais pu te citer une chanson d’Elton John, mais je n’en avais pas une sous la main. Est-ce que tu lui fais des petits textos de temps en temps à Elton pour lui dire bonjour? Non, c’est lui, lui, c’était Paul.
Zut! Sinon, j’aurais bien voulu qu’il vienne faire une émission sur la radio des Français dans le monde. Écoute, à négocier. Patricia, merci beaucoup pour cet éclairage. Au plaisir de te retrouver sur notre antenne.
Merci beaucoup et merci de m’avoir invitée.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.

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