Présentation du podcast :

Avez-vous déjà envisagé de tout quitter pour vivre une aventure à l’autre bout du monde ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », nous vous emmenons au Cambodge, dans le village balnéaire de Kep, pour découvrir le parcours inspirant de Lysiane Salmon, plus connue sous le nom de Lili. Une Française qui a choisi de s’installer à Kep et de transformer son rêve en réalité, en dirigeant l’Hôtel de la Plage, un lieu accueillant pour les francophones et les Cambodgiens.

Lysiane Salmon, notre invitée, est une femme à l’âme aventurière et au parcours atypique. Originaire des Ardennes en France, elle a étudié le droit avant de se lancer dans divers métiers, notamment dans l’enseignement et le militantisme antiraciste. C’est lors d’un voyage au Cambodge en 2002 qu’elle tombe amoureuse de ce pays. En 2005, elle s’installe définitivement à Kep, où elle ouvre l’Hôtel de la Plage. Sa passion pour le Cambodge et sa communauté lui a même valu la nationalité cambodgienne, un honneur qui a renforcé son lien avec ce pays d’adoption.

Dans cet épisode, nous explorons le quotidien de Lili à Kep, un village qui conserve une forte empreinte francophone depuis l’époque coloniale. Elle nous parle de son hôtel, un véritable havre de paix à quelques mètres de la plage, et de ses projets pour promouvoir la francophonie dans la région, notamment à travers l’organisation du sommet de la francophonie au Cambodge. Lily partage également son rêve d’ouvrir une école française à Kep, afin d’attirer davantage de familles francophones. Cet épisode est une invitation à découvrir une vie riche en rencontres et en projets au cœur d’un paradis tropical.

► Podcast n°2948 (juin 2026)

 

00:00:01-Bienvenue et présentation de l’invitée
00:00:27-Présentation de l’hôtel et du contexte géographique
00:01:44-Liens entre les Ardennes et le Cambodge
00:02:05-Études de droit et militantisme antiraciste
00:02:44-Coup de cœur pour le Cambodge et découverte de Kep
00:03:26-Lancement de l’hôtel en 2005
00:04:25-Nationalité cambodgienne offerte par le Premier ministre
00:05:30-Histoire de la présence française à Kep
00:06:45-Sommet de la francophonie à Phnom Penh
00:07:10-Décoration et ambiance familiale de l’hôtel
00:09:00-Projets d’ouverture d’une école française à Kep
00:09:54-Conclusion et remerciements

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïf et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Lysiane Salmon, mais tout le monde l’appelle Lily. Elle est à la tête de l’hôtel de la plage. 10 Minutes.
Il faut que je précise un peu quand même, c’est l’hôtel de la plage. Nous sommes au Cambodge, dans un village balnéaire, très francophone d’ailleurs, de Kep. Bonjour, bienvenue Lili. Bonjour Gauthier. Alors en Khmer, on dit «Sokso bai art », ça veut dire «comment ça va?
Eh ben ça va plutôt pas mal, très heureux de passer un petit moment avec toi. Tu vas nous faire voyager le Cambodge, ton quotidien aujourd’hui.». Finalement, il y a un point commun avec les Ardennes natales, c’est la nature. C’est ça exactement, on est un petit village niqué entre la mer, bon on n’avait pas la mer dans les Ardennes, mais entre les collines et un magnifique parc national qui me rappelle effectivement dans les promenades dans les bois, quand on allait à la cueillette des jonquilles ou du muguet dans les Ardennes, donc le côté naturel est toujours là et ça fait du bien. Alors avant de pousser les portes de l’hôtel de la plage, on revient donc dans ses Ardennes.
Tu vas faire des études de droit pour faire plaisir à la famille, c’est pas forcément ton dada. Et puis ensuite, plusieurs métiers différents, t’achètes presse ou tu vas travailler dans l’enseignement avec une envie de t’investir dans notamment le message antiraciste. Oui voilà, de toute façon plus on dit le droit amène à tout, puis c’est bien vrai. Je suis passée par le militantisme antiraciste, c’est vrai que je tenais à rencontrer les autres, à aller au devant des autres, et puis c’est pour ça aussi qu’après le goût du voyage a commencé à naître en moi. Alors vous avez décidé avec ton ex-mari de tout vendre et de vivre en caravane, de vous promener dans le monde.
C’est justement amusant que tu parles de racisme parce qu’on oublie qu’on est juste des citoyens du monde en fait. Exactement. Quelle que soit notre religion, notre couleur de peau, finalement, on est tous des êtres humains à la recherche. Qu’est-ce qu’on veut tous? Du bonheur, de l’amour.
C’est vrai qu’en voyageant, en quittant un peu ces zones de confort, d’aller à la rencontre de l’autre, ça fait du bien. Ça nous rend plus humbles aussi. Je suis d’accord avec toi. Il faudrait se le rappeler un peu plus régulièrement. En 2002, tu vas visiter le Cambodge.
Tu vas découvrir ce pays et là, tu vas avoir un véritable coup de cœur. Alors voilà, le Côte-Neuve-Pourquêpes, c’est K-E-P, c’est ce petit village à 15 kilomètres du Vietnam, au sud Cambodge, qui a vraiment un charme tout à fait particulier, une atmosphère un petit peu à l’ancienne, des magnifiques arbres, des flamboyants, c’est coloré, il y a une brise exceptionnelle, il y fait bon, les gens sont simples, souriants. C’est la culture du hamac. C’est un gros coup de cœur pour Kep en particulier. Je suis arrivée d’abord à Kep en fait.
Et alors tu vas finalement poser tes bagages dans un hôtel que tu vas lancer en 2005. Qui propose à la communauté francophone, mais aussi avec une clientèle cambodgienne, de passer un peu de bon temps dans un endroit paradisiaque. Justement, cette communauté cambodgienne, toi t’es devenue cambodgienne avec une nationalité qui t’a été offerte par le Premier ministre, raconte-moi. Oui, alors là j’ai eu un coup incroyable, il y avait une grande manifestation à Cap, il y avait la fête de la mer, le Premier ministre est venu l’inaugurer, et puis puisque comme ça faisait quand même un bon bout de temps que j’étais ici, ça c’était en 2017 que j’ai rencontré, tous mes amis cambodgiens m’ont dit vas-y, vas-y, alors j’y suis allée au devant lui, j’ai pas eu peur, et puis à lui raconter un peu comme je raconte là maintenant ce que j’ai fait, Depuis que j’étais au Cambodge, il m’a dit, est-ce que tu veux la nationalité cambodgienne? Je dis oui, bien sûr, je veux.
Et donc effectivement, deux semaines après, tout a été fait. Il m’a offert la nationalité et ça a quand même changé beaucoup de choses pour moi et dans mon rapport avec les autres et l’intégration bien sûr. Il faut dire qu’il y a une vraie histoire entre la francophonie, la France et cette ville du Cambodge, donc à Kep, ancienne cité balnéaire de l’Indochine. C’était le lieu prisé de toute l’élite cambodgienne et puis de tous les coulons, tous les Français qui vivaient là du temps du protectorat. À deux heures et demie, il y avait déjà à l’époque une route, alors on n’y venait pas en voiture.
On y venait à dos d’éléphant, par exemple, ou en charrette. Et c’est là qu’on venait, bon, plus tard, c’est là que venait se reposer et se rafraîchir tous les plombs peignoirs qui accablaient par la chaleur de la capitale. C’est là aussi que le roi Nerodome Sianouk a décidé d’y faire sa résidence royale. Il y avait à l’époque des défilés, des expositions, des concerts. Enfin, c’était, il y avait vraiment une vie très importante.
Et jusqu’à aujourd’hui, finalement, est restée cette empreinte française. On est plein de Français qui habitons à Quep. Et notamment, on a notre petite boulangerie, on a des restaurants franco-khmers. On a la chance de pouvoir continuer à bien manger à Quep. C’est vrai que les Français et la nourriture, c’est un sujet sérieux.
On en parle souvent. Donc d’entendre de tels, on peut trouver même un peu de Ricard au bar. Tout à fait, pour trinquer comme il faut. Et donc dans ce cadre-là, il y a lieu le sommet de la francophonie au Cambodge cette année à Phnom Penh. Et donc nous, on est en train de s’organiser avec tout un collectif, y compris des Khmer francophones, on en a beaucoup ici à Kép, pour un peu se mobiliser et puis essayer de faire connaître notre petit paradis là au bord de mer.
Lors de ce sommet qui aura lieu en novembre au Cambodge et j’invite vraiment tous les curieux à venir s’y rendre. Ce sera l’occasion où il y aura plein de manifestations, plein de concerts, plein de défilés, ça va être grandiose. Alors justement, je salue Yvan qui nous a mis en relation dans le cadre de ce sommet de la francophonie. Donc vous vous y préparez tout doucement. On trouve ton hôtel sur les plateformes, on trouve facilement, on voit des photos, c’est très coloré.
T’as un petit coin de paradis, Lili? Oui, on a essayé de se reproduire quelque chose de sympathique. On est à 50 mètres de la plage, juste derrière la colline. C’est vrai que chaque chambre est décorée de manière différente. Avec toute mon équipe, on est douze.
On est comme une famille. On a rénové toutes les chambres. Chaque chambre a ça. On a la chambre dauphin, on a la chambre soleil, on a la chambre en coroate. Ce n’est plus vraiment un hôtel.
Tout le monde s’y retrouve comme à la maison, finalement. Du coup, moi aussi, forcément. Et justement, c’est quoi ton rapport à la France maintenant? Les Ardennes sont bien loin de toi? Oui, là, c’est bien loin.
Alors, heureusement, j’ai gardé beaucoup d’amis en France. Et bon, ils viennent souvent. J’ai eu beaucoup de contacts avec eux, puis ils viennent toujours me visiter. Et notamment des Ardennais. À vie aux Ardennais, venez me voir, ça me fait plaisir.
Aujourd’hui, ce serait difficile d’imaginer de revivre en France. Je ne pourrai plus maintenant parce que j’ai vraiment… Bon, d’une part, moi, je n’ai plus de tâches familiales particulières. Et puis, je me suis trop ancrée ici. Je parle le cambodgien, j’ai une nationalité.
Voilà, tous les gens qui m’entourent sont mes… Non, je ne peux plus. Je suis trop bien ici, trop bien. J’imagine. Mais pour autant, la France, elle reste quand même dans ton ADN.
Ce sommet de la francophonie, on a noté que tu avais un vif intérêt pour t’impliquer. Le français est vu comment par le cambodgien? Ils aiment beaucoup la langue française. Le roi et ainsi que tous les membres de la royauté parlent encore français. On retrouve encore tout ce qui est universitaire, médical, ils parlent français.
Les gens aiment bien parler le français, ils sont contents quand ils peuvent dire quelques mots en français. Ils le disent et d’ailleurs à ce sujet, On a aussi un autre projet, c’est d’ouvrir une école française à Kep dans le sud de Cambodge, parce qu’il y a beaucoup de gens qui ont envie de s’installer ici avec nous, mais qui parfois ont des enfants et malheureusement, ils hésitent à s’installer parce qu’il n’y a pas de structure pour accueillir leurs enfants. Donc on y travaille. Très bien, ça te fait plein de beaux projets. Et en plus, quand t’as besoin de te revigorer un peu, tu fais 50 mètres et t’es sur la plage.
Je vois des photos, c’est fascinant. C’est ça, je vais me baigner tous les jours. Oh, ça va, Lily. T’es le bienvenu, Gauthier, t’es le bienvenu. En tout cas, je vous invite à découvrir l’hôtel de la plage.
T’es la mascotte, Lily, sur le territoire. C’est toi la française de l’étape. Il y en a qui se moquent de moi, ils me disent que je suis la mairesse ou la queen de Kep. Ça me va. C’est plutôt joli.
En tout cas, merci beaucoup pour cette petite visite. On passe par chez toi. On va à l’hôtel de la plage à Kep au Cambodge. Et puis, on n’oublie pas le sommet de la francophonie en novembre prochain. Je te souhaite une belle journée.
Tu t’es un peu blessée, tu m’as dit en débutant cette interview. Oui, je me suis foulée la nuit alors j’ai un peu un repos faussé, alors ça me fait du bien aussi, c’est pas grave. Soigne-toi bien, au plaisir de te retrouver. Oui, merci. A bientôt.
Kunchan!

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