Le combat d’un père pour retrouver son fils, Maximilien, enlevé par sa maman depuis 29 mois. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et aujourd’hui, on décolle avec Guillaume Garraud vers le Kazakhstan. 10 Minutes, le podcast des Français dans le monde.
Une affaire difficile et douloureuse, mais que la radio des Français dans le Monde veut éclairer aujourd’hui. Bienvenue Guillaume. Bonjour Gauthier, merci de me recevoir. J’aurais préféré qu’on parle de ton parcours d’expat, de la découverte des US en 2016. Après tes études d’ingénieur à Grenoble, tu es originaire des Deux-Sèvres, l’international est arrivé sur ton parcours.
Et puis une rencontre, l’amour, avec un mariage en 2020. Tu es dans la région de San Francisco. On va dire que jusque là, parcours classique d’un Français qui fait un peu le rêve américain. Forcément, tu n’imaginais pas te retrouver aujourd’hui sur notre média pour raconter cette douloureuse histoire. Non, pas du tout.
Alors, on va faire un petit peu de géographie. Tu es au Kazakhstan au moment où on se parle. La capitale, c’est Astana. C’est une nouvelle capitale. Almaty est l’ancienne capitale.
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C’est aujourd’hui la capitale économique. C’est là où tu te trouves aujourd’hui. Tu y es parce que tu recherches ton fils, tu vivais en Californie, puis on va raconter l’histoire. Ça s’est considérablement dégradé avec la maman. En 2021, Maximilien arrive sur terre, mais dans le couple, des violences conjugales va t’amener à une séparation.
Tu vas aller au tribunal et on va dire que globalement dans cette affaire et jusqu’à aujourd’hui, les tribunaux ont toujours été butant à ta faveur. Oui, exactement. Là-dessus, la justice a fait son boulot. Tu vas demander donc une séparation légale, une garde partagée. C’est un divorce qui va quand même te coûter 115 000 dollars.
On est aux États-Unis, quand on donne ces chiffres, il n’y a pas de doute. Il faut dire que la maman est avocate, ce qui va faire qu’elle va utiliser la meilleure ficelle possible, qui va rendre le parcours un peu compliqué. Exactement, elle sait parfaitement jouer les juges, les avocats et le système de la cour et comme moi je n’y connais rien donc tout est fait par mes avocats à San Francisco et l’argent va. Très Alors la séparation est en place mais elle va demander de pouvoir aller pour le mariage de son frère au Kazakhstan avec ton fils. Là tu vas dire bon c’est pas tout à fait raisonnable il n’a que deux ans il n’aura pas vraiment de souvenirs de ce mariage mais la justice va quand même autoriser la maman à partir avec un certain nombre de conditions.
Oui, exactement. C’était la troisième fois qu’elle demandait un voyage au Kazakhstan. La juge l’a accordé cette fois-ci malgré notre opposition ferme. Il y avait le fait que pour Maximilien, à peine deux ans et demi, il n’y aura aucun souvenir. Pour lui, il n’avait aucun intérêt de voyager.
La deuxième raison, c’est que bien que le Kazakhstan ait signé la Convention de la Haïe, ils ne sont pas partenaires des États-Unis. Et donc, en fait, l’accord n’est pas effectif. Donc, ça rendrait bien difficile le retour de Maximilien par des voies légales. Et puis aussi, à cette époque-là, sa maman avait un boulot, mais qui n’était pas important pour elle. Elle vivait dans l’appartement qui était «loué» à son frère.
En fait, elle n’avait aucune attache vraiment aux États-Unis. Et que pour elle, c’était évident pour moi, si elle arrivait à partir au Kazakhstan, elle ne rentrerait pas et Maximilien ne rentrerait pas. Et voilà, ça s’est donc passé. Dix jours avant le retour, tu n’as plus de nouvelles. Tu vas en effet décider de t’y rendre.
Tu y es allé déjà trois fois. Tu avais retrouvé son adresse. Tu as eu un nouveau procès qui était à nouveau en ta faveur. Tu étais sur le point de retrouver ton fils puisque la maman et Maximilien étaient au commissariat lorsque tu étais en train d’arriver dans le pays. Et là, finalement, ils n’ont pas pu garder la maman au commissariat et depuis, plus de nouvelles.
Oui, ça a été vraiment ce troisième voyage où la police m’avait demandé de venir et que deux heures avant l’atterrissage, parce que grâce à l’Internet dans les avions maintenant, on peut rester en contact, je reçois une photo par mon avocat de Maximilien et sa maman au commissariat de police. Et donc pour moi, c’était enfin après près de 28 mois, la fin du cauchemar. Je me restais une ou deux heures et hop, ça y est, j’avais mon fils dans mes bras et c’était la fin du cauchemar. Une demi-heure du retour, la police fait «ah mais en fait, on a dû les laisser partir». Et depuis, plus de nouvelles.
Et puis, malgré qu’on l’a dit, et les décisions de justice en Amérique et les décisions au Kazakhstan sont dans ta faveur, eh bien la police ne t’aide plus vraiment aujourd’hui et tu fais appel aux médias parce que t’es dans une impasse. Elle est illégale au Kazakhstan. Donc tout va dans le sens de devoir t’aider, finalement, et ça ne se passe pas. Oui, c’est ça. En plus, le fait qu’elle soit illégale, c’est que même si la police, disons, pour des raisons culturelles, n’était pas intéressée qu’un papa étranger récupère un enfant qu’il considère kazakh parce que sa maman est née ici, il pourrait au moins respecter les lois d’immigration de leur pays et la demande par l’immigration kazakh que Sana et Maximilien soient arrêtés pour être renvoyés aux Etats-Unis.
Malgré cela, il n’y a aucune aide de la police, malgré de nombreuses promesses et réunions. On se serre la main et on se regarde dans les yeux en me disant «48 heures, 48 heures». J’ai eu 48 heures pendant trois semaines. Et puis maintenant, il s’embête même plus à me recevoir. Voilà quoi, il m’ignore.
Cette interview est enregistrée le 19 août 2026. Tu attends toujours que ça bouge, mais donc tu as fait appel aux médias, les réseaux sociaux. L’idée, c’est de… Tu disais, il y a un problème de culture aussi, un petit peu comme ça. L’idée c’est de faire un peu bouger les lignes parce que la France, puisque Maximilien est français également, les États-Unis et le Kazakhstan, va bien falloir qu’on finisse par aboutir.
Exactement, oui. Je pense que la médiatisation est aujourd’hui malheureusement le seul moyen qu’il me reste pour retrouver mon fils, puisque toutes les voies légales sont terminées et ont été en ma faveur. Donc maintenant, il ne me reste plus que la médiatisation, parce qu’il n’y a pas d’autres options légales que moi, les options légales étant utilisées. Que te dit le Quai d’Orsay? Alors moi on me dit qu’il faut respecter la souveraineté kazakh ce qui m’amuse parce que la souveraineté kazakh c’est quand on a des lois qu’elles sont reconnues par les cours et appliquées par la police mais dans mon cas la police refuse d’appliquer donc je sais pas quelle souveraineté exactement On me parle et surtout on me dit d’être patient, de faire attention.
Avec la grève de la faim que j’ai commencée il y a un peu plus d’une semaine, que ça ne soit pas utilisé contre moi parce que je ne serais pas capable de m’occuper de Maximilien si j’ai poussé trop loin la grève de la faim. Mais il n’y a pas vraiment d’action, il y a beaucoup de mots. On s’est rencontré avec les partenaires kazakhs, on leur a demandé et on a fait une plainte officielle, mais il n’y a pas d’action. Et ça, c’est quelque chose que je reproche à la France de ne pas sembler vouloir faire d’action. Alors, ils ont peut-être fait des actions qui n’ont pas marché, mais ils ne m’ont rien dit.
Mais je ne me sens pas soutenu du tout au niveau de la France, puisque la France a des devoirs envers Maximilien, qui est citoyen français, et entre des devoirs de protection, Maximilien avait été diagnostiqué avec de l’autisme deux mois avant son départ au Kazakhstan. Les déclarations des avocats de sa maman à la cour kazakh, c’est qu’elle ne le socialise pas, elle ne lui donne aucune thérapie appropriée pour son autisme et il est gardé en isolement total et il a juste le droit de sortir quand il est ingérable à la maison. Pour moi, c’est une situation où on a un enfant français qui est abusé par sa maman Et la France ne semble pas être plus stricte avec ses partenaires kazakhs pour juste respecter les ordres des cours kazakhs. Aujourd’hui, ta santé est engagée avec cette grève de la faim. Et puis, on va parler d’argent également.
On évoquait le coût du divorce aux Etats-Unis, 115 000 dollars. Depuis, 160 000 autres euros ou dollars ont été engagés avec les frais d’avocats. Comment tu fais pour assumer ces dépenses? Alors, jusqu’à maintenant, j’avais encore des économies, mais c’est parti. Ils avaient l’avantage d’avoir un bon boulot dans la Silicon Valley, donc j’avais des économies.
Et maintenant, j’ai une page, une cagnotte GoFundMe pour essayer de récupérer un peu d’argent pour aider à payer ses factures. Et c’est vrai que financièrement, je ne vais pas pouvoir me battre pour Maximilien beaucoup plus longtemps. Là, j’arrive au dernier mois possible. La radio des Français dans le monde te tend le micro aujourd’hui en une phrase claire. Que demandes-tu?
Je demande aux Kazakhs et à leur police où est Maximilien? Tu demandes aussi à ce que la France t’accompagne, que les États-Unis fassent respecter les décisions de justice. Finalement, ce qui est très étonnant, on le disait en préparant ensemble cette interview, c’est que sur le papier, tout va dans ton sens. Exactement. Et malheureusement, ce n’est pas suffisant.
Et ça, c’est le problème de beaucoup d’histoires, de ne pas se rendre compte qu’avoir un jugement en sa faveur, ça ne veut pas dire que l’histoire est réglée. Et pour moi, ça fait 18 mois, bientôt 19 mois que j’attends que… Oui, j’ai eu les décisions de justice en ma faveur, mais 18, 19 mois plus tard, j’ai toujours pas de nouvelles de mon fils. Parce que je suppose, Guillaume, que lorsqu’on te dit au tribunal que c’est en ta faveur, il y a une espèce d’espoir qui apparaît. Sûr.
Eh bien, on va faire notre possible. On va mettre en lumière cette difficile histoire en espérant que Maximilien soit rapidement dans tes bras. Tu nous tiens au courant. Merci beaucoup, Mathieu. Merci de m’écouter.
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