Présentation du podcast :

Comment la génération Z, souvent perçue comme apathique et centrée sur le loisir, est-elle en train de transformer le paysage politique mondial ?

C’est la question intrigante que pose Gauthier Seys, l’animateur du podcast « 10 minutes », alors qu’il entame une discussion avec Bruno Dupuis, réalisateur, sur le rôle de la Gen Z dans les mouvements révolutionnaires à travers le monde. Cet épisode se penche sur l’émergence de cette génération comme une force de changement, défiant les structures de pouvoir établies et appelant à une refonte complète des systèmes corrompus.

Bruno Dupuis, bien que réalisateur et non spécialiste en politique, apporte un regard unique sur cette dynamique générationnelle. Connu pour son travail sur des documentaires, notamment sur la disparition d’Éloi Roland, Bruno partage ses observations après avoir suivi de près les événements au Bangladesh. Il décrit comment la Gen Z, connectée par Internet et animée par un désir de changement, a réussi à renverser un gouvernement autocratique au Bangladesh, inspirant d’autres mouvements similaires au Népal, à Madagascar, et au-delà.

L’épisode explore comment ces mouvements, bien qu’apparemment apolitiques, sont en réalité une réponse à des décennies de corruption et d’injustice sociale. « La génération Z« , avec son emblématique drapeau à tête de mort souriante et chapeau de paille, tire parti des réseaux sociaux pour s’organiser et mobiliser, même face à des coupures d’Internet. Bruno discute de l’impact potentiel de ces révolutions sur le monde entier, y compris en Occident, soulignant que, malgré les critiques, cette génération montre une capacité inattendue à provoquer un changement profond et nécessaire.

https://www.linkedin.com/in/bruno-dupuis-a81a0b66/

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Podcast n°2592 (octobre 2025)

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Révolutions connectées : La "Gen Z" selon Bruno Dupuis

0:00:02 – Introduction de l’épisode et présentation de l’invité
0:00:28 – Retour sur le précédent entretien avec Bruno
0:00:56 – Début de l’intérêt de Bruno pour la Gen Z au Bangladesh
0:01:99 – La révolution de la Gen Z au Bangladesh
0:02:140 – Changements politiques au Bangladesh et nomination des jeunes ministres
0:02:200 – Inspiré par le Bangladesh, les mouvements Gen Z émergent ailleurs
0:03:237 – Symboles communs et déclinaisons régionales des mouvements Gen Z
0:04:273 – La propagation hors de la zone asiatique jusqu’au Pérou et potentiellement en Europe
0:05:346 – Déclencheurs des révoltes : événements politiques et faits divers tragiques
0:07:469 – Le point commun des mouvements : l’importance d’Internet
0:08:735 – Remise en question des perceptions de la Gen Z et leur détermination
0:10:652 – Appel à la génération X et Y à rejoindre le mouvement
0:11:713 – Conclusion et invitation à suivre Bruno et la suite de ses travaux

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Bruno Dupuis, réalisateur. On parle de la Gen Z. 10 minutes. 10 minutes.
Le podcast des français dans le monde.
J’ai déjà eu l’occasion de recevoir au micro la radio des français dans le monde Bruno pour parler de son travail sur le documentaire concernant la disparition du jeune Éloi Roland. Il travaille actuellement sur un sujet important qu’on va aborder pour la première fois sur l’antenne de la radio des français dans le monde, la Gen Z. Bonjour Bruno. Bonjour Gauthier. Alors rappelons déjà en effet que tu n’es pas un spécialiste de la Gen Z, tu n’es pas non plus spécialisé dans l’analyse politique.
C’est un regard de réalisateur qui se penche il y a quelques mois sur un mouvement important au Bangladesh. Tu te dis que ça pourrait être un bon sujet et il s’avère qu’au plus tu creuses la piste du Bangladesh, Au plus, le monde entier s’attaque à ce sujet qui est lutter contre la corruption, contre les boomers, les erreurs faites dans le passé. Et les jeunes aujourd’hui, à travers l’outil Internet, commencent un peu partout dans le monde, au Népal, au Madagascar, Pérou, Maroc, Serbie, Turquie, Thaïlande, Venezuela, à prendre la parole et on va en parler aujourd’hui. Justement, un peu la genèse pour toi, c’est Bangladesh. La jeunesse c’est le Bangladesh parce que c’est la première qui a réussi en fait.
C’est un vrai mouvement de Gen Z, estampillé de Gen Z, c’est-à-dire revendiqué comme tel, avec des groupes Facebook qui se sont créés, révolution de Gen Z. Ils se sont mobilisés, ça a été très peu évoqué dans le reste du monde, il y a quand même 1500 morts, mais en un mois ils retournent littéralement pouvoir. Ils chassent le pouvoir en place, en l’occurrence chez Cassina, qui était une première ministre autocratique, et ils prennent le pouvoir. C’est-à-dire que non seulement ils renversent un pouvoir qui était en place depuis bien longtemps et qui était quasi indéboulonnable, en coalition avec l’armée, qui est là-bas une armée légaliste. Ils font revenir au pays, il était en France d’ailleurs Mohamed Yunus, qui n’est pas un homme politique.
Il lui demande de prendre le pouvoir, il nomme trois des leaders qui ont moins de 25 ans, ministres, et ils promettent au peuple de nettoyer le pays des institutions et de la corruption. de nettoyer les institutions, de renouveler la Constitution, et ils rendront le pouvoir au peuple d’ici environ une année par des élections démocratiques. Et c’est ce qui est en train de se passer. 18 mois plus tard, en février 2026, des élections auront lieu. Et donc on peut dire que sociologiquement, c’est la première révolution d’Genzi qui a réussi.
Et c’est le modèle d’inspiration du Népal. Le Népal, C’est une révolution récente qui a été orchestrée également par la Gen Z locale et estampillée de Gen Z. Et c’est la première qui a attiré un petit peu l’œil des observateurs occidentaux et qui a commencé à faire de la presse. Il y a des images assez spectaculaires du Parlement en feu ou d’un ministre qui se fait chasser jusque dans un fleuve où il essaye de fuir. Et elle a été expresse.
Et si elle a été expresse, c’est parce que, précisément, ils avaient en tête le modèle du Bangladesh qui avait fonctionné et les dirigeants avaient également en tête ce qui s’était passé et se sont fui un petit peu plus tôt. Alors cette génération Z a quelques particularités, on va faire le tour de ce que l’on sait, il n’y a pas de leader, ça n’est pas un mouvement politique, c’est une génération qui est connectée, ils ont même un logo, c’est un drapeau avec une tête de mort qui sourit et un chapeau de paille, ça c’est un peu commun à tous les mouvements dans les différents pays qu’on a cités. C’est commun à tous les mouvements depuis le Népal. Le Bangladesh a fait sa révolution. Il y avait beaucoup de slogans.
Ils ont transformé leur révolution en une sorte d’expo géante de street art. Il y avait des graffitis à la gloire de la Gen Z, vraiment. partout dans le pays. Et le Népal a, lui, sorti des codes un peu pop plus occidentalisés, à savoir la référence au manga One Piece, qui est le manga qui s’est le plus vendu au monde, par l’utilisation d’un drapeau, ce drapeau à tête de mort qui sourit, et du chapeau de paille. Et ce dress code, si je peux dire, a été repris à Madagascar, au Pérou, et même plus récemment au Maroc, pour labelliser le mouvement comme un mouvement genzi, ça veut dire un mouvement apolitique.
Alors, on disait c’est un mouvement plutôt sur la zone Asie, mais on voit bien qu’avec le Pérou, il y a une généralisation, voire même, si on va un peu plus loin, l’Europe peut être également touchée. C’était une vraie lame de fond. Ben oui, c’est une vraie lame de fond que personne ne voit venir depuis un bon moment. Et moi, depuis que je suis allé au Bangladesh, comme je t’ai dit, qui n’intéressait personne à ce moment-là, j’ai perçu sur place… À la base, je pensais m’intéresser à un mouvement local qui était quand même assez exceptionnel, parce que c’est quand même 1 500 morts, dont beaucoup sont des enfants.
Et il y a d’ailleurs une enquête de l’ONU qui poursuit chez Cassina, l’ancienne première ministre pour crime contre l’humanité. Elle a quand même ordonné de tirer à balles réelles sur son peuple. preuve à l’appui trouvée par la BBC avec des messages locales enregistrés dans lesquels elle ordonne de tirer. Donc ce mouvement pour l’instant il pouvait être supposément cantonné en Asie, d’autant plus qu’il y a également la jeunesse de l’Indonésie qui est en révolte, des débuts de mouvements aussi en Thaïlande et il y avait eu un précédent au Sri Lanka. Le point de départ d’une révolte, on l’a constaté jusque là, soit c’est une décision politique qui ne passe pas, trop c’est trop, cette corruption, on n’en peut plus, ce système, on n’en peut plus, ou alors parfois c’est un fait divers.
Oui, c’est ça qui est très intéressant à observer aussi, c’est qu’au Bangladesh, effectivement, il y avait une décision politique qui était discriminatoire et qui a mis un petit peu le feu aux poudres. Mais ce qui a ensuite déclenché à proprement parler, s’il y a dû moins, à transformer les manifestations, ce qui les a fait muter en révolution, c’est d’abord la première exécution, à bas de rêve, d’un jeune étudiant, mais c’est aussi, et peut-être surtout, symboliquement, la coupure d’Internet. Et ça, ça les rend fous. Si tu leur coupes Internet, ils se mobilisent encore plus, c’est-à-dire que théoriquement, c’est une réponse des autorités. pour essayer d’enrayer le mouvement.
Mais en fait, il trouve des moyens évidemment de se mobiliser et ça démultiplie le mouvement. Donc il y a eu évidemment l’exécution de ce jeune homme. En Serbie, le mouvement a commencé parce qu’un hall de gare fraîchement rénové s’est écroulé et a tué des personnes et des civils. Et ça, c’est une démonstration du système corrompu, d’une corruption systémique dont la jeune génération ne veut plus. Au Maroc, on l’a vu encore plus récemment, c’est le décès de femmes dans une maternité.
Donc il met en avant le fait qu’il n’y a pas d’argent investi pour la santé, il n’y a pas d’argent investi pour les études des gens, etc. Alors que des millions sont investis dans la coupe du monde. Donc cette espèce d’injustice sociale, ils n’en veulent plus et ils veulent un nettoyage complet. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’en placer un gouvernement par un autre, il ne s’agit pas du retrait d’une proposition de loi quelconque, non. Ils veulent se débarrasser complètement du monde dont ils héritent, c’est-à-dire globalement le monde des boomers si on généralise, et les corruptions systémiques dont on est tous au courant depuis toujours dans les pays de l’Est, en Serbie et autres, on le sait et puis on fait avec.
Eux, ils veulent plus faire avec, c’est terminé. Alors Bruno, toi, ton œil de réalisateur, on l’a dit, a commencé sur ce qui s’est passé au Bangladesh, mais force est de constater qu’il y a tache d’huile aujourd’hui. que cette Gen Z est en train de se répandre un peu partout. Toi, cet œil de réalisateur, tu m’as dit, c’est comme un peu les Gremlins. Les Gremlins, ils s’agitaient quand on leur versait de l’eau dessus.
Là, c’est quand on leur coupe Internet. Évidemment, si c’est une génération connectée qu’on essaye de déconnecter, ça met le feu aux poudres. Et malgré tout, malgré les coupures, ils arrivent quand même à rester connectés. C’est-à-dire qu’on est vraiment dans une génération qui a maîtrisé l’outil. Oui, ils maîtrisent l’outil, ils savent faire et ils savent se regrouper et communiquer même si on leur coupe internet.
Et ce qui est très intéressant aussi à observer, c’est que partout dans le monde, y compris au Bangladesh, cette génération Z, depuis bien longtemps, elle est très sous-estimée. Il y avait des articles d’universitaires qui se plaignaient de profs d’université, qui décrivaient cette génération comme apathique, un peu égoïste, bercée dans le loisir, non politisée, qui ne s’intéressait pas au débat, un peu égoïste, un peu égocentrique. Vraiment, c’était cette description qu’il y avait chez nous, comme là-bas, comme partout. Et cette Gen Z démontre bien qu’elle est capable de tout à fait autre chose. C’est ça l’effet Gremlin, on a l’impression en les regardant comme ça qu’ils sont tout mignons, mais effectivement si tu leur donnes à manger après minuit ou que tu leur mets de l’eau dessus, ils se démultiplient et ils retournent la ville.
Et là, en l’occurrence, c’est vrai que le point commun, c’est Internet. Quand la réponse des autorités est aussi basique qu’on vous coupe Internet pour vous empêcher de communiquer, ça met le feu aux potes et c’est terminé. Et donc c’est le réalisateur, l’âme du réalisateur qui fait qu’aujourd’hui, tu te penches plus sur ce sujet, quasiment plus que les observateurs internationaux qui finalement ne comprennent pas trop ce qui se passe ? Non, ils ne comprennent pas ce qui se passe. Et du coup, récemment, j’ai un exemple très simple sur Arte.
Il y avait l’émission 28 minutes et ils observaient un petit peu ce mouvement en se posant la question. Mais qu’est-ce que c’est que ce mouvement Gen Z ? Est-ce que c’est pourquoi ça sort de l’Asie ? Est-ce que c’est spécifique à ces pays-là ? Est-ce que le modèle a des chances d’arriver chez nous, de s’apporter chez nous ?
Et je voyais des gens qui sont des bons journalistes. Je veux dire, il n’y a pas de problème, mais ils passent complètement au-dessus du sujet. Oui, mais on a déjà vu ça. Il y a eu mai 68, il y a eu les printemps rapides. Et quand tu compares ce mouvement à mai 68, c’est que tu n’as strictement rien compris au fond de ce mouvement.
C’est au-delà d’un mouvement, c’est une génération entière. Moi, au Bangladesh, ils m’ont dit, je les ai interviewés, ils m’ont dit, Gen Z est connecté entre elles, pas seulement dans son propre pays, mais à l’international et parle le même langage. Et dans tous ces pays, le point commun, c’est que le monde qu’on leur laisse, c’est, d’après aussi les observateurs, c’est un monde où il n’y a presque pas d’issues sur le climat, Il y a quand même des menaces de conflits armés, voire de nucléaire, et une crise sociale ou financière et des injustices criantes qui sont insolubles. Donc à partir de là, je peux comprendre qu’ils se disent, OK, si c’est un monde sans espoir, on le prend en main et on le retourne. Et ce qui est la cause de ce désespoir, on s’en débarrasse.
Et ce n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, une sorte de ségrégation anti-boomer. En fait, ce n’est pas ça. C’est qu’eux-mêmes, ils appellent la génération X et ou Y à se joindre à leur mouvement et à se réveiller et à prendre conscience. Donc, je pense que globalement, ils ont raison. Après, on verra.
Ils ont raison. Après, c’est un avis personnel. Mais je veux dire, à partir du moment où on leur laisse sans héritage, c’est la moindre des choses qui se rebellent et qui disent qu’on ne veut pas de ce monde-là, on veut sauver le monde. Alors est-ce que c’est une chance pour le monde peut-être ? La radio des Français dans le Monde voulait absolument aborder ce sujet.
Encore une fois Bruno Dupuis est réalisateur dans la vie, tu n’es pas un fin analyste politique de la vie internationale. Mais ce regard est important et puis au moins ça a été l’occasion d’éclairer ce sujet. comme on le voit dans l’actualité, c’est vraiment un mouvement important qui se généralise. Merci pour avoir donné ton point de vue sur notre antenne. Réagissez sur les réseaux si vous le désirez.
J’invite chacun, si je peux me permettre, juste une dernière chose. J’invite chacun à se poser la question de savoir si ce mouvement va effectivement se généraliser plus encore et s’importer y compris en Occident. Et au moment où ça arrivera, si ça arrive, je me pose la question si ce n’est pas finalement la meilleure chose qui puisse nous arriver. Alors je vais mettre le contact pour pouvoir écrire à Bruno via ses réseaux sociaux dans le descriptif de ce podcast. Merci beaucoup Bruno.
Au plaisir. A très vite. Et on se reverra pour la sortie du documentaire. J’espère. Son planning est un peu mouvementé.
Je vais partir à Madagascar dans quelques jours, justement, théoriquement, si j’arrive à m’y rendre. Eh bien, bon courage. Merci. À très vite. À très vite.
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