Présentation du podcast :

Comment la voix des expatriés est-elle entendue dans les couloirs de l’Assemblée nationale ?

Cette question, souvent posée mais rarement explorée en profondeur, est au cœur de notre épisode d’aujourd’hui. Nous vous invitons à réfléchir à l’impact des Français vivant à l’étranger sur la politique nationale et à la manière dont leurs préoccupations sont prises en compte par leurs représentants. Dans un monde de plus en plus globalisé, comprendre cette dynamique est essentiel pour saisir l’ampleur de l’influence des expatriés sur les décisions politiques françaises.

Notre invitée du jour est Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger, représentant la cinquième circonscription qui inclut l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco. Engagée en politique depuis une décennie, elle a récemment été élue avec une majorité de 65,2 % des voix. Nathalie vit à Madrid avec sa famille binationale et s’investit pleinement dans son rôle de députée, jonglant entre sa vie à l’étranger et ses obligations à Paris. Elle nous partage ses défis, ses motivations et sa vision pour renforcer les liens entre la France et ses citoyens expatriés.

Dans cet épisode, nous explorons les multiples facettes de la représentation des Français de l’étranger. Nathalie Coggia nous parle de l’importance du benchmarking des pratiques étrangères pour améliorer les politiques en France, notamment dans le domaine du travail. Elle aborde également le rôle crucial des associations et des réseaux tels que FLAM dans la promotion de la culture française à l’étranger. Enfin, nous discutons des défis de communication et des stéréotypes persistants concernant les expatriés. Nathalie partage ses efforts pour changer la perception des Français de l’étranger et valoriser leur contribution à la nation.

► Podcast n°2969 (juillet 2026)

00:00:02-Introduction et bienvenue
00:00:32-Présentation de Nathalie Coggia
00:01:61-Parcours politique de Nathalie
00:02:138-La vie de députée à Madrid et à Paris
00:03:239-Benchmarking des pratiques étrangères
00:04:268-L’image des expats en France
00:05:328-Part de l’exil fiscal
00:06:362-Couverture médiatique des élections consulaires
00:07:448-L’importance des associations
00:08:535-Soutien aux associations FLAM
00:09:587-Crise de l’AEFE et frais de scolarité
00:10:627-Bilan de Nathalie après quelques mois en tant que députée
00:11:707-Conclusion et merci

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Transcription IA du podcast :

Comment la voix des expats est entendue dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Nous allons en savoir plus avec notre invité. 10 Minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Seyss et aujourd’hui, on décolle avec Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger à Madrid.
10 Minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde.
Très heureux de passer quelques minutes avec une députée des Français de l’étranger, produit rare dans le monde. On pourra en parler. Bonjour et bienvenue Nathalie, qui m’a autorisé à ce que je la tutoie dans ce podcast, comme les autres invités politiques. Bienvenue sur la radio des Français dans le Monde. Bonjour Gauthier, merci beaucoup de ton invitation.
C’est vrai que chez les expats, on se tutoie beaucoup plus facilement quand même. Tout à fait. Ce qu’on en parlait avant, ce n’est pas forcément un manque de respect ou un manque de politesse. Ça dépend des cultures. C’est évident.
Un mot sur ton parcours. Tu as 49 ans. Tu fais partie du parti Renaissance, député des Français de l’étranger, de la cinquième circonscription. C’est donc l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco. C’est une mission qui a commencé il y a peu de temps, élue à 65,2% des voix.
C’est quoi d’être une jeune députée aujourd’hui? Écoute, je suis une jeune députée, mais c’est vrai que ça fait dix ans que je suis engagée plus intensément en politique. Alors c’est vrai que jusqu’à mon élection en octobre dernier, c’était un hobby, quelque chose que je faisais en parallèle de ma vie familiale et de ma vie professionnelle. Et voilà, maintenant, j’ai la chance de pouvoir m’y consacrer à temps plein. Pour moi, ce rôle est un honneur qu’on me fait.
Je le trouve magnifique puisqu’on peut vraiment être utile si on se le propose. C’est une famille binationale. Ton conjoint est espagnol. Les enfants ont la double nationalité. Tu vis au moment où on se parle à Madrid.
Mais par contre, quand il faut voter les lois, il faut être dans l’hémicycle. Et oui, pas possible de déléguer son vote dans la majorité des cas, sauf pour les votes solennels, comme on dit. Donc, c’est pour ça que je dois passer énormément de temps à Paris. Mais évidemment, je garde aussi un petit peu de temps pour aller sur le terrain, dans ma circonscription, à la rencontre de mes administrés, comme on dit, même si je n’aime pas trop ce terme. Promesses de campagne, être utile, être proche, être efficace, on se le rappelle chaque jour quand on part travailler?
Oui, pour moi c’est vraiment ma boussole en fait. Quand t’es députée tu peux, c’est vrai que t’as vraiment, c’est pas que t’as un agenda de ministre mais presque, donc à chaque instant T tu peux avoir, enfin t’as trois trucs importants à faire et donc la boussole c’est ça qui te permet de prendre la meilleure décision sur comment, sur quoi tu t’investis en fait. Ça a été une belle année pour l’Espagne. D’abord, ils ont gagné la Coupe du Monde, c’est déjà ça. Les radios du monde entier diffusent la langue espagnole de Rosalia.
Et puis, dans un certain nombre de sujets, on prend souvent, notamment dans cette période de canicule, une comparaison entre ce qui est fait dans les lois françaises pour le travail, par exemple, en pleine forte chaleur, et ce qui est fait en Espagne. Est-ce qu’on prend suffisamment Les bonnes pratiques, les belles idées dans les différents pays où se trouvent les Français de l’étranger ou est-ce que ça passe un peu trop à l’as? Eh bien, écoute, le parangolage, comme on dit en français, ou le benchmarking, en bon globish, c’est quelque chose de très utile et concernant mon pays de résidence, il y a certainement énormément de bonnes pratiques qu’on peut appliquer en France, alors peut-être d’une manière un peu adaptée. Mais tu parlais par exemple de la législation du travail, et c’est vrai qu’on a parlé récemment du congé climatique, mais il y a aussi depuis très longtemps en fait, on en parlait, la jornada intensiva, qui est qu’en été, beaucoup d’entreprises font travailler leurs employés sur un horaire concentré de 8h à 3h, alors que pendant l’année on est plutôt sur du 9h, 6h, 7h. Donc voilà, c’est des choses qu’on peut prendre en compte, pas forcément appliquées directement en France.
Mais cet effort de benchmarking de ce qui se passe à l’étranger, c’est quelque chose de vraiment utile, effectivement, pour notre pays. Et on parle de 3 millions, entre 3 millions et 3 millions et demi de Français qui vivent hors de France. Ce sont souvent des gens qui, je l’entends au micro de la radio des Français dans le monde, aiment passionnément leur pays, la culture, la gastronomie, évidemment. C’est une diaspora pour toi? Oui, en fait, puisqu’il y a de plus en plus de Françaises et de Français d’étrangers qui sont installés durablement à l’étranger et qui sont un atout énorme pour la France.
Ce sont des mini ambassadrices et ambassadeurs au quotidien. C’est aussi un énorme vivier de talent pour nos entreprises qui exportent ou qui sont installées et qui ont une activité à l’étranger. On parlait du travail, par exemple, c’était une mission importante dans ta carrière. Il y a des Français sur place qui peuvent être utiles pour des entreprises françaises. Il faut le rappeler.
Mais évidemment, il faut le rappeler parce que c’est des profils qui connaissent la culture, le marché, le contexte local et qui sont de véritables atouts pour nos entreprises. Qui ont parfois tendance à les oublier, qui soit envoient quelqu’un depuis la France, et c’est très bien aussi de donner cette opportunité de devenir un Français d’étranger, un Français de métropole, ou qui font parfois appel à des personnes de la nationalité du pays de résidence. Mais entre les deux, il y a aussi ce vivier de Françaises et de Français durablement installés à l’étranger qui peuvent répondre à leurs besoins. Et cependant, depuis la France et les politiques et les Français de France regardent les expats comme des évadés fiscaux, etc. Il y a des clichés qui persistent.
Comment les gommer? Eh bien, par des initiatives comme la tienne, par le travail que je fais avec mes collègues députés et sénateurs et sénatrices au Parlement. On fait, je pense, un énorme travail pour rappeler à nos compatriotes que non, nous ne sommes pas dans l’extrême majorité d’entre nous des exilés fiscaux. On est partis à l’étranger pour beaucoup d’autres bonnes raisons. Les médias aussi peuvent peut-être en faire un peu plus que nos médias nationaux qui ne couvrent pas forcément, on en parlait tout à l’heure suffisamment bien, l’actualité des Français et des Français d’étrangers.
Nos élections, par exemple, les élections consulaires, n’ont pas été couvertes par les médias nationaux. Donc il faut prendre notre bateau de pèlerins et continuer à expliquer ce qu’on est, ce qu’on représente, toute la valeur qu’on peut ajouter et ne pas abandonner ce combat. La radio des Français dans le Monde a soutenu ces élections consulaires en expliquant aux auditeurs la démarche citoyenne de participer. Mon seul souvenir d’un média national qui a parlé de ces élections, c’était dans TMC quotidien où le journaliste a dit ce week-end, il y a une petite élection sans intérêt. Ça fait quand même plaisir.
C’est quand même incroyable. Résultat, 14% de participation seulement. Il n’y a pas eu beaucoup d’écho. C’est là dessus, sur la communication qu’il faut travailler. Je pense que la couverture médiatique nationale aurait aidé et j’aimerais pouter ce sujet-là parce que moi, par exemple, quand je rentre de l’hémicycle, quand nos sessions terminent à minuit le soir, j’arrive dans ma chambre à la résidence des députés et je mets France Info et je tombe sur le journal de l’Outre-mer qui est programmé, je crois, quasiment tous les jours.
Je ne demande pas la même chose pour les Français et les Françaises de l’étranger, mais je pense qu’on a une petite marge d’amélioration. Après, en tant qu’élu, évidemment, on peut aussi faire la promotion, parler de ces élections qui ont lieu. Donc, on a aussi un travail à notre niveau à faire. Et puis, toutes les personnes qui sont impliquées dans le monde associatif, également, peuvent le faire. Les pouvoirs publics.
Donc, tous et tous ensemble, on peut peut-être donner une meilleure couverture à ce qui nous arrive, en fait. Alors justement, parlons des associations. Tu me tends la perche, Nathalie. On va parler de structures comme le réseau Flamme, extrêmement important que l’on éclaire le plus souvent possible sur notre radio. Il y a les accueils de la FIAF.
Il y a de grosses associations qui font un travail sur le terrain, par exemple sur les violences faites aux femmes. Ce sont des indépendants, des privés qui font ce travail. Ils font un peu le relais de ce que l’État ne fait pas. Je pense que l’Etat et toutes ses associations se complètent. On ne peut pas tout demander à l’Etat, on ne peut pas tout demander au secteur privé.
Et il me semble que l’écosystème français à l’étranger est assez harmonieux, et que la collaboration entre pouvoirs publics et émanation de l’État à l’étranger et initiatives associatives se complètent très bien. On sait que, par exemple, les associations d’entraide et de bienfaisance travaillent généralement main dans la main avec les services sociaux des consulats et ça se passe plutôt bien. Concernant les associations FLAM, elles sont aidées, elles reçoivent une subvention de la part de l’État et elles sont très utiles parce que c’est vrai que pour l’enseignement en français à l’étranger, elles permettent aux enfants scolarisés dans le système loco d’accéder à la langue et à la culture française. Donc voilà, je pense qu’on a un système plutôt harmonieux qui se complète et qui, en même temps, quand on parle du monde assistatif, il est aussi aidé par l’État. Et est-ce que, justement, le réseau d’association Flamme sera plus aidé dans le futur?
Écoute, en tout cas moi je me bats depuis six mois pour que leurs demandes soient satisfaites au niveau budgétaire, puisque le budget 2026 avait prévu des coupes à l’AFE et du coup l’AFE avait prévu de couper dans le budget Flamme. Et j’espère que je vais obtenir un gain de cause et je pense que je suis en passe d’obtenir un gain de cause et que pour 2026 on va finalement avoir un budget à hauteur de leurs demandes. Je pense que j’ai quelques centaines d’auditeurs qui viennent de décrocher un sourire en écoutant cette réponse. Justement, on parle de l’éducation, l’AEFE traverse une crise, c’est difficile, faut-il la privatiser? L’AEFE repose sur des établissements qui sont de droit local et privé là où ils sont établis, même s’ils sont subventionnés certains et certains plus que d’autres, notamment les établissements en gestion directe.
Donc l’idée, c’est de continuer dans ces partenariats publics-privés, c’est-à-dire ces privés dont le principal contributeur au financement de ce réseau, ça reste les familles. On sait que les frais de scolarité, les frais qui ont reposé sur leurs épaules, ont beaucoup augmenté cette année. Je continuerai de me battre pour qu’elles puissent avoir une visibilité, une stabilisation concernant ces hausses de frais de scolarité. Formes en cours et j’espère un budget plus généreux l’année prochaine devrait y contribuer. Et puis pour terminer, nous étions avec notre studio à Madrid il y a peu de temps.
La capitale est agréable. Tu as cette nouvelle mission aujourd’hui qui t’occupe à temps plein. Au bout de quelques mois nommé député, quel est ton bilan que tu peux partager à nos auditeurs? Écoute, je pense que j’ai tout donné. J’ai fait, j’ai essayé de combiner.
En fait, on oublie souvent qu’un député des Français et des Français de l’étranger, ça reste un député de la nation. Et donc, je me dois de participer et de voter toutes les toutes les lois nationales et de m’impliquer aussi sur des thématiques nationales. Dans mon cas, plutôt sur l’eau, le développement durable et puis aussi sur un autre sujet que je porte, qui est la neurodiversité. Et puis, mes sujets circaux, parce que je représente des Français de l’étranger. J’ai été bien occupée par les sujets d’enseignement, d’éducation, d’emploi, de dématérialisation pour les procédures.
J’ai essayé d’avancer au maximum ces dossiers. Évidemment, c’est un travail qui n’a jamais de fin. En septembre, je vais partir en vacances avec ma famille. C’est peut-être le seul bémol dans ce rôle que j’adore, c’est le fait que tu passes moins de temps avec ta famille. C’est vraiment l’unique bémol pour moi et je reviendrai en septembre avec plein d’énergie pour continuer à mener ces combats.
En tout cas, la voix des expats pour réagir à mon chapeau d’introduction est entendue dans l’hémicycle, notamment grâce à Nathalie Kodia, mon invitée du jour. Un bel été. Merci d’avoir répondu à nos questions et au plaisir de se retrouver. On va débriefer les bonnes idées en fin d’année. A volonté.
On referait un podcast pour parler adaptation, changement climatique et ce genre de choses en comparaison. Merci beaucoup. A bientôt. A bientôt.
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