Présentation du podcast :

Avez-vous déjà réfléchi à l’impact de la polarisation politique sur la société américaine actuelle ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », le média de la mobilité internationale, nous explorons cette question brûlante avec notre invitée spéciale, Sophie Przychodny. En tant que journaliste chevronnée et expatriée aux États-Unis, Sophie partage ses observations sur les changements sociopolitiques qu’elle a constatés au cours de ses treize années de résidence à Miami.

Sophie Przychodny est une journaliste et reporter d’images française qui a récemment lancé une chaîne YouTube intitulée « What’s Up America ». Originaire de Paris et ayant grandi dans le bassin d’Arcachon, Sophie a débuté sa carrière à TF1 avant de s’installer aux États-Unis pour couvrir les élections américaines. Bien que son rêve initial ait été de devenir reporter de guerre dans des régions comme le Pakistan ou l’Afghanistan, elle s’est retrouvée à Miami, où elle a suivi de près l’évolution de la société américaine.

Dans cet épisode, nous discutons avec Sophie de la polarisation croissante aux États-Unis et de l’impact de cette division sur la vie quotidienne. Elle partage ses expériences personnelles en tant que journaliste sur le terrain, confrontée à des accusations de fake news et à une atmosphère de méfiance envers les médias. Sophie évoque également son nouveau projet, « What’s Up America », une chaîne de reportages immersifs qui vise à offrir une perspective authentique et non censurée sur les réalités américaines actuelles, tout en donnant la parole à toutes les voix, quelles que soient leurs affiliations politiques.

► Podcast n°2943 (juin 2026)

 

00:00:01-Bienvenue et introduction de Sophie Prichaud-Ny
00:01:41-Nouvelle chaîne YouTube « What’s Up America »
00:02:40-Expérience et formation chez TF1
00:03:25-Transition vers Miami
00:05:00-Polarisation de la société américaine
00:07:00-Lancement de « What’s Up America »
00:08:00-Objectifs de la chaîne YouTube
00:09:30-Couvrir l’actualité de manière immersive
00:11:00-Challenge d’être une femme journaliste
00:12:30-Prochain sujet sur la chaîne
00:13:20-Conclusion et au revoir

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Sophie Prichaud-Ny. Elle est journaliste et elle nous lance une nouvelle chaîne YouTube aux USA. 10 Minutes. 10 Minutes.
Le podcast des français dans le monde. P R Z Y C H O D N Y. Avoue quand même Sophie que pour un animateur radio c’est un cauchemar. Pour animateur radio, télé, pour tout le monde c’est un cauchemar et ça fait 25 ans que ça dure. Mais au Scrabble, c’est très bien.
Sophie, bienvenue sur la radio des Français dans le Monde. On salue Roberto qui nous a mis en relation, que j’ai reçu il y a quelques mois sur cette antenne et qui m’a dit, il faut absolument que tu rencontres Sophie. Tu es journaliste, reporter d’images et tu lances une nouvelle chaîne que vous allez pouvoir découvrir sur YouTube qui s’appelle What’s Up America. Au moment où on se parle, tu es à Miami avec ce fameux soleil et ses alligators. Les Alligators, on ne les trouve pas non plus au coin de la rue.
Mais oui, il y en a quelques-uns et il fait très, très beau. Mais je crois que comme en France, non, il me semble. Oui, en ce moment, ça va, on est plutôt gâté. Tu es originaire de Paris. Alors là, il souffre un peu de la chaleur en ce moment, mais tu as grandi dans le bassin d’Arcachon.
Bassin d’Arcachon versus Miami. Deux salles, deux ambiances. Alors oui, mais pas tant que ça, parce que je dirais que le bassin d’Arcachon, c’est magnifique. Il y a la mer et des gens très sympas. Et Miami, c’est pareil.
Après, si je devais choisir, mon cœur reste quand même sur le bassin, j’avoue. Je ne suis pas surpris. Tu vas faire une première expérience toute jeune à Erasmus en Grèce, ce qui va peut-être te donner les premières envies d’international. Et puis des études à Paris, des études de journalisme. Ces études vont t’amener à travailler à TF1.
C’est pas mal pour commencer sa carrière à un petit CDI d’huit ans. Tu penses que j’ai eu de la chance à l’époque et le milieu n’était pas aussi compliqué, je pense, il y a 20 ans. Mais oui, un premier CDI à TF1, j’avoue, c’était un bon début et surtout une super formation pour la suite. Tu as eu une occasion en 2006 de rejoindre la rédaction en chef de Babel à Miami. Tu es attiré par la politique étrangère.
Toi, tu voulais plutôt le Pakistan, l’Afghanistan, ce qu’il y a là du monde. Qu’est-ce qui s’est passé? Ce n’est pas au même endroit. On t’a repéré que c’était deux lieux différents, très, très, très différents. Je plaisante, mais j’avais cette envie de Pakistan, Yémen, cette région du monde, parce qu’on se doute pourquoi, et que j’ai aussi longtemps voulu être reporter de guerre, donc j’avais vraiment une appétence pour me rendre là-bas, mais les circonstances politiques ont fait que ça n’a pas été possible.
Et on m’a proposé, en échange, un poste à Miami pour couvrir la nouvelle élection, c’était la fin du mandat de Barack Obama. On savait qu’il ne pouvait pas se représenter, donc on ignorait qui allait prendre la relève. Donc je me suis dit, faisons cette élection-là, ça va durer un an et puis je verrai ensuite. Et ça fait 13 ans. Mais au final, on va en parler notamment dans le cadre du premier documentaire qu’on va découvrir sur ta chaîne.
On n’est quand même pas très loin non plus d’une zone de guerre. Au final, quand on voit un peu comment aujourd’hui, les Américains ont du mal à fonctionner les uns avec les autres. En 13 ans, la société américaine a énormément changé, selon moi. Quand je suis arrivée, il y avait quand même ce côté American Dream, aussi parce que j’ai découvré le pays et que la vie me semblait plus douce. Aujourd’hui, je trouve que ça s’est extrêmement polarisé.
Il faut vraiment choisir un camp. Et que les deux camps s’affrontent de manière assez violente, que ce soit verbalement et même physiquement aujourd’hui. Et dans le premier reportage qu’on propose sur la chaîne, vous allez voir que oui, tout est OK, on peut se dire tout et n’importe quoi, s’insulter, se taper, que ce soit la police, que ce soit des gens civils, on n’est pas loin de la guerre civile en vrai, ce que j’ai pu constater là, et c’est assez nouveau pour moi, et même assez, on va dire, ça peut faire un peu peur, parce qu’on se dit, qu’est-ce que va donner la suite? Tu as vu sur ces quinzaines d’années un glissement de terrain qui s’est passé notamment via les politiques qui ont tenu des discours. Mais comment au quotidien ça se déroule?
Comment tu le sens glisser tout doucement? Au quotidien, je sens que les conversations sont devenues plus compliquées, même dans un entourage proche d’amis, de connaissances ou par les politiques. Ça devient presque un sujet tabou ou en tout cas un sujet de querelle. Il n’y a pas vraiment de discussion athésée. Il y a une énorme méchance qui s’est développée envers les médias.
Moi, de plus en plus dans les meetings où je me rends de Trump ou d’autres, même de démocrate, on m’accuse de faire du fake news, on m’agresse en disant qu’on raconte n’importe quoi, même en étant une journaliste étrangère, je suis au même niveau que les journalistes américains, entre guillemets. Et puis on sent qu’au quotidien, l’atmosphère est beaucoup plus lourde. Il y a moins de légèreté à vivre aux États-Unis, même à Miami. On croise des gens avec des t-shirts qui affichent clairement des slogans homophobes, xénophobes. C’est OK de dire «rentrez chez vous» et de le mettre sur un t-shirt.
C’est OK de se cracher dessus dans la rue, de se bousculer, d’en faire une vidéo sur TikTok. Donc il y a quand même une forme de violence quotidienne plus présente. Sophie, c’est drôle parce que j’ai rarement des Français expatriés aux Etats-Unis qui relatent une Amérique qui s’abîme autant. Souvent, on a l’impression qu’ils restent dans leur American Dream, le pays où tout est possible, le pays où tout est démesuré, le pays où on peut y arriver en partant de rien. Mais en vrai, si je t’écoute, ça, OK, ça reste, mais c’est conjugué avec un quotidien plus polarisé.
Ah oui, mais ça, ça reste. L’American Dream, il reste là. C’est toujours possible de créer son entreprise, d’avoir plein d’idées, de devenir millionnaire en trois jours aux États-Unis, c’est possible. Il y a encore plein d’exemples. En revanche, moi, j’ai peut-être un regard plus décalé que d’autres expatriés, dans la mesure aussi parce que je suis journaliste, donc je suis peut-être plus au fait politiquement de ce qui se passe tous les jours.
Je suis peut-être aussi plus confrontée à des discussions avec les gens. Et dans mon entourage, comme je connais beaucoup d’Américains, je l’ouvre cette discussion. Et du coup, je pense que peut-être par rapport à d’autres expatriés, j’ai plus de connexions et de dialogues par rapport aux ressentis des Américains. Et mon ressenti à moi fait que je trouve que la douceur de livre disparaît et qu’on est vraiment dans un côté polarisé, il faut choisir son camp. On ne peut pas être mesuré dans ce qu’on dit, c’est même interdit presque.
Il faut dire soit je suis démocrate, soit je suis républicaine, soit je suis pour, soit je suis contre, mais dire un petit peu, ce n’est plus possible. Pendant ta présence aux Etats-Unis, on peut rajouter le dérèglement climatique, on peut rajouter l’inflation, on peut rajouter Trump, on peut rajouter les réseaux sociaux. Bon, il y a une lueur d’espoir sur moi, Sophie. Oui, bien sûr. Encore une fois, au quotidien, ça reste un pays passionnant, fascinant, par justement toute cette polarisation aussi, mais c’est tellement vaste, c’est tellement grand, c’est tellement beau.
Et puis il y a des gens en plus qui aujourd’hui se rebellent, se révoltent. Il y a des choses. Il ne faut pas voir que le mauvais côté. Et c’est pour ça que ce pays reste fascinant et il y a encore tellement d’histoires à raconter. Et c’est pour ça que je suis toujours là, sinon je serais partie.
Et c’est sans doute aussi pour ça que tu lances WhatsApp América. C’est une chaîne YouTube, c’est une chaîne de reportage en immersion. Tu pars sur le terrain seul. Alors, il faut imaginer un peu. L’auditeur ne se rend pas forcément compte, mais avoir la caméra, s’occuper du son, poser la question.
Cadrer, réfléchir, rebondir et tout ça, c’est un sacré exercice. Déjà fait, c’est très, très dur. Et ça, c’est ton travail que tu vas proposer sur WhatsApp America. C’est sous-titré, donc ça peut être regardé sur YouTube, donc dans le monde entier. Et vous mettez la langue que vous voulez en sous-titrage et c’est ouvert à tous.
Pourquoi tu as voulu lancer cette chaîne? J’ai voulu lancer cette chaîne parce que je trouve que de moins en moins, on exploite justement ce qui se passe aux États-Unis, on raconte de moins en moins d’histoires. C’est toujours un peu pareil, je trouve, que ce qu’on met en avant dans les médias étrangers, en France et ailleurs. Et je pense qu’il y a plein de choses à raconter. Il y a plein de témoignages, il y a plein d’histoires.
Et puis surtout, ce que je veux apporter via cette chaîne, c’est une vraie réalité du terrain. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas de censure, même pas d’auto-censure, je ne vais rien interdire. Il n’y a pas de filtre. C’est vraiment montrer ce qui se passe au moment où ça se passe, sans donner quelque chose de pré-imposé que les chaînes souvent demandent ou que les émissions de télé demandent, sans avoir une idée préconçue de ce qu’on doit ramener. Se laisser un peu vivre par le terrain et puis surtout donner la parole à tout le monde.
C’est vraiment un journaliste qui a, je voudrais que ce soit une chaîne qui a une opinion, certes, mais qui ne s’interdit pas de donner la parole à tout le monde, que ce soit de droite, gauche, et comprendre pourquoi aujourd’hui justement on en arrive là et qu’est-ce qui se passe aux Etats-Unis. Alors ce principe de l’immersion, c’est-à-dire qu’il n’y a pas un rédacteur en chef qui est en amont, qui dit tu vas aller me faire un sujet sur ce thème-là, là tu te promènes et puis en te mélangeant avec la foule par exemple, comme là devant un centre de détention ouvert par Trump, on est en plein dans les manifs contre ICE, tu t’y poses et tu regardes ce qui se passe finalement. C’est exactement ça. En fait, j’ai reçu un message d’un journaliste que je connais qui était devant ce centre et qui me dit, il y a une grève de la faim qui vient de commencer, bien. Je ne me suis pas posé de question, je n’ai pas appelé de redacteur pour dire qu’est-ce que vous voulez, comment vous voulez, quelle partie vous voulez mettre en avant.
J’ai pris mon sac, je suis partie et pendant trois jours, je suis restée sur place, matin, midi, soir, avec les conditions aussi que que ça demande et vous pourrez aussi le voir je pense dans les reportages, je veux vraiment montrer aussi l’envers du décor de ce que ça veut dire que d’être sur place, d’être journaliste, de couvrir ce à quoi on se confronte au quotidien et comment justement on met ça en image après. Et du coup là je suis arrivée sans idée préconçue, j’ai parlé aux manifestants, j’ai parlé aux supporters de Trump qui sont venus, j’ai filmé ICE en train de défendre, en train d’attaquer, Donc il y a vraiment tous les points de vue qui seront mis en avant. Et après, chacun sera un peu son idée, même si, encore une fois, moi, j’ai mon opinion et je pense qu’on le ressent, mais je ne veux pas donner de directives. Et dans ce pays où les hommes blancs dirigent et contrôlent à peu près tout, être une femme sur le terrain, c’est un petit peu de piment supplémentaire? Alors, ça peut être un avantage comme un gros inconvénient.
Par exemple, j’ai fait un documentaire sur l’avortement aux Etats-Unis où, évidemment, être une femme m’a facilité l’approche des victimes dans le sens où elles ne pouvaient pas avorter. J’ai pu approcher plus de femmes, moi toute seule avec ma caméra, qu’aurait pu faire un homme, tout simplement. Après, quand on se rend sur des meetings de Trump ou un peu plus magas, un peu plus droite, extrême, on va dire, c’est un petit peu plus compliqué, on est un peu pris à la légère aussi. J’ai rencontré les Proud Boys, c’est un groupe qui est qualifié de white supremacist extremist. Bon, moi en arrivant, française, blonde, on peut dire la femme, il me regarde un peu de haut, mais l’avantage c’est que parfois il ne me voit pas venir non plus.
Dans les deux cas, ça peut servir. Est-ce que tu peux nous dire quel sera le sujet qui suivra cette immersion avec Ice? Alors le sujet qui devrait suivre et qui me tient beaucoup à cœur, c’est une personne que j’ai rencontrée quand je suis arrivée ici aux États-Unis, qui s’appelle Nora Sandigo, et qui en fait se propose d’être la tutrice d’enfants qui sont nés aux États-Unis mais dont les parents sont déportés. Donc ces enfants-là, quand leurs parents sont déportés, ils sont censés être placés dans un système d’adoption aux États-Unis. Elles se filent des papiers pour devenir leur tutrice.
Pour éviter qu’ils rentrent dans ce système d’adoption et qu’ils aillent plutôt vers des proches, des cousins, des cousines ou quand les parents reviennent. En tout cas, elle s’en occupe. Quand je l’ai rencontrée il y a dix ans, elle s’occupait d’une dizaine d’enfants. Aujourd’hui, elle en a 1500. Donc voilà, j’ai pris à cœur de raconter cette évolution, cette histoire, comment on en est arrivé là aujourd’hui, les conditions et le sort de ces enfants, et tout ce que ça implique derrière ces départations.
En tout cas, Sophie, on va suivre avec attention cette chaîne WhatsApp América. Le lien est dans le descriptif de ce podcast. Nous sommes en vision tous les deux. Je te vois derrière avec une valise, avec beaucoup d’autocollants dessus, prête à partir. Si je te dis, tu peux sauter dans un avion là maintenant et tu peux aller où tu veux.
C’est moi qui t’y invite. Tu veux où? Tu partirais où? Là, tout de suite, là, maintenant, n’importe. Où dans le monde.
À Saint-Denis-Arcachon.
La valise sera vide. Retour aux origines. S’en sort pour ramener du fromage et du saucisson. Exactement, fromage, saucisson, pieds sous la table en famille. Très bien.
Eh bien, merci Sophie pour ce témoignage. Je te souhaite le meilleur pour la chaîne WhatsApp América et un bonjour à tout le bassin d’Arcachon du coup. A bientôt. Merci Gauthier. A bientôt.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr.
Et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.

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