Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Anne-Sophie Drouet. Si votre rêve est de vivre en Norvège, ne quittez pas. 10 Minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde.
Ce podcast est enregistré alors que la France est en train de cuire. C’est un véritable four. Tout le monde se plaint. Le français qui se plaint, en même temps, c’est pas tout à fait une surprise. Mais en tout cas, je vais vous rafraîchir dans les dix prochaines minutes.
Bonjour Anne-Sophie. Salut. Alors je dis Anne-Sophie, mais je pourrais dire que tu es la blonde française en Norvège. C’est un peu ça. Tu occupes tous les réseaux.
Tu es présent avec un site, avec Instagram, etc. On te voit un peu partout. Le principe pour toi étant, depuis quelques années, de donner envie de venir s’installer en Norvège. Au moment où on se parle, tu es sur une petite île dans le sud. C’est ça, tout à fait, sur l’île de Nøterøy.
Alors c’est une île, mais il y a une route, il y a un pont. Je ne viens pas chez moi en bateau ou à la nage. Mais c’est une île quand même, au sud de la Norvège, près de Tønsberg. Eh bien avant d’arriver en Norvège, on va revenir en Ardennes où tu es originaire, tu fais des études d’audiovisuel à Reims et ensuite pendant 10 ans, un parcours assez classique, tu travailles à Paris, tu fais notamment beaucoup de montage vidéo pour M6 et avec ton conjoint en 2010, vous faites un voyage en Norvège et là va se passer un coup de cœur. Est-ce que tu te souviens précisément du moment où vous vous êtes dit tous les deux, on va tout abandonner en France et on va vivre une nouvelle vie?
Je m’en souviens bien. C’était une boucle entre Oslo et Bergen à travers les fjords. Mais je me souviens particulièrement d’un moment à Bergen, sur les hauteurs de Bergen, après avoir pris le funiculaire. On s’est retrouvés là-haut. La Norvège, c’est des paysages magnifiques.
Qui touche et qui crée des sensations différentes puisque nous c’était notre premier voyage dans un pays scandinave, donc on n’avait jamais vu de fjords, on n’avait jamais vu ces paysages-là. Et en fait j’ai été émue, je me suis mise à pleurer en fait parce que c’était beau, je ne sais pas trop pourquoi. Et en fait on s’est regardé avec mon copain et on s’est dit mais je veux vivre là, On n’a pas d’enfant, donc du coup c’était un peu plus simple. On avait que notre partie à nous à considérer. Et puis du coup, on a commencé à vraiment penser très très fort à l’idée.
Et puis suite à ça, on a mis quand même 4 ans pour préparer le projet. Mais c’est vrai que c’était un coup de cœur, vraiment un feeling, un ressenti après ce premier voyage. Alors tu me disais que t’aimais pas spécialement la chaleur. T’aimes pas spécialement le froid non plus. Pourtant, dans les deux, c’est plutôt le camp du froid qui gagne en Norvège.
Pas forcément, parce que justement, avant de venir s’installer en Norvège, c’est ce que j’explique souvent sur les réseaux, c’est que quand on veut venir s’installer en Norvège, certes on veut venir en Norvège, mais on veut venir où? La Norvège c’est un pays qui est tout en longueur, qui s’étend sur plus de 2000 km de long, donc évidemment qu’on ne va pas avoir du tout la même vie si on est dans le sud, si on est dans le centre, dans les montagnes, le long du fjord ou dans le nord. Donc nous on a fait une étude de marché pour ça, on est allé au nord, on est allé à Tromsø, On a adoré y aller en tant que touristes, mais on ne s’est pas vu vivre là-bas, donc du coup on a plus ciblé le sud. Moi, de base, comme tu l’as dit, je travaille en audiovisuel, donc c’était intéressant aussi pour nous au début de ne pas être trop loin d’au sud.
Donc du coup on a réfléchi quand même et on a évidemment pensé à ce côté climat. J’aime pas les grosses chaleurs, mais j’aime bien quand il fait beau évidemment. Et ce qui est très chouette avec la région dans laquelle on est là, qui s’appelle le Vestfold, c’est que c’est une région où il fait très beau, c’est une région où il pleut très fort.
Et voilà, c’est très agréable, là par exemple on a 26 degrés, donc c’est très cool. Et on a des hivers froids, on a de la neige, mais on n’a pas des hivers très froids, on n’a pas des moins 30, des moins 40, on a du moins 10, au pire moins 15, mais ça ne dure pas très longtemps, donc on n’a pas des froids extrêmes, donc on est dans une région plutôt modérée en fait. Alors vous n’êtes pas partie sur un coup de tête, comme tu le disais, un business plan, une étude de marché. Vous avez tenté d’apprendre le norvégien. Bon, on ne va pas se mentir, ce n’est pas fastoche.
Ce n’est pas évident, non. Surtout que ça a vachement évolué par rapport au moment où nous on a essayé. Moi, je m’étais dit à l’époque, je suis à Paris, donc il doit y avoir plein de possibilités pour apprendre le norvégien. Et en fait, non, pas du tout. C’était assez compliqué, puis c’est toujours un gros budget d’apprendre une nouvelle langue.
Donc, comme on savait qu’on allait partir vivre dans un pays où tout coûte cher, c’était pas évident de faire des choix. Donc, nous, en fait, à l’époque, entre 2010 et 2014, tout simplement, on n’a pas trouvé, à Paris, d’opportunité pour apprendre le norvégien. Donc, on avait pris à l’époque la décision de se concentrer sur le perfectionnement de l’anglais. Donc, c’est ce qu’on a fait. On a commencé…
Alors on avait commencé un peu à apprendre le norvégien en regardant un petit peu des vidéos, en lisant un peu, en achetant des petites méthodes de travail etc mais bon c’était vraiment pas pas glorieux et en fait on a appris la langue une fois une fois sur place mais c’est une erreur que je regrette parce qu’on a perdu beaucoup de temps et quand on arrive en Norvège, en fait, le problème c’est qu’il n’y a pas d’aide comme on fait partie de l’UE. Quand on arrive ici, il n’y a pas d’aide. Il n’y a pas d’aide pour apprendre les langues, il n’y a pas d’aide financière, il n’y a rien, on doit tout payer, donc tout coûte assez cher. Comme nous, on était tous les deux avec mon copain, qu’on avait besoin de prendre des cours tous les deux, c’était un trop gros budget, en fait, on ne pouvait pas se le payer. Donc ça a traîné, ça a traîné, ça a traîné et ça nous a amené jusqu’à avoir des difficultés pour rester dans le pays.
L’intégration passe aussi par l’apprentissage de la langue. Toi, tu es fille unique, tu as tout laissé derrière toi. Est-ce que lorsque tu te retrouves dans ce nouveau pays d’expatriation, il y a des fois où tu dis «j’ai fait une bêtise». Pas au début, parce que je suis originaire des Ardennes, j’ai vécu 10 ans à Paris avec mon compagnon. J’ai adoré ma vie à Paris entre mes 20 et 30 ans, c’était très bien, ça m’a permis d’avoir de belles opportunités professionnelles.
J’adorais mon boulot en montage à Paris, notamment au JT d’AMSYS pour le 1945 et le 1245. Je ne suis pas du tout partie par ras-le-bol de mon boulot, on est partie par ras-le-bol de la qualité de vie. Mais nos boulots respectifs, on les adorait donc c’était un peu un déchirement.
En tout cas, tu as trouvé une solution pour le boulot, tu as créé le tien. Et ça s’appelle Une blonde en Norvège. On te retrouve sur les réseaux. Et alors, tu as trois grandes activités. On a parlé de l’apprentissage de la langue puisque toi-même, tu t’es rendu compte que c’était très important.
Tu le proposes aujourd’hui. Tous ceux qui vont faire des voyages en Norvège et puisqu’on est sur la radio des Français dans le monde. Tu aides également tous ceux qui veulent s’y installer, s’intégrer dans la vie norvégienne. A peu près 10 000 Français vivent aujourd’hui sur le sol norvégien. Sur ce sujet aujourd’hui, qu’est-ce qui est le plus étonnant pour un Français qui vit en Norvège, le choc culturel le plus important?
Le choc culturel le plus important, je dirais, ce qui revient le plus, c’est les différences sociales, de comportement social. On entend souvent que les Norvégiens sont froids, distants, ce qui n’est pas vrai selon moi. Mais je peux comprendre pourquoi on ressent ça, c’est que je l’explique souvent en fait, le problème dans les gens qui partent de France pour aller vivre ailleurs, souvent c’est que c’est des gens qui partent par ras-le-bol de la France et de leur situation, ce que je peux tout à fait comprendre, même si moi j’ai aucun souci, j’adore rentrer en France, j’aime beaucoup tous les séjours que j’y vais, Je suis pas partie par ras-le-bol de la France. Je suis partie par ras-le-bol de ma vie parisienne. J’aurais pu partir ailleurs en France.
C’était vraiment pas contre le pays en fait en soi. Mais en fait le problème c’est que souvent les gens partent en pensant retrouver en Norvège tous les côtés positifs qu’ils aiment de la France, sans les côtés négatifs de la France, et avec tous les côtés positifs de la Norvège, sans en prendre avec les côtés négatifs. En fait, le petit problème, je trouve, de la Norvège, c’est que dernièrement elle a été très idéalisée et que les gens pensent que c’est le pays des bisounours, que tout le monde est riche, que tout le monde roule en Tesla, que tout le monde a un bateau, que tout le monde a trois maisons. Je ne dis pas non plus que tout le monde est en difficulté financière, pas du tout, c’est entre les deux, mais il y a ces images un peu faussées que les gens peuvent avoir et du coup quand ils arrivent en Norvège, ils veulent retrouver retrouver ce qu’ils avaient en France. Mais quand on déménage et qu’on part à l’étranger, on part par amour et par coup de cœur pour le pays et on s’adapte à ses cultures et à ses traditions et on ne cherche pas à retrouver ce qu’on avait en France.
On part dans un autre pays, c’est un autre pays avec d’autres cultures, d’autres géographies, c’est différent en fait. Donc il ne faut pas vouloir retrouver la France en Norvège, c’est un autre pays. Alors on va vivre une nouvelle aventure. Il y a pas mal d’objets très pratiques sur ton site, un guide notamment pour s’installer où on parle de tout. C’est assez technique, assez précis.
Tu échanges aujourd’hui avec des francophones qui ont cette envie. C’est quoi le conseil premier que tu vas leur donner? Alors le conseil premier, c’est tout simple, c’est de venir en Europe.
Et alors, ça peut paraître bête et logique comme conseil, mais je propose du consulting aussi pour pouvoir aider les gens justement à développer leurs projets ou essayer de bien préparer tout ça. Et j’ai vraiment eu beaucoup de gens qui voulaient venir s’installer en Norvège, mais qui ne connaissaient rien au pays, qui ne savaient même pas où c’était sur une carte. Ils avaient juste vu des vidéos Instagram et ils voulaient venir vivre là. C’est compliqué de venir s’installer dans un pays quand on n’en comprend pas les codes, quand on ne sait pas à quoi on va être confronté. Donc mon premier conseil c’est, renseignez-vous avant, notamment éventuellement en achetant le guide que j’ai créé.
Mais surtout, venez en voyage en Norvège et testez les différents endroits, le sud, le nord, le centre, les montagnes, les fjords, pour voir si vous vous plairiez ici.
Une grosse démarche que de venir s’installer à l’étranger. Nous, c’est pour ça qu’on a mis 4 ans. Alors, il n’y a pas besoin de 4 ans, mais nous, on a pris 4 ans parce qu’en fait, c’était un projet qui nous tenait tellement à cœur qu’on voulait que ça réussisse. Et on s’est dit, si on part sans être prêts, on va se planter. En tout cas, chers auditeurs, si vous avez un coup de cœur pour la Norvège, sachez qu’il y a un passage obligé uneblondeenorvège.com.
C’est vrai que c’est extrêmement complet puisqu’on a parlé d’apprendre la langue, de voyager. Tu vas même jusqu’à entreprendre des choses extrêmement pratiques. Là, on est dans le concret. C’est ça. En fait, l’idée de mon site, c’est que j’ai tout simplement créé ce que moi, j’aurais aimé avoir.
C’était souvent mon voyage, mon premier, mon installation en fait. J’ai cherché plein d’infos, il n’y avait pas grand chose, on ne trouvait pas, à part aller sur des forums et discuter avec les gens, mais bon c’est souvent un peu des discussions sans fin, on n’obtient pas toujours la réponse qu’on souhaite. Et puis souvent, quand on prépare un départ à l’étranger, on commence à économiser un petit peu, surtout quand on vient en Norvège et tout ça, donc on n’a pas trop d’argent à dépenser, on n’a pas trop de temps, on continue à travailler, on a notre famille, nos hobbies, les enfants, les activités et tout ça. Donc mon but, c’est de faire gagner du temps aux gens en leur donnant vraiment toutes les infos indispensables pour bien préparer leur intégration. Eh bien contactez Anne-Sophie de la part de la radio des Français dans le monde, elle en connaît un rayon et tu dois bien rigoler en ce moment si tu vois les actus françaises avec les parisiens qui sont sous 42 degrés alors que toi t’es tranquille sur ton île dans le sud de la Norvège, à l’Afrique.
C’est chat. Ah ouais, 26 degrés c’est parfait. Une petite brise venant du fjord là, c’est trop bien. Merci beaucoup pour ce témoignage, au plaisir de te retrouver sur notre antenne. Merci à toi.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.