Parlons « Santé Internationale » avec international-santé.com, premier comparateur d’assurance santé expatrié francophone.
Gauthier SEYS
Parlons Santé Internationale sur la radio des français dans le monde, c’est le moment de notre rendez-vous avec Raphaël Reiter, le fondateur et directeur de international-santé.com. Bonjour Raphaël.
Raphael Reiter
Bonjour Gauthier.
Gauthier SEYS
Alors aujourd’hui, grand sujet, tout le monde en parle, le recours à l’IA pour choisir son assurance. Est-ce que c’est une bonne idée ? Alors déjà, pour commencer, comment fonctionne une IA pour trouver une assurance sans expat ?
Raphael Reiter
C’est assez simple. Vous lui dites, j’ai 35 ans, je pars au Mexique. quelle est la meilleure assurance santé pour moi. Et dans ce cas-là, la plupart des IA vont lister directement des assureurs en annonçant les plafonds de garantie, les principaux services et des fourchettes de prix. Et moi, je trouve que ça se fait plutôt de manière… plutôt général et ça ne me permet pas vraiment de choisir, je pense.
Gauthier SEYS
Comment ça, ça ne permet pas de choisir ?
Raphael Reiter
En fait, les IA font leurs analyses à partir des sites commerciaux des assureurs ou des fiches techniques qu’elles peuvent éventuellement trouver où il y a quelques exclusions qui sont inscrites dedans. Elles vont généralement donner des banalités qui ne permettent pas vraiment de faire la différence, notamment les plafonds de garantie. mais pas de détails. Elles vont par exemple mettre en avant un assureur qui a un plafond de garantie de 2 millions d’euros en disant que c’est mieux que celui qui a 1 million d’euros. Mais elle ne va pas voir que dans ces 2 millions d’euros, on a aussi des dizaines de sous-limitations. Par exemple, 500 euros pour la pharmacie, 2 000 euros pour des scanners, 800 euros pour des médecins. Ce qui fait qu’on n’arrivera jamais aux 2 millions d’euros. On sera toujours limité par ces petites sous-limitations. Mais ce que je trouve plus grave encore, c’est qu’elles ne posent pas de questions. Comme si c’était très facile de souscrire, un peu comme une mutuelle française.
Gauthier SEYS
Et globalement, ce n’est pas le cas ?
Raphael Reiter
Non, parce qu’en fait, dans ces contrats-là, pour bien conseiller, je pense qu’il faut poser beaucoup plus de questions. Il faut savoir quelle est la… La durée du séjour, où est-ce qu’on veut se faire soigner, dans quel pays, quels sont les antécédents médicaux qu’on peut avoir dans la famille, ça c’est très important. Et puis savoir ce que vous voudrez faire un jour si vous déclarez une pathologie chronique, est-ce que vous resterez dans le pays où vous êtes ou est-ce que vous allez rentrer en France à ce moment-là. Et surtout, expliquer comment faire pour faire correctement une adhésion et éviter un refus de prise en charge par l’assureur six mois ou même trois ans après la souscription. Malheureusement, les IA ne posent pas de questions sur vous. Elles vous demandent seulement ce que vous attendez d’elles. Elles construisent une réponse à partir de ce qu’elles trouvent sur le net, mais pas à partir de vous. Et ça, ça peut amener à de grosses erreurs.
Gauthier SEYS
Alors justement, regardons un peu quel genre d’erreur.
Raphael Reiter
Par exemple, on fait des tests pour voir comment elles fonctionnent. Et la semaine dernière… Une IAM a donné une bonne idée, a priori pour elle, pour payer moins cher. Elle m’a conseillé de déclarer un pays, je cite, « un pays de résidence administrative qui serait moins cher que mon pays de résidence réelle » . Alors je ne sais pas ce que c’est qu’un pays de résidence administrative, mais en fait c’est une énorme faute, ça s’appelle une fausse déclaration intentionnelle, et ça entraîne une nullité du contrat. Donc il faut imaginer ce que ça peut donner à un moment où il faudrait déclencher une évacuation sanitaire. Et puis surtout, moi je ne lui avais pas demandé une astuce un peu tordue pour essayer de payer moins cher. On avait eu un autre cas comme ça avec une IA qu’on a interrogée sur les antécédents médicaux à déclarer. Elle m’a d’abord parlé de lois qui ne s’appliquent pas du tout à l’assurance expatriée. Quand je lui ai dit qu’elle était hors sujet, elle m’a fait son « mais à coup de pas » et a rajouté à ce moment-là « bah… » . En fait, si vous vivez aux Etats-Unis, il faudra penser à tout déclarer parce que les frais coûtent cher. Par contre, si vous vivez dans un pays comme le Vietnam, vous pouvez négliger des choses parce que l’assureur ne le verra peut-être pas tout de suite et ça ne coûtera pas très cher.
Gauthier SEYS
Et ce genre d’erreur, ça peut être grave ?
Raphael Reiter
Oui, ça peut être dramatique. Déjà d’expérience, quelqu’un qui fait un AVC au Vietnam, ça peut coûter beaucoup plus cher qu’aux Etats-Unis. Il faudra l’évacuer sur la Thaïlande ou le Singapour, après le ramener en France. Et surtout, s’il a oublié de déclarer un petit traitement pour l’hypertension, par exemple, l’assureur s’empressera de refuser de payer. Il aura raison de le faire. Donc oui, c’est très grave. Et à ce moment-là, on a un risque réellement vital, car si l’assuré ne peut pas payer, il ne sera pas soigné. C’est aussi simple.
Gauthier SEYS
Mais de façon pragmatique, aujourd’hui, tout le monde utilise l’IA, tout le monde s’y met. Est-ce que les assureurs aussi doivent le comprendre ?
Raphael Reiter
Oui, effectivement, il faut qu’on comprenne, il faut que les assureurs le comprennent. On a d’ailleurs rencontré plusieurs assureurs pour en discuter avec eux. Ils savent qu’il y a un chemin à prendre avec l’IA, mais c’est aussi une de leurs préoccupations du moment, c’est qu’ils craignent une explosion des litiges liés à l’utilisation de l’IA si un contrat est mal souscrit. À International Santé, nous sommes courtier d’assurance de droit français, nous avons une obligation de conseil, l’IA n’en a pas. L’assuré sera seul responsable de ses choix et de ses déclarations, il devra assumer seul aussi les conséquences. Et je ne suis pas certain qu’à ce moment-là, l’IA lui sera d’un quelconque secours pour se défendre vis-à-vis de son assurant.
Gauthier SEYS
Disons que ce n’est pas encore complètement au point et qu’il vaut mieux s’assurer d’avoir les bonnes questions et les bonnes réponses auprès d’un professionnel.
Raphael Reiter
C’est ça, on va dire que ça peut être une entrée en matière, mais ça ne suffira pas pour choisir et surtout souscrire. correctement des produits aussi complexes que ceux des expatriés pour la santé.