Présentation du podcast :

Êtes-vous conscient des défis auxquels font face les Français vivant à l’étranger ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », nous avons le privilège d’accueillir Hélène Conway-Mouret, sénatrice représentant les Français établis hors de France. Hélène, qui a grandi à Nabat, partage avec nous son parcours inspirant, de ses débuts en tant que professeur d’université à son engagement en tant que sénatrice. Son histoire est un véritable témoignage de l’importance de la représentation des Français à l’étranger.

Au fil de notre discussion, Hélène met en lumière un aspect crucial : l’inscription des Français à l’étranger auprès des consulats. Cette démarche est essentielle pour garantir leur représentation et leur accès à des services vitaux. Elle aborde également la question de la reconnaissance des Français vivant à l’étranger par l’administration française, un sujet qui mérite d’être exploré en profondeur. Hélène n’hésite pas à évoquer les stéréotypes négatifs qui entourent souvent l’expérience des expatriés, et elle appelle à une meilleure valorisation de leurs réussites à l’international.

Podcast n°2083 (Janvier 2024) produit par www.FrancaisDansLeMonde.fr

 

Helene Conway Mouret, sénatrice représentant les Français établis hors de France
  • #1 Introduction et présentation d’Hélène Conway-Mouret 00:12

  • #2 Parcours personnel et académique d’Hélène Conway-Mouret 00:46

  • #3 Importance de l’inscription au consulat pour les Français à l’étranger 03:23

  • #4 Reconnaissance des Français de l’étranger et défis rencontrés 05:41

  • #5 Impact de la pandémie sur les expatriés et leurs relations 13:28

  • #6 Réflexions sur le rôle des femmes en politique et l’avenir

 

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Transcription IA du podcast :

Orateur #0
Le podcast sur français dans le monde.fr je me promène je vais de pays en pays de section en section lorsqu’il s’agit de l’association français du monde adfe avec qui on a l’occasion donc de rencontrer beaucoup de jolies personnalités aujourd’hui et moi je vais à paris et je vais faire connaissance avec hélène conway mouré sénatrice représentant les français établis hors de france On dit Madame la Sénatrice du coup, bonjour.

Orateur #1
Bonjour Monsieur le Journaliste.

Orateur #0
Très content de passer quelques minutes avec vous, on va se balader dans votre parcours. Alors ce qui est déjà très amusant, c’est que malgré que vos parents soient français, vous êtes née à l’étranger. Il y a un symbole là-dessous.

Orateur #1
Absolument, j’ai été prédestinée pour être une française de l’étranger depuis ma conception.

Orateur #0
Alors c’est à Alger que ça se passe en 1960, je me permets de donner l’année.

Orateur #1
Ah c’est pas Alger, c’est à Nabat.

Orateur #0
Ah ben voilà, ma erreur sur Wikipédia, alors du coup hop c’est parti !

Orateur #1
Ah la plus belle ville du monde !

Orateur #0
Vous y retournez de temps en temps ?

Orateur #1
Euh… Pas de temps en temps, j’y suis retournée deux fois, trois fois et à chaque fois avec un immense bonheur parce qu’en effet, c’est la ville où je suis née.

Orateur #0
Il s’avère que dans votre parcours de professeur d’université, l’international sera souvent près de vous. Vous avez eu l’occasion de développer des partenariats Erasmus. Ça vous a permis de voyager, de voir des choses plutôt sympas dans le monde ? Il y a des endroits où il y a eu des coups de cœur, où vous vous êtes dit je ne rentrerai pas en France ?

Orateur #1
L’Irlande, oui. Ah bah l’Irlande,

Orateur #0
vous êtes restée quelques années.

Orateur #1
Je n’étais pas prédestinée, moi, une fille du Sud, vous savez, de passer ma vie sur une île tourmentée par les vents et les tempêtes. Non, c’était pas un pays de prédilection, on va dire, en tout cas. par rapport à ma personnalité. Il y a énormément d’endroits où je pourrais vivre facilement. Mais malheureusement, vous savez, j’ai la mauvaise habitude depuis toujours d’aller dans des villes, dans des pays, souvent que je ne connais pas d’ailleurs, pour y travailler et j’y reste très peu de temps. Et en fait, je n’ai pas vraiment la… possibilité d’apprécier le pays ou la ville, si ce n’est par la fenêtre de la voiture qui m’emmène d’un endroit à l’autre. En effet, quand j’étais universitaire, je passais mon temps plutôt dans les universités avec mes collègues. C’était vraiment de travailler sur des journées entières pour nous assurer que les cursus qui étaient dispensés étaient bien équivalents et que nos étudiants, au bout d’une année, auraient l’équivalence de ce qu’ils auraient fait chez nous ou chez eux. Et puis ensuite, en tant que sénatrice, à chaque fois, ce sont des programmes qui sont, du moment où on vient me chercher à l’aéroport, au moment où on me ramène à l’aéroport, ça va très vite. Généralement, sans pause, je vois que tous ceux que je rencontre peuvent en attester. Ils en vendent mon programme. Souvent, d’ailleurs, ils sont un peu effrayés par la densité des activités. Mais en même temps, c’est important parce que je n’ai jamais, quelque part, malheureusement pour moi, j’y vais pour les autres. Donc, il est normal que je consacre mon temps à… Ce qui est important pour eux.

Orateur #0
Alors aujourd’hui, on parle aux Français qui sont établis hors de France. On a un peu plus de 3 millions. Alors d’ailleurs, un petit mot au passage. Les Français ne s’inscrivent pas toujours au consulat. Vous, dans votre communication, souvent j’ai lu que vous dites aux Français qui vivent la mobilité internationale « Inscrivez-vous, inscrivez-vous, c’est important » . On peut repasser le message un petit coup, ça ne mange pas de pain.

Orateur #1
Absolument, et vous avez tout à fait raison, c’est important pour mille raisons. D’abord la représentation qu’ils peuvent avoir localement, vous savez qu’aujourd’hui nous avons… un déficit en matière de ressources humaines dans les consulats, dans toutes les représentations françaises. Mais le nombre de fonctionnaires qui sont envoyés à l’étranger est proportionnel au nombre d’inscrits et au nombre de personnes qui vont servir. Donc, s’il y a la moitié, voire un tiers des personnes qui se sont inscrites, on a la moitié, on a un tiers des fonctionnaires de l’État. Et ensuite, les gens arrivent quand même au consulat pour refaire leur papier, se disent mais ça prend très très longtemps. Forcément, il n’y a pas suffisamment d’agents. La même chose pour la représentation politique. C’est important d’avoir des conseillers et des conseillères localement dont le nombre est proportionnel au nombre d’inscrits. Là aussi, ce sont des gens qui sont au service de la communauté française. Donc… et puis aussi quand on a besoin d’un soutien c’est là que finalement on se retourne vers son consulat ou vers son ambassadeur plus le nombre de français est important plus le pays est une priorité pour les autorités françaises plus la réponse sera rapide sera importante et ainsi de suite Donc c’est plein de choses, alors quand tout va bien, bon on se dit c’est pas très important, mais quand les choses, malheureusement la vie n’est jamais toujours à l’enflotte tranquille, c’est là qu’on a besoin et qu’on se dit finalement si j’avais fait ça irait mieux, donc voilà, c’est gratuit, vraiment ça ne me demande que quelques minutes. d’inscription, ce n’est pas un flicage de la part de l’administration, c’est le bénéfice d’avoir des aides sociales si on en a besoin, des bourses pour ses enfants, pour l’école française, de savoir ce qui se passe, faire partie d’une communauté, de se dire que le fait de s’être inscrit… Ça permet en effet à cette communauté d’être plus forte et d’être mieux représentée.

Orateur #0
Mais finalement même, la sénatrice, est-ce que ces 3 millions, 3 millions et demi, puisque du coup le chiffre on ne le connaît pas, 3 millions et demi de Français qui vivent à l’international, est-ce qu’ils connaissent bien le système ? Est-ce qu’ils savent bien qu’il y a des sénateurs, des députés, des élus un peu partout ? Est-ce qu’on connaît bien le système ? J’ai un peu l’impression que la réponse n’est pas forcément positive.

Orateur #1
Vous avez raison, mais là aussi on en revient quand on n’en a pas besoin, on n’a pas besoin de les connaître. Généralement, vous savez, moi j’ai tout un tas de gens qui se connectent à nous parce qu’ils rencontrent des difficultés, mais quand leur vie se passe bien, ils n’ont pas de raison de savoir, si ce n’est que le fait d’avoir des parlementaires, ça veut dire que le jour où il y a un texte, on n’oublie pas les Français de l’étranger, ça c’est hyper important, mais ça c’est dans l’ordre des choses. Alors vous savez, c’est le paradoxe, c’est-à-dire que plus le temps passe, you Les gens sont bombardés d’informations. Et puis parfois, on a l’impression qu’ils passent à côté de l’essentiel. Et l’essentiel, c’est en effet leur représentation, ceux qui sont là pour eux. Et le jour où ils en ont besoin, de savoir vers qui se tourner.

Orateur #0
Et pire encore, peut-être, les Français de France ne savent pas vraiment que cette richesse de Français qui vivent à travers la planète font briller notre culture, font briller notre histoire. On a eu l’occasion… d’échanger avec hervé rôle fondateur du petit journal points comme que vous connaissez bien d’ailleurs parce que vous lui avez offert ouvert les portes du quai d’orsay lorsqu’il a créé les trophées des français de l’étranger il m’a dit tu salueras madame la sénatrice parce que les trophées ont sans doute vécu leur première année en partie grâce à hélène connoë mouret on connaît pas c’est français qui font briller la france à l’international on entend jamais parlé dans les médias français

Orateur #1
Il y a même un rapport avec les Français de l’étranger, je trouve, qui est plutôt négatif. Ça fait depuis mon élection… Donc il y a une dizaine d’années maintenant, je n’ai eu de cesse de parler de façon positive des Français de l’étranger, mais j’ai toujours l’impression d’être à contre-courant. On leur reproche d’être partis, on leur reproche de réussir, on les pénalise quand ils rentrent en France. J’ai même commis un rapport sur le retour en 2015. Toutes ces années plus tard, il ne s’est pas passé grand-chose. L’administration n’a pas envie de les reconnaître. Vous savez, c’est des Français, donc ils doivent cocher toutes les cases des Français. Ben non, quand on a vécu sa vie à l’étranger, on n’a pas les papiers français quand on rentre en France, on n’a pas le bulletin de salaire français, on n’a pas tout ça. Et ils ne sont pas étrangers non plus. Alors ils ne cochent pas les cases étrangers, ils ne cochent plus les cases français. En fait, il y a eu certains disent, on a l’impression d’être des hyènes là, on arrive, on ne nous connaît pas, on ne nous reconnaît pas, forcément on se comprend différemment parce qu’on est imbibé de la culture locale, de la langue locale, de plein de choses, bien sûr, mais tout ça c’est une richesse et en France on ne sait pas un, il n’y a pas de reconnaissance des acquis, moi ça fait des années que je me bagarre à tous les niveaux, là non plus on n’avance pas, il n’y a pas de volonté politique. Les Français de l’étranger, ils sont partis, tant mieux pour eux, et on ne les connaît plus. Et quand ils rentrent, on ne veut toujours pas les connaître. Et c’est complètement incroyable, alors que je ne pense pas qu’il y ait une famille en France aujourd’hui qui ne connaisse pas quelqu’un dans son entourage, qui ne soit pas quelqu’un de sa famille, qui soit partie à un moment plus ou moins long. mais qui soit parti. Mais ce n’est pas intégré culturellement encore. On n’y arrive pas. Et les médias s’intéressent plutôt à l’environnement des gens. Ceux qui sont loin des yeux, loin du cœur. C’est un peu ça.

Orateur #0
Et pourtant, quand on regarde les lauréats des trophées, on se rend compte d’une richesse, d’une qualité, d’un travail incroyable dans tous les domaines. On devrait faire un peu plus Cocorico quand même.

Orateur #1
Vous avez tout à fait raison. Et c’est pour ça que j’ai toujours soutenu toutes les initiatives qui mettent en valeur celles et ceux qui réussissent à l’étranger pour montrer que c’est tout bénéfice collectivement, pas simplement pour les individus, mais pour l’image de la France souvent à l’étranger. Donc les trophées et tout ce qui peut être… comment événement symbolique 1 mais mais le la soirée des trophées c’est aussi la façon de démontrer combien certains s’épanouissent à l’étranger réussissent à l’étranger et que collectivement nous devrions en être fiers et c’est pour ça que j’ai toujours soutenu toutes ces initiatives parfois leur conception pour les aider à ensuite s’épanouir et on voit que les trophées qui existent encore aujourd’hui et qui ont sont montés en puissance avec eux le temps parce que c’était une idée géniale au départ donc voilà je mets mais sincèrement au delà de cela je ne pense pas qu’on puisse changer la culture d’un pays savez je crois qu’il faut vraiment qu’on se plonge dans l’histoire des de la diaspora française pour nous même pas utilisé ce terme-là.

Orateur #0
On l’utilise très peu pour la France.

Orateur #1
Voilà ben non on n’ose pas, moi on m’a dit plusieurs fois ben non la France n’a pas de diaspora bah oui mais vous appelez comment ceux qui sont partis Bon, les Français de l’étranger, les Français établis hors de France, ça nous fait une grande phrase, bon, on est contents, voilà. Et alors, quel est le mot ? C’est pas un mot sale de dire diaspora. Et on pourrait, c’est tout à fait légitime.

Orateur #0
J’ai fait plus de 2000 interviews de Français qui vivent à l’international. Ce qui m’a marqué le plus, c’est que ce sont souvent ces Français qui parlent le mieux de la France, de sa qualité de vie, de ses équipements.

Orateur #1
de ses valeurs morales et pourquoi il faut ne plus vivre en France pour se rendre compte à quel point la France est un magnifique pays parce que collectivement on aime bien râler donc les français râlent et puis celui qui ne râle pas il n’est pas comme les autres moi je peux vous parler de de ma propre expérience, c’est vrai que c’est quand on est à l’étranger, parce qu’on est confronté à l’autre, qu’on se rend compte combien on est différent. Quand on est confronté au même, forcément on se renforce dans ce que l’on est, on ne note pas ces différences, quand on parle de valeur, et c’est vrai qu’à l’étranger, dès lors que vous êtes dans une culture différente, vous voyez la différence et puis ça renforce ce que vous êtes, donc vous prenez conscience quelque part. de certaines choses qui sont tout à fait naturelles, mais comme c’est renforcé par votre environnement, parce que vous êtes avec les mêmes autour de vous, vous n’en êtes pas conscient. Et puis il y a le fait d’être déraciné, partir à l’étranger c’est se faire violence, c’est jamais simple de quitter sa famille, de quitter ses proches, et donc quelque part il y a des gros efforts qui sont réalisés, et donc des gros efforts qui sont réalisés à la fois pour s’adapter, et puis sur soi-même. Et donc là, je crois des prises de conscience, parce que ce travail-là, on ne se donne pas le temps de le faire dans une journée normale, on pense qui suis-je, que fais-je ?

Orateur #0
On ne se pose pas la question toutes les cinq minutes.

Orateur #1
Non, mais on se la pose de fait, quand on part à l’étranger parce qu’on s’est fait violence, parce qu’on se retrouve déraciné, parce que parfois il y a un sentiment de homesickness, le mal du pays. On a le mal du pays. Avoir le mal du pays, c’est quoi ? C’est réaliser ce qui vous manque. Quand vous en êtes entouré, ça ne vous manque pas, parce que c’est là. Et donc si ça vous manque, d’un seul coup, vous dites, ah, ça, ça faisait partie de ma vie et ça, c’était drôle. important. Donc,

Orateur #0
ça faisait partie de moi qu’il l’avait intégré. 2020, le monde se fige avec une pandémie. Quand on est justement français, qu’on vit en Australie, qu’on est séparés pendant deux années avec des frontières fermées, des avions qui ne volent plus, est-ce que vous pensez, vous qui êtes en relation constante avec les Français à l’international, est-ce que vous pensez que c’est un marqueur qui va avoir fait beaucoup évoluer la vie des expats ? Est-ce que cette pandémie a changé quelque chose ?

Orateur #1
Oui, dans les deux sens. C’est-à-dire que d’abord, elle a fait prendre conscience du fait pour certains qu’ils étaient très loin et qu’il était compliqué de rentrer. Et donc, moi, je sais que certains ont décidé de quitter les pays assez lointains pour rentrer, en disant « je ne veux pas revivre cela » , en disant que je ne rentrerai peut-être jamais chez moi. Et puis d’avoir été coupé de la famille très longtemps et ainsi de suite, c’est quand même assez dramatique. Après, ça a créé aussi un sentiment de se dire que, bon, par le mode de communication, on peut quand même se voir avec Instagram, et ainsi de suite. Et que donc, finalement, on peut quand même rester connecté. Donc, il y a eu un sorte d’effet ciseau, moi, je pense. à la fois de prise de conscience que finalement c’est compliqué de partir très loin et de se dire que si c’est le cas, peut-être qu’on ne rentre jamais et ça c’est trop violent pour certains. Et puis pour d’autres, de se dire que finalement, On peut rester connecté, on peut rester en contact d’une autre façon et d’avoir un storème de communication différent avec les proches.

Orateur #0
2024 ce sera les élections européennes, alors moi j’ai 52 ans, jusqu’à il y a quelques mois je me suis dit il n’y aura plus jamais de guerre en Europe. Et pourtant, la preuve a été démontrée avec le conflit. russe-ukraine, que ça pouvait revenir. Vous avez formulé les voeux de la paix pour 2024. En plus, on imagine à ce que sera le futur, au moins le mot paix s’affiche dans nos yeux quand même.

Orateur #1
Oui, absolument. Pour quelqu’un qui s’occupe comme moi, défoncer l’étranger, ça c’est ma circonscription, c’est mon travail législatif, mais mon travail en commission, c’est affaires étrangères et défense. Je peux vous assurer que je passe énormément de temps sur les sujets aujourd’hui. Il y a bien sûr les deux conflits aujourd’hui en cours de façon absolument dramatique parce que ce sont à chaque fois les civils qui sont les victimes les plus nombreuses dans les conflits. Et donc, il faut se dire qu’en effet, la paix n’est pas quelque chose d’éternel. Nous avons une chance extraordinaire en Europe d’avoir pu la préserver. Et là, d’un seul coup, à nos frontières, Bon, c’était oublier la guerre du Kosovo qui n’était quand même pas si loin non plus, il n’y a pas si longtemps.

Orateur #2
C’est vrai.

Orateur #1
Quand même, toute cette partie a été et continue à être sous tension permanente politique, avec des tensions entre pays qui laissent à penser que parfois ça peut basculer assez rapidement. Donc c’est là qu’on se rend compte que nous avons une chance extraordinaire et pour aller dans des zones de conflit et puis également… et bien travailler de façon très très rapprochée avec les équipes généralement quand il y a des évacuations et tout un tas de choses et bien de se dire que c’est la chose la plus précieuse pour moi parce que tout le reste sincèrement d’un seul coup n’existe plus quand la seule chose qui importe le quand vous vous réveillez. C’est de se dire d’abord vous êtes heureux que votre maison n’ait pas été bombardée et n’est encore vivante. Et de se demander si le soir vous le serez encore. Et peut-être pour la plupart de s’assurer qu’il y aura de la nourriture pour la famille. Un pays en guerre c’est ça, le reste n’existe plus. On ne se pose plus des questions existentielles. Vous savez on se pose des questions de pays de riches. aujourd’hui, toutes les questions, les combats qu’on peut mener d’égalité, de choses, c’est formidable, il faut le faire, puisqu’en plus ce sont nos valeurs à préserver dans un monde qui en plus devient de plus en plus difficile pour beaucoup de pays qui sont maintenant dans des régimes autocratiques. mais quand on a dit ça euh C’est quand même la paix qui prévaut, qui permet à des populations de vivre normalement, de travailler, de se nourrir, d’éduquer les enfants, d’aspirer à une vie qui soit juste normale.

Orateur #0
Madame la sénatrice, vous êtes élue en 2011, vous êtes ministre déléguée, donc membre du gouvernement, réélue en 2017, réélue en 2023, une carrière de femme politique dans un monde d’hommes. Est-ce qu’en 2024, ça va mieux ? Non. Et bien je ne suis pas surpris et ça reste très agaçant quand même. Pourquoi ? On reste sur ce mode du patriarcat. Pourquoi ça n’avance pas ? Pourtant, on a tous compris qu’il fallait que ça change.

Orateur #1
Écoutez, c’est un cri du cœur. Vos questions, je ne les connais pas. Je réponds spontanément à chaque fois. Pourquoi ça ne change pas ? Parce que je pense malheureusement, et là, on en revient peut-être à l’éducation, à des choses qui sont très ancrées, qui sont culturelles, et qui font qu’il y a un grand nombre de domaines aujourd’hui où les hommes ne pensent pas que les femmes ont leur place. Je commence par les questions de défense. Il m’arrive très souvent d’être la seule femme dans un environnement qui est 99% masculin. Alors, ça demande beaucoup de travail, ça demande de s’imposer naturellement parce qu’on est capable de faire. Donc ça demande peut-être beaucoup plus d’efforts pour une femme, parce qu’on me demande de justifier qu’un esprit tel que le mien, féminin, est quand même… quand même en capacité de comprendre les grands enjeux géopolitiques, les questions très subtiles de défense et ainsi de suite. Et c’est peut-être pour ça aussi, étant fondamentalement féministe, que je me suis intéressée à ces questions-là, pour prouver que les femmes, oui, en sont capables. Il suffit simplement de nous donner l’opportunité de le faire. Avec même certains collègues masculins, je peux vous dire, ça a été très compliqué pendant très longtemps. Ils n’ont jamais accepté que je m’occupe. C’était des questions de défense. C’était l’air pour eux.

Orateur #0
C’était pas acceptable. Pour terminer cette interview, vous avez travaillé dans le monde de la défense des forces armées, dans le monde de l’agriculture, la défense des femmes. Vous représentez les Français de l’étranger. Un jour, tout ce travail va se terminer. Et ce jour-là, est-ce que vous avez décidé d’un lieu de vie ? Est-ce que ce sera la France ?

Orateur #1
Je n’y ai pas encore réfléchi. Je ne me suis pas encore posé la question. Ça peut être la France, ça sera certainement un endroit rural parce que j’adore la nature, j’adore les plantes, j’adore les animaux, j’adore tout cela et donc là je me fais violence véritablement vivant dans des villes et dans des environnements urbains malheureusement la plus grande partie de mon temps mais je pense en effet que ça sera dans un endroit très naturel ou Voilà, je créerai mon petit paradis à moi, mais ce n’est pas encore le moment et je ne sais pas où il sera parce que je n’en ai pas identifié. Et pour l’instant, je ne possède rien. Je ne peux pas vous dire où je vais aller me poser. Ce n’est pas quelque chose que je n’ai pas investi. Pas réfléchi encore. Je n’ai rien dit du tout.

Orateur #0
En tout cas, ne vous inquiétez pas, ça va sentir le fumier à Paris dans très peu de temps. Donc, il y aura un côté rural qui va arriver à vous. Pour terminer, je salue les équipes de Français du Monde ADFE. Ce sont des valeurs qui vous tiennent à cœur aujourd’hui. Un mot sur cette association. On est dans un monde qui reste très compliqué. Et au final, quand on se retrouve entre amis à boire un verre, ça reste toujours des bons moments. Est-ce que vous voulez partager ces bons moments lorsque vous êtes avec les équipes de l’ADFE ?

Orateur #1
Oui absolument, partout où je vais je rencontre les amis, les associations, je fais très attention, alors c’est Français du Monde mais il y a beaucoup d’autres associations et je rencontre absolument tout le monde lors de mes déplacements parce que je pense que ceux qui se lancent dans l’associative ont en partage avec moi cette envie de service, du service de l’autre, du service, oui. de se mettre au service des autres. Et donc, c’est par respect, c’est par affinité, parce qu’en effet, nous partageons beaucoup de choses. C’est aussi pour savoir, parce que c’est le moment privilégié, je sais, au-delà de tout ce que l’on a pu me raconter pendant les visites, la vie réelle du pays. Ça va être plus des échanges plus vrais. Leur vie quotidienne qu’ils me racontent. Et puis, c’est des amitiés qui se tissent dans le temps aussi. C’est des moments conviviaux, heureux et donc de souvenirs qui sont toujours des souvenirs heureux. Ça fait partie, vous savez, c’est l’album de photos où on se souvient d’une rigolade là, d’un moment où on a partagé telle chose à tel endroit. Et puis oui, c’est une sorte de puzzle de moments heureux.

Orateur #0
Pour terminer, au moment où on se parle, on nous écoute un peu en France, aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Finlande, Suisse, Maroc, Brésil, Tunisie. Enfin, on écoute la radio des Français dans le monde, aux quatre coins de la planète. Qu’est-ce que vous avez à dire en tant que sénatrice à tous ces Français qui sont en train d’écouter cette interview ? Quel message vous voulez laisser pour boucler cette interview ?

Orateur #1
Eh bien, de… de tirer profit au maximum pour eux de cette magnifique expérience qui est le fait de partir à l’étranger, de se confronter à l’altérité, d’apprendre, de comprendre, de partager, d’apporter aussi ce que nous avons en nous-mêmes. Vous savez, on utilise les termes pompeux, vous êtes les meilleurs ambassadeurs, et ainsi de suite. Ce ne sont pas des ambassadeurs, des ambassadrices, ce sont des Français qui ont leur valeur, qui ont leur qualité humaine, qui sont beaucoup appréciés. les Français sont… collectivement râleur quand ils sont ensemble sur le territoire français. Mais quand ils partent à l’étranger, sincèrement, ils sont aimés. Je ne connais pas de pays, enfin, si, je commence à en connaître certains maintenant, malheureusement, notamment sur le continent africain, où on vous dit carrément, vous, les Français, on ne vous aime pas. Il n’y a pas de pays au contraire. C’est souvent très subjectif, mais… mais c’est positif, on nous aide pour mille choses, mais sachons les partager, régalez-vous dans les expériences que vous vivez à l’étranger, vivez-les intensément, et puis un jour essayez de ramener toute cette… Toutes ces compétences, tout ce positif au pays qui en a un peu besoin.

Orateur #0
Hélène Conway-Mouret, est-ce que cette interview a répondu à ce que je vous proposais en démarrage, c’est-à-dire une petite pause dans votre journée chargée, une petite cour de récré ?

Orateur #1
Oui, parce que ça me permet de réfléchir à des choses plutôt positives, plutôt heureuses. Merci de m’avoir offert quelques minutes entre des sujets qui sont… Un peu moins, on va dire, sérieux. Et puis bon, c’est vrai que parler de moi-même, ce n’est vraiment pas mon exercice favori. Mais le fait d’y être forcé de temps en temps, ça permet de réfléchir un petit peu aussi sur soi.

Orateur #0
Notamment de savoir où est-ce que vous allez investir dans l’immobilier dans le futur, du coup.

Orateur #1
Je vais commencer à rêver.

Orateur #0
Passer une loi, quand même, qui obligerait tous les Français de l’étranger à écouter la radio des Français dans le monde, honnêtement, ça m’arrangerait, madame la sénatrice.

Orateur #1
Il ne faut pas forcer, c’est parce que vous êtes bons et que vous faites des choses qui intéressent que les gens vont se connecter à vous, vont en parler à leurs amis et que vous allez avoir de plus en plus d’auditeurs et d’auditrices.

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