Présentation du podcast :

Avez-vous déjà réfléchi à l’impact que les expatriés français peuvent avoir sur la politique et la société française ?

Dans cet épisode exclusif proposé par Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale, nous explorons ce sujet fascinant avec une invitée spéciale, qui nous offre un aperçu précieux de la vie politique et des défis auxquels sont confrontés les Français de l’étranger :
Notre invitée du jour est Mathilde Ollivier, sénatrice et fervente militante écologiste. Originaire de Bretagne, Mathilde a été sensibilisée très jeune aux questions environnementales, notamment lors des marées noires de l’Erika en 1999. Avec un parcours académique et professionnel riche en expériences internationales, elle incarne une vision européenne et écologiste qui guide son engagement politique actuel. À seulement 29 ans, elle est devenue la plus jeune sénatrice française, apportant une perspective rafraîchissante et dynamique au Sénat.

Dans cet épisode, nous abordons des sujets cruciaux tels que la protection des océans, le changement climatique et la mobilité internationale. Mathilde Olivier partage ses réflexions sur l’importance de maintenir et de développer des lignes de train de nuit en Europe, un projet essentiel pour réduire notre empreinte carbone. Elle discute également du rôle des Français de l’étranger dans le rayonnement culturel et politique de la France, et de la nécessité de mieux intégrer cette diaspora dans les politiques nationales. Enfin, elle met en lumière les défis financiers auxquels font face les réseaux éducatifs français à l’étranger (l’AEFE), soulignant l’importance d’un soutien accru pour préserver la langue et la culture françaises à travers le monde.

► Podcast n°2956 (juillet 2026)

00:00:01-Présentation de l’épisode et de l’invité sénatrice Mathilde Olivier
00:01:00-Discussion sur le tutoiement et la précédente interview en 2022
00:02:00-Impact des conflits mondiaux et rôle du droit international
00:03:00-La France et la protection des océans
00:04:00-L’engagement écologique de Mathilde Olivier depuis son enfance
00:06:00-Débat sur la climatisation et le changement climatique
00:08:00-Expérience personnelle et carrière internationale de Mathilde
00:12:00-Défis et mobilisation pour les lignes de train européennes
00:14:30-Baisse de la participation électorale chez les Français de l’étranger
00:18:00-Problèmes de financement de l’AEFE et importance des associations FLAMM
00:21:30-Importance de la mobilisation électorale des Français de l’étranger
00:23:00-Mathilde Olivier sur la représentation des Français de l’étranger et conclusion de l’interview

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Transcription IA du podcast :

Au micro de la radio des Français dans le Monde, madame la sénatrice Mathilde Olivier est mon invitée. Dix minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et aujourd’hui, on décolle pas bien loin vers Paris au Sénat avec Mathilde Olivier-Sénatrice. Dix minutes.
Dix minutes. Le podcast des Français dans le Monde. On décolle, on décolle, on pourrait même y aller en train. On parlera du train dans cette interview. Bonjour, bienvenue, madame la sénatrice.
Merci, Gautier. Et comme tu m’as autorisé à ce qu’on se tutoie, les dix prochaines minutes seront sur le mode du tutoiement, ça continue à être une règle importante, ce vouvoiement, cette institution, ou ça se décontracte un peu? Je ne sais pas, en tout cas, pour moi ou pour beaucoup de Français de l’étranger, je pense que le passage du vouvoiement au tutoiement, il est toujours un peu compliqué quand on parle pas mal anglais ou des langues dans lesquelles on parle. On n’a pas du tout les mêmes pratiques du vouvoiement et du tutoiement, donc je suis assez habituée à tutoyer, à vrai dire. Absolument.
Et moi, mes 3000 interviews, je les ai faites dans le tutoiement. On s’est parlé la dernière fois en 2022. Tu étais alors conseillère des Français de l’étranger. C’était le début de la guerre en Ukraine. Malheureusement, l’actualité fait que ce 8 juillet 2026, le jour où nous enregistrons, la guerre est toujours présente et le monde ne s’est pas amélioré ces derniers mois des tensions économiques.
Des crises au Moyen-Orient, le réchauffement climatique, c’est difficile de devoir être femme politique dans un monde aussi compliqué? Pour moi, je pense que c’est surtout important de savoir quelles lignes on veut continuer à porter. On parle des conflits, que ce soit en Ukraine, que ce soit au Moyen-Orient. Et moi, en tant que sénatrice écologiste, l’une de mes batailles, c’est le respect du droit international et le fait qu’on reste dans des cadres communs de discussions, de débats et de règles aussi. Et c’est ce que nous permet le droit international qui, malheureusement, est très attaqué ces derniers temps.
Malheureusement, mais on continue à se battre pour qu’il soit respecté. Et notamment sur ce sujet du changement climatique, même quand la première puissance mondiale décide de quitter les accords, ça ne facilite pas la copie. Non, tout à fait. Je travaille beaucoup sur la protection des océans et les citoyens français dans le monde le savent peut-être, mais après les États-Unis, la deuxième plus grande puissance en termes d’espaces maritimes dans le monde, c’est la France. Et donc, on a un enjeu très important, une responsabilité importante quand on parle de changement climatique, sur la protection des océans, mais aussi de manière plus large, à s’engager et à s’engager dans des changements structurels de nos politiques.
Alors justement, on va revenir dans ton parcours avec une naissance à Rennes, une enfance en Bretagne et directement une sensibilisation justement sur cette protection du littoral et des milieux marins. C’est sans doute de là qu’est née la fibre écologiste. Oui, en tout cas, je l’ai fait remonter un petit peu à mon enfance en Bretagne. L’un de mes premiers souvenirs, c’est les marées noires de l’Erika en 99 qui m’ont marqué chez mes grands-parents d’aller sauver des animaux marins, notamment des oiseaux, qui complètement masoutaient, les emmener dans des centres, et vraiment cette conscience, j’avais 5-6 ans à ce moment-là, la conscience de la catastrophe devant nous, et c’est un souvenir très marquant pour moi, mais c’est quelque chose aussi de plus global quand on habite en Bretagne et qu’on vit les algues vertes, la puissance de l’agro-industrie, j’en parle parce que nous étions la semaine dernière encore en pleine discussion sur le projet de loi d’urgence agricole, qui actait un certain nombre de reculs sur des sujets environnementaux. Eh bien, en tout cas, ça amène aussi à cette conscience sur les enjeux écologiques et environnementaux, même si mon engagement politique en lui-même est arrivé bien plus tard.
On parle beaucoup de la climatisation aujourd’hui. Il y a débat avec notamment les écologistes. Longtemps, on nous a dit, et d’ailleurs, on le voit dans les chiffres, la France est peu équipée, que c’était pas très bon pour la planète. Et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il y a quand même un changement de braquet sur le sujet. Alors nous ça fait des décennies qu’on alerte sur la question de l’atténuation au changement climatique d’abord.
De l’atténuation du changement climatique donc de limiter l’augmentation des températures. Là maintenant on arrive à un moment où malheureusement on a déjà atteint les plus 1,5 degrés. Et où donc, oui, il faut nous adapter. Et la climatisation fait partie des réponses, mais elle fait partie des réponses dans un tout global qui est bien plus large. Le fait de végétaliser les routes, les rues, de pouvoir avoir des toits qui soient plus adaptés, de pouvoir adapter les bâtiments, isoler les bâtiments.
Il y a plein de choses qui peuvent être faites et qui permettent de mieux adapter les villes. À Paris, beaucoup de choses ont été faites. Il y a plein d’endroits où c’est cette végétalisation, par exemple, s’est bien améliorée. Mais quand vous voyez la cartographie d’une ville, le fait d’avoir des parcs, le fait d’avoir des fontaines, il y a plein de choses qui participent de manière collective à diminuer les températures plus que la climatisation individuelle. Nous, on est pour climatiser en priorité les bâtiments publics qui nécessitent de manière urgente de s’adapter, les écoles, les hôpitaux, les publics les plus vulnérables qui doivent en priorité être être protégés et donc la climatisation fait partie de la réponse.
Mais le fait de parler de la climatisation comme une solution, c’est en fait se détourner du réel problème qui est l’atténuation du changement climatique et les solutions systémiques qui nous permettront de répondre collectivement à la lutte contre le changement climatique. Nos 130 000 auditeurs vivent dans les quatre coins du monde, ils doivent un peu rigoler en ce moment de voir qu’il fait chaud en France, puisqu’il fait chaud aussi en Afrique, en Asie, dans pas mal d’endroits dans le monde. Là, il y a même peut-être de leur part des idées, des astuces, des mécaniques, des changements dans la façon d’organiser son habitation. Est-ce que finalement, ces Français l’étranger ne sont pas une source d’inspiration pour nous qui vivons subitement des températures élevées? C’est tout à fait, et je pense que je ne suis pas la seule à avoir, par exemple, sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, vu apparaître toutes les bonnes pratiques faites par d’autres pays.
Moi-même, en Autriche, j’ai plein de bonnes pratiques qui sont faites dans la ville de Vienne, qui est l’une des villes aussi les plus affectées par les canicules, et qui a mis en place un certain nombre de choses sur des brumisateurs, par exemple, dehors. Il y a plein de choses qui peuvent être faites en Afrique sur la manière dont on construit les bâtiments. Mais en France aussi, il y a aussi de très nombreuses superbes initiatives pour réhabiliter aussi des matériaux qui nous permettent d’être mieux isolés face aux températures extrêmes et notamment à la chaleur. Il faut utiliser nos auditeurs pour leur demander quelles sont les bonnes idées sur lesquelles on pourrait s’inspirer. Tu parlais de l’Autriche à Vienne, tu y as vécu, tu as connu Sciences Po à Lille aussi, des études en Allemagne, une spécialiste des affaires publiques européennes.
C’est un parcours à l’international qui change la vision du monde. Oui, tout à fait. Et c’est l’une des bases de mon engagement chez les écologistes. C’est ce parcours très européen qui fait partie pour moi de mon ADN. L’Europe, la construction européenne, c’est ce qui m’a permis de faire des études à l’étranger, de me déplacer, de travailler dans différents pays.
Et c’est au cœur de la vision politique que j’ai aussi envie de porter. Le fédéralisme européen, le fait d’avancer vers une plus grande intégration à l’échelon européen sur pas mal de sujets, c’est au cœur du projet des écologistes et c’est au coeur de mon ADN politique au même titre que l’écologie et la justice sociale et donc c’est pour moi vraiment ce parcours il construit aussi qui je suis politiquement. Alors un parcours qui, en 2023, va prendre une autre dimension. La plus jeune sénatrice française à 29 ans. C’est vrai qu’on dit souvent que le Sénat est composé de personnes un peu plus âgées.
Ça fait quoi, du coup, quand on arrive au Jonsuima? Ça m’est arrivé quand j’étais jeune directeur d’Europe 2 à 23 ans. On me regardait bizarrement. C’est encore le cas aujourd’hui, quand il y a une différence d’âge comme ça? Alors oui, arriver à 29 ans au Sénat, être une jeune femme au Sénat, ce n’est pas neutre.
Ça nécessite sans doute un travail peut-être supplémentaire pour être considérée comme légitime par mes collègues. Ça nécessite d’être toujours préparée au top du top de la préparation pour pouvoir être légitime quand d’autres pourront simplement être là, se présenter et puis on les considérera légitimes de base. Et puis il y a plein d’anecdotes bien sûr quand on est une jeune sénatrice et qu’on arrive dans cette institution qui Dans la moyenne d’âge et de 60 ans, j’ai de très nombreuses anecdotes où les personnes qui travaillent au Sénat ou mes collègues n’avaient pas identifié que j’étais sénatrice et ça amène à des situations un peu cocasses pour tout le monde. Ils t’imaginaient assistante. Voilà.
Ça évolue doucement quand même. Oui, ça évolue doucement et j’espère avoir un tout petit peu contribué au Sénat à porter une autre parole et peut-être une autre vision aussi de ce que doit être notre avenir, d’avoir fait un tout petit peu baisser la moyenne d’âge au Sénat aussi, puisque quand j’ai été élue, la moyenne d’âge du Sénat est passée à 59 ans et 11 mois, donc je pense y avoir un petit peu contribué. Mais il y a encore beaucoup à faire aussi sur la féminisation dans nos institutions politiques. On est passé en 2023 de 35 à 36% de femmes, donc on reste encore minoritaire dans cette institution. Et il y a encore aussi là du travail à faire pour avoir plus de femmes en politique.
Ça ira mieux dans 50 ans ce rythme-là? Justement, il faut qu’on soit mobilisés pour ne pas avoir à attendre 50 ans. Je vais mobiliser sur les affaires européennes, la culture, l’éducation, la communication, le sport. On parlait tout à l’heure du train. J’ai vu un incroyable reportage, l’idée de réunir les grandes capitales européennes par le train avec un petit détail de 8 centimètres.
C’est-à-dire que certains pays ont des rails qui sont séparés par des centimètres différents. Et ces 8 petits centimètres foutent un énorme bordel dans l’organisation. On va s’en sortir un jour de relier les grandes capitales européennes avec un train, ça paraissait pas sûr selon le spécialiste. Alors, tu parles à une sénatrice qui s’est battue pendant des mois pour le maintien de la ligne de train Paris-Berlin et Paris-Vienne. Et c’est une demande, mais majeure, de nos compatriotes français installés à l’étranger, notamment en Europe, de pouvoir prendre le train de manière beaucoup plus facilitée.
Et malheureusement, il y avait donc ce super projet de train de nuit qui avait été relancé entre Paris et Vienne il y a deux ans maintenant. Et qui a été abandonnée pour des raisons purement budgétaires mais aussi du coup de vision politique par le gouvernement français qui donnait une petite subvention de 5 millions d’euros quand on sait le poids du lancement d’une ligne de train de nuit 5 millions c’est assez peu pour soutenir un tel projet. Et donc, malheureusement, le gouvernement français, lors du dernier projet de loi de finances, a abandonné ce projet. Et donc, la ligne de train Paris-Vienne a été supprimée. La ligne Paris-Berlin a été maintenue, mais reprise par le privé.
Et d’ailleurs, nos compatriotes français à l’étranger, qui y habitent depuis longtemps, le savent, il y a encore 10, 20 ans, il y avait de très nombreuses lignes de train de nuit qui permettaient de rejoindre les capitales européennes. Donc oui, c’est possible. Ça a existé. Ça a existé pendant des dizaines d’années. A chaque fois que je parle avec des personnes qui ont vécu à l’étranger, qui ont plus de 50 ans, ils ont pris le train de nuit dans leur jeunesse.
Plein de lignes, j’en découvre, à chaque fois que je discute avec des Français de l’étranger, pour rejoindre l’Italie, pour rejoindre l’Autriche, pour rejoindre l’Europe de l’Est, il y avait plein de lignes de train et ce réseau a été détruit. Il y a quelques pays, et notamment l’Autriche, qui a continué à investir dedans, qui a continué à développer des lignes, mais ça reste un enjeu, un enjeu majeur sur lequel il nous faut avancer et sur lequel on est plutôt en train de reculer à l’échelon français, alors que c’est essentiel, et pour ma génération de très nombreux Françaises, Français ont envie de pouvoir prendre le train pour leur déplacement, qu’il soit professionnel ou qu’il soit personnel. Donc ouais. C’est une assez grande déception, mais on continue de se battre et il y a une très forte mobilisation. Il y a des manifestations qui ont été organisées à Paris, à Berlin, à Vienne, devant les gares, avec des Français, des Autrichiens, des Allemands qui étaient tous là pour dire oui aux trains de nuit, on veut des trains de nuit.
Alors, on met le doigt sur un paradoxe. C’est quand même une spécialisation française. Récemment, on débriefait le sujet des élections consulaires. On donne la parole aux Français de l’étranger pour qu’ils puissent avoir des représentants. Le jour J, on vote pas forcément, on se mobilise pas forcément.
Il y a tout un paradoxe quand même. Quand on est femme politique aujourd’hui, avec une vraie mission concrète, on est parfois un peu désespéré.
Non, moi je ne suis vraiment pas du tout désespérée, ce n’est pas trop dans mon tempérament. En effet, on a une mobilisation qui est assez faible des Français de l’étranger, on est à moins de 15%, ça dépend des circonscriptions, de participation aux élections consulaires. Mais il y a plein de facteurs structurels qui l’expliquent, et il y a encore un énorme travail qui peut être fait pour aller toucher un certain nombre de Français de l’étranger qui sont plus éloignés de la France, plus éloignés de l’espace politique français, et de leur redire, vous avez le droit de voter, vous pouvez venir, vous pouvez voter, vous êtes légitime. Notamment, je pense beaucoup aux binationaux, pour en avoir rencontré un certain nombre qui sont parfois même très engagés dans leur pays, mais qui se disent, Pourquoi je dirais aussi voter pour les élections en France? Et je leur dis, mais en fait, c’est aussi pour vous qu’ensuite une politique spécifique pour les Français de l’étranger peut être faite.
Je crois qu’on va parler un petit peu du réseau d’enseignement français à l’étranger, il y a les associations femmes. Tout ça, ça nécessite du soutien et c’est ce qui permet notamment à ces binationaux, notamment aux personnes installées depuis longtemps, parfois dans des couples binationaux aussi, à l’étranger, et bien de garder ce lien avec la France et de le passer aux générations suivantes pour que les générations suivantes aussi se sentent françaises et votent aux élections. Cela dit, il y a une solution, madame la sélectrice. La radio des français dans le monde, le Petit Journal ou beaucoup d’autres médias sont en relation au quotidien avec ces 3 millions, 3 millions et demi de français qui vivent à l’international. Est-ce que pour autant, ces médias sont utilisés suffisamment par les institutions?
Par exemple, je peux répondre en tant que directeur d’antenne de cette radio. La réponse est non à ce jour. Oui, tout à fait. Je pense que c’est une piste qui est intéressante de pouvoir avoir une place. Pour nous, politique représentant des Français de l’étranger, vos radios, un certain nombre de journaux spécialisés pour les Français de l’étranger sont assez incontournables.
Et je pense que pour le petit landerneau des gens qui s’intéressent à la politique des Français de l’étranger, ils les écoutent et c’est visible. Après, comment réussir à toucher plus globalement les Françaises et les Français de l’étranger? C’est difficile. C’est aussi un sujet très difficile pour nous, politiques travaillant sur des sujets français de l’étranger, d’intéresser les médias nationaux par exemple. Sur des sujets relatifs au français de l’étranger et on a des grandes difficultés à le faire alors que c’est un enjeu majeur avec 3 millions de compatriotes à l’étranger mais aussi pour le rayonnement de la France et donc on est toujours un peu peut-être comme tu le disais les oubliés du les oublier de la citoyenneté française, mais en tout cas déjà le fait d’avoir des parlementaires, d’avoir des conseillers des Français à l’étranger, ça nous permet aussi de faire vivre cette citoyenneté qui est dans certains pays quasiment inexistante lorsqu’on est à l’étranger.
Alors moi, je pense que tous les Français de France devraient obligatoirement écouter la radio des Français de l’étranger, voir comment ça se passe, voir le rayonnement, voir les talents, voir les innovations, voir tout ce qui est fait par ces Français qui représentent finalement notre culture aux quatre coins du monde. C’est quand même une diaspora absolument essentielle. Tout à fait, et c’est d’ailleurs d’un point de vue politique aussi une vraie réflexion qui est menée par des chercheurs, par nous en tant que politiques, c’est quelle place on donne à la diaspora dans la manière dont on définit les politiques et l’influence de la France à l’étranger, ou le rayonnement de la France à l’étranger, comme on veut l’appeler. Et aujourd’hui, les Français de l’étranger, la diaspora française à l’étranger est assez peu prise en compte dans la manière dont cela va être pensé. Certains cercles vont être pris en compte, certains cercles économiques vont naître, mais je pense qu’il y a un travail pour le ministère des Affaires étrangères important de vision sur comment on peut mieux identifier toutes ces Françaises et ces Français installés à l’étranger.
Qui contribuent fortement dans des domaines très spécifiques, soit les chercheurs, les étudiants, plein de personnes installées dans le monde de la culture aussi, qui contribuent à ce rayonnement et qui sont finalement toujours un petit peu éparses, alors qu’on pourrait vraiment faire ce travail de visibilité et de rayonnement de notre pays. On va maintenant parler de l’AEFE, puisqu’on est en plein cœur de cette actualité. C’est donc le réseau qui accompagne l’éducation à l’étranger. Problème de sous-financement selon toi. Le rapport vient de sortir, on en.
Est où En effet, notre rapport a été un rapport transpartisan mené par la Commission de la culture du Sénat.? Nous avons donc rendu nos conclusions la semaine dernière et le rapport a été voté par la Commission de la culture de manière transpartisane. Dans ce rapport, nous faisons un certain nombre de constats. D’abord sur le manque de pilotage politique et budgétaire de l’AEFE ces dernières années. C’est un constat très clair du fait qu’on a demandé à l’AEFE de se réformer, on a demandé à l’AEFE de changer un certain nombre de ses modes de fonctionnement sans lui donner les moyens de le faire.
Et on est aujourd’hui en 2026 avec une subvention de l’AEFE qui est au même niveau qu’en 2018, alors que les missions de l’AEFE ont augmenté, le nombre d’enfants scolarisés dans le réseau a augmenté, le nombre d’établissements a augmenté, mais le budget de l’AEFE, lui, non. Donc l’AEFE dans cette situation est devant une équation qui est impossible et pour cela il y a besoin de moyens, il y a besoin d’investissement dans ce réseau et c’est un choix politique. On est partenaire avec le réseau Flamme. On interview de très nombreux engagés dans ce réseau associatif pour maintenir le français à l’étranger. Il subit aussi des pertes de moyens.
C’est un peu aujourd’hui un leitmotiv. On n’a plus d’argent dans les budgets et pourtant, on en a besoin. Encore un paradoxe. Oui, tout à fait. Et c’est très important de mentionner les associations Flammes parce que c’était l’un des objectifs de notre rapport de ne pas se cantonner seulement à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, mais de penser notre politique éducative comme un tout qui inclut aussi les coopérations avec les pays du qui monde.
Accueillent les pays de résidence des Françaises et des Français de l’étranger, et les associations FLAMM qui représentent aujourd’hui une part très importante aussi de la manière dont on peut conserver ce lien. Puisque aujourd’hui, les Français scolarisés, les jeunes Français scolarisés dans le réseau AEFE, d’après les chiffres, ce ne seraient que 30% des enfants français à l’étranger. Donc en fait, il y a une part importante des enfants français qui ne sont pas scolarisés dans ce réseau et qu’on doit pouvoir réfléchir à toucher de manière différente. Ils ont aussi des demandes différentes, les parents ont des demandes différentes de scolarisation aussi en local, de perspectives en termes d’enseignement supérieur qui seront peut-être moins la France, qui peuvent être aussi le pays localement. Donc il faut aussi qu’on puisse réfléchir à notre politique éducative envers les Françaises et les Français installés de l’étranger de manière plus globale.
Pas seulement l’AEFE, c’est aussi de manière plus globale quelle vision nous avons pour pouvoir répondre aux besoins de toutes ces jeunes français. En tout cas, si je comprends bien, Mathilde, il y a du travail dans les prochains mois. Oui, et on est vraiment à un moment charnière pour l’AEFE, bien sûr, avec un rapport gouvernemental qui est sorti aussi quelques semaines avant notre rapport sénatorial. Donc on est vraiment à un moment de réflexion intense pour l’avenir du réseau d’entraînement français à l’étranger. Qui s’inscrit aussi dans un moment de campagne d’élection présidentielle.
Et je pense que ce sera aussi l’un des sujets sur lesquels les électeurs, les électrices français de l’étranger devront trancher. Quelle vision ils veulent? Quel service public ils souhaitent en tant que français de l’étranger? Et quelles sont les parties qui, d’après eux, peuvent les soutenir? Mais d’abord qu’ils se mobilisent déjà pour voter, comme tu le disais.
C’est d’abord le point majeur chez les français de l’étranger, déjà, de pouvoir avoir de pouvoir les intéresser et les mobiliser sur l’intérêt pour eux de voter, même en n’habitant pas en France. Avec plus de 4 millions d’auditeurs cumulés le mois passé, pour terminer cette interview, Madame la Sénatrice, quel message souhaites-tu donner à nos auditeurs qui vivent aux quatre coins du monde? Pour moi, ça a toujours été important, depuis le début de mon mandat, d’essayer de représenter cette diversité des parcours. Parce qu’au Sénat, lorsqu’on est sénatrice des Français de l’étranger, on se heurte à une vision par nos collègues, qui peut être encore une vision qui est peut-être héritée d’il y a 30 ans de Français de l’étranger expatriés, avec des visages filetés. Très favorable, ce qui n’est pas la réalité des Français de l’étranger qui sont beaucoup plus divers dans leur parcours et dans leur profil et donc de pouvoir représenter cette diversité des étudiants, des binationaux, des chercheurs, des gens dans le monde de la culture, de gens qui ont décidé de partir par amour et parce qu’ils ont rencontré quelqu’un à l’étranger.
Il y a plein de raisons de partir à l’étranger et c’est ce que je m’attache à faire dans le cadre de ce mandat. C’est de pouvoir représenter cette diversité et de porter la voix des Françaises et des Français de l’étranger au Sénat, aussi porter la voix de l’écologie et de la justice sociale, d’une défense de nos services publics, parce que je pense que c’est peut-être là l’un des éléments de réponse pour pouvoir réintéresser ou intéresser les Français de l’étranger à la politique française, c’est qu’ils sentent qu’ils ont des services publics proches d’eux, auxquels ils peuvent s’adresser pour leur papier d’identité, mais de manière plus large quand ils ont des questions et qu’il faut défendre ces services, ce bien commun qui est le leur. Et puisqu’on parle d’amour de la France, puisque parler d’amour, c’est toujours agréable, avec 3000 interviews de 10 minutes que j’ai réalisées depuis 2020, s’il y a bien un leitmotiv que j’ai répéré, c’est que les Français de l’étranger sont éperdument amoureux de leur pays d’origine. Et je pense que c’est important de leur rappeler aussi, ils ne partent pas pour fuir. Mais en tout cas, c’est l’occasion de découvrir qu’on a un bien beau pays.
Cucurico au passage. Merci beaucoup pour cette interview. Au plaisir de se retrouver. Merci Gauthier.

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