Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Sébastien Ritchie direction le sud d’Osaka au Japon.
Un francophone au Japon. Il y a deux raisons. Soit on y est parce qu’on a une passion pour le pays, soit on y est, comme dit Sébastien, par hasard. Eh bien, le hasard a bien fait les choses. Bonjour et bienvenue, Sébastien.
Bonjour. Merci. Merci pour l’invitation. Alors déjà, il y a un petit peu d’international, ne serait-ce que dans ton nom. Origine italienne, vivant à Lausanne en Suisse, vivant aujourd’hui au Japon.
Il y a de l’international dans tout ça. Oui, elle a en plus d’origine italienne et espagnole. J’ai aussi une grand-mère espagnole et une maman suisse. Donc mes enfants ont beaucoup de mélange. Et dans la famille, on a aussi une passion pour l’international ou t’es le premier?
Ben quand même petit-fils d’immigrés. Donc il y a quand même une grand-mère et un grand-père après-guerre qui ont immigré en Suisse. Donc c’est moi la prochaine génération d’immigrés. Aujourd’hui, il y a deux enfants de 4 et 6 ans qui t’ont accompagné dans cette aventure qui a commencé il y a relativement peu de temps puisque tu vis au Japon depuis trois ans. Un petit mot sur ton parcours.
Après les études, tu es ingénieur électricien pendant une quinzaine d’années, mais à 30 ans, tu vas faire une petite pause et tu vas avoir envie d’apprendre l’anglais. C’est ce qui va t’amener à Hawaï. Alors ça, c’est rigolo parce que pour apprendre l’anglais, le plus simple, c’est d’aller à Londres, Sébastien. Je sais, alors je suis allé quand même à Londres après, mais j’avais besoin de surf, j’avais besoin d’air, j’avais besoin d’être le plus loin possible de mon pays. Donc il restait l’Australie et Hawaï.
Je me suis dit qu’une île perdue au milieu du Pacifique, c’était une bonne idée. Et alors tu as appris l’anglais, mais tu as aussi appris à faire la fête là-bas. Là, j’ai aussi appris à bien faire la fête. Je me suis bien rattrapé en trois mois là-bas, plus que l’entièreté de ma vie, je peux dire. Des expériences incroyables, que je recommande vraiment à quiconque de réaliser s’il a la possibilité.
Et comme souvent, c’est l’amour qui va changer ton destin puisque tu vas rencontrer là-bas ta future femme qui est japonaise. Alors, le hasard fait que son grand-père avait déjà fait un voyage en Suisse il y a bien 30, 40 ans. Et finalement, alors que tu n’étais pas spécialement attiré par le Japon, comme je le disais en introduction, ça va changer ta vie. Exact, exact. Je ne m’attendais pas à ça.
Je m’attendais à arriver à Hawaï en apprenant plus sur la culture américaine et hawaïenne. Et au final, j’ai appris plus sur la culture japonaise qu’américaine. Mais du coup, cet amour nous a amenés bien loin. Et vous allez vivre en Suisse pendant sept ans, arriver de deux enfants. Mais tu te dis quand même que pour eux, pour leur culture, pour apprendre le japonais, Évidemment, le plus simple, c’est d’aller poser les valises dans la région natale de ta femme.
Donc on est au sud d’Osaka. Est-ce que tu peux me dire un peu où tu es? Comment vous avez pris cette décision de vous y installer et comment ça se passe? Alors, je suis situé à Nishinomiya. C’est un petit village d’un demi-million d’habitants, comme au Japon, situé entre Osaka et Kobe.
L’idée, au départ, c’était, comme j’ai dit, d’apprendre le japonais. Et pour ça, je ne voyais qu’une solution, c’est d’être vraiment immergé. J’avais aussi un rêve de pouvoir travailler à l’étranger, créer une nouvelle expérience professionnelle et aussi entrepreneuriale. Toutes ces questions-là nous ont fait, et j’ai motivé ma femme, je pense que j’ai une opportunité là-bas. Elle m’a dit OK, on y va.
Du coup, on a fait nos valises, vendu nos meubles et on est parti. Et donc depuis trois ans, tu as lancé ta propre entreprise. Tu as laissé un peu de côté ton parcours d’ingénieur parce que tu étais fasciné par le design. Tu as créé ta propre entreprise il y a tout juste deux mois, donc c’est tout récent. Elle s’appelle Melia, un studio design et architecture intérieur.
Tu aurais pu faire ça en Suisse, mais tu l’as fait au Japon. C’est ça, c’est ça. L’opportunité m’a amené à le faire ici, mais je trouve ça passionnant. Alors ça reste un challenge immense. Parce qu’il y a tout à créer.
Là, je n’ai pas de réseau, pas de… Oui, vraiment, tout est à créer, mais à la fois, Osaka, ça reste une ville très vivante, ça reste un pays quand même très dynamique. Et je ne sais pas, j’ai la sensation, l’impression de voir beaucoup plus d’opportunités dans ce pays que celui de Jobia. Et Sébastien, créer sa société au Japon, c’est comment? C’est facile?
Alors la créer c’est assez simple, merci ma femme quand même, parce que sans elle je n’aurais pas réussi. Ouvrir un compte en banque ça reste une autre affaire. Il reste 2-3 choses administratives qui sont assez fun au Japon, dont la création d’un compte en banque en fait partie. Mais créer l’entreprise ça reste assez simple, les systèmes sont assez proches de ceux qu’on a en Europe, aux Etats-Unis. Ce n’a pas du tout été quelque chose de très complexe à réaliser.
Aujourd’hui, vos enfants vont à l’école japonaise. Toi, la langue, ça s’est passé comment? Tu l’as appris comment? Tu as eu une formation personnelle avec ta femme? Alors, non.
L’idée, c’est que quand je suis arrivé ici au Japon, les six premiers mois, j’ai fait des cours intensifs le matin dans une école japonaise. Ça a été une expérience assez complexe parce que c’est vrai que les formations au Japon ne sont pas du tout adaptées aux étrangers. Elles sont plutôt faites pour une population asiatique qui veut faire des formations, des masters plus tard et pas fait pour des trentenaires qui veulent juste apprendre la langue et la comprendre. Mais ça a été une première introduction et à la suite un petit peu des cours privés sur Skype avec une à deux professeurs et par la suite, manière autodidacte. Là, j’ai atteint un certain palier de la compréhension, du parler, mais il reste.
Encore beaucoup Sur la radio des francophones dans le monde, on parle souvent de l’interculturel. On le sait, au Japon, le mindset est très différent. La vision du travail, le quotidien, tout ça. On s’habitue comment quand on est un Suisse qui vient de poser ses valises parce qu’il y a relativement peu de temps? Alors, on va dire que je suis dans la partie un peu facile parce que dans le sens que je travaille encore beaucoup avec la Suisse et beaucoup avec les clients de l’entreprise pour qui je travaillais, qui sont toujours partenaires de l’entreprise que j’ai créée.
Donc, je vais dire que mon challenge, c’est plutôt le décalage horaire, donc vraiment manager les séances en fin de journée, pouvoir travailler la journée. Et c’est vrai que j’ai peu de clash culturel du point de vue professionnel pour le moment parce que j’ai pas suffisamment d’expérience de projet au japon par contre où là je vois les différences ça reste quand même dans l’éducation des enfants et je dirais que c’est là où je vois les plus grosses différences. Comment on tranche alors quand il y a une décision à prendre? Quand il y a la vision de maman et la vision de papa qui sont deux visions différentes, on s’organise comment? On essaie de trouver un compromis et on laisse sa femme diriger.
Parlons podcast, tu es passionné, tu as un gros auditeur notamment d’un podcast comme Do It Yourself. Tu t’es dit, ça pourrait être pas mal de me lancer moi aussi. Tu as lancé ton propre podcast. Il y a une quinzaine d’épisodes de francophones qui vivent aujourd’hui au Japon. Ça s’appelle Nos vies au Japon.
Tu veux notamment lutter contre les clichés. C’est vrai qu’on a de France, un Japon qui est bien loin, et des images qui nous viennent via une culture de manga, par exemple. En tout cas, sans doute très différente, comme toujours, entre ce qu’on a comme idée et la réalité. C’est ça. Et donc l’idée, c’était vraiment C’était au-delà des clichés, mais aussi de trouver du contenu.
J’ai créé du contenu qui me plaisait à moi, qui m’intéressait, et bien sûr du contenu business également. C’était de comprendre quelles étaient les histoires des gens qui habitent ici, comment ils ont fait pour apprendre la langue, comment ils ont fait pour créer un business, comment ils ont fait pour créer une entreprise, quelle typologie d’expérience ils ont eu au Japon. Et ce contenu-là, je ne le trouvais pas, ou peu, et je me suis dit pourquoi pas le créer. Donc j’ai eu la chance d’avoir des petits bureaux avec une petite salle de conférence. Je me suis dit bon, on y va, on fait, on tourne.
Et résultat, tu as décidé de participer au podcaston, c’est ce qui nous réunit aujourd’hui dans le cadre de notre partenariat. On zoom sur les francophones qui ont créé des podcasts dans le cadre de leur expatriation. On rappelle que le podcaston, tu t’associes avec une association que tu mets en avant. Tu as choisi laquelle? Donc j’ai choisi Good Return, c’est une association qui est portée par Benin, donc on a fait un épisode sur lui.
J’avoue que ça a été quand même un challenge de trouver une association portée par quelqu’un de francophone au Japon. Ça limite quand même un petit peu les possibilités, mais c’était très intéressant parce que c’est vrai que c’est un monde que je ne connaissais pas autant l’associatif, le travail qu’ils font sur le terrain, le travail qu’ils… Qui occupe son travail depuis le Japon. Il explique pourquoi depuis le Japon dans l’épisode, parce que c’est une association qui rayonne dans l’Asie, donc le Japon est plus ou moins centré par rapport à leur activité et ça lui permet de voyager également assez simplement dans ces différents pays dans lesquels l’association est active. En tout cas, j’invite les auditeurs à découvrir les 15 épisodes disponibles.
Par exemple, je regarde Dave qui a fait un PVT au Japon. C’est vrai qu’on parle toujours de PVT au Canada ou en Australie, mais on le fait aussi au Japon. Et tu as continué ces rencontres, ces échanges? Oui, je continue à en faire et je me réjouis de faire de nouvelles rencontres. D’ailleurs, s’il y a des Français francophones qui nous écoutent et qui souhaitent partager certaines expériences, qu’ils n’hésitent pas à venir nous voir.
Ce choix, c’est d’être toujours en présentiel. Donc il faut venir à Osaka, c’est pas grave. Il y a des bons transports en commun, il y a des TGV très rapides. Je suis à trois minutes de la gare, donc à 20 minutes d’Osaka. Ça va, je ne suis pas si perdu que ça.
Très bien Sébastien, merci pour cette présentation. Pour ce parcours, vous avez décidé avec Madame que ce serait Japon tout le temps ou ça pourrait revenir un petit peu en Suisse ou ailleurs dans le monde? Alors je dirais pour le moment on s’intéresse quand même au Japon. On vient de construire notre maison donc j’espère pas déménager demain. Mais bon, on ne s’est pensé jamais dans une dizaine, quinzaine d’années.
Ou quand les enfants seront grands, pourquoi pas. Je reste voyageur, aventurier, donc ça ne me fait pas peur. En tout cas, je te souhaite le meilleur pour ton entreprise, pour ta famille installée là-bas. Au plaisir de te retrouver peut-être en 2027 pour la prochaine édition du podcast Ton. A bientôt.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr.
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