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Orateur #1
Interculturalité, l’art et la manière, préparé et présenté par Cécile Lazartig-Chartier Expatriation au Canada, aller au-delà du miroir aux alouettes
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Si vous êtes en préparation de votre expérience canadienne, vous devez être submergé par les informations, mais également par les images d’un Canada complètement fantasmé. que l’on partage allègrement, avouons-le. C’est un peu généralisé et on aime tellement rêver. Mais mon rôle aujourd’hui est moins agréable, mais très primordial. Vous posez les bonnes questions, dont vous seuls avez les réponses, même si c’est un peu inconfortable. Vous avez des envies de grand or ? On rêve de grands espaces, de bienveillance et d’une carrière qui décolle enfin ? Je vous comprends. J’ai eu le privilège d’immigrer au Canada et d’y vivre 27 ans. En tant que consultante en interculturel, dans mes accompagnements, je vois passer de nombreux projets d’expatriation et je pose toujours la question qui fâche et qui dérange parfois. Quelle est votre motivation première ? Celle à laquelle vous arrivez, mais bien après avoir passé en revue tous les clichés. En effet, si le prime abord Nous avons des idées très claires sur ce qui nous pousse à initier un projet d’aventure au Canada. Il se peut bien qu’une partie de notre motivation soit plus profonde, parfois même inconsciente ou du moins multiple. Car on oublie souvent d’interroger le moteur même du projet, votre intention première. Mon rôle est de vous aider à déshabiller ce rêve canadien idéalisé pour y voir plus clair. Parce que voyez-vous, la toute première barrière à votre expatriation ce n’est pas l’administration, ce n’est pas le froid non plus c’est peut-être votre propre motivation. En interculturel, il ne s’agit pas de jugement ni de comparaison il s’agit d’une prise de conscience. Merci de garder la bienveillance en tête envers les autres et envers vous-même. Il y a deux types d’élans. vers l’aventure de l’expatriation. Il y a ceux qui partent pour fuir, fuir un système français qu’on juge trop rigide, fuir le pessimisme, l’insécurité, fuir un plafond de verre professionnel peut-être, ou encore une belle mer omniprésente, ou même des rêves inaboutis. Et puis il y a ceux qui partent pour aller vers, vers une nouvelle culture, vers d’autres manières de travailler, vers un territoire inconnu, un rythme de vie qui semble être plus adapté à leurs besoins. Mais j’insiste, ici, il n’est pas question de jugement, mais bien de saisir l’opportunité de mieux comprendre et ainsi de mieux se positionner. Alors, si vous partez pour fuir, attention, une partie de ce qui vous irritait se retrouvera immanquablement dans vos valises. Et c’est là que le choc sera le plus rude. Car le Canada a également ses propres parts d’ombre. Et si vous n’êtes pas prêt à les voir, elles deviendront des impasses. Prendre conscience des réelles motivations du projet, c’est accepter que vous ayez aussi votre part d’ombre. Et le Canada n’est absolument pas mieux que la France. Il est différent. Il y a l’ombre du système. On rêve de mobilité sociale, mais on se heurte à la nécessité d’une première expérience. professionnelle canadienne. Côté finances, on aborde la cote de crédit, mais financièrement, vous redevenez un débutant. Êtes-vous prêt à ce que votre égo en prenne un coup ? Et votre niveau de vie aussi, peut-être ? Il y a l’ombre de la communication. On cherche la bienveillance, mais on découvre une distance polie et respectueuse. Le Canadien privilégie l’harmonie, là où le Français adore le débat. Et si vous ne changez pas votre manière de communiquer, votre franchise sera peut-être perçue comme de l’agression, au travail comme dans la vie sociale. Il y a aussi l’ombre du quotidien. On idéalise l’équilibre vie professionnelle et familiale, mais on oublie l’intensité du travail, la fragilité du système de santé, les vacances bien moindres qu’en France. Et puis il y a l’état-providence. En France… C’est centralisé et fortement protecteur avec une logique de solidarité collective, que ce soit pour la santé, le chômage ou les retraites. Au Canada, le modèle est plus décentralisé et libéral. offrant une protection de base, notamment en santé publique, mais laissant davantage de place à la responsabilité individuelle et aux assurances privées. Il faut y être prêt. Mais la plus grande barrière, c’est de croire que le pays va s’adapter à vous. L’expatriation réussie au Canada est un processus de deuil. Le deuil de notre statut, le deuil de nos certitudes et de notre confort culturel. Si votre motivation première est de chercher un miroir qui vous renvoie une image idéalisée, instagrammable, du pays, de vous-même, vous allez être fortement déçu. Le Canada va vous bousculer, va vous exiger humilité et agilité. Il va vous demander de troquer votre « oui mais » français contre un « pourquoi pas » nord-américain. Alors, avant de partir, posez-vous cette question fondamentale. Suis-je prêt à rencontrer le Canada ? tel qu’il est et non tel que je l’ai fantasmé. Accepter les parts d’ombre du pays et les nôtres, c’est la clé pour que cette aventure incroyable ne soit pas juste une parenthèse, mais une véritable aventure géographique et humaine. Le Canada ne vous demande en rien de changer qui vous êtes. Il vous demande d’élargir vos horizons. Et souvenez-vous, la préparation mentale, votre état d’esprit, c’est déjà
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50% de votre intégration.