Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Sandy Lacroix. On part ensemble s’installer au Cambodge.
C’est ma première interview avec Cendrillon puisque Sandy est le diminutif de Cendrillon. Bonjour, bienvenue Cendrillon. Bonjour, bonjour, comment ça va? Plutôt pas mal, merci beaucoup. Toi, tu es au Cambodge au moment où on se parle.
Il faut dire que ton parcours n’est pas tout à fait banal puisque tu es parti en vacances là-bas. Tu étais sur le décor merveilleux de Kep et puis tu t’es dit je ne rentrerai pas en France. C’est peut-être dans les 3000 interviews de la radio des Français dans le monde, la première fois où j’ai une expat qui a pris une décision si radicale. Mais oui, c’est un coup de cœur. Et en fait, comme je dis, ce pays m’a attrapé le cœur.
Et je me suis dit, de toute façon, je pensais m’expatrier un jour, mais comme un lointain projet. Mais en fait, j’avais trouvé le lieu. Alors, ce n’était peut-être pas le moment, mais est-ce qu’il y a un bon moment? En tout cas, je n’ai pas eu la peur et l’appréhension de tous les préparatifs. C’était là, c’était maintenant et c’était ici.
Donc, allons-y. Let’s go alors. On va parler de Business Center Cambodia, une agence de relocation que tu as créée depuis 2014. Mais donc juste avant, un mot sur ton parcours, Sandy. Tu es originaire de Paris, tu fais tes études et puis tu commences à travailler du côté de la Rochelle avec ton mari.
Vous avez plusieurs business, des commerces. Mais la France, avec ses complexités, avec ses règles, avec ses impôts, etc. Bon, à un moment, ça vous prend un petit peu la tête. Vous avez envie de voyage, vous allez décider de partir grâce à Google. Tu as surfé sur Google, tu as vu des images et tu as dit c’est là que je veux aller.
Exact, mais tu connais tout sur ma vie, dis donc. Bravo, bravo. Alors oui, effectivement, l’automne arrivait et c’était très triste après un bel été. Et j’ai décidé de demander à Google de me montrer ces images d’Asie du Sud-Est, parce que c’était la région du monde qui qui nous plaisait pour les vacances et Google m’a montré ces 7 images et ce que je ne savais pas c’est que la 8e allait être ma destination, pas finale mais en tout cas de vie et ça fait 14 ans quand même. C’est quand même assez incroyable puisque lors de ce voyage, tu ressens ce pays, tu es au Cambodge, dans un décor paradisiaque.
Et alors là, tu as quand même des business en France avec des salariés, etc. Tu vas faire assez radical, tu vas les appeler, tu vas leur dire «Gérez le truc de votre côté, nous on reste ici à distance, on est bien». Bon, ça n’a pas très bien marché, les commerces en France se sont cassés la figure. Il n’y avait plus les patrons pour le faire tourner. Mais donc tu n’es pas rentré pour de vrai, c’est-à-dire que tu n’es pas rentré rechercher des affaires, rien.
Ah non, c’était même pas un caprice, parce que Sandrillon, on peut tout se permettre. Mais non, pas du tout, c’était vital. J’étais là, j’étais bien, j’étais chez moi, c’était une évidence. Je ne me sentais plus la force de réaffronter le système français, les gens qui ne sont plus jamais contents, qui sont grognachants. Non, je ne pouvais plus, c’était au-delà de mes forces.
Je n’avais même pas en fait mesuré à quel point j’étais surmenée en surmenage de la France. Je ne pouvais plus. Donc, quitte à toute façon certainement passer une vie horrible, et déprimé en France, je me suis dit que non, c’était pas la peine. Donc j’ai effectivement appelé les équipes en disant bon écoutez, vous allez gérer, vous savez très très bien faire. Et puis ils ont mis moins de temps à tout démonter que nous on avait mis à monter.
Mais c’était pas grave. Affaire réglée, puisque les affaires sont liquidées en France. Toi, tu dis j’ai trouvé mon lieu. Je comprenais les codes. Alors, il faut dire qu’on est dans un endroit du monde où les codes sont très différents de ce qu’on peut connaître en Europe.
Est-ce que tu peux comprendre pourquoi tu as été aussi absorbé par ce pays. Par la simplicité, par l’humanité que je n’avais jamais trouvée en France,? Je me sentais toujours décalée de toute façon en France, depuis toujours. Je me sentais décalée dans les relations humaines. Donc on appelle ça trahison, déception, enfin tout ce qu’on veut.
Mais en fait, ça s’appelle simplement, on ne retrouve pas les valeurs. On ne retrouve pas les valeurs dont on a besoin, on ne sait pas d’où elles viennent ces valeurs. Mais on les a en nous. Et elles n’arrivent pas à s’exprimer. Quand je suis arrivée au Cambodge, au bout de 24 heures, les sourires étaient vrais.
Je sentais que les souverains étaient vrais, que la curiosité était sincère, que je sais pas, tu passes devant une petite famille qui est à table ou en train de manger et tout de suite ils te disent venez, venez, curieux que tu sois chez eux, curieux de ton parcours, curieux de savoir pourquoi tu es là et pourquoi tu les aimes autant. Et quand tu dis il est beau votre pays, merci beaucoup de venir chez nous. Merci d’aimer notre pays. Mais à quel moment j’avais entendu en France, en 40 ans de vie, merci d’être venu en France. Merci d’aimer la France.
À quel moment je l’avais vu, ça jamais. Là, tu as ressenti les bonnes vibrations. Tu as commencé par un business d’une école de DJ. C’est quand même incroyable. Tu travaillais dans le monde de la nuit en France.
Tu as donc appliqué certaines recettes avec des choses qui ont cartonné, des animations dans les hôtels. Et puis petit à petit, à force de rencontrer la communauté française, t’as commencé à aider un peu cette communauté pour pouvoir s’installer, visa, contrat, permis de travail, création d’un compte bancaire, déménager sa société. Tout ça, ça a été petit à petit mis en place jusqu’à ce que tu crées en 2000. 2012-2014 Plutôt, Business Center Cambodia. Et voilà, il y a un site internet aujourd’hui.
En gros, si on veut s’expatrier ou s’installer pour vivre au Cambodge, on passe par toi. Avec grand plaisir. Le Business Center Cambodia, en fait, c’est le service, c’est l’agence que j’aurais aimé trouver, moi, quand je suis arrivée. En France, il est très simple de s’installer au Cambodge. Mais par contre, on ne sait pas par où commencer.
On ne sait pas quelle étape par étape il faut faire. Quand on n’est pas accompagné complètement, on entend plein de choses et qui peuvent d’ailleurs nous mettre dans le brouillard encore plus par rapport aux réponses qui sont différentes. Donc, moi, j’avais simplement envie d’être en l’égalité. Je n’avais pas envie d’être à côté. Je voulais faire les choses bien.
Mais c’est compliqué quand on a différents sons de cloche et quand on n’a pas quelque chose de professionnel et tracé. Donc c’est pour ça qu’en fait, c’est apparu comme une évidence. Et donc c’est vraiment le service que j’aurais aimé trouver. Et je crois qu’on a vraiment une utilité. En tout cas, moi, je m’éclate à partager mon savoir, à essayer de faciliter la vie aux gens, de leur expliquer comment ça se passe en Coboche, de les voir sereins rapidement, de les voir s’adapter très rapidement, de comprendre le pays et de faire du bien au pays et de se faire du bien aussi dans cette nouvelle vie.
Donc c’est vraiment que du plaisir. Alors c’est donc une agence de relocation. On passe par toi, tu vas donner les bonnes ficelles. Tu as même négocié avec le gouvernement des passerelles pour faciliter l’installation. C’est une question de réseau.
C’est un pays où tout se passe par réseau. Donc de fil en aiguille, j’ai rencontré des gens importants qui m’ont permis d’apprendre, qui m’ont permis d’avoir des portes ouvertes et donc d’avoir une vue d’ensemble du système en fait. Et donc aujourd’hui encore, j’ai de très bonnes relations avec différents ministères. Il faut savoir qu’au Cambodge, il y a 12 ministres qui parlent français, qui ont fait leurs études en France, et le Cambodge a quand même une histoire commune avec la France. Donc ça, ça reste encore, et c’est un pays où il est facile de rencontrer quelqu’un du gouvernement, de lui exposer peut-être telle ou telle chose, pas des demandes, pas des doléances, mais lui dire, voilà, tiens, est-ce que vous pourriez m’aiguiller vers qui je peux aller pour telle chose?
Et on a toujours quelqu’un qui nous répond très gentiment parce qu’ils veulent aussi que les gens soient bien dans leur pays. Donc c’est facile. Alors je vais justement rebondir sur la relation entre la France et le Cambodge. Il y a le sommet de la francophonie qui aura lieu en novembre 2026. Tu vas y participer?
Oui, on est avec différentes casquettes. Une partie avec le côté français. Donc avec des entreprises qui veulent être représentées, donc je vais faire la liaison aussi, ils ne peuvent pas se déplacer, donc je suis en train d’apprendre en fait ce qu’ils font et comment on peut les introduire, les introniser et faire qu’ils vont trouver aussi peut-être une voie ouverte au Cambodge. Il y a nos entreprises au Cambodge, que ce soit des toutes petites PME ou des PME ou des plus grosses entreprises, qu’on va présenter au salon parce qu’on va avoir minimum 70 délégations étrangères. Donc, montrer que les Français au Cambodge vivent bien, peuvent créer, s’épanouissent, apportent quelque chose, apportent une plus-value au pays et apprennent en même temps.
Et nous, cette voile est ouverte et on est prêt à accueillir encore beaucoup d’autres entreprises, beaucoup d’autres entrepreneurs, à quelques niveaux que ce soit. C’est vraiment l’Asie du Sud-Est et vraiment le continent qui monte. Et le Cambodge, même s’il est coincé entre ses deux grands frères, le Vietnam et la Thaïlande, il rattrape son retard, mais de façon plus moderne, avec l’envie de s’ouvrir au monde. Donc il y a de la place pour tout le monde. On va aussi être présent pour la francophonie avec le sport, à travers différents sports, à travers différents comités sportifs qui sont déjà en lien avec la France et qui vont dans plein de pays faire des démonstrations, par exemple de Kounkmer, qui est la boxe ancestrale du Cambodge, qui vit beaucoup.
Bon voilà, on est sur plein de choses, on est en train de bosser très dur. Et les ministères envoient des émissaires partout dans le monde en ce moment, c’est un super boulot. C’est génial de participer à ça, quelle chance! Et Sandy, ma dernière question, tu es à Phnom Penh qui est la capitale aujourd’hui. Quand on va arriver dans cette capitale, qu’est-ce qu’il faut savoir pour être bien préparé?
Qu’est-ce qu’on peut voir d’étonnant dans cette capitale? Alors je vis sur cette capitale parce que les ministères sont là donc c’est plus pratique, mais par contre j’installe déjà dans tout le Cambodge. Donc je suis très souvent en déplacement à Sienerai, à Kampot, à Kep, Kampot la ville du poivre, Kep le sel, le crabe, toutes les villes du Cambodge ont une spécificité exceptionnelle. Donc je ne peux pas dire qu’est-ce qu’il y a à voir spécialement que à Phnom Penh, ce pays est vraiment à découvrir. Il y a plein de choses, il y a les rizières, il y a les montagnes, il y a les éléphants sauvages encore, il y a la mer, il y a les îles, il y a surtout les Cambodgiens, leur accueil et leur sourire.
Et c’est ça qui, en premier lieu, avant de regarder des pierres ou des arbres, c’est les sourires qui vont vous surprendre. Eh bien écoute, on va rester sur cette jolie note et sur ce sourire. Merci Sandy, bon préparatif pour ce sommet de la francophonie. Et puis si vous avez envie de vous installer au Cambodge, j’ai donc une adresse pour vous. Le lien du site Business Center Cambodia est disponible dans le descriptif de ce podcast.
À très vite. À bientôt. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.