Le dandy de la pop française nous propose une vie romantique. Ça ne pourra que nous faire du bien. 10 Minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Seyss et aujourd’hui, on décolle chez Arnold Turboust.
10 Minutes, le podcast des Français dans le Monde.
Eh ben oui, parce que la musique a cette vocation incroyable de nous porter aux quatre coins du monde. Lorsque vous entendez Adélaïde ou un Tomber pour la France ou un extrait de cet album de pop Satori de Dao, vous avez les mélodies d’Arnold qui se promènent dans vos valises. Bonjour, bienvenue, Arnold Turbost. Bonjour Gauthier, bonjour tout le monde. Très content d’échanger avec toi aujourd’hui.
Tu m’as dit, je me suis mis un peu à la campagne parce que c’est vrai qu’on traverse un été d’une chaleur rare. Ça inquiète un peu quand même tous les Français. Est-ce que quand on est artiste, ça inquiète ou ça inspire tous ces changements. Un peu les deux, c’est-à-dire que ça inquiète. Je suis un peu inquiet comme tout le monde.
C’est-à-dire, en fait, quand je vois dans cette maison où je suis, là, qui est juste à côté de Paris,? Où toutes les pelouses sont jaunes, il y a un brin inquiétant. Tous les végétaux sont en train de mourir. Évidemment, ça peut inspirer. D’ailleurs, je crois même que j’en parle dans une chanson.
Je parle vaguement de ça. Évidemment que ça inspire, évidemment que ça touche. Alors on va revenir sur ton parcours. Un parcours qui t’a donné la possibilité de vivre quelques belles expériences dans le monde. Alors on va commencer par peut-être la capitale pop la plus importante, Londres.
Londres, ouais. J’ai été beaucoup de fois à Londres pour enregistrer, pour faire de la musique. J’ai eu la chance de rencontrer de nombreux extraordinaires musiciens anglais. Je suis même resté, donc c’était pour l’enregistrement d’un album d’Etienne Dao, c’était en 1986. Et.
Justement, dans ces différences culturelles, qu’est-ce qui te marquait le plus? Ce qui me marquait le plus, en fait, c’est qu’au début, j’essayais de me raccrocher à tout ce qui pouvait être français, c’est-à-dire qu’en fait, j’essayais de trouver des journaux français, j’essayais de trouver des télés françaises, tout ça. Et petit à petit, j’ai glissé, c’est-à-dire qu’en fait, les journaux, les journaux anglais. Et puis, petit à petit, en fait, je parlais complètement comme les Anglais. En fait, je pensais même anglais.
C’est ça qui m’a le plus frappé. Ça a mis beaucoup de temps, mais je parlais déjà anglais. Mais si vous voulez, c’était devenu… Voilà, les films, je les regardais. En anglais, les journaux étaient anglais, les radios j’écoutais en anglais, tout était anglais, je n’exprimais qu’en anglais.
Et pour le coup cette capitale elle vibre de cette pop culture? Oui, c’est à dire qu’en fait, c’est exactement ça. J’ai toujours beaucoup aimé aussi tout ce qui était musique française, mais j’ai toujours trouvé que la musique anglaise était toujours en avance, la musique pop anglaise en avance, c’est à dire dans la façon de la concevoir, de la réaliser, dans les arrangements, dans les couleurs, dans cette audace aussi. Pas uniquement un bon texte avec une bonne mélodie, non, on va beaucoup plus loin dans les arrangements, dans la production, on est vraiment audacieux. C’est toujours ce qui m’a attiré depuis que je suis tout gamin.
On connait Arnold Turboust avec un énorme tube Adélaïde. C’est comment? Est-ce que d’abord ce morceau est né à Londres? Non, il n’est pas né à Londres. Non, non, je ne pense pas.
Non, non, il est né. Non, non, j’étais à Paris lorsque j’ai eu cette idée de ce titre. Je l’ai enregistré. J’ai enregistré, non, mais j’étais à Bruxelles. Alors, justement, allons en Belgique, puisque tu me disais en préparant cette interview que ça faisait aussi partie des endroits qui te faisaient vibrer.
Oui, j’ai toujours bien aimé la Belgique, Bruxelles particulièrement. J’y ai habité aussi pendant pas mal de temps, des mois entiers. Enfin, je revenais assez souvent à Paris, mais je restais aussi à Bruxelles, notamment pour enregistrer des live, par exemple. J’avais enregistré, c’était très court, j’étais resté huit jours, je crois, pour enregistrer cette chanson, plus une autre chanson d’ailleurs. Mais ça m’est arrivé aussi pour des albums de rester beaucoup plus longtemps, puis même avec des amis, de rester un peu à Bruxelles.
Une question que je me pose souvent, est-ce que l’auteur de la chanson Adélaïde s’amuse à réécouter encore aujourd’hui son morceau? Ou est-ce que quand il passe à la radio, tu restes connecté? Tu te ressens comment vis-à-vis de ce tube? Mais c’est assez drôle ce que tu me demandes. En fait, lorsque tu écris une chanson, au début, tu es là, tu l’écoutes, tu l’entends, tu espères l’entendre.
Et puis, quand tu l’entends, enfin, me concernant, tu n’entends que les défauts. Et puis, si tu as une chanson comme Adélaïde, malgré les défauts que toi, tu peux entendre et Dieu sait s’il y en avait. Et les personnes qui écoutent ne t’appartient plus et ils voyagent. Et donc, c’est différent. Bien évidemment, lorsque j’entends Adélaïde à la radio, je suis super heureux, mais moi, je ne l’écoute plus.
Très bien, on parlait de ton amitié avec Étienne Dao, toujours présente hein, Laurie Sky qu’on entend sur la radio des Français dans le Monde, je pense qu’il a pas mal contribué, il a participé, il a chanté avec toi. C’est comment d’avoir en pote Étienne Dao? Moi j’ai pas d’pote qu’on voyait comme ça, des tournées mondiales. Je pense que si je n’avais pas rencontré Étienne, j’aurais fait de la musique, certes, mais beaucoup plus de façon amateur. J’aurais continué probablement mes études.
C’est cette chance de rencontrer Étienne, qui allait débuter, qui n’avait même pas fait d’album, avec qui je m’entendais bien et je crois qu’il appréciait ma musique. C’est comme ça que je suis rentré dans le monde de la musique. J’y étais rentré un petit peu avant, précédemment. Mais c’est à cette époque là où j’ai rencontré Etienne au tout début, ça devait être en 1980. Et du coup, quand tu travailles sur des chansons qui aujourd’hui sont écoutées par nos auditeurs aux quatre coins du monde, ça te fait quoi?
Si on parle de Loriska, je suis super content en fait parce que je m’aperçois que j’ai des tonnes de témoignages sur cette chanson parce que ça fait longtemps qu’on n’avait pas écrit quelque chose ensemble avec Etienne ou du moins interprété et les personnes qui écoutent cette chanson m’envoient des messages en me disant mais on adore et tout c’est formidable pourquoi vous n’avez pas fait ça avant vous retrouver faire une chanson ensemble Donc je suis vraiment fouché, pour le moins. Et alors quand on te rappelle, comme je l’ai fait tout à l’heure, que l’album Popsatory de Dao, sur lequel tu as travaillé, a déjà 40 ans, ça fait drôle, non? Écoute, ça fait très drôle, parce que je crois que c’est Etienne qui m’a dit «Mais tu sais, Popsatory a 40 ans, Adélaïde à 40 ans aussi. Et on avait fait un autre album un petit peu, enfin pas mythique mais en tout cas qui reste, qui s’appelle Eden, qui a 30 ans. Donc le temps passe tellement vite.
Je disais une bêtise, t’as travaillé sur Weekend à Rome? Oui. Alors je disais pas de bêtises, mais du coup c’est rigolo parce que ça c’est bien une chanson d’expat, une chanson qui donne envie de visiter l’Europe en tout cas. Oui, c’est vrai, je me souviens très bien lorsque… Je ne suis pas compositeur de cette chanson, de cette musique, ni auteur d’ailleurs.
Mais je me souviens, la première fois que j’ai entendu, moi je joue dessus pas mal, je fais pas mal de choses. Et lorsque j’ai entendu ça, je me suis dit, c’est bien et tout, il y a un côté tellement… Une invitation au voyage, une invitation à aller ailleurs, une carte postale. C’est ça, un côté carte postale. Et voilà, c’est coloré, c’est sympathique.
Alors justement, on va continuer notre voyage. On a parlé de Londres, on a parlé de Bruxelles. Partons au Brésil. T’as enregistré un album au Brésil. Sympa quand même.
À Rio, oui. Je suis arrivé à Rio. Je me suis retrouvé un peu comme l’homme de Rio, justement. Non mais j’ai enregistré un album en fait, j’avais été contacté, c’était un projet un petit peu particulier pour une chanteuse qui s’appelle Clémentine, qui a une carrière assez importante au Japon, et j’avais été contacté par des producteurs japonais pour lui produire un album, et l’idée, c’était pas mon idée, c’était pas moi qui voulait ça, l’idée des producteurs c’est que nous allions rencontrer des musiciens au Brésil, que nous enregistrions son album, Et voilà, là-bas au Brésil avec les musiciens et tout ça fait par un français et ensuite on allait au Japon. C’était quelque chose d’absolument incroyable.
D’ailleurs, si mes informations sont bonnes Arnold, le Japon et toi, il y a quelque chose, il y a une connexion. Oui, il y a une connexion. Il y a pas mal de chansons que j’ai faites qui ont toujours eu de l’écho là-bas au Japon. Et j’ai pas mal de… J’ai quelques pressages de mes albums japonais.
Et j’étais vraiment flatté quand je vois ça. Etienne évidemment, mais aussi pas mal d’autres albums que j’ai fait personnellement ou pour d’autres personnes aussi. Et là, le prochain album, c’est le tien. Il sort à la mi-octobre, La Vie Romantique. Dans un monde avec un Donald Trump, avec le réchauffement climatique, avec ces angoisses au quotidien lorsqu’on allume les chaînes d’information, est-ce qu’un peu de romantisme ne nous ferait pas de mal, Arnold?
Vaguement, c’est un peu le propos de cet album. En fait, c’est un peu ça, c’est à dire qu’en fait, recommençons un petit peu à idéaliser les… Les sujets, enfin voilà, vivons différemment, rêvons un peu, arrêtons d’être tellement structurés, tellement pragmatiques. Je trouve que c’est une époque un peu particulière, probablement parce que je suis très 20e, pas tant que ça, 21e. Pourtant, ça fait déjà 26 ans que j’habite au 21e.
Donc, c’est un peu tout ça. Puis c’est aussi une époque artistique que j’apprécie pour toutes ces raisons. J’ai appelé cet album La Vie Romantique. Je trouvais que c’était un bon, comme un bon chapeau en fait. Il y a 40 ans, il n’y avait pas les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, sortir un album, un nouveau titre, faire sa promo. L’école change un peu. Comment tu te sens vis-à-vis de ça. Ce dont j’ai envie le plus, c’est que cet album, ma musique, soit appréciée, soit évidemment écoutée par le plus de personnes possible.? Et je pense qu’il faut savoir se plier aux contingences de son époque, les apprendre, c’est un peu ce que je fais, même si parfois je me dis que c’est beaucoup.
Après, je suis quand même bien entouré, bien conseillé. C’est ça aussi qui est important. Voilà ce que ça me fait. Je me pose des questions, mais pour autant, je me dis que C’est quand même pas mal parce que juste pour finir avec cette question je me souviens d’une époque où lorsque tu sortais un album tu vois par exemple dans les années 80 soit ça fonctionnait soit ça ne fonctionnait pas mais fonctionnait pas mais pas du tout En tout cas, tu n’avais aucun retour, tu vois ce que je veux dire. Alors que maintenant, tu as des modes de fonctionnement un peu différents et ça peut être un petit peu…
Enfin, au moins, tu es informé de ce qui se passe un petit peu plus. On le voit aussi au réseau. Si vous voulez que Arnold Turboust et son titre «Lori Sky» arrivent chez vous, on va lancer un appel puisque tu m’en as parlé avant d’enregistrer. Pourquoi pas aller justement faire des concerts au Japon auprès de la communauté des Français sur place? Ou aussi l’Australie pourrait te brancher, t’as vraiment envie d’aller down under.
Oui, j’ai joué partout dans le monde, bien évidemment. J’adorerais. Mais tu sais, c’est assez drôle aussi. Lorsque tu sors, tu as des rapports, justement liés un peu au réseau, de tous tes passages un peu partout dans le monde qui te diffusent tout ça. Et parfois, tu vois, par exemple, j’ai vu que Laurie Sky était jouée sur des radios américaines.
Justement, j’ai vu qu’elle était jouée aussi en Allemagne. J’ai vu qu’elle était jouée en Hollande. Ce n’est pas très gros, mais c’est juste un début. Donc moi, je suis prêt à aller jouer, évidemment, partout où on voudra de moi. Et bien voilà, si vous organisez un événement et que vous recherchez un chanteur qui viendra avec plaisir nous distiller ces tubes, merci d’être venu sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde.
Est-ce que tu as un message pour ces Français de l’étranger justement aujourd’hui pour boucler cette interview? Oh, le message que je pourrais… Je trouve toujours formidable d’aller vivre pendant un temps assez long dans un autre pays, de s’abreuver, si je puis dire, d’une autre culture, d’une autre façon de penser. Je les félicite et je trouve ça génial. Je sais qu’il y en a beaucoup qui le font parce qu’ils sont obligés aussi pour des obligations professionnelles, mais il y en a certains qui le font aussi par goût, par curiosité.
Et par amour aussi, puisqu’on parle… Et. Par amour, oui, évidemment, l’amour. Terminons là-dessus Arnold, un peu d’amour ça fait pas de mal. La vie est romantique parfois et l’amour en fait partie de ce romantisme en tout cas.
Et on attend la mi-octobre pour découvrir ton album. Je te souhaite de passer une très belle journée. Merci beaucoup, merci beaucoup Gauthier.
Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Radio et podcast sur fdlm.fr.