[00:00:02] Gauthier Seys: Être bien accompagné pour votre projet en mobilité internationale, ne bougez pas, j’ai un coach à vous présenter. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui on décolle avec Coralie Nobili pour Rabat au Maroc. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. Mon invitée ne rentre pas la grisaille parisienne aujourd’hui dans la ville du roi. Elle profite du soleil en famille avec un nouveau projet professionnel. Bonjour et bienvenue Coralie.
[00:00:42] Coralie Nobili: Bonjour Gauthier.
[00:00:43] Gauthier Seys: Je te parle de Paris, t’imagines un petit peu les matins où tu devais aller à l’école pour être professeur et qu’il pleuvait?
[00:00:50] Coralie Nobili: Je m’en souviens bien, oui.
[00:00:54] Gauthier Seys: Bon, ça ne te manque pas?
[00:00:55] Coralie Nobili: Non, pas du tout.
[00:00:57] Gauthier Seys: On va parler de ton parcours pour commencer avant de revenir sur ton activité de coach. Tu es originaire de la région parisienne, tu as grandi en Normandie, des études à Caen, et puis c’est dans l’Île-de-France que tu vas exercer ton métier de professeur pendant 20 ans. Tu vas y trouver ton mari et vous allez créer une petite famille avec 3 enfants d’ailleurs lorsque tu as 40 ans. Ils ont 8, 10 et un bébé. Et là, ton mari revient avec un projet d’expatriation, vous étiez déjà très fan de voyage à ce moment-là?
[00:01:31] Coralie Nobili: Oui, oui, oui, c’est vraiment quelque chose qui nous motivait à partir, enfin à travailler. C’était vraiment notre loisir favori, c’est-à-dire qu’on aimait vraiment parcourir le monde. On a fait pas mal de pays différents, que ce soit en Asie, on a fait le Vietnam, l’Inde, le Sri Lanka. On a aussi parcouru le Canada, on est allé aux États-Unis. Voilà, c’est vraiment quelque chose qui nous plaisait beaucoup.
[00:01:52] Gauthier Seys: Un jour on fera, on vivra cette aventure de la mobilité. C’était dans votre coin de votre tête?
[00:01:58] Coralie Nobili: Oui, c’est ça, on se l’est souvent dit. La petite phrase régulière, c’était ça, on se fera une expérience à l’étranger. On l’a partagé auprès de nos amis, notre famille. Tout le monde savait qu’un jour ou l’autre, on partirait vivre quelque chose ailleurs.
[00:02:11] Gauthier Seys: Et ça va se passer donc autour de tes 40 ans, lorsque le bébé, le troisième, vient d’arriver. Ton mari rentre avec une possibilité de vivre une aventure à Rabat, au Maroc. Ça va pas durer longtemps, la négociation autour d’un petit apéro. Vous vite vous décider.
[00:02:25] Coralie Nobili: Oui, je pense que c’était déjà décidé. Il y avait pas vraiment un projet très dessiné, mais là, voilà, il arrive et il me dit écoute, il est possible qu’il y ait un poste pour moi au Maroc. Et voilà, est-ce que je lance l’idée ou pas? Et je crois que dans la soirée même, on s’est dit ok, c’est parti.
[00:02:45] Gauthier Seys: C’est quand même une aventure de partir en famille. Il faut déménager ses affaires, il faut que les enfants aillent à l’école. Il faut s’intégrer dans une nouvelle culture. Comment ça se passe la vie à Rabat?
[00:02:56] Coralie Nobili: Oui, c’est vrai que tu embarques tout avec toi, tes enfants qui sont motivés ou pas. On avait notre fille de 8 ans qui avait dit ce même soir, écoutez, il est bien beau votre projet, mais c’est sans moi. Donc bon, voilà, déjà faut emmener les enfants avec ou leur sourire ou leur grande tristesse. Nous, on n’est pas trop matérialiste, donc si tu veux, tu emmènes les choses qui te tiennent le plus à cœur et puis après tu construis tout sur place. Mais oui, c’est ça, tu construis tout sur place. L’idée, c’est pas de vivre par procuration, c’est vraiment de se créer un nouveau cocon familial dans le nouveau pays.
[00:03:30] Gauthier Seys: Cela dit, on dit quand même au revoir aux familles, aux amis, on laisse quand même pas mal de choses derrière soi. Est-ce qu’on a une petite angoisse? Est-ce qu’on y va à toute vitesse?
[00:03:40] Coralie Nobili: C’est marrant que tu parles de ça. Je regardais hier soir les photos justement pour les partager sur mes réseaux. Oui, effectivement, quand tu dis au revoir à tout le monde, un petit pincement au cœur et puis quelque part on dit pas au revoir à tout jamais non plus, on savait très bien que les gens on les reverrait, qui peut-être viendraient nous visiter, ce qui est facile aussi avec le Maroc c’est que c’est assez rapide pour retourner voir la famille en France et puis bon voilà la technologie fait qu’une visio c’est rapide, bon voilà donc oui ça fait un pincement au cœur parce que tu lâches tout mais quand tu l’as bien décidé et que ton projet est bien dessiné aussi, ça peut être plus facile que ce qu’on imagine.
[00:04:22] Gauthier Seys: Alors en l’occurrence, en effet, c’est pas très loin de la France, c’est pas très cher pour s’y rendre. Vous allez d’ailleurs avoir pas mal de monde qui va venir vous voir, ce qui est pas la chose la plus facile. Ça fatigue un peu, faut coordonner pas mal de choses au début. On veut venir, on veut découvrir, mais toi tu as plutôt bien vécu toute cette phase d’installation. Vous y êtes depuis 3 ans.
[00:04:41] Coralie Nobili: Exactement. Et oui, c’est vrai que les J’ai dit tout à l’heure, la première année on a eu beaucoup de visites. En réalité, les 2 premières années on a eu beaucoup de visites, mais c’était vraiment chouette et on avait vraiment un plaisir à recevoir amis et famille qui venaient nous voir. On leur partageait notre vie ici, c’était, ça devenait concret tout ce qu’on leur racontait aussi par message, par vidéo. Là, ils venaient voir vraiment notre vie et nous on était content de les recevoir. Après, c’est vrai que c’est une organisation et Et c’est un peu fatigant, mais c’était vraiment la formule idéale pour nous.
[00:05:16] Gauthier Seys: Et pour la famille, c’est comment la vie au Maroc? Il y a des sorties, des balades, du repos, de l’activité, de la culture?
[00:05:23] Coralie Nobili: Bah, on n’a pas terminé de tout visiter. C’est juste un pays magnifique, il y en a pour tous les goûts. Il y a de la montagne, il y a de la plage. Nos enfants, comme je disais, ils sont fans d’activités Et tout est très très beau, les médinas sont magnifiques et par-dessus tout les gens sont adorables, vraiment. Il y a une vraie culture de la bienveillance ici et ça c’est quelque chose qui nous manque quand on part en vacances, c’est de— on a envie de rentrer en se disant mais on a envie de retrouver les Marocains.
[00:05:57] Gauthier Seys: Et tu me disais c’est safe?
[00:05:58] Coralie Nobili: Complètement, plus ou moins je pense selon les endroits où tu vas, mais en tout cas nous on est très On se sent en sécurité partout, on est bien partout.
[00:06:09] Gauthier Seys: Côté professionnel, tu vas adorer ton métier de prof que tu vas exercer pendant 20 ans en aimant tout particulièrement t’intéresser aux différentes particularités de chaque élève. J’en parle parce qu’une fois ta mise en disponibilité de l’Éducation nationale, c’est finalement cette expérience que tu as eue avec les enfants que tu vas retrouver dans un autre univers, celui des expats. Tu vas découvrir les conjoints accompagnateurs, les difficultés d’un couple de vivre cette aventure, les nouveaux jobs avec les nouvelles hiérarchies qui s’organisent, la nouvelle culture. Et tout ça, ça va t’allumer quelque chose dans le cerveau. Tu vas te dire, eh bien, je vais me former et je vais coacher.
[00:06:46] Coralie Nobili: Ah bah, tu as très bien résumé tout ça. Effectivement, ce que j’adorais dans mon métier d’enseignante, c’était ça, c’était de prendre l’élève où il en était, d’aller identifier ses difficultés, lui en faire prendre conscience et de l’amener à progresser, voilà, en toute autonomie, avec plusieurs astuces ou plusieurs méthodes. Et je retrouve la même chose effectivement là dans mon travail de coach. Et ce qui s’est passé, c’est que quand je suis arrivée en tant qu’expat, effectivement, j’ai observé, j’ai vraiment beaucoup observé les personnes que je rencontrais, qui étaient soit les conjoints accompagnants, soit les personnes qui sont venues pour leur travail. Et effectivement, j’ai observé pas mal de leurs difficultés. Alors pour le conjoint suivant, c’est souvent Peut-être la perte de repères professionnels ou l’acculturation ou aussi la culpabilité parentale d’avoir justement déraciné ses enfants. Les sujets reviennent toujours, c’est très régulièrement les mêmes et pour les personnes qui travaillent, il y a vraiment ce côté décalage managérial parfois ou la surcharge d’aller accompagner sa famille, ses enfants, sa femme souvent. Puisque 76% des personnes qui suivent sont les femmes le plus souvent.
[00:08:00] Gauthier Seys: Ça évolue et lentement.
[00:08:02] Coralie Nobili: Ouais, quand même, ça évolue. Et voilà, pour eux, il y a une surcharge aussi qui entraîne beaucoup, beaucoup de fatigue et qui peut, quand les personnes arrivent sur des postes stratégiques, peut entraîner le fait qu’il y ait une performance moindre, mais qui n’est pas due aux compétences. Ce n’est pas une question de compétences, c’est une question d’avoir cette disponibilité intellectuelle.
[00:08:21] Gauthier Seys: Alors, après être formée à une certification internationale, et te pencher sur des études scientifiques RH. Tu lances en 2025 Coralie Coaching Now. On s’est découverts sur LinkedIn, tu as découvert les podcasts de la radio qui d’ailleurs donnent de l’eau à ton moulin aussi en les écoutant. Tu entends ces expériences partagées?
[00:08:41] Coralie Nobili: Oui, j’ai vraiment adoré écouter un certain nombre des podcasts que tu as construits avec notamment une psychologue ou un autre qui parle des clichés des expats Voilà, il y a vraiment une richesse dans ce que tu partages qui m’a aussi donné envie de participer du coup à ce que tu proposes.
[00:09:01] Gauthier Seys: Eh bien, bienvenue sur notre média. Découvrez le site de Coralie. En gros, quelqu’un qui va, je le disais en introduction, préparer son projet, il doit pas tarder à être bien accompagné.
[00:09:15] Coralie Nobili: Bah voilà, quand tu disais tout à l’heure que je m’étais enrichie d’études scientifiques RH, on voit que Certaines expatriations finalement sont interrompues précipitamment parce que la famille n’est pas adaptée. Adaptée, ça veut dire ne s’adapte pas facilement. Ou alors parce que, on va dire, 30 à 50% de ceux qui arrivent pour travailler présentent des performances insuffisantes au travail. Donc voilà, il y a vraiment des chiffres qui parlent plus fort que moi, on va dire. Et une autre étude a sorti qu’un cas sur 2, c’était à cause de préoccupations familiales, c’est-à-dire la famille qui n’est pas bien dans son nouvel environnement. Et donc effectivement, moi je travaille là-dessus, c’est-à-dire que j’accompagne les familles. Ça peut être n’importe quel membre de la famille, ça peut être toute la famille en même temps. Et l’idée, c’est de faire en sorte que tout le monde ait bien dessiné ou bien tracé son projet d’expatriation pour avoir anticipé un certain nombre de problématiques et d’avoir su y répondre avant même que la difficulté se pose.
[00:10:15] Gauthier Seys: Pour conclure, Coralie, tu me disais que tu étais encore là pour un an par rapport au travail de ton mari, mais que Ça serait pas la France, sans doute? Après, ce serait pas le retour?
[00:10:26] Coralie Nobili: Ça, c’est un souhait, mais on va peut-être pas être maître de cette décision-là. C’est-à-dire qu’effectivement, on a goûté à la vie à l’étranger, c’est quelque chose qui nous plaît énormément. Ça ouvre nos— enfin, c’est un énorme cadeau qu’on, je pense, qu’on a fait à nos enfants d’aller découvrir une nouvelle culture. Si on pouvait faire une autre destination, ça serait l’idéal, mais ça, c’est Voilà, après il y a une question problématique travail qui est pas dans mes mains.
[00:10:52] Gauthier Seys: Eh bien, à suivre en tout cas. Merci pour ce témoignage, au plaisir de te retrouver Coralie.
[00:10:56] Coralie Nobili: Merci beaucoup à toi Gauthier.
[00:11:00] Gauthier Seys: Français dans le monde, le média de la mobilité internationale, radio et podcast sur fdlm.fr.