[00:00:02] Gauthier SEYS: Et si votre divorce international se passait le mieux possible? Je vais vous présenter 2 avocates, nos invitées du jour. 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux 4 coins du globe. Bienvenue sur Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui, on décolle avec Sophie Morel, avocate, elle est en Chine, et Valérie Chamontin, elle est à Lyon. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. Nous allons faire ensemble un podcast pratique, un podcast apaisé dans une situation où parfois ça peut accrocher un peu. Mais écoutez bien mes invités du jour. Bonjour Maître, avec un S, Sophie Clent, qu’on a déjà présentée sur cette antenne, qui actuellement est en Chine. Bonjour Sophie.
[00:00:55] Maître Sophie Morreel Weber: Bonjour Gauthier, bonjour à tous.
[00:00:57] Gauthier SEYS: Et puis Valérie, avec qui tu travailles, Maître Chamontin, 4 années à Shanghai, 5 années au Canada. Aujourd’hui basée à Lyon. Bienvenue sur l’antenne de la radio des Français dans le monde.
[00:01:08] Maître Valérie Chamontin: Merci beaucoup, je suis très heureuse de pouvoir échanger notre expérience.
[00:01:13] Gauthier SEYS: On a préparé cette interview en se rappelant que depuis que le dossier avait été lancé, on avait beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Parler du divorce lorsqu’on vit l’expatriation, vous pensez que c’est encore un peu tabou en 2026?
[00:01:27] Maître Sophie Morreel Weber: Le divorce, le divorce est un vrai sujet en expatriation parce que l’expatriation est difficile pour les couples et en parler n’est toujours facile quand on est un peu isolé et justement dans un milieu de sa propre nationalité, donc dans le milieu français par exemple, qui sont des petits milieux. Et l’écoute, on peut la trouver chez les avocats et notamment du coup chez nous.
[00:01:52] Gauthier SEYS: Vous avez un duo très original, un binôme, un binôme rare. Il y a de l’intelligence, il y a du respect, il y a de l’écoute. Vous avez décidé de travailler ensemble et de prendre un dossier de divorce où chacune d’entre vous allait représenter un des conjoints. Personnellement, je trouve ça très original. Comment c’est arrivé cette histoire?
[00:02:12] Maître Sophie Morreel Weber: Alors c’est arrivé car nous avons été amenées à négocier 2 divorces. Voilà, est-ce que c’était le hasard? Je ne sais pas, mais on s’est retrouvées à tellement bien négocier 2 dossiers avec des clients contents qu’après on s’est appelées et là tout a démarré.
[00:02:29] Maître Valérie Chamontin: Mais il faut dire quand même qu’au départ de notre relation, on était très concentrées chacune sur les intérêts de nos clients et qu’en fait, en bataillant comme ça, on a vu quand même qu’on avait la qualité d’écoute, l’empathie nécessaires et que ça fonctionnait au final tellement bien pour nos deux clients qu’on s’est dit qu’il y avait une réflexion à avoir sur le vieux schéma des deux avocats qui vont s’affronter de manière frontale, pas du tout intéressant pour Voilà, pour les époux. Et voilà, et c’est pour ça qu’on propose cette chose qui fonctionne bien dans le respect de nos règles déontologiques, toujours.
[00:03:10] Gauthier SEYS: Et dans le cadre où le couple est prêt à cette mécanique, certains divorces sont très violents, sont vraiment sur une base de combat. Là, il faut quand même que les conjoints aient cette volonté au démarrage de vouloir s’asseoir autour de la même table.
[00:03:25] Maître Sophie Morreel Weber: Il faut quand même que la discussion ne soit pas impossible. Il faut qu’il y ait la possibilité d’identifier des points sur lesquels ils sont d’accord pour après isoler les désaccords. Mais il faut effectivement que le dialogue ne soit pas rompu et que la violence qui a eu lieu entre eux empêche toute possibilité pour l’un ou pour l’autre d’admettre le principe d’une négociation. Donc en fait, il faut que ce soit des personnes qui soient prêtes à passer un petit peu au-delà de ces émotions violentes aller vers un apaisement, pour construire en fait une séparation et non pas finir de détruire un couple.
[00:04:11] Gauthier SEYS: Alors l’idée, c’est donc de prendre un dossier que vous allez traiter à deux, mais vous allez chacun être l’avocate de l’un et de l’autre, les voir, les écouter, prendre un peu leurs desiderata, chacun en toute indépendance et dans la confidentialité.
[00:04:27] Maître Valérie Chamontin: Tout à fait. Ça commence par une prise de contact. Nous avons un site internet qui s’appelle Divorce International Simplifié où vous avez l’explication de notre présentation et puis surtout les 2 liens pour nous contacter. Vous contactez l’une ou l’autre, peu importe. Et ça commence par un échange qui est confidentiel, en toute sécurité. Et ça peut être parce que ce premier échange, c’est aussi utile pour quelqu’un qui n’est pas tout à fait encore sûr, qui n’a pas encore eu de vraies conversations complètes avec son autre conjoint. Mais c’est comme un, c’est comme un déjà une première bouffée ou qu’on peut appeler, contacter. Notre premier échange est toujours offert et c’est pour que la personne comprenne que voilà, il y a des étapes. Ces étapes peuvent aujourd’hui être douloureuses, mais nous on va accompagner, on va être chacune à côté de notre client pour donner de l’information, faire comprendre quand même ces processus, travailler sur la comparaison entre toutes les options. Parce qu’il y a toujours des options dans un divorce, des choix, et ces choix appartiennent aux époux. Nous, on accompagne, mais on ne choisit pas pour eux. Et puis une fois que l’une et l’autre, on s’est rejoint, parce qu’en fait c’est un chemin qu’on fait d’abord seul avec son client ou sa cliente, et une fois qu’on arrive à se rejoindre, Sophie et moi, on commence un travail de rédaction de documents, un document commun et qui nous sert de base de travail. Et là, Sophie va expliquer, là on fait des ajustements sur des sujets très, très— voilà.
[00:05:59] Gauthier SEYS: Alors je me mets à la place de l’auditeur. Avant d’arriver à ce document commun, parce que là on a l’impression que c’est un peu magique, vous avez votre expérience qui vous permet peut-être lors de ces rendez-vous, vous allez faire avec l’un et l’autre avec l’autre, à poser les bonnes questions. Parce qu’il y a des enjeux avec les enfants, il y a des enjeux avec le patrimoine, tout ça vous connaissez. Donc vous êtes aussi un peu un guide pour votre client.
[00:06:20] Maître Sophie Morreel Weber: Alors en fait, lors du premier entretien, on écoute mais on pose aussi des questions. Parce qu’on sait quelles sont les questions fondamentales pour lesquelles on doit avoir les réponses qui nous permettent de savoir si on peut effectivement avancer.
[00:06:37] Maître Valérie Chamontin: Et puis on a notre expérience de vie à l’étranger, de déménagement, donc on sait que se posera la question du visa du conjoint parce qu’il suffit pas qu’il y en ait un qui veuille quitter et rompre le lien, il faut aussi voir si l’autre conjoint est adossé au visa. On règle donc les questions d’immigration, on règle aussi les questions de déménagement, parce que les avocats français ne prennent pas toujours en compte le fait qu’il y a des délais. Il y a les, la question aussi de la scolarité des enfants qui vont changer de système. Ils étaient peut-être dans un lycée international à Shanghai ou à Pékin, là où tu te trouves, et ils vont rentrer en France. On va les aider, on va, on va, on va faire tout ce travail de réflexion qu’on connaît, qu’on a vécu, et c’est ce qui fait un peu la différence.
[00:07:23] Gauthier SEYS: Alors, vous avez chacune travaillé avec votre client, Vous avez identifié les points d’accord et là on va parler de ce document commun que vous rédigez ensuite ensemble. Une fois que vous les avez vus et que les choses ont bien été posées, vous vous voyez et vous travaillez toutes les deux.
[00:07:38] Maître Sophie Morreel Weber: Oui, d’abord on travaille avec nos clients, car dans un premier temps on identifie la possibilité pour le juge français d’être compétent. J’en profite pour dire que je suis actuellement effectivement en Chine, mais que mon cabinet est en France et que je suis inscrite au barreau de Nice. Donc je suis une avocate française comme nous le sommes toutes les deux et donc habilitées à intervenir pour faire rendre des jugements français. Donc on identifie un certain nombre de points fondamentaux dont par exemple le régime matrimonial qui va guider le futur partage, qui va guider le sort des économies. On identifie les situations financières de l’un comme de l’autre, notamment du conjoint qui éventuellement n’a pas pu travailler. Là, il y a des personnes qui passent et qui parlent mandarin à côté de moi. Et en fonction de tout ça, on voit déjà quel est le tableau à venir de la séparation. C’est-à-dire que, est-ce qu’on sent rapidement que finalement il y aura un accord, il y aura un partage 50/50, et que les deux ont déjà des situations convenables chacun? Ou est-ce qu’il y a un déséquilibre à la fois patrimonial et de revenus? Et là, on identifie les points sur lesquels il va falloir travailler.
[00:08:59] Gauthier SEYS: J’ai posé la question en préparant cette interview, qui était peut-être une question un peu bête: combien de temps ça dure? Vous m’avez dit entre 3 semaines et 3 ans. Ça, c’est évident que chaque dossier a ses propres problématiques. Il n’y a pas de baguette magique, faut pas non plus faire rêver les auditeurs. Ça a beau être simplifié, c’est pas magique non plus.
[00:09:18] Maître Valérie Chamontin: Non, parce qu’on veut pas de la magie, on veut de la sécurité. Ce qu’on offre, c’est une solution qui conduit, qui aboutit à un jugement de divorce qui est le document qui circule partout dans le monde, qui est reconnu partout dans le monde. Donc ce qui sera dans le jugement pourra être exécuté à l’étranger après des formats d’ajustement, bien entendu. Mais en fait, la durée, elle va dépendre de si on accompagne un couple sans enfant, par exemple, on enlève déjà une problématique. Sinon, c’est pas une difficulté. S’il y a des enfants, chaque parent exprime sa possibilité. Si les deux parents vivent dans les même pays, même ville, tout va bien, mais dans des contextes de mobilité internationale, on a tous les cas de figure. Il peut y avoir des parents qui vivent dans un grand pays, l’un à Shanghai, l’autre à Pékin, on ne peut pas faire de résidence alternée dans 2 continents différents. Donc tout ça, et notre expérience, on arrive à identifier l’intérêt de l’enfant, les temps de transport, les vols, Qui paye les billets? Donc c’est très concret, on va jusqu’au bout de la réflexion sur un sujet. Si les époux, en plus d’avoir des enfants ou pas, peu importe, ont du patrimoine situé en France, à l’étranger, ont des sociétés. Sophie et moi, on a défendu chacune plusieurs reprises des entrepreneurs. Donc on a tous les étages. En fait, il faut considérer, quand, si vous nous écoutez, qu’en fait il faut déjà identifier comment se compose votre famille, Quelle va être la mobilité à court terme et à moyen terme? C’est-à-dire, est-ce qu’il va y avoir un des conjoints qui va quitter le pays, quitter le lieu actuel? Est-ce que s’il y a des enfants, comment on résout la scolarité? Qui finance quoi? Et après, il y a le régime matrimonial dont parlait Sophie, mais donc là on va travailler, et ce sont des règles du jeu de partage en fait, le régime matrimonial. Et puis enfin, il y a la question de, pour le conjoint qui n’a pas de salaire, qui n’a pas de situation professionnelle, il y a la fameuse prestation compensatoire. Et là, on fait du sur-mesure. Et d’ailleurs, ce serait un premier conseil, si je puis me permettre, c’est de dire aux personnes qui sont dans une situation de préparation, eh bien, de dresser, de faire un fil chronologique. Quelle était votre situation avant la rencontre, la date du mariage, les pays, et identifier qui travaillait à ce moment-là, qui— la question des droits à la retraite, Parce que vous avez pu travailler peut-être au Vietnam mais sans cotiser à la retraite française. Et c’est tout, vous voyez, c’est comme une checklist. Sophie parlait de checklist tout à l’heure, il y a une vraie checklist et on la coche avec chacun, avec nos clients, chacune avec nos clients. Rien n’est mis de côté.
[00:12:09] Gauthier SEYS: Maître, je vais quand même taper sur le marteau en rappelant que l’intérêt aussi, c’est que vous ayez connu toutes les deux la vie à l’international parce que c’est d’autres enjeux, d’autres problématiques, et qu’il faut les connaître pour pouvoir les traiter.
[00:12:24] Maître Sophie Morreel Weber: Oui, on a vécu, puis on a rencontré aussi beaucoup de, de Français, Françaises expats. Et par rapport à ce que venait de dire Valérie, il y a un, un énorme sujet qui est celui des couples qui ont duré longtemps à travers le monde, qui au bout de 20 ans par exemple décident ou subissent une séparation, et il y a pas eu de retraite. Et là, il faut vraiment travailler sur comment le patrimoine peut, au-delà de la séparation, comment on peut avoir une compensation pour que le conjoint qui n’a pas travaillé puisse subvenir à ses besoins à la suite du divorce. Et ça, c’est un sujet qui est vraiment important, notamment pour les femmes de conjoints expatriés.
[00:13:09] Gauthier SEYS: Alors, on rappelle aux auditeurs, le divorce international simplifié, dis.legal. Merci Sophie, merci Valérie. C’est vrai que quand on vous entend, ne serait-ce que dans votre voix, c’est déjà une voix apaisée, c’est-à-dire qu’on a quand même déjà l’impression qu’on va trouver une solution, ce qui est quand même une bonne nouvelle quand on parle de divorce.
[00:13:27] Maître Valérie Chamontin: Oui, mais nous, notre expérience nous a appris, parce qu’on apprend beaucoup avec nos clients, c’est qu’en fait c’est extrêmement douloureux, il y a beaucoup de peur. En ce qui me concerne, je dirais que ce qui est le plus compliqué, c’est d’apporter l’information juste qui fonctionne pour le client dont on a la charge, parce qu’il y a beaucoup d’informations, et je suis pas contre l’IA, mais il y a beaucoup d’informations des gens qui ont divorcé, qui n’étaient pas dans la même configuration et qui donnent des conseils. Donc je dirais que ce qu’on apporte, nous, c’est vraiment une analyse adaptée qui va vous aller, qui va vous correspondre. Et puis, et voilà. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de peur. Et donc peut-être pour conclure, moi je dirais, pour ne plus avoir peur, déjà une heure d’entretien avec nous ou un autre avocat, parce qu’on prêche de façon globale. N’ayez pas peur de contacter un avocat. Et deuxièmement, collectez des documents. Le manque cruel d’information, d’accès à l’information d’un conjoint par rapport à l’autre, c’est vraiment— je vais laisser Sophie confirmer ça, mais il ne faut pas avoir peur d’aller chercher les actes de propriété, les tableaux d’amortissement, combien coûte chaque enfant, réunissez des documents. L’information, c’est l’une des clés de l’équilibre possible entre les deux à un moment donné.
[00:14:52] Gauthier SEYS: C’est très clair. Sophie, pour conclure?
[00:14:54] Maître Sophie Morreel Weber: Pour conclure, nous avons réussi sur les 4 dernières années toutes nos négociations, à l’exception d’une, je crois, Valérie. Et en fait, on a toujours réussi à trouver des accords. Je pense que la loyauté dans les échanges entre les époux et la loyauté de notre échange entre avocats, c’est la clé de la pérennité d’une séparation réussie.
[00:15:23] Gauthier SEYS: Sophie, Valérie, Maître, merci d’être venues sur l’antenne de la radio des Français dans le monde. Et on va souhaiter bon courage à nos auditeurs qui peut-être vivent des moments difficiles. Eh ben justement, apaisons-nous. Belle journée.
[00:15:35] Maître Valérie Chamontin: Merci beaucoup.
[00:15:36] Gauthier SEYS: Merci.
[00:15:38] Maître Valérie Chamontin: Français dans le monde vous propose son dossier spécial Divorcer en expatriation.
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