Présentation du podcast :

Partir explorer le monde, c’est une chose. Mais comment garder un lien vivant avec sa région d’origine quand on vit à l’autre bout de la planète ?

C’est précisément la question que pose cet épisode, à travers le portrait d’un homme dont le parcours illustre à merveille ce double ancrage : profondément attaché à son territoire, résolument tourné vers l’international.

Gilles Michat est Montpelliérain, européen, citoyen du monde — comme l’annonce d’emblée Gauthier Seys de La radio des Français dans le monde. Après des études à Montpellier, c’est à Londres qu’il fait ses premières armes, comme professeur de français auprès des cadres de la City. De là naît une appétence pour l’ailleurs qui ne le quittera plus : un MBA à New York University, en plein cœur du Village, une carrière dans le capital-investissement à Paris avec de nombreux déplacements en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, puis la traversée de l’Atlantique à la voile et la création du Montpellier Blues Festival. Depuis dix-huit mois, il préside l’association Racines Sud, fondée il y a vingt ans pour relier les Occitans expatriés aux quatre coins du globe.

Dans cet épisode, Gilles Michat revient sur ce qui pousse à partir, sur ce qu’on emporte avec soi — la langue, la gastronomie, l’attachement à une région — et sur ce que construit Racines Sud pour ses quelque 1 500 membres répartis en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Il évoque aussi un projet de voyage d’affaires et académique entre Montpellier et San Diego, deux villes du sud aux profils étonnamment proches. Un témoignage concret et généreux, porté par un homme qui a su faire de la mobilité un art de vivre sans jamais couper ses racines.

► Podcast n°3015 (Octobre 2026)

 

00:00:02 – Bienvenue avec Gilles Micha, président de Racines Sud
00:00:43 – De Montpellier à l’appel du large : les origines d’une soif d’international
00:01:07 – Une année à Londres pour découvrir d’autres conditions de vie
00:02:04 – New York University et le rêve américain réalisé
00:02:51 – Washington Square : première visite et vie d’étudiant MBA
00:03:45 – Finance d’entreprise et voyages à travers l’Europe et le monde
00:04:42 – Passion pour le blues et création du Montpellier Blues Festival
00:05:41 – Les défis économiques de l’organisation de festivals aujourd’hui
00:07:05 – Racines Sud : 20 ans de réseau des Occitans expatriés
00:09:07 – Garder ses racines en déployant ses ailes à l’international
00:10:16 – San Diego : un projet de rapprochement entre Montpellier et la Californie
00:11:50 – Retour à Montpellier : être citoyen du monde sans oublier ses origines

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Transcription IA du podcast :

[00:00:02] Gauthier Seys: Depuis 20 ans, les Occitans dans le monde sont reliés par l’association Racines Sud. Écoutons son président. 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui, on décolle avec Gilles Micha, direction Montpellier. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. Montpelliérain, européen, citoyen du monde. Il a plusieurs casquettes. D’ailleurs, dans son parcours, vous verrez, il a fait pas mal de choses. Bonjour et bienvenue, Gilles.

[00:00:42] Gilles Michat: Bonjour.

[00:00:43] Gauthier Seys: Monsieur le président de l’association Racines Sud, partenaire de la Radio des Français dans le Monde depuis plusieurs années. On va parler des Occitans qui se trouvent aux quatre coins du monde. Mais avant, revenons sur ton parcours. Au moment où on se parle, tu es à Montpellier avec un beau soleil que je n’ai pas à Lille. C’est là aussi que tu vas faire tes études avant d’avoir l’appel du large. C’est quoi cette envie de vivre l’international? C’était déjà dans la famille?

[00:01:07] Gilles Michat: C’était pas véritablement dans la famille, non. Je pense que ça m’a pris aux alentours de mes 20 ans, pendant mes études. J’avais un petit peu commencé à voyager avec des potes, mais j’avais envie de faire plus. Et donc après avoir terminé mes études supérieures, j’avais très envie de faire un petit peu un voyage, alors pas initiatique, mais en tout cas de connaître vraiment d’autres conditions de vie. Et c’est la raison pour laquelle je suis parti. Alors, c’est pas très exotique pour un Français, c’est assez classique peut-être, mais je suis parti vivre un an à Londres.

[00:01:43] Gauthier Seys: Et là, tu es professeur de français pour les cadres de la City. Tu vis quelques expériences là-bas avant de revenir en France, mais il va te manquer l’international. Tu auras l’envie d’aller étudier aux États-Unis. Un jour, j’irai à New York avec toi. Chose faite, tu vas atterrir dans une université de tes rêves.

[00:02:04] Gilles Michat: Effectivement, c’est peut-être en écoutant Téléphone que j’ai eu cette idée, mais cette première expérience à Londres m’a donné encore envie de continuer. Donc après avoir travaillé 3-4 ans en France, effectivement, j’ai candidaté pour un MBA aux États-Unis. J’avais choisi des villes qui me faisaient un peu rêver, comme l’Université de Berkeley à San Francisco ou UCLA à Los Angeles, ou j’avais candidaté pour Chicago. Et puis les grandes universités de New York dont New York University. C’est finalement à New York University, en plein centre du Village, que j’ai atterri.

[00:02:43] Gauthier Seys: Gilles, je vais te repropulser à New York, je t’emmène sur Washington Square. Est-ce que tu te souviens de la première fois que tu arrives sur cette place?

[00:02:51] Gilles Michat: Alors la première fois, pour être tout à fait honnête, c’était avant même de partir faire ce MBA. J’étais parti, j’avais fait un petit voyage découverte à New York et à cette occasion, je m’étais dit waouh, quelle chance que que d’être étudiant autour de Washington parce qu’en fait l’université de New York University, elle est construite tout autour de la place et dans le quartier à côté de rues magiques comme Bleecker Street où il y a tous les clubs de jazz et donc ça c’était la première fois et puis après, alors après c’est vrai que quand on vient en touriste, on se dit quelle chance et puis quand on se retrouve étudiant MBA, bon c’est un petit peu difficile quand même. Parce qu’on bosse beaucoup, on bosse beaucoup. Mais enfin quand même, à l’époque j’habitais à Brooklyn et je faisais assez souvent le trajet entre chez moi à Brooklyn et en traversant le pont de Brooklyn, donc c’était quand même génial.

[00:03:45] Gauthier Seys: Après, tu vas avoir une grande expérience dans la finance d’entreprise, tu vas bosser Société Générale, Close Brothers, tu vas diriger des branches importantes de groupes majeurs tout en voyageant beaucoup. Tu peux allier en même temps ta passion de l’international et avec ton job?

[00:04:03] Gilles Michat: Alors, j’ai plus précisément, j’ai bossé dans ce qui s’appelle le capital investissement. Donc j’investissais dans des fonds de capital investissement en étant basé à Paris. Mais il se trouve qu’on avait une stratégie d’investissement internationale, donc beaucoup d’investissements en Europe. J’ai beaucoup, je passais beaucoup de temps à Londres parce que la plupart des fonds sont à Londres, mais aussi en Europe du Nord, Europe centrale, Europe du Sud, enfin toute l’Europe. Mais on avait aussi un portefeuille en Amérique du Nord et en Asie. Donc effectivement, à cette occasion, j’ai pas mal voyagé. Mais enfin, ça n’a rien à voir avec les voyages d’agrément, les business trips tout de même.

[00:04:38] Gauthier Seys: Ouais, on n’en profite pas vraiment.

[00:04:40] Gilles Michat: Non, pas vraiment.

[00:04:42] Gauthier Seys: Alors un mot sur ta passion pour la musique. Je citais Téléphone tout à l’heure, mais toi, ton truc, c’est plus le blues, au point de monter, de créer le Montpellier Blues Festival. Un mot pour une radio, c’est important la musique.

[00:04:57] Gilles Michat: J’ai eu la chance de pouvoir arrêter de bosser il y a 7 ans pour faire de la voile, donc j’ai traversé l’Atlantique d’ailleurs, c’était un autre, c’est pas vraiment l’expatriation mais j’ai traversé l’Atlantique sur mon voilier, j’ai fait des treks et puis j’ai monté un festival dédié aux musiques afro-américaines, donc blues, soul, funk, rhythm and blues, qui a connu 2 éditions à Montpellier sur la place centrale de Montpellier, la place historique, l’esplanade du Peyrou, avec 8000 personnes lors de la 2e édition. Bon là pour l’instant j’ai un peu interrompu parce que financièrement c’est, c’est compliqué de trouver l’équilibre. Mais je, je réfléchis à un autre, un autre modèle.

[00:05:41] Gauthier Seys: Un mot justement sur l’économie des festivals. On lit de plus en plus que c’est difficile, les coûts ont explosé, le coût des artistes a aussi explosé, la sécurité, la technique, etc. Il y a maintenant, quand il fait trop chaud on peut plus, quand il y a du vent on peut plus, ça devient une torture de faire un festival.

[00:06:00] Gilles Michat: Non, non, c’est pas une torture. Moi, j’ai pris beaucoup de plaisir à monter ça. On a fait venir des artistes internationaux, on a fait venir Kezia Jones, on a fait venir ce qui reste de Earth, Wind& Fire, on a fait venir les grosses têtes d’affiche de blues que peu de gens connaissent, que je cite Kezia Jones et Earth, Wind& Fire parce que les gens connaissent mieux. Moi, mon modèle était basé sur le mécénat. Donc j’avais pas mal de mécènes du coin, enfin d’entreprises du coin qui ont bien voulu jouer le jeu. Il n’empêche que le site sur lequel je l’avais monté est un site vierge de toute infrastructure le reste de l’année, qui est une vieille place historique comme il doit y en avoir une à Lille, si c’est comme la Grand-Place, voilà c’est comme si on montait un festival sur la Grand-Place mais il faut tout monter de A à Z et donc en coût de production ça coûte vraiment très cher et à côté de ça comme tu le disais, Les cachets ont explosé, enfin tout a— voilà, donc c’est vrai que c’est compliqué. Il y a plutôt pas mal de festivals qui s’arrêtent que le contraire par les temps actuels.

[00:07:05] Gauthier Seys: Mais tu m’as donné très envie de réentendre Rhythm Is Love de Keziah Jones, c’est un morceau qui était complètement dingue. On laisse la musique et on s’intéresse aux Occitans. Depuis 18 mois, tu es devenu le président de l’association Racines Sud. Alors même si Racines Sud est partenaire sur notre radio depuis longtemps, C’est peut-être bien de rappeler en quoi consiste cette association qui fête ses 20 ans.

[00:07:26] Gilles Michat: Alors, Racines Sud, comme tu dis, ça a été monté il y a 20 ans par une personne qui s’appelle Emmanuelle Daras et qui en est toujours la directrice générale et qui regroupe les Occitans, donc, qui aujourd’hui sont expatriés dans le monde entier. Donc, c’est un peu plus de 1500 personnes. Alors, qu’entend-on par Occitans? C’est des gens qui ont soit sonné ici, soit ont fait leurs études à Montpellier ou à Toulouse, qui ont travaillé dans la région et qui ensuite, voilà, qui ont été amenés pour différentes raisons à partir dans le monde entier. C’est vraiment international parce qu’avant de démarrer, je m’étais penché sur la répartition de ce réseau et c’est l’Amérique du Nord qui, alors il y a l’Europe évidemment qui représente une quarantaine de pourcents, mais l’Amérique du Nord représente pas loin de 30%. Le premier contingent se situe au Canada, suivi évidemment des États-Unis et ensuite c’est l’Asie, ensuite c’est l’Asie avec un peu moins de 25%. Et c’est des gens qui sont restés attachés en fait à la région. Donc on publie une newsletter à l’ensemble du réseau tous les mois et on a régulièrement des contacts. Et d’ailleurs pour les 20 ans, j’ai organisé, on a organisé une conférence internationale sur l’intelligence artificielle à Montpellier où on a fait venir 5 membres du réseau qui avaient des expériences aux États-Unis chez Nvidia, ou il y en a un qui avait été directeur de la French Tech à Beijing, il y en a un autre qui avait bossé à Séoul. Bref, des gens qui avaient vraiment une expérience internationale de l’intelligence artificielle et qui sont venus débattre à Montpellier.

[00:09:07] Gauthier Seys: Alors c’est drôle, qu’on soit ch’ti, breton ou occitan, on a toujours envie de garder ses racines mais de déployer ses ailes à l’international. On reste, même quand on est au bout du monde, on reste un fan de Montpellier, de sa culture, de sa gastronomie.

[00:09:23] Gilles Michat: C’est un peu ça. Et d’ailleurs, le gars de Nvidia, donc il avait été responsable grands comptes chez Nvidia pendant 20 ans et il est venu se réinstaller dans un petit village de Camargue, pas loin de Montpellier. Et donc il y a pas mal, j’imagine c’est pareil pour les Ch’tis, il y a pas mal de gens qui effectivement reviennent s’installer pour la retraite. Dans leur région d’origine.

[00:09:48] Gauthier Seys: Quand j’ai fait toutes ces interviews avec les membres de votre réseau, à chaque fois, il y avait un chapitre sur la gastronomie et à chaque fois, c’était le petit moment où ils avaient une émotion parce qu’ils disaient quand même que ça leur manquait un peu. C’est quand même un de nos atouts. On en a quand même. Tu parlais de nouvelles technologies, tu parlais d’États-Unis. Eh bien, parlons de ce projet à San Diego. Business et académie, deux villes qui se ressemblent, tu me disais. C’est drôle, San Diego, Montpellier, même combat.

[00:10:16] Gilles Michat: 2 villes qui se ressemblent, c’est 2 villes du sud qui ont, tu vois ici on a 300 jours de soleil par an, ça va être à peu près le cas pareil pour San Diego. 2 villes tournées vers la mer, 2 villes qui sont plutôt développées dans la tech et donc effectivement c’est pas encore confirmé mais on travaille à l’organisation d’un trip qui serait à la fois business académique, parce qu’on pourrait envisager aussi des choses au niveau des universités, peut-être institutionnelles si la métropole est intéressée. Donc un trip qui permettrait d’organiser des rencontres entre les entreprises, les universités et peut-être les institutionnels au printemps. Au printemps, voilà, donc ça fait partie potentiellement des missions aussi de Racines Sud, sachant qu’on a On a une centaine de membres aux États-Unis et on en a une vingtaine en Californie, et plus précisément on en a une douzaine à San Diego.

[00:11:19] Gauthier Seys: À suivre donc, tout comme la 17e édition du Prix de l’Expatriation sur laquelle nous sommes partenaires et nous relayons actuellement l’inscription à cet événement. Vous aurez des nouvelles sur l’antenne puisque nous recevrons les lauréats micro de la radio des Français dans le monde. Gilles, merci. Est-ce que malgré tout, en ayant eu tous ces voyages, en étant citoyen du monde comme je le disais dans l’intro, tu revendiques quand même avant tout d’être un vrai fan de Montpellier?

[00:11:50] Gilles Michat: Ouais, ouais, ben écoute, après avoir fait tout, effectivement avoir eu cette vie, je suis revenu m’installer à Montpellier. Mais ça n’en continue pas moins les voyages. Voilà.

[00:12:02] Gauthier Seys: Eh bien, merci pour cette présentation. Au plaisir de te retrouver. Tu embrasses Emmanuel, avec qui j’ai toujours beaucoup de plaisir à travailler, et à très vite.

[00:12:09] Gilles Michat: Je te remercie. Bonne journée.

[00:12:12] Gauthier Seys: Bye. Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Radio et podcast sur fdlm.fr.

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