Présentation du podcast :

Avez-vous déjà envisagé de vivre à l’étranger et de faire face au défi d’élever des enfants dans un environnement bilingue ?

C’est la question que nous posons aujourd’hui dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » réalisé en partenariat avec FLAM Monde. Nous vous emmenons à Barcelone pour découvrir comment la vie quotidienne peut être enrichie par la diversité culturelle et linguistique. Notre invité, Thomas Merland, partage son expérience personnelle et professionnelle en tant que Français expatrié dans cette ville dynamique.

Thomas Merland, originaire de l’Ardèche, a suivi une voie peu conventionnelle qui l’a conduit de la scène artistique au monde de l’éducation. Passionné de musique et de théâtre, il a découvert sa vocation dans l’enseignement du français aux enfants expatriés. Installé à Barcelone avec sa famille, Thomas a fondé l’association « La Langue de Molière », qui propose des cours de français pour les enfants de la communauté française locale. Grâce à son approche innovante de l’apprentissage par le jeu, il a su captiver l’intérêt des jeunes apprenants et élargir son projet à une échelle impressionnante.

Dans cet épisode, nous explorons comment Thomas et son équipe ont transformé l’apprentissage du français en une aventure ludique avec le jeu « Bande de Monstres ». Cette méthode repose sur la ludopédagogie, une approche qui utilise le jeu comme outil d’apprentissage pour stimuler l’engagement et la motivation des enfants. Thomas nous parle également de l’impact de ce projet sur la communauté éducative internationale et des collaborations en cours avec des universités pour étendre cette méthode à d’autres disciplines. Si vous êtes curieux de savoir comment le jeu peut révolutionner l’éducation, cet épisode est fait pour vous.

► Podcast n°2922 (mai 2026)

 

00:00:01-Bienvenue avec Gauthier Seyss à Barcelone 00:00:27-La douceur de vivre à Barcelone et trois petits détails
00:01:04-Les expatriés français à Barcelone et la langue de Molière
00:01:29-Origines de Thomas Merlan et sa passion pour le théâtre
00:02:09-Quitter la France par amour et s’installer à Barcelone
00:03:20-Les défis de l’apprentissage du français pour ses enfants
00:04:25-Création de l’association La Langue de Molière
00:05:30-Développement du jeu pédagogique Bande de Monstres
00:06:20-Le pouvoir du jeu dans l’apprentissage du français
00:10:34-Expansion internationale et partenariats académiques
00:12:20-Invitations et conférences à venir sur la ludopédagogie
00:12:57-Conclusion et remerciements

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde qui aide tous ceux qui se préparent, qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Thomas Merlan. Je vous emmène à Barcelone. 10 Minutes. 10 Minutes.
Ah là, je sens que ce français expatrié, même immigré, va pouvoir à nouveau me dire plein de choses très gentilles sur la douceur de vivre à Barcelone. C’est le cas, hein, Thomas? Oui, c’est plutôt agréable. C’est une ville plutôt agréable à vivre pour plein de petits détails de la vie quotidienne. Donne-moi trois petits détails, justement, pour nous mettre un peu l’eau à la bouche.
Déjà, les prix sont raisonnables, à part le loyer, mais sinon, les prix sont raisonnables. Quand tu rentres à la boulangerie, on te dit hola guapo, ce qui veut dire salut mon beau, tu vois. Donc tout de suite. Et puis quand, par exemple, avec les parents d’élèves dans les écoles, on fait des paellas dans les cours d’école. Des choses comme ça, très sympathiques.
Voilà, il y a le climat et la proximité géographique avec la France aussi. Il y a une belle présence de cette communauté. Qu’on estime entre 20 et 30 000 français installés dans l’agglomération barcelonaise. Et puis il y a la langue de Molière, on va en parler. Mais avant d’arriver à Barcelone, on commence par le début, si tu veux bien, Thomas.
Originaire de l’Ardèche, te manque-t-elle? Un peu. J’avoue que chaque vacances, j’y emmène mes enfants. Bien sûr, aller se balader un petit peu, voir les beaux décors. Tu es musicien, tu es fan de théâtre et de la technique de théâtre.
Assez vite, tu vas découvrir le Festival d’Avignon où tu vas être régisseur technique son et lumière. Qu’est-ce qui t’a attiré dans le monde artistique, musique, théâtre? La musique, c’est un peu Ça vient tout seul, je ne sais pas, à l’adolescence, je me suis dit qu’il faut en faire. Ça, c’est important. Et puis, le théâtre, c’est vraiment un coup de cœur un peu plus tardif où, en fait, je voulais faire ingénieur du son.
Et puis, j’ai trouvé des stages dans des théâtres et j’ai trouvé cet espace vide du théâtre, un théâtre vide, en fait. Et je me suis dit, mais ici, c’est l’espace de création parfait. On peut tout faire ici. Très bien. Personne dans la famille faisait de l’artistique?
Donc père instite, maman laborantine à l’hôpital. D’accord et ils ont rien dit quand t’as dit je vais aller dans ce domaine là parce que parfois ça… Ça picote un peu, on se dit que d’être comptable, c’est plus sûr. Ils ont toujours rêvé que je rentre à la SNCF. Ah ben voilà, c’est ça, j’allais dire comptable ou SNCF.
Bon, finalement, tu vas monter dans le train, mais pour quitter la France. Une histoire d’amour, une parisienne. Et ben voilà, ça y est, c’est parti. Une envie de vivre là ailleurs. Tous les deux, assez vite, vous vous êtes dit notre couple, on va aller l’installer au soleil.
Oui. Une fois qu’on est arrivé et qu’on comprend la température de la ville et de l’ambiance surtout, le laisser vivre Barcelonais, qui est très, très agréable au quotidien. On s’est dit que c’était un bon endroit pour faire et élever des enfants. Très bien. En effet, vous allez avoir deux enfants qui vont arriver.
Ils vont naître là-bas? Oui. Et tu vas prendre un nouveau rôle majeur dans ton quotidien, le rôle de père. Assez vite, tu vas te poser la question de comment on va maintenir un peu de français à la maison. Je suppose que si madame était française au moment des repas et les médias, quand on regardait un film, c’était en français?
Oui, pour l’oral, ce n’était pas vraiment le problème. Là où je me suis posé la question, c’était pour l’écrit. Quand ils sont rentrés à l’école, je me suis dit mais le français, c’est un système bien complexe, la grammaire, tout ça, même rien que la lecture par rapport à la lecture espagnole où on lit toutes les lettres quasiment. C’est difficile et la famille, je trouvais que ce n’était pas le cadre idéal. Et donc, j’ai cherché sur les réseaux et je n’ai pas trouvé de cours spécifiques pour les petits qui parlaient déjà français.
Donc, je me suis dit, je vais le faire. Et je me suis regroupé avec d’autres parents d’élèves qui avaient le même souci, la même inquiétude que moi, en tout cas la même motivation. Et on a monté la langue de Molière en 2017, l’association de parents d’élèves, où on créait des cours de français pour les Français. Ça commence tout petit, il y a deux élèves, il y a une guitare et tu te rends compte assez vite que le jeu, le côté ludique des choses, c’est bien pratique pour enseigner. Quelques années plus tard, nous voilà en 2026, il y a 260 enfants, 9 profs, 65 cours par semaine.
On peut dire que cette langue de Molière s’est déroulée. Et oui. Ça, c’est pour ceux qui ont la vidéo parce qu’on a vu la langue de Molière, Thomas. Thomas Molière, un nouveau acteur. Oui, en effet, c’était, je pense, la bonne idée.
J’ai surtout rencontré très vite les bonnes personnes. Donc il y avait Hélèna Thuillet, on est en co-direction sur la langue de Molière. Sans elle, on ne serait pas allé si loin. Et c’est surtout l’équipe, les profs, il faut tomber sur des bonnes pioches, des gens qui ont envie, c’est un peu particulier le flamme, c’est-à-dire que c’est des petits groupes après l’école où on va faire du français en jouant, si tu veux, et du coup, à force d’essayer au début avec beaucoup d’intuition, et maintenant c’est notre métier, on a créé beaucoup de jeux pédagogiques et ce qui nous a amené justement à créer le jeu Bande de Monstres. On le voit, on le voit toujours pour ceux qui ont la vidéo.
C’est un jeu. Alors on a eu l’occasion lorsque les rencontres internationales Flamme Monde de se rencontrer. Tu m’as présenté ce jeu et ce jeu vit sa petite vie puisque aujourd’hui on va monter une nouvelle marche avec un lancement d’un financement participatif très important pour ce projet. L’idée, c’est de développer plusieurs jeux différents et le financement participatif est lancé jusqu’à mi-juillet. Alors, si vous voulez vous aussi faire partie de l’aventure de ce jeu, c’est le moment ou jamais.
On rappelle quand même que FLAMM, c’est l’acronyme de Français Langue Maternelle. Vous, vous avez eu cette idée qu’enseigner la langue à travers le jeu était plus efficace. Exactement. On s’en est rendu compte et maintenant, il y a beaucoup d’écrits en plus dessus sur la force de la ludopédagogie. Je fais partie du consortium francophone de la ludopédagogie et que, en fait, quand les enfants jouent, et même pas que les enfants, même les adultes, on invoque, on va dire, notre système cognitif à un maximum parce qu’on a envie de gagner.
Et les enfants, ils ont toujours envie de jouer, ils ont toujours envie de gagner. D’ailleurs, Maria Montessori disait, le jeu est le travail de l’enfant. Et dans ce jeu, les enfants sont en coopération, mais contre le prof. Et là, on a une ambiance qui se crée autour de la table qui est assez exceptionnelle, puisqu’au lieu d’avoir une bonne note, l’idée c’est de gagner le prof. Ah ouais, plutôt que «asseyez-vous, sortez vos cahiers et je vais écrire sur le tableau », d’un coup c’est plus intime, c’est plus motivant.
C’est joyeux, mais c’est quand même précis. C’est-à-dire que le but c’est pas, pour le prof, le but c’est pas que l’enfant joue, le but c’est qu’il valide ses acquis, parce que c’est un jeu de validation d’acquis. C’est-à-dire qu’ils vont faire des conjugaisons en final, sauf que Ils vont conjuguer des phrases écrites par d’autres enfants, c’est-à-dire des bêtises. Le pitch du jeu, c’est ça. Les enfants font tant de bêtises, d’ailleurs, c’est des petits monstres, et le prof a essayé de les attraper dans les couloirs de l’école.
En fait, l’école, le plateau de jeu, c’est une carte mentale. Par exemple, des conjugaisons du verbe en ER au présent. Par exemple. Et du coup, ils vont aller conjuguer les verbes, mais avec des bêtises. Par exemple, danser la macarena en classe.
Exact. Et donc, ils vont faire ces bêtises là. Le prof va essayer de les attraper et c’est super ambiance autour de la table.
Voilà. Donc, le but, c’est vraiment pédagogique, c’est-à-dire qu’après, on débrief ce qui s’est passé. On remet un bout de leçon un peu au milieu. Donc, c’est vraiment un média nouveau qui est le jeu, qui est une autre façon d’arriver jusqu’à ce qu’on aurait envie que les élèves apprennent. Et Thomas, si mes informations sont bonnes, le slogan du jeu c’est «Jouons à apprendre le français».
D’un coup, ce qui pourrait être rébarbatif devient fun, rigolo, ludique. Voilà. Tout ce qui est, par exemple, typiquement les conjugaisons, parce que c’est un sujet fort, il faut les savoir, si tu veux. Et bien là, avec le jeu, on arrive à ne jamais leur apprendre par cœur, ce qui n’est jamais apprendre par cœur. Et ça marche.
C’est-à-dire qu’on a des résultats avec nos enfants. Ils passent les examens officiels quand ils vont dans les lycées français, parce qu’on a deux écoles françaises à Barcelone. Ils arrivent à leur âge, au niveau. Quand il rentre en France aussi, donc on est plutôt fiers de notre… C’est plutôt efficace.
Alors résultat dans le cadre… En une heure par semaine. Résultat dans le cadre du partenariat avec Flammonde aujourd’hui, de nombreuses associations passent sur cette antenne et présentent leurs projets. Aujourd’hui l’idée à travers la langue de Molière et ce jeu des petites bandes de monstres. L’idée, c’est de faire des petits, de faire grossir le projet, de l’agrandir, de l’étendre à travers ce financement participatif.
Exactement. C’est le premier pas. Il y a un autre jeu qui arrive derrière, qui d’ailleurs est un petit peu né de la rencontre qu’on avait eue avec Julie Nanctil, si je ne me trompe pas, qui était venue présenter la classe autonome. En fait, c’est un jeu d’exploration des leçons du français. C’est-à-dire qu’avec à peu près le même matériel d’ailleurs que bande de monstres, les enfants vont explorer de zéro une leçon du français et la découvrir par eux-mêmes avec les bandes dessinées où les monstres interviennent.
On va retourner des cartes, on va disposer, on va faire une carte mentale petit à petit. Et ce projet c’est donc une classe autonome qui devient classe inversée parce qu’après on débrief. Avec le professeur, ce qui s’est passé, et du coup, eux, ils savent énormément de choses depuis. Et en fait, ce projet a intéressé les universités. C’est-à-dire que sur ce projet-là, qui prend, du coup, qui ralentit un petit peu parce que le chose devient…
A pris une ampleur qu’on ne s’attendait pas. On a travaillé avec l’Université de Barcelone, de Strasbourg, de Genève, pour développer un outil pédagogique autonome où le prof s’appelle à nous la classe d’ailleurs, c’est-à-dire qu’on fait semblant qu’il n’y a plus de prof, mais il intervient évidemment en deuxième partie. Et donc on est en train de développer ça et on est en train surtout de le développer sur d’autres disciplines ou d’autres langues. D’ailleurs il y a Canopé aussi qui travaille dessus. On est dans l’accélérateur d’innovation pédagogique de Canopé.
Sur ce projet, donc c’est beaucoup d’éléments et c’est en train de se faire et ça marche, on a fait plusieurs tests en classe, ça marche, on est très enthousiastes si tu veux. Alors famille du monde entier, si vous voulez donner un coup de pouce à ce projet, vous êtes peut-être professeur ou investisseur, vous pouvez aujourd’hui participer à l’aventure, participer au financement de ce projet, les liens sont disponibles dans le descriptif. De ce podcast, pas facile à dire, faudrait que je révise un peu mon français. Thomas, c’est un bien beau projet, qu’il grandisse comme ça, ça te donne plein de nouvelles énergies? Exactement.
De transformer cette passion pour le jeu, et que je fais avec mes propres enfants d’ailleurs, en quelque chose de concret, c’est assez exceptionnel. On est même invité à donner des conférences sur l’apprentissage par le jeu en Allemagne. 18 Juin, à 16 heures, je serai à Mainz, à côté de Francfort, pour donner une conférence sur comment jouer les cartes mentales. Et on sera, entre le 22 et le 25 juin, à Stockholm, à Isaga, avec plein d’universitaires pour leur expliquer la force de la ludopédagogie et comment on peut aujourd’hui, en plus, face à l’IA ou des choses comme ça, comment on peut vraiment intégrer des compétences. Et le jeu est un moyen d’accès énorme.
Eh bien Thomas, merci pour cette présentation. Participe à l’aventure Bande de Monstres avec ce financement participatif. Passe le bonjour aux 260 enfants, aux 9 professeurs et à tous ceux qui participent et qui font vivre la langue française à Barcelone. Au plaisir de te retrouver. Merci Gauthier.
Au revoir à tous et en espérant se retrouver bientôt.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr.
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