Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Jérémy Many. On va vous parler du podcast TON. 10 Minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde.
Oh mais là là, Jérémy, un podcast ton quand on vit à Montréal, t’aurais pas dû appeler ça le balado ton? Bonjour, bienvenue. Pratiquement, c’est vrai, mais effectivement, le nom était plutôt choisi par rapport à la France. Mais je dois quand même avouer qu’à Montréal, j’entends de plus en plus les gens parler de podcast et un peu moins de balado. Donc, je crois que le terme est en train, hélas ou pas, chacun choisira, mais de se répandre.
Très franchement, je trouve que balado est un très joli mot, peut-être même un peu plus cool que podcast. Mais en tout cas, c’est le podcast qui est aujourd’hui à l’honneur. On va échanger sur ton parcours, si tu veux bien, pour commencer. On revient à Paris, où tu as vécu pendant 44 ans après une école de commerce et de management. Tu vas lancer ta propre entreprise, tout jeune, spécialiste de l’email marketing en France.
Très vite, Internet sera ton horizon professionnel. Comme ça, il y a des moments dans l’histoire presque qui sont difficiles à rater. Et c’est vrai que quand tu es en fin d’étude, en 99-2000, qui correspond à l’explosion du web et précisément de l’explosion du web professionnel, c’est-à-dire que le web existait avant, mais les premières entreprises, les premières startups, comme on commençait à les appeler, sont apparues dans cette vague-là. C’est super tentant. Tu n’es pas marié, tu n’as pas d’enfant, tu n’as pas beaucoup de contraintes financières.
Donc, tu te lances et tu te dis si ça marche, super, si ça ne marche pas, je t’apprends à Pôle emploi dans 6 mois et je trouverai bien un job, une job comme on dit au Québec, qui correspond à mon diplôme. Donc, c’est ce qu’on s’est dit avec 4 autres associés à l’époque et on a eu la chance que ça fonctionne bien. Il y a eu ensuite une seconde boîte, mais avec ton épouse et vos trois enfants, une idée va tout doucement germer, une envie de vivre l’international, d’offrir aux enfants un autre mindset, un autre regard sur le monde. Résultat, vous allez préparer une installation au Canada. Comme Madame parle pas bien l’anglais, Montréal est assez pratique, la région de Québec.
Et vous débarquez avec les enfants qui ont 20, 18 et 10 ans en été 2010 à Montréal. Voilà, un petit flashback pourquoi c’est tombé sur Montréal en particulier. Pour les raisons que je t’ai données, il y en avait d’autres. Oui, il y en avait d’autres. Déjà, effectivement, à l’époque, ces enfants avaient six ans de moins, donc ados, préados pour les deux plus grands et c’était probablement le meilleur moment pour les déraciner.
Après, c’est un petit peu plus difficile. Moi, ça correspondait à la fin d’une aventure professionnelle. J’ai revendu ma deuxième entreprise, donc je pouvais repartir de zéro ailleurs. J’avais moins d’attaches professionnelles. Et puis surtout, dans cette deuxième entreprise qui était sur modération sur les réseaux sociaux, je travaillais beaucoup avec les médias québécois, puis des entreprises québécoises.
Donc j’ai eu assez régulièrement l’occasion de venir au Québec à différentes saisons et il se trouve que je suis assez vite tombé en amour, comme on dit ici, de la région. Ça ne s’explique pas trop, c’est assez irrationnel, c’est difficile d’expliquer pourquoi c’est comme ça, mais j’ai été à l’aise. Donc comme on était dans cette logique avec mon épouse de tenter une aventure à l’étranger pour s’ouvrir l’esprit, pour voir autre chose, ça correspondait assez bien. Au fait que c’est effectivement francophone tout en étant quand même dans un continent anglophone donc la ville est complètement bilingue. Il y a ce dépaysement qui existe mais il n’est pas total et donc c’est parfait peut-être pour une première approche à l’étranger ça serait beaucoup plus compliqué d’aller directement dans un pays asiatique, en Afrique, en Amérique latine où là on est sur des cultures qui sont très très différentes de ce qu’on aurait connu.
Jérémy, en quittant les grands clichés, est-ce que tu peux me donner le vrai point que tu trouves positif de vivre aujourd’hui au Canada et le gros point négatif? Alors le point positif, je l’ai senti assez vite et je trouve qu’il est encore vrai, c’est que les gens sont accueillants, sont sympathiques, sont détendus, on est bien reçus, on se sent très à l’aise. Il y a aussi un point qui n’est pas à négliger, c’est que le corollaire de ça je pense c’est certaines sécurités, notamment tu penses à tes enfants à ce moment là et donc les miens très rapidement ont pu aller se promener dehors la nuit tard, aller à des concerts à 15 ans à 16 ans, rentrer avec le dernier métro ou en Big C, l’équivalent du Vélib à Paris, je sais pas comment ça s’appelle ailleurs en France, mais voilà c’est vélo en libre-service et tu sais que ça va être assez voire complètement sécuritaire parce qu’il n’y a pas d’histoire négative, les gens conduisent bien et calmement. Donc tu es assez tranquille, tu leur offres cette liberté-là, je dois dire que ce serait principalement le point positif. Le point négatif, je ne vais pas te citer l’hiver parce que moi j’aime plutôt ça.
Je le retourne en point positif, j’aime bien ces sports d’hiver et je crois que l’hiver il faut le vivre à Montréal même s’il est parfois un peu dur. Non, je pense que c’est ce que ressentirait tout Français qui part à l’étranger. C’est la distance avec la famille, avec les amis. Et ça, c’est le plus difficile, notamment quand il y a des soucis de santé dans son entourage. Et donc, il faut le vivre à distance.
C’est un peu frustrant, mais je crois que ça, c’est pas spécifique au Québec. Néanmoins, c’est pas si loin. Il y a un océan à traverser, certes, mais c’est que 6-7 heures d’avion. Et puis, ces dernières années, tu voulais, à la suite de la vente de ta deuxième entreprise, entamer une action qui avait du sens, qui avait de l’impact, give back, comme disent les Américains. C’est ainsi qu’avec Yves, ton associé, vous allez avoir l’idée de développer le podcast Ton, qui va se préparer en 2022 et qui va connaître sa première édition en 2023.
C’est quoi la genèse de ce podcast Ton, pour expliquer aux auditeurs, simplement? La genèse c’était l’idée après deux entreprises pour moi et Yves également entrepreneur avec un certain succès, c’était à un moment donné se dire les capacités qu’on a de création d’entreprise, est-ce qu’on ne peut pas les mettre à profit de quelque chose qui serait un peu moins non-realiste et qui servirait un peu moins juste pour remplir notre compte en banque mais peut-être à avoir un impact positif même si je suis conscient que ce terme d’impact est souvent très galvaudé, je n’en ai pas trouvé d’autres. Au micro aujourd’hui. Et donc, essayer de faire quelque chose qui aurait du sens, qui nous plairait, qui serait une aventure entrepreneuriale, mais les anglo-saxons l’appellent le social entrepreneur, entrepreneur à impact peut-être, ça serait le terme en français. Et donc, les mêmes contraintes, les mêmes volontés de développement qu’une start-up, mais tournées vers les autres.
Et après, pourquoi le podcast en lui-même? C’est un média, c’est toujours un média qui est en fort développement, la preuve, on en fait un, les gens nous écoutent, c’est pas les auditeurs qui vont contredire. Il y a de plus en plus de gens qui en écoutent. La qualité d’écoute d’un podcast, elle est exceptionnelle. On ne parle pas d’un 30 secondes sur TikTok ou d’un short sur YouTube.
En général, on prend le temps d’écouter. Il y a beaucoup plus de temps de faire passer un message. Et ça, on s’est vite rendu compte que c’était quelque chose dont les associations caritatives avaient besoin au moment où les audiences sont de plus en plus fragmentées, notamment sur le digital. Elles ont un premier besoin, c’est d’élargir leur cercle de sympathisants et de le rajeunir. Mais cette population un peu plus jeune est très fragmentée sur le web et les réseaux.
Et donc c’est difficile de les accrocher, c’est difficile de les accrocher émotionnellement. Tu peux quand t’appelles à Croix-Rouge et Restos du Coeur, c’est bon, on sait ce qu’ils font, il n’y a plus trop besoin. Mais quand t’es dans, on va dire, un sort de second niveau de notoriété, voire troisième ou quatrième, c’est très difficile de prendre le temps d’expliquer, enfin plutôt d’avoir, que les potentiels auditeurs te donnent le temps d’écoute qui permettra de faire passer ton message et de mémoriser ce message. Donc on essaie de planter des graines dans l’esprit des auditeurs, en mélangeant les podcasteurs d’un côté, les associations caritatives de l’autre, et une fois par an, faisant en sorte qu’il y ait aujourd’hui des milliers de podcasts qui parlent du monde associatif à leur audience. C’est un événement caritatif mondial qui mobilise des milliers de podcasts au service d’associations.
Ça a grandi avec le temps. En 2024, les francophones ont rejoint l’aventure en plus des français. En 2025, les anglophones. En 2026, les hispanophones et germanophones. 2027 Est en préparation et commencera autour de l’automne.
Donc podcasteurs du monde entier, tendez l’oreille parce que ça va bientôt commencer. Il y a encore quelques langues à développer pour le futur. Il y en aurait beaucoup. On a d’ailleurs pas mal de sollicitations. Il y avait une certaine pression du Brésil notamment, mais aussi un peu du Portugal pour participer.
La difficulté, c’est qu’il ne suffit pas, hélas, de traduire le site web pour, ça y est, faire un podcast en portugais, portugais ou brésilien. C’est plus que ça. Il faut aussi créer une communauté. Un noyau dur de podcasters dans ces zones géographiques là, qui vont ensuite, sur lequel on va s’appuyer pour aller par viralité, capilarité, aller chercher d’autres podcasters. On n’a pas de budget marketing et communication, on est nous-mêmes une association sans but lucratif, on a un budget très faible au système D, donc on s’appuie beaucoup sur le bouche-à-oreille.
Et plus tu t’élargis, plus c’est compliqué d’avoir une relation un peu profonde avec ces gens-là. Donc très probablement que Si c’était le sens de ta question, en 2027, on restera sur ces quatre langues, ce n’est pas si mal. Et on va essayer de continuer à approfondir notre relation. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de podcasteurs anglophones que francophones. La plupart viennent des États-Unis parce que c’est le gros marché des podcasts.
Mais c’est tellement énorme qu’on pourrait y passer des mois et des mois et on n’aurait bien sûr pas couvert l’ensemble des podcasteurs. On va essayer d’aller un peu plus en profondeur. Est-ce qu’on peut donner quelques chiffres sur la dernière édition, par exemple? Oui, tout à fait. Donc, dernière édition, c’était donc en mars 2026.
On a eu très exactement 2850 podcasters inscrits. Donc, podcasters de tout type de taille et qui peuvent être naissants comme être là depuis des années, avoir des audiences colossales comme être un peu plus niche. Ces podcasters venaient de 65 pays différents. Évidemment, les plus gros pays, j’ai cité les Etats-Unis, mais ça va être aussi le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la France pour changer. L’Allemagne est devenue maintenant aussi un pays important et l’Espagne derrière.
Ensuite, on va avoir trois podcasters en Nouvelle-Zélande, deux podcasters, je ne sais où, par exemple au Chili. C’est peut-être un peu plus derrière au Chili, peu importe. Mais donc 65 pays au total, quatre langues les citées. Et puis, l’intérêt, c’est que tous ces podcasters vont diffuser un épisode, mais c’est un peu plus large que ça. Ils vont ensuite aussi le relayer sur leurs réseaux sociaux qu’ils peuvent le faire d’habitude.
Mais là, on a un impact assez fort. Et donc, j’ai sous les yeux les chiffres de parutions. On a fait plus de 3 millions de parutions sur Instagram, plus de 4,5 millions sur LinkedIn, plus de 8 millions sur YouTube, encore 3 millions sur Facebook environ. Donc, ce sont des millions de vues qui contribuent à la notoriété de l’événement, mais au-delà de ça, vous l’avez compris, la notoriété des podcasteurs et des associations caritatives qui sont mises en avant. Tout le monde y gagne sans rien gagner.
Oui, c’est vraiment un geste altruiste au sens large du terme. Effectivement, les podcasteurs, la plupart ont déjà leur audience, donc ils peuvent très bien faire un épisode au profit d’une association caritative à un autre moment que la semaine du podcaston. Ils peuvent très bien le faire en juin ou en décembre. L’intérêt de le faire tous en même temps, c’est que ça crée un événement, un événement virtuel, certes, mais un événement et que cet événement, il a au moins deux intérêts. Le premier, ça en fait venir d’autres.
Parce que c’est un peu comme quand on fait une manifestation dans la rue. Si on est tout seul à manifester, il n’y a pas grand monde, mais si on se met à plusieurs, ça fait venir des curieux. Et donc, on est beaucoup plus nombreux. 1 Plus 1 égale plus que 2 à ce moment-là parce qu’on crée une dynamique. Et cette dynamique, elle se transforme aussi en intérêt de la part de partenaires.
Je peux citer Apple Podcast, je peux citer Spotify, c’est les plus connus, mais il y en a d’autres. Qui vont ensuite se greffer à l’événement et amplifier la visibilité de l’événement en nous mettant en valeur sur leur plateforme, en diffusant ça aussi auprès de leur propre communauté. Donc on élargit, on essaie d’apporter plus d’auditeurs potentiellement que si chacun faisait ça de son côté. Et désormais le podcast est français dans le monde, le média de la mobilité internationale va unir ses forces pour éclairer ceux qui font des podcasts et qui vivent la mobilité internationale. On aura l’occasion d’en recevoir un certain nombre de ces podcasteurs qui vivent un peu partout sur la planète et les mettre en lumière parce que vivent la mobilité internationale.
C’est une grande aventure, on a besoin d’avoir un peu d’infos. Est-ce que toi, d’ailleurs, en arrivant au Canada, tu t’es servi de podcast pour mieux comprendre la nouvelle culture, par exemple, dans laquelle tu t’imprégnais? Tout à fait. C’était un petit peu moins développé en 2020 qu’aujourd’hui, mais il y en avait déjà. Et c’est vrai que c’est très intéressant pour comprendre les accents, les différences culturelles, les différents mots utilisés.
On trouve aussi des podcasteurs, il y a des personnalités non seulement bilingues, mais biculturelles j’ai envie de dire. Soit des Québécois qui ont vécu en France, soit des Français qui sont là depuis plus longue date et qui qui t’explique ce type de choses là, ça aide à gagner du temps, éviter de commettre certains impairs. Et puis ce partenariat que tu évoques, il est complètement naturel, parce que comme on est parti de France, puis de la francophonie, pour ensuite s’étendre dans d’autres pays, première chose qu’on a fait, c’est s’appuyer sur les podcasteurs français ou francophones qui habitaient à l’étranger. Et qui ont pu commencer à planter un premier drapeau, notamment aux Etats-Unis, en Angleterre, on en a trouvé quelques-uns. Et ces gens-là sont souvent connectés après localement avec d’autres podcasteurs qui eux ne sont pas francophones.
Donc on s’est beaucoup appuyé sur cette communauté-là pour initier le bouche-à-oreille dans ces pays. Donc c’est tout à fait naturellement qu’on a envie de continuer avec toi. Eh bien, Jérémy, je vais te demander de passer quelques bonjours à Yves, qui est le cofondateur avec toi du podcaston, l’équipe du podcaston, les podcasteurs qui ont participé à cette édition et tous ceux qui ont écouté depuis votre plateforme podcaston.org. Merci. Bien, on va donc se retrouver, puisque c’est le début de l’histoire.
Je vais maintenant interviewer quelques podcasteurs et puis on parlera de l’édition 2027 rapidement. Avec grand plaisir Gauthier, ton talent mis au service du podcasteur et du podcastant, ça ne peut être que gagnant, gagnant je l’espère. En tout cas, c’est bénéfique au final pour des associations caritatives qui ont réellement besoin d’être mises en avant dans le monde actuel. Donc allons-y. On va s’en occuper.