Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Alex Bage, direction Sao Paulo au Brésil et on parle tatouage. 10 Minutes.
Alex est déjà passé au micro de la radio des Français dans le Monde. Je vous invite à redécouvrir le podcast de 1203. Il nous parlait de son activité autour de LinkedIn. Aujourd’hui, à 42 ans, avec 15 tatouages, il revient en chef d’entreprise pour présenter My Tattoo Hub. Bonjour Alex.
Salut Gauthier. C’est ça, 42 ans, 15 tatouages, c’est les bons chiffres. Voilà, c’est les bons chiffres. C’est la bonne présentation. Tu es toujours à Sao Paulo, tu nous avais présenté ton activité BlendIn qui aide les dirigeants pour la refonte de leur profil LinkedIn.
Tu as bossé d’ailleurs quelques temps chez LinkedIn. Tu continues cette activité, les chefs d’entreprise qui nous écoutent, qui ont besoin d’un petit coup de main sont toujours dispo pour toi. Ils sont toujours le bienvenu et je les aide toujours à faire leur profil, à faire quelque chose de bien en fonction des objectifs qu’ils ont derrière. Alors ça, c’est dans le podcast précédent. Toujours à Sao Paulo, la vie est belle?
Toujours, toujours heureux. Ça fait cinq ans. Bien l’intention d’y rester encore quelques années. Comment tu avais décidé d’arriver au Brésil et pourquoi tu y restes? Comme 99% quasiment des gens, par amour.
Donc j’avais rencontré mon épouse brésilienne quand j’étais en Irlande en 2013. Chemin faisant, un jour elle a voulu retourner au pays. Je me suis dit pourquoi pas? Donc je l’ai suivi. Aujourd’hui ça fait cinq ans et toujours très content d’avoir fait ce choix.
Alors, comme on le disait en préparant cette interview, on ne part pas toujours de la France pour fuir le système fiscal. On peut aussi partir par amour. Et on parlait aussi de ce regard qu’on peut avoir sur la France. Cinq ans plus tard, aujourd’hui, tu regardes comment ta vieille France alors que tu es bien, bien loin d’elle? Je la regarde avec beaucoup d’amour et je me dis que c’est un pays qui est génial sous plein d’aspects.
Mais ce n’est pas obligatoirement la vision que j’avais à l’époque quand j’y étais. Y retourner un jour, pourquoi pas? Ça c’est une chose qui viendra probablement, aujourd’hui je suis bien où je suis, mais non, c’est un pays qui est bourré davantage, qui a quand même une gastronomie extraordinaire, malgré que ce ne soit pas quelque chose qui soit pas mal non plus. Mais non, je pense que c’est une vraie chance aujourd’hui d’habiter en France. Alors il faut quand même passer le message, ça fait partie de nos combats sur la radio des Français dans le monde.
Cela dit, depuis 5 ans au Brésil, tu as développé ton activité et là tu t’es lancé sur un nouveau terrain alors qu’il va servir pour techniquement pour ceux qui sont auditeurs au brésil parce que la plateforme que tu as créé n’est pas encore disponible ailleurs et qui va servir aussi peut-être pour ceux qui vont être intéressés par le sujet du tatouage c’est la première fois qu’on fait un podcast sur ce thème J’embrasse ma fille d’ailleurs au passage, qui l’est, du côté de Marseille. Toi, ton histoire avec les tatouages commence à 15, 17 ans. Tu ne vas pas être tatoueur, mais tu vas dessiner pour les tatoueurs. Exactement. Donc j’ai toujours adoré le dessin depuis gamin, comme pas mal de personnes.
Et je ne sais pas, c’était un milieu qui avait commencé un peu à m’intéresser, à m’intriguer. Comme beaucoup d’adolescents, et je commençais à dessiner sur des grandes planches. Un jour, je me suis dit, pourquoi ne pas essayer de les proposer à des professionnels? Une fois, la partie de mon 95 avec ma planche de dessin sous le bras, en prenant le train presque pour l’une des premières fois pour aller sur Paris seul, et j’allais de studio en studio. Pour présenter mes dessins, et j’ai découvert avec plaisir qu’il y avait pas mal d’artistes qui avaient commencé à m’en acheter.
C’était des heures de travail pour des fois 10€ la planche, ce qui n’était pas grand-chose, mais à cet âge-là, vous êtes tellement content de réussir à vendre quelque chose que vous avez produit de vos mains. Voilà, donc ça a été mon premier contact, et j’ai fait énormément de studios, j’ai fait énormément de rencontres, et voilà. En gros, c’est le premier contact, ça s’est arrêté là, mais j’ai continué à aimer, on va dire, ce domaine. Tu as même rencontré le pape du tatouage, c’est lui qui a créé le mondial du tatouage, il s’appelle Tintin, qui a regardé ton travail en disant «Alex, il y a encore du boulot». Tellement j’étais confiant de tous ces tatoueurs qui m’avaient acheté des planches, qui m’avaient félicité, etc.
Je me suis pointé dans son studio qui n’était pas très loin de Pigalle à l’époque. C’est peut-être encore le cas. Et un de ses associés ou tatoueurs qui travaillait avec lui, il a dit, viens, viens. Et donc, il regarde un peu mes différentes planches. Très sérieux, pas un mot.
Il commence à feuilleter et je me dis, bon, il aime peut-être. Et à la fin, ça se finit par, bon, il y a encore du travail. Je me suis pris une baffe. Mais hyper content de l’avoir rencontré. Je pense qu’il a dit des choses aussi qui étaient bonnes, comment dire, le feedback positif c’est toujours génial, mais celui qui te fait avancer c’est celui qui est critique et qui va te permettre justement d’évoluer.
Voilà, c’était un bon feedback malgré tout. Et 35 ans plus tard, alors que tu vis au Brésil, tu lances My Tattoo Hub, MTH comme on peut le voir sur ton t-shirt. C’est une plateforme pour trouver son tatoueur idéal, On peut passer par cette plateforme. Faut que tu nous expliques comment est née la genèse de ce projet. Alors, on va déjà resimplifier un petit peu parce que certaines personnes disent oui, je ne comprends pas.
C’est le Airbnb du tatouage, pour faire simple. Tu arrives sur l’app, on a une carte que tu ouvres et tu vas voir l’ensemble des tatoueurs. Donc ça, c’est une première manière de pouvoir les rencontrer, voir un peu leur style, qui ils sont, etc. Et également, tu peux choisir en fonction du style ou la localisation, comme je disais juste auparavant. Donc, c’est un concept qui existe déjà à l’étranger, mais qui n’existait pas véritablement et professionnalisé sur le Brésil.
Et avec le temps, je me suis dit que c’est vraiment un truc qu’on pourrait faire. Il y a eu deux ou trois mois d’études de voir ce qui était réalisable ou non. Et on a pris une petite équipe de développeurs qui sont vraiment géniaux et avec lesquels on a développé ce projet aujourd’hui. Donc oui, on est uniquement sur le Brésil. Et notre cible, C’est des gens qui sont curieux, pourquoi pas faire un tatouage, mais qui ne connaissent pas du tout le domaine.
Et c’est vrai que ça peut être un peu impressionnant au premier abord de rentrer dans un studio, voir ces gens couverts d’encre. On peut regarder ça avec des grands yeux. Je vous rassure, ils sont tous adorables. Et j’ai eu que des bonnes expériences jusqu’ici. Et en gros, c’est pour un peu aussi continuer la démocratisation, on va dire, du tatouage et donner la possibilité à ces gens de trouver des artistes d’une manière un peu plus simple.
Aujourd’hui, naturellement, tu ne vas pas sur Instagram. Mais comment fait une personne qui arrive sur Instagram, qui ne connaît pas le tatouage? Good luck tatouage Paris. OK, tu vas avoir plein de choses, les styles, les machins. C’est un peu compliqué, il faut naviguer, tu vas perdre des heures.
Chez nous, en fait, tu trouves tout d’une manière très rapide. Et le gros avantage, c’est qu’on connaît tous nos artistes aujourd’hui. Donc, je les contrôle un à un, je refais les annonces avec eux et c’est des gens avec lesquels j’ai des interactions. Donc, au minimum, j’ai passé 20 minutes avec chacun en visio ou directement au studio. Il faut dire que le monde du tatouage a beaucoup évolué.
Certains, les plus âgés peut-être, sont encore dans l’univers des bikers ou du tatouage de Johnny Hallyday. Il y a eu toute une période de tribaux, des tatous en mode tribal, etc. Aujourd’hui, ça s’est beaucoup ouvert. Il y a beaucoup de styles différents. On va vers un tatoueur qui nous ressemble, qui va exprimer ce qu’on a envie de dire?
Oui. La grande différence avec les tatoueurs d’il y a 25-30 ans, Il y a 25-30 ans, on n’était plus sur des gens qui allaient faire ce qu’on appelle du flash. Donc, ils ont des modèles, ils vont te les apposer. On avait quelques personnes qui étaient de vrais artistes, mais c’était loin d’être la majorité. Avec le temps, on voit de plus en plus de jeunes qui sortent d’école, de design, de stylisme.
Comme ta fille par exemple, et qui se mettent sur ce métier. Et en fait, qui ont une vraie fibre créative, qui savent dessiner sur papier, qui savent utiliser justement toutes les techniques de dessin, les approches, etc. Et c’est pour ça qu’on arrive désormais sur des styles absolument extraordinaires, mais partout dans le monde. Et c’est assez intéressant quand on regarde ça avec un œil peut-être plus artistique. En fonction des pays, on va trouver des styles très différents.
J’ai envie de dire souvent, Des gens me regardent en disant mais qu’est-ce que tu fais dans cet univers de tatouage? Et ma réponse c’est souvent mais est-ce que les gens qui s’intéressent à la peinture sont en même peintre? Pas du tout. C’est qu’aujourd’hui on arrive à certains niveaux qui sont absolument exceptionnels. Donc il y a certains artistes qui sont très très loin par rapport à leur création et on voit véritablement que c’est des gens qui ont ça dans le sang.
C’est des génies du dessin mais ils ont décidé justement de la poser sur la peau humaine. Donc aujourd’hui moi je me concentre que sur le marché brésilien. Il y a énormément Il y énormément a de styles différents et il y a tout. Il y a de très bons tatoueurs comme des gens un petit peu plus dodgy on dirait. Donc c’est ça aussi l’idée de My Tattoo Hub, c’est proposer des sélections premium à un public vraiment défini.
Un français qui crée son business au Brésil, est-ce que ça se passe facilement ou est-ce qu’il y a des parcours du combattant? Il y a un truc que j’avais entendu en arrivant au Brésil. Le Brésil, ce n’est pas pour les amateurs. Mais je ne comprenais pas trop parce qu’à l’époque, je travaillais pour une entreprise et j’avais mon petit business à côté. Je ne travaillais qu’avec des Français.
Aujourd’hui, je commence à prendre un peu Le sens de le Brésil, ce n’est pas pour les amateurs. Oui, c’est vrai que c’est un peu compliqué de par la partie administrative, mais ça, on peut se faire aider. Mais on a aussi un gros avantage, nous, en tant qu’étrangers, donc gringo, c’est qu’on est quand même bien reçu. Et c’est vrai que ça me permet d’imposer, on va dire un peu, mon visage et ma présence dans pas mal d’endroits. Les gens vont vous écouter quand même avec pas mal de bienveillance.
C’est pas dit qu’ils vont travailler avec vous, mais du moins, ils se souviennent de vous. Et désormais, quand je me pointe dans tous ces événements, parce qu’il faut que je me fasse davantage connaître aussi auprès des artistes, les gens me reconnaissent super facilement. Ah oui, c’est toi le gringo qui a l’application. Et en fait, ça me permet de naviguer quasiment n’importe où. Et aujourd’hui, sur la plateforme, on va avoir des artistes qui ont seulement 2 ou 3 000 followers sur Instagram et qui sont déjà super bons, jusqu’à des personnes qui en ont plus de 100 000.
On commence à rentrer aujourd’hui dans une autre sphère de personnes qui nous font confiance et qui comprennent que ça peut aussi être un bon apport pour leur business. Alors concrètement, est-ce qu’un auditeur qui est au bout du monde par rapport à toi, qui s’intéresse au sujet du tatouage, pourrait faire quelque chose? Est-ce que dans l’idée, tu voudrais aller plus loin, au-delà du Brésil? Tout seul, ce n’est pas forcément évident, mais voilà, profite de la radio! Ah bah mille fois!
Donc aujourd’hui c’est vrai qu’on est en train de regarder un petit peu autour de nous les possibilités qu’on aurait d’avoir une évolution peut-être un peu plus internationale mais toujours avec cette fibre artistique des gens qui connaissent un peu le milieu mais qui seraient capables de nous aider à développer l’aventure en dehors de l’Amérique latine. Donc ça serait peut-être plutôt sur le marché européen ou pourquoi pas sur certains pays asiatiques. L’Amérique latine je pense qu’on pourrait en avoir besoin dans le futur mais actuellement ça va on a déjà nos plans de développement. En tout cas si tu trouves un investisseur grâce à la radio des français dans le monde et que ça te permet de développer ton business, je vais te demander de tatouer le logo de la radio sur ton corps. Si c’est moi qui le tatoue, ah ok!
Ok, ça marche. Si c’est une somme qui constitue quelque chose d’important, mais voilà, on sait jamais. En tout cas, on peut te contacter. Le lien est disponible dans le descriptif de ce podcast. Ça s’appelle My Tattoo Hub.
Si vous voulez vous faire tatouer, il faut être au Brésil pour pouvoir utiliser la plateforme. Et on est présent sur l’Apple Store et le Google Play. Très bien, et l’application mobile aussi. Merci Alex, je te souhaite le meilleur pour ce projet. Au plaisir de te retrouver.
Un gros merci à toi Gauthier. Salut.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.