Poussons les portes de la petite école flamme de Belfast. Dix minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et aujourd’hui, on décolle avec Clément Lès-Barrère, direction Belfast. 10 Minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde.
Clément était parti pour quelques mois et ça fait quelques années. Et depuis, on va raconter le parcours de Clément et de cette petite école flamme dans le cadre du partenariat avec Parapluie Flamme. Bonjour et bienvenue Clément. Bonjour Gautier. Content de pouvoir échanger avec toi aujourd’hui, d’autant qu’on ne va pas se mentir, la communauté des Français vivant en Irlande du Nord est assez réduite.
Tout à fait, Gauthier. Enchanté de te rencontrer et de pouvoir échanger avec toi. On va revenir sur ton parcours. Pour commencer, je te ramène sur l’île d’Oléron. Est-ce que ça te fait du bien d’en parler comme ça, de revenir même virtuellement dans tes pensées sur la Charente?
Alors oui, les Dolérons en Charente-Maritime, c’est chez moi, c’est l’endroit où je reviens une à deux fois par an en fonction de mes disponibilités. C’est là où je me ressource, c’est là où j’ai mes parents qui y vivent encore, mon papa et ma maman. J’ai un frère qui lui c’est aussi expatrié au Canada. Ah, à peu près moi. Un peu plus loin, donc c’est l’endroit que je chéris.
J’imagine bien. En 2005, tu avais des amis qui avaient eu l’expérience d’un programme de volontariat. Ça t’a donné toi-même envie. Tu as répondu à plusieurs annonces et c’est l »Irlande du Nord qui va t’accueillir. Comment ça s’est passé lorsque tu as appris que tu pouvais aller vivre cette expérience à Belfast?
Tu t’es renseigné en priorité sur cette ville? Alors, pas du tout. Moi, au départ, j’avais envie de voir autre chose. Je commençais un peu ma vie de jeune actif en tant qu’intermittent du spectacle. Et puis, à travers d’abord une expérience de travail, l’été, j’avais rencontré deux personnes, l’une espagnole et l’autre allemande, qui étaient venues à travers ce programme d’échange qui s’appelait le service volontaire européen, qui était ouvert aux personnes de 18 à 26 ans.
Et j’ai trouvé à travers leur expérience que c’était C’était formidable comme opportunité. Et puis j’ai eu deux amis aussi qui ont fait la même chose. L’un est parti à Tallinn en Estonie et l’autre est parti à Belfast en Irlande du Nord. Sans que c’est aucune incidence sur mon parcours puisque moi, en ayant échangé avec ces différents amis, ces différentes personnes, j’ai trouvé qu’ils étaient revenus différents. Ils avaient ouvert les yeux sur pas mal de choses et ils étaient surtout heureux.
De l’expérience je me suis dit pourquoi pas et donc j’ai commencé à postuler à poser des candidatures sur différents projets car on pouvait choisir soit une destination soit un projet en fonction de son goût et de son parcours et moi j’ai opté pour cette solution j’avais envoyé des candidatures un peu en nord de l’Est, parce que ça m’attirait un peu, et puis en Irlande du Nord, à Belfast. Et donc c’est ce premier projet qui m’est revenu positivement. Et j’avais un peu entendu parler des troubles, bien sûr, des conflits. Sans que ça m’ait vraiment dit quelque chose. Et c’était plus le projet en lui-même qui m’intéressait, qui était de travailler avec des enfants sur des projets audiovisuels, qui était un peu mon parcours, puisque j’avais travaillé avec des enfants comme animateur, et puis j’avais travaillé aussi dans le monde de l’audiovisuel et du spectacle public.
Alors l’Irlande a connu, on le sait, des périodes un peu troubles. Lorsque tu vas arriver, il y a les accords de paix. Tu es dans cette capitale qui a la taille de la Rochelle. C’est l’expérience, c’est l’exemple que tu m’as donné et que tu connais bien. Concrètement, justement, bonne surprise, visiblement, puisque tu y es toujours, lorsque tu as posé tes valises.
Alors 2005, j’arrive, on vient me chercher. La personne qui s’occupe du programme m’emmène dans une maison où se retrouvent d’autres bénévoles. Et donc après, c’est un peu l’expérience de logeberge espagnole avec Vincent Duris où j’ai des colocataires qui sont de partout de l’Europe. Il fait beau et j’ai un bon départ. La barrière de la langue est un peu difficile.
Au départ, il faut quelques mois pour que je m’y mette, pour que j’arrive à dialoguer et puis à m’épanouir. Et puis c’est le mois de juin, c’est une période un peu calme et il y a encore un peu des soucis au point de vue conflictuelle, même si les accords de paix sont signés. On sent encore que c’est un peu un climat tendu. Je me rappelle, j’arrive une journée au travail, je travaillais dans une association avec des enfants, et là, il y a une alerte à la bombe en centre-ville, là où j’étais basé, et toutes les routes sont bloquées. Et donc, il y a des policiers partout et on me commande un taxi pour revenir chez moi et je traverse la ville et c’est le désert.
20 Ans plus tard, aujourd’hui ça s’est décontracté, aujourd’hui l’ambiance? Aujourd’hui, ça s’est complètement décontracté. Il y a eu un boom quand même suite à ces accords de paix avec une injection de financement qui est venue de l’Europe. Donc économiquement, culturellement, ça s’est développé. Bien sûr, je n’ai pas une une évaluation et une vue sur toute l’Europe, mais je pense que c’est un pays et une ville qui s’est quand même développé assez rapidement en très peu de temps.
Il y a pas mal de choses qui sont ouvertes, pas mal de ressources qui sont créées et puis pas mal de personnes qui sont venues pour s’implanter et puis pour y travailler. Alors je vais faire le gros français avec son gros cliché. Tu m’as dit quand t’étais arrivé il faisait beau. Pourtant c’est quand même bien l’image d’une ville grise et pluvieuse, Belfast. Alors effectivement il pleut assez souvent.
Des fois ça peut pleuvoir pendant quelques semaines voire quelques mois et donc ça peut être un peu difficile. Maintenant on a deux climats ici vraiment. On a un automne et un printemps. L’été très chaud n’est pas vraiment d’actualité. L’hiver très froid n’est pas vraiment d’actualité.
Il y arrive des années où on a de la neige. Et il arrive des étés qui fassent très chaud. Et puis, avec le changement climatique, maintenant, on s’aperçoit que c’est vraiment accentué, donc là, on a la canicule, comme j’ai jamais vu, et c’est même plutôt bien d’être ici que d’être en Europe, en France, où il fait quand même beaucoup chaud. Et l’hiver, il pleut vraiment beaucoup. Alors on parle anglais, il y a aussi le Gaelic qui revient, tu disais, c’est quoi cette résurgence?
Alors le gaélique, qui est quand même parlé plus sur l’ouest de l’Irlande, revient quand même en Irlande du Nord. Pourquoi? Parce qu’il y a deux communautés qui vivent ensemble, une communauté protestante et une communauté catholique. Et il y a de plus en plus de personnes, notamment des jeunes, qui se mettent à le parler ou qui l’apprennent plus pour s’affirmer, pour avoir une identité et se retrouver ensemble. Alors sur Belfast, on va terminer avec un autre cliché.
Excuse-moi d’être un peu avec mes gros sabots, mais on n’est pas très loin des studios de Game of Thrones. Game of Thrones, effectivement, ça a été une série formidable pour les Andes du Nord parce qu’il y a eu pas mal de travail pour les locaux qui travaillent dans le milieu. Donc ça a créé des emplois sur pas mal d’années. Et puis, ça a amené du tourisme énormément. Tour qui s’est créée pour visiter tous les lieux où les tournages sont effectués.
Il y a eu aussi un studio qui est dédié au Game of Thrones où on peut voir tous les objets qu’on a utilisé pour le film. Et puis, effectivement, l’été, ça n’arrête pas. J’imagine. Moi, la référence que j’ai, elle est musicale, avec la chanson Belfast Child de Simple Minds. Alors justement, parlons des enfants.
Je me dis que si tu es toujours là-bas, alors que tu étais parti pour quelques mois en 2005, l’amour a dû passer par là. Les enfants aussi. Et un jour, devoir trouver une solution pour le maintien du français. Pour cet enfant et c’est là que ça nous raccroche sur cette association culturelle et éducative française. C’est ASSEF-NI créée en 2019.
L’école se rassemble deux fois par mois le samedi avec les enfants de 3 à 12 ans, 5 bénévoles et 30 enfants à peu près. Aujourd’hui c’est donc une école qui est vitale pour le maintien du français. Alors effectivement, c’est une école importante. C’est le fruit en fait d’une chasse à œufs qui a commencé en 2019 pour essayer de rassembler des Français, des Françaises, des francophones. Et des francophiles sur une activité populaire et familiale.
Et de là, vu le nombre et l’intérêt, l’idée d’une école a émergé. Elle a été créée en septembre de l’année, juste à travers deux personnes, Alison et Patricia. De là, elle a commencé à se développer, notamment à l’appui de la Fédération Parapluie Flammes Nucléaires. Qui a donné une subvention de démarrage et qui a accompagné l’association sur quelques années. L’association fait toujours partie de la Fédération Paracliflamme ainsi que de la Fédération Flammemonde.
L’association existe aussi parce qu’il n’y avait pas ce genre d’organisation sur Belfast. Il y avait une alliance française qui a existé dans les années 80 et puis qui a dû fermer suite au développement des cours organisés par l’université locale et donc il n’y avait vraiment plus rien. Donc, L’école est importante, mais l’association, ce n’est pas seulement que l’école, c’est aussi des événements afin justement de rassembler non seulement la communauté française, mais aussi les francophones et les francophiles si possible. Donc ça part d’une chasse à œufs pour fêter Pâques tous les ans, aussi un rassemblement au niveau de la Galette des Rois, de Noël avec une projection d’un film pour les fêtes, de randonnées ou de rassemblements dans les parcs, une fois par mois à peu près. Incroyable qu’une chasse à l’œuf nous amène à la création de cette association.
En tout cas, je vais te demander de passer le bonjour aux bénévoles, à la trentaine d’enfants et même à tous les francophones français et francophiles que tu croiseras. Merci d’avoir présenté cette association sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde. C’est pas une grosse équipe, mais c’est une belle équipe. C’est une très belle équipe. On est donc cinq.
On est éparpillés sur toute l’Islande du Nord parce que la communauté française est quand même assez petite. On n’a pas vraiment d’estimation sur le nombre qui réside dans le pays. Et donc, c’est du bénévolat. C’est des visioconférences une fois par mois. Pour organiser la logistique, les cours, les événements, pour organiser la programmation sur une année.
C’est du temps qu’il faut se créer en dehors de nos boulots respectifs, parce que chacun a un emploi ici. Mais c’est vraiment une expérience intéressante, une expérience qui est vraiment réjouissante et qui permet de pouvoir rassembler des enfants de 3 à 11 ans, voire plus, deux fois par mois. Eh bien merci Monsieur le Président, puisque c’est ton rôle au sein de cette association. Merci pour cette présentation, à très vite. Merci beaucoup Gauthier, à bientôt.
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