Présentation du podcast :

Que sait-on vraiment du rôle d’une sénatrice qui représente les Français établis hors de France ? Quelles batailles mène-t-elle concrètement, et comment faire entendre la voix d’une diaspora trop souvent réduite à des clichés tenaces ?

Olivia Richard, sénatrice des Français de l’étranger depuis 2023, a passé une vingtaine d’années comme collaboratrice parlementaire au Sénat avant d’y siéger à son tour. Elle fait partie des douze sénateurs chargés de représenter les quelque trois millions de Français établis hors de France, une mission qu’elle place au cœur de son mandat : porter la diversité de ces compatriotes et combattre l’image réductrice de l’expatrié fortuné vivant sans attaches.

Au fil de cet échange, elle aborde la faible participation électorale des Français de l’étranger et ce qu’elle révèle d’un sentiment d’exclusion du débat national, la loi sur l‘interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, et les dangers du masculinisme amplifié par des algorithmes opaques. Elle évoque également la situation des femmes prises dans un divorce international, souvent isolées et sans accès concret au droit, et le rôle essentiel — mais fragile — du tissu associatif. Un épisode dense, qui donne à voir le travail législatif dans toute sa complexité, entre ambitions de long terme et contraintes du quotidien politique.

► Podcast n°3000 (Octobre 2026)

Français dans le Monde (FDLM): le média de la mobilité internationale

00:00:02 – Représenter les Français de l’étranger au Sénat
00:00:52 – Briser les caricatures sur l’expatriation
00:02:06 – La déconnexion des élus face à la réalité des expatriés
00:03:37 – Une diaspora porteuse de culture et d’innovations
00:05:10 – Le poids électoral des Français de l’étranger aux élections
00:06:39 – Protéger les adolescents des réseaux sociaux
00:08:24 – La lenteur de la loi face aux urgences actuelles
00:09:41 – Accès aux droits des femmes en contexte international
00:11:45 – Soutenir les réseaux associatifs face aux violences
00:12:44 – Combattre la radicalisation masculine et le masculinisme
00:14:52 – L’action concrète d’une sénatrice au terrain
00:15:44 – Les Français de l’étranger, ambassadeurs de leur pays
00:16:44 – Intégrer et faire entendre les expatriés français

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Transcription IA du podcast :

[00:00:02] Gauthier Seys: Quel est le travail d’une sénatrice qui représente les Français établis hors de France? Vous allez tout savoir avec notre invitée. 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui on décolle avec Olivia Richard, direction le Sénat. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. Madame la sénatrice, bonjour et bienvenue sur l’antenne de la radio des Français dans le monde. Olivia Richard est mon invitée. Merci beaucoup. J’ai demandé avant de commencer cette interview si on pouvait se tutoyer. En règle générale, on me dit tout le temps oui. Alors notamment dans le monde de l’international où c’est quand même un peu plus courant.

[00:00:49] Olivia Richard: Oui, dans le monde politique aussi, on se tutoie très facilement.

[00:00:52] Gauthier Seys: Impeccable. On va revenir un mot sur le parcours de notre sénatrice qui représente les Français établis hors de France, née en 77, une grande participation à la vie citoyenne en étant collaboratrice parlementaire au Sénat pendant une vingtaine d’années et désormais sénatrice. On peut rappeler à nos auditeurs que 12 sénateurs représentent les Français de l’étranger. C’est quand même une fierté pour notre pays d’avoir des représentants pour ces Français qui sont en mobilité dans le monde.

[00:01:22] Olivia Richard: Oui, c’est une grande fierté. Ça me paraît absolument indispensable parce que vu les caricatures qu’on a en France de nos compatriotes établis partout dans le monde. Il est très important de faire entendre leur voix et de rappeler que non, tous les Français à l’étranger ne sont pas des exilés fiscaux, qu’ils ne vivent pas tous sous des cocotiers avec des conditions de vie de rêve, et que non, c’est pas parce qu’on quitte la France qu’on ne l’aime pas.

[00:01:47] Gauthier Seys: On mène un combat sur la radio des Français dans le monde sur ces clichés. C’est terrible quand même, lorsqu’on rentre dans une boîte en France, c’est difficile d’en sortir. On explique quotidiennement que la vie des Français, c’est, voilà, c’est varié, c’est pluriel. C’est souvent l’amour plutôt que l’argent qui a fait qu’on s’est déplacé. C’est difficile de changer cette image?

[00:02:06] Olivia Richard: C’est très, très difficile. Et c’est d’autant plus curieux que je ne connais personne au Sénat qui n’ait pas quelqu’un de sa famille à l’étranger. Aujourd’hui, la circulation des personnes, le monde est tel que le monde a dans ses proches, ses amis ou sa famille quelqu’un qui est établi à l’étranger, soit pour quelques mois, quelques années ou définitivement. Et donc c’est un petit peu, pardon de ce parallèle, mais lorsque je vais à la rencontre des Français de l’étranger, ils me parlent tous de la déconnexion des élus et de la classe politique. Et quand je dis, mais vous pouvez pas me dire ça, moi je suis là, ah ben c’est pas pareil. Et donc vous, c’est pas pareil, et tous mes collègues entendent la même chose. C’est ça qui est assez paradoxal. Et donc les responsables politiques avec lesquels je suis amenée à travailler me répondent souvent, ah mais les Français de l’étranger ci, les Français de l’étranger ça. Mais t’avais pas ta fille à Londres, à New York? Ah oui mais c’est pas pareil parce qu’elle, elle y est allée pour le travail, elle s’est mariée… Voilà, donc c’est ça les Français de l’étranger, c’est ça et c’est aussi une partie substantielle de nos compatriotes qui n’ont jamais vécu en France, qui parlent à peine le français. Ça c’est quand même un socle commun qu’on est en train de perdre et qu’il faut essayer de rattraper. Il faut renforcer ce lien pour mieux le valoriser. Oui, la lutte contre les caricatures, porter la voix de toute la diversité des Français à l’étranger, c’est absolument essentiel et c’est vraiment le cœur de mon mandat.

[00:03:37] Gauthier Seys: D’autant que cette diaspora porte notre culture aux quatre coins du monde. Il y a des chefs d’entreprise, il y a des associations dynamiques sur le terrain qui s’engagent. C’est une diaspora qui pourrait plus être utile au quotidien de notre nation?

[00:03:53] Olivia Richard: Je pense qu’elle pourrait être plus inspirante, encore une fois dans toute sa diversité. Être Français établi à Berlin, ça n’est pas la même chose qu’en Mauritanie ou qu’à Shanghai. Les profils sont très différents, ils sont très divers et en effet, quand on vit sous une autre géographie, évidemment on a quelque chose à apporter. Encore faut-il se sentir inclus dans cette nation française qui difficile de percevoir quand on est loin.

[00:04:22] Gauthier Seys: La Radio des Français dans le Monde a lancé un combat. Par exemple, on a eu un été très chaud en France. On se rend compte qu’avec nos invités, on est aujourd’hui ensemble dans la 3000e interview réalisée par notre média. Merci. De nombreux Français vivent la chaleur au quotidien, peuvent remonter des idées inspirantes pour qu’en France, quand on traverse une canicule, on soit mieux préparé. Ça pourrait être une des utilités de cette diaspora, c’est de remonter des bonnes pratiques. On devrait s’en servir un peu plus.

[00:04:51] Olivia Richard: Ah mais pour ça comme pour le reste, vous avez entièrement raison. C’est une boîte à idées formidable, les Français de l’étranger. Encore faut-il, et là on en revient à notre premier point, qu’ils soient considérés comme tels et non pas comme des gens qui ont quitté la France parce que ne voulant plus partager le destin national. Et c’est ça le premier enjeu.

[00:05:10] Gauthier Seys: On va rentrer dans une période électorale. Les élections présidentielles sont en vue désormais. Peut-être que là, étrangement, le poids de ces votes va être un peu plus nécessaire aux différents partis qui s’engagent?

[00:05:22] Olivia Richard: Immanquablement, à chaque élection présidentielle, les Français de l’étranger sont des voix à conquérir. Mon regret, c’est que la participation électorale est trop basse. Si les Français de l’étranger votaient massivement, ils représenteraient quelques— ils seraient dans les 10 premiers départements, je mets des guillemets, en ordre d’importance électorale. C’est un vivier de voix énorme. On l’a vu lors des dernières législatives, les législatives anticipées de 2024. 400 000 voix se sont exprimées dans des conditions pas du tout optimum. Comme quoi, quand il y a un enjeu, les gens votent. Et c’est ça qui est indispensable. Lorsqu’on vous donne un micro, il faut s’en servir. Lorsqu’on vous donne la possibilité de voter partout dans le monde, il faut le faire. Sinon, on ne peut pas se plaindre ensuite de ne pas être suffisamment pris en compte dans le débat national. Vous parlez des prochaines échéances électorales. Nous avons des élections tout le temps. Et là, nous sortons des élections de la moitié des sénateurs des Français l’étranger. Avant ça, il y avait les élections à l’AFE. Avant ça, il y avait les élections consulaires, qui sont les élus locaux des Français de l’étranger. Et on n’a pas dépassé les 15% de participation. C’est vrai, hélas. Lorsqu’on a un micro, il faut le prendre.

[00:06:39] Gauthier Seys: Olivia Richard, on va revenir sur les grands engagements aujourd’hui, notamment au Sénat, défendre un sujet qui est important, qu’on a déjà abordé. On a fait un gros dossier sur les ados et l’expatriation. Parlons des écrans. Il y a eu un petit loupé, un travaille sur une loi qui a été malheureusement retoquée. Aujourd’hui, on en est où sur cette loi qui protégerait les adolescents notamment des réseaux sociaux?

[00:07:04] Olivia Richard: Alors là, on parle de l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Oui, le Conseil constitutionnel en a censuré une partie en raison de la liberté d’expression et la liberté de s’informer de tous, et ça s’applique également aux adolescents. On a pu le regretter, je pense qu’il faut retravailler le texte de telle sorte qu’il soit compatible Le contrôle de constitutionnalité, c’est toujours mettre en regard différentes normes et hiérarchiser laquelle est la plus importante. Je pense qu’il faut faire beaucoup de pédagogie sur le danger que représentent les écrans en général et les réseaux sociaux en particulier. C’est la fin d’une ère où toute la famille regardait ensemble le journal télévisé et avait accès à la même information. Aujourd’hui, chacun est seul dans sa chambre face à un écran et personne, les parents n’ont pas conscience de ce que regardent leurs adolescents et ça peut mener jusqu’au suicide, jusqu’à la radicalisation, jusqu’aux troubles alimentaires. C’est gravissime. C’est confier l’éducation de nos enfants à un algorithme qu’on ne comprend pas, qu’on ne maîtrise pas et qui est politique. Donc oui, il va falloir, mais la Commission européenne a présenté des propositions aussi pour réglementer. L’échelon européen est le bon échelon, mais il va falloir passer par là. C’est vraiment catastrophique.

[00:08:24] Gauthier Seys: N’est-on pas trop lent dans la loi par rapport à la réalité aujourd’hui? La santé mentale des ados, on le voit bien que ces outils posent des problèmes. Est-ce qu’on ne doit pas un peu accélérer tout ça? Et est-ce que se louper au final ne retarde pas quelque chose qui aurait dû être mis en place il y a longtemps déjà?

[00:08:42] Olivia Richard: Écoutez, la loi par définition est lente et ça, c’est ce qui caractérise les démocraties. Les pays où on fait passer une loi en 2 semaines s’appellent une dictature. La loi mérite du temps pour être bien faite et bien réfléchie et bien appliquée. Là, je vous parle d’un principe. Concrètement, le temps politique actuel est impossible. Ça fait 3 ans maintenant que je suis élue, j’en suis à 5 ou 6 gouvernements. Je ne sais pas, dans ces conditions, comment on fait pour établir des politiques publiques qui ne répondent pas juste à un besoin immédiat. On passe d’une urgence à l’autre, c’est très compliqué de travailler sur le long terme et a fortiori en raison des échéances que vous évoquez. Oui, la loi est lente. Après, on pourrait peut-être— elle sert aussi à sensibiliser les parents sur les dangers dont ils n’ont malheureusement pas conscience pour être eux-mêmes constamment sur des écrans. Il faut aussi faire redonner peut-être la balle aux parents qui sont chargés de l’éducation de leurs enfants.

[00:09:41] Gauthier Seys: C’est vrai. Olivia Richard, sénatrice des Français établis hors de France depuis 2023, donc avec un engagement fort sur le droit des femmes. On est en plein cœur d’un dossier sur la radio des Français dans le qui évoque le sujet de ce divorce international qui peut être parfois extrêmement douloureux, qui peut isoler beaucoup.

[00:10:01] Olivia Richard: Il y a un vrai engagement aujourd’hui de ta part, notamment sur l’accès aux droits des femmes, parce que c’est la première difficulté lorsqu’on est dans un pays avec un visa qui dépend de celui du conjoint, lorsqu’on n’est pas indépendante financièrement, lorsque on est complètement à la merci du conjoint qui peut se révéler violents, en effet, la première chose, c’est de pouvoir chercher conseil sur les droits auxquels on a accès. Or, dans un contexte d’extranéité, c’est-à-dire le simple fait d’être à l’étranger complique tout, ne serait-ce que la langue, ne serait-ce que les différences de culture, tout est compliqué et on est nécessairement éloigné de sa propre famille. Donc en effet, le premier sujet, c’est l’accès aux droits, aux droits français mais aussi aux droits locaux. Et malgré l’engagement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qu’on doit saluer, les consulats ne peuvent pas se substituer à un avocat et c’est pourquoi on essaie de développer et de soutenir un réseau associatif qui pourrait pallier ces manques. Mais il y a assez peu de spécialistes tels que par exemple l’association Fidji qui offre de vrais conseils jusqu’à un certain point. La question c’est l’accès au droit et pouvoir avoir un avocat en local parce que bien souvent ces victimes de de violence coincées dans un divorce international n’ont pas les moyens de se payer un avocat en local, et c’est pas le consulat qui peut le payer. Donc tout ça est très difficile à appréhender pour les victimes qui attendent une protection consulaire, mais la protection consulaire, ça veut pas dire ça.

[00:11:45] Gauthier Seys: On a reçu Cécile de l’association Fiji, on a parlé de The Sorority, on a reçu plusieurs témoins, plusieurs personnes engagées. C’est vrai que le milieu associatif est un peu plus agile aujourd’hui. Est-ce qu’il faut pas plus l’aider du coup, ces différents réseaux?

[00:11:59] Olivia Richard: Évidemment, lorsqu’on délègue à des associations des politiques publiques, il faut les soutenir par ailleurs. Mais aujourd’hui, les caisses de l’État sont vides. Je rappelle que le budget des Affaires étrangères, c’est moins de 4 milliards d’euros. Je pense que c’est le plus petit budget de l’État. Et les autres, on est en pleine période, va s’ouvrir la période budgétaire, les autres ministères n’ont pas davantage d’argent à dépenser. On est à un charnière où on prend conscience de violences systémiques et on n’a pas les moyens d’y répondre et on s’appuie sur des gens qui sont presque bénévoles et qui sont pas loin de passer d’un côté à l’autre. Donc c’est très compliqué, mais oui, bien sûr, il faut soutenir les associations, il faut les valoriser et il faut leur permettre de survivre à l’hiver. Oui.

[00:12:44] Gauthier Seys: Olivia, dernier sujet qui te tient particulièrement à cœur. J’ai lu beaucoup d’articles sur cet engagement contre le masculinisme qui s’installe aujourd’hui un peu partout dans le monde et également dans notre pays. Qu’est-ce qu’on peut faire contre cette horreur?

[00:12:59] Olivia Richard: Merci de qualifier ça comme ça. En réalité, c’est assez essentiel comme sujet parce que ça vient s’implanter sur un système déjà existant du sexisme ordinaire. Il faut prendre conscience que lorsqu’on fait des blagues sexistes, c’est déjà le début d’une pente qui est très glissante et qui mène à l’extrême droite. Aujourd’hui, la radicalisation en raison des réseaux sociaux, dont les algorithmes sont totalement opaques, mais on sait qu’ils sont au service du masculinisme parce que la tech américaine a apporté allégeance à Trump, il est indispensable de comprendre que ça n’est pas une idéologie uniforme, c’est la manosphère avec un bar à salade idéologique où chaque influenceur va aller piocher un petit peu et proposer sa radicalité qui lui permet à lui de gagner de l’argent, beaucoup, très vite et bêtement, par exemple en expliquant aux jeunes hommes comment être la meilleure version d’eux-mêmes à une époque de leur vie où ils sont très fragiles. Et donc on va leur proposer de dormir tant d’heures par nuit, jusque-là ça va, de manger un certain type de choses, OK, pourquoi pas, de faire du sport, de se casser la mâchoire afin qu’elle devienne plus carrée, mais Mais en fait, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ça rend malheureux les garçons, comme ça rend malheureuses des filles, le fait de leur expliquer qu’elles doivent faire 29 kilos pour être jolies. Expliquer aux jeunes garçons qu’ils doivent absolument ressembler à un tchad, c’est comme ça qu’on les appelle, pour être en haut de la hiérarchie et pouvoir avoir accès aux corps des femmes, ça ne rend personne heureux parce que c’est totalement inatteignable. Donc il y a une diversité, une radicalisation beaucoup plus rapide parce qu’elle est superficielle. Et c’est très dangereux pour notre démocratie, pour notre vivre-ensemble et pour les prochaines échéances politiques. Tout ça est politique, évidemment.

[00:14:52] Gauthier Seys: Olivia, pour conclure dans ce podcast, j’ai commencé en disant quel est le travail d’un sénateur, d’une sénatrice aujourd’hui. Pour toi, ton travail sur le terrain, les informations que tu peux remonter jusqu’au Sénat, est-ce que tu as l’impression que c’est concret? Est-ce que tu as l’impression que les choses s’améliorent? Est-ce qu’on n’est pas parfois un petit peu décontenancée?

[00:15:12] Olivia Richard: On se dit toutes les semaines que mon Dieu, on ne sert à rien, et j’entends beaucoup de mes collègues le dire aussi. Il y a une grande frustration dans le fait d’être dans un climat qui rend les choses, l’action publique, très difficile. Et donc la réponse à ça, c’est en effet être concret. Je suis un outil, je ne sers à rien si on ne m’utilise pas, et donc je suis à la disposition des Françaises et des Français à l’étranger, de celles et ceux qui les représentent. Je suis là pour être utilisée et comme ça j’ai l’impression de servir à quelque chose, ça fait du bien. Il y a des choses qui s’améliorent, il y a des choses qui s’aggravent et on est là.

[00:15:44] Gauthier Seys: Et justement, ce qui est très étonnant avec toutes les interviews que j’ai pu faire avec des Français qui vivent la mobilité aux quatre coins du monde, c’est que c’est souvent les Français qui aiment le plus la France, qui aiment le plus son système éducatif, qui aiment le plus son système de santé. C’est quand même étonnant, on devrait plus les entendre ces Français de l’étranger finalement.

[00:16:02] Olivia Richard: Ces Français qui aiment la France, mais on les entend, c’est pour eux qu’on est là. Ceux qui ont coupé tout lien avec la France, on n’a plus de rapport avec eux, on n’arrive pas à les attraper.

[00:16:11] Gauthier Seys: Mais je parle de ceux qui, quand je les reçois au micro, disent à quel point la France est incroyable, alors que quand on y vit, quand on y est, on a peut-être un peu moins cette facilité d’aimer son pays. Je trouve que c’est un paradoxe très surprenant.

[00:16:23] Olivia Richard: Oui, alors je vais fêter mon quart de siècle au Sénat d’une façon ou d’une autre le mois prochain. Prochain. Donc ça ne m’étonne plus. Je pense que quand on prend un peu de distance, on voit mieux et ça permet de voir ce qu’on a perdu, ce qu’on regrette. Et non, ça ne me paraît pas anormal d’apprécier mieux ce qu’on a de loin.

[00:16:44] Gauthier Seys: C’est vrai. C’était la 3000e interview depuis 2020. J’ai tendu le micro à de nombreux Français de l’étranger, de tout âge, dans tous les pays pays, pour tous les métiers, pour toutes les missions, pour tous les engagements. Ça m’a donné beaucoup d’informations, j’ai appris beaucoup. Je trouve encore une fois qu’on devrait plus s’intéresser à ces Français de l’étranger. Toi, si aujourd’hui, pour conclure cette interview, tu avais envie d’une réussite en tant que sénatrice, ce serait laquelle par rapport à ces Français de l’étranger?

[00:17:16] Olivia Richard: Réussir à casser les caricatures et faire en sorte que les Françaises et les Français qui sont partout dans le monde se sentent intégrés à la communauté nationale et se prennent en main pour être entendus et considérés. Ça veut dire être inscrit sur les listes électorales et voter.

[00:17:33] Gauthier Seys: Finalement, on a la même mission.

[00:17:35] Olivia Richard: Oui, merci beaucoup pour ce que tu fais. Bravo.

[00:17:38] Gauthier Seys: Merci. Au plaisir de se retrouver sur l’antenne de la radio des Français dans le monde.

[00:17:42] Olivia Richard: Au revoir. Merci. Français dans le monde, le média de la mobilité internationale.

[00:17:50] Gauthier Seys: Radio et podcasts sur fdlm.fr.

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