Présentation du podcast :

Avez-vous déjà eu l’impression d’être trop ou pas assez, selon les situations, les pays, les rôles que vous endossez ?

Pour ceux qui vivent l’expatriation, cette question résonne souvent en silence. Et si le fait de l’affronter franchement, et de le coucher sur le papier, pouvait devenir une source d’inspiration pour des milliers de personnes ?

Cet épisode réunit Florence Chabert d’Hieres, entrepreneuse basée à Londres, et Damien Bouhours, journaliste à Paris chez Lepetitjournal.com, autour d’un livre qu’ils ont co-construit ensemble : Mafimushkila, dont le slogan — « plusieurs vies, que des solutions » — résume à lui seul un parcours hors du commun. Adoptée du Sri Lanka par une famille lyonnaise, Florence a traversé plusieurs expatriations, des questions identitaires profondes, des épreuves de santé sérieuses et des réorientations professionnelles. C’est Damien, ami de longue date et journaliste aguerri, qui l’a convaincue que cette histoire méritait d’être partagée.

Au fil de cet échange, les deux invités racontent comment le livre a pris forme — entre vocaux envoyés depuis Londres, relances journalistiques et neuf mois de travail commun — et pourquoi ces témoignages parlent bien au-delà du seul cercle des expatriés. Adoption, santé féminine, identité plurielle, reconversion, vie de conjointe accompagnatrice : les thèmes abordés sont souvent tabous, toujours concrets. Florence et Damien montrent que les épreuves, lorsqu’on choisit de les regarder en face, peuvent devenir des ressources. Un épisode à écouter pour ceux qui cherchent à trouver leur place, où qu’ils soient dans le monde.

► Podcast n°3010 (Octobre 2026)

Plusieurs vies, que des solutions : le livre qui libère avec Florence Chabert & Damien Bouhours

00:00:02 – Bienvenue sur Français dans le monde avec Florence et Damien
00:00:52 – Florence et Expat Village : les débuts d’une collaboration
00:01:36 – Mafi Mouche Kila : un livre né d’une amitié
00:02:05 – Pourquoi raconter l’histoire de Florence
00:02:42 – Plusieurs vies, plusieurs identités
00:03:15 – Le burger d’identité de Florence : adoption et origines
00:04:07 – Entre plusieurs mondes : trouver sa place
00:05:06 – Comment transformer une blessure en force
00:05:35 – La naissance du livre : neuf mois de création
00:06:48 – La relecture : un exercice d’authenticité
00:07:41 – Comment cette histoire parle aux expatriés
00:08:44 – Le sourire légendaire de Florence et le mindset
00:09:50 – Santé, endométriose et apprentissage de l’écoute
00:11:17 – Pourquoi les plus éprouvés disent avoir eu de la chance

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Transcription IA du podcast :

[00:00:02] Gauthier Seys: Comment un parcours de vie singulier peut devenir un livre inspirant pour les auditeurs de notre radio? 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui on décolle avec Florence Chabert d’hier qui est à Londres et Damien Bourg à Paris. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. C’est le podcast 3010 depuis le début de la Radio des Français dans le Monde et je ne suis pas peu fier de réunir 2 personnes que je connais très bien, avec qui on travaille très souvent. Alors d’ailleurs, justement, je vais apprendre des choses. C’est ça qui est intéressant aussi dans ce podcast. Florence, bonjour et bienvenue.

[00:00:51] Florence Chabert d’Hieres: Thank you, Gauthier.

[00:00:52] Gauthier Seys: Ah oui, c’est vrai, elle parle beaucoup avec des mots anglais. Florence, tu as lancé Expat Village il y a quelques années. C’est par ce biais qu’on s’est connus. Et puis on apprécie se croiser sur des grands événements notamment les Trophées des Français de l’étranger. On apprécie surtout le bar qui est juste en face du Quai d’Orsay.

[00:01:10] Florence Chabert d’Hieres: Exactement, La Péniche, notre QG.

[00:01:13] Gauthier Seys: Et quant à Damien, lourde responsabilité à la rédaction du Petit Journal, fidèle partenaire de notre radio. Vous pouvez écouter la radio depuis le site de référence pour les Français expatriés. Bonjour et bienvenue Damien.

[00:01:25] Damien Bouhours: Bonjour Gauthier, moi je le fais en français, c’est important.

[00:01:27] Gauthier Seys: Restons français, il y a des lois qui défendent cette langue française, il faut le faire. Nous on boit des verres mais au Quai d’Orsay, c’est un peu plus chic quand même.

[00:01:35] Damien Bouhours: Toujours plus chic.

[00:01:36] Gauthier Seys: Alors on va parler de ce livre. Attention, je vais dire le titre: Mafi Mouche Kila. Ça veut dire pas de problème en arabe. Ce livre avec comme slogan plusieurs vies, que des solutions, est un livre, je l’ai dit, inspirant. On va expliquer comment il est né déjà. Florence, Damien se connaissent. Florence raconte des morceaux de sa vie et Damien, avec son âme de journaliste, se dit qu’il faut raconter ça à tout le monde.

[00:02:05] Damien Bouhours: Ouais, c’est vraiment ça. En fait, effectivement, on est amis avec Florence depuis de nombreuses années maintenant et à chaque fois je lui disais, mais ton histoire mérite vraiment d’être couchée sur le papier. C’est une histoire plurielle avec beaucoup de choses à raconter, des thématiques quand même parfois aussi un peu difficiles, mais surtout qui parle, je pense, à beaucoup d’expatriés qui vont nous écouter aujourd’hui. Et voilà, je pense que ça valait le coup effectivement de pouvoir raconter cette histoire.

[00:02:31] Gauthier Seys: Alors on va parler dans les grandes lignes de l’histoire de Florence. Tu as cumulé quelques petits problèmes, comment tu arrives à venir aujourd’hui sur l’antenne en disant il y a pas de problème?

[00:02:42] Florence Chabert d’Hieres: Eh bien justement, c’est, alors déjà c’était un très bel exercice et je remercie Damien de m’avoir donné cette chance de pouvoir justement décortiquer tous ces problèmes et de pouvoir partager sur plein de thématiques différentes, parfois que l’on garde au fond de soi pendant nos différentes expatriations. Et là on a voulu le mettre un petit peu en lumière lumière et de montrer qu’on peut avoir plusieurs vies, qu’on peut se réinventer, qu’on peut construire différentes identités. Et du coup, bah, ma fille Moushkila, il y a pas de problème, il y a que des solutions.

[00:03:15] Gauthier Seys: Tu aimes parler d’un burger d’identité. Le tien est composé d’un certain nombre de couches. On va en distiller quelques-uns aux auditeurs. Ça commence par une adoption pas facile.

[00:03:26] Florence Chabert d’Hieres: Non, pas facile, l’adoption. L’adoption en tant que telle était facile parce que j’ai eu des parents très aimants. Je suis lyonnaise adoptée du Sri Lanka et Et puis au fur et à mesure, j’ai pu vivre le racisme, j’ai pu vivre la peur de l’abandon. Qu’est-ce que j’ai pu vivre d’autre Damien, toi qui…

[00:03:44] Damien Bouhours: Il y a beaucoup de choses effectivement. Ce qui est intéressant avec l’expérience de Florence qui est forcément la sienne, sa propre expérience, c’est qu’elle reflète beaucoup des questions identitaires pour les personnes qui sont adoptées d’un pays étranger, qui arrivent dans une autre culture et d’autant plus quand ils partent encore après dans une troisième, quatrième, cinquième culture comme Florence. Je pense que c’est une histoire qui peut parler à beaucoup de monde, même adoptée d’ailleurs ou pas.

[00:04:07] Gauthier Seys: Adoptée, femme de couleur, tu vas vivre des obstacles parfois difficiles, plusieurs expatriations dans des cultures extrêmement différentes. Tout ça va faire de toi une femme entre plusieurs mondes. Tu t’assois où alors dans cette grande et vaste pièce?

[00:04:25] Florence Chabert d’Hieres: Alors je m’assois jamais. Non, effectivement, c’est de se dire surtout, c’est ce qu’on essaie de dire dans la quatrième de couverture, c’est quand on est expatrié, on se sent souvent trop ou pas assez. Quand on est maman, on se sent souvent trop ou pas assez. Quand on est entrepreneur, c’est exactement la même chose. Donc c’est justement le but du livre, c’est surtout ne pas donner de leçons, mais de pouvoir témoigner de ce qui m’est arrivé, comment je l’ai vécu, et surtout qu’est-ce qui en est ressorti, afin de pouvoir un petit peu donner des pistes de réflexion pour que chacun puisse justement trouver sa place et pouvoir s’asseoir confortablement dans ses différentes expériences.

[00:05:06] Gauthier Seys: Et selon toi, Florence, comment une blessure peut devenir une force?

[00:05:11] Florence Chabert d’Hieres: Eh bien, c’est une question de mindset, je pense. Je suis obligée de mettre un mot en anglais, on l’avait prévenu. C’est une question d’état d’esprit. Je pense que voilà, il faut, il faut pouvoir travailler son état d’esprit, pouvoir être bien entouré aussi, de façon à transformer toutes ces, toutes ces challenges, toutes ces expériences qui permettent de nous renforcer.

[00:05:35] Gauthier Seys: Résultat, votre amitié fait que vous passez quelques heures à discuter, parfois au bar. Et un jour, Damien se dit, tout ça, ça doit servir à quelque chose, on n’en ferait pas un livre? Et ensuite a commencé un long parcours, notamment pour Florence, de ramasser ses idées, d’envoyer des vocaux, et pour Damien, de digérer tout ça. Parfois, Damien, quand tu reçois les informations, les vocaux, que tu entends un petit peu ce que Florence te dit, tu es un peu choqué?

[00:06:05] Damien Bouhours: Choqué, non, je dirais pas, même si j’ai un peu une aversion pour les vocaux. J’ai commencé cette phobie, je pense que je suis passé au travers grâce à le processus du livre. Non, je pense que ce qui était— j’ai découvert beaucoup de choses par contre sur Florence. Effectivement, je pense que le fait de le faire finalement par vocaux comme ça, elle parlait, elle se parlait à elle-même finalement avec son téléphone. Ça permet aussi de libérer la parole, d’aller un peu plus loin. Moi, je la challengeais aussi sur des choses différentes. Je pense qu’on est allé plus loin que ce qu’elle aurait imaginé au début du processus. 9 mois, c’est une autre naissance. On a fait fait naître ce bébé ensemble. Et c’est vrai que je pense qu’on est arrivé finalement à un résultat qui nous a étonné tous les deux à la fin, tant par la richesse du contenu et également des pistes de réflexion qu’on n’aurait pas imaginé au départ.

[00:06:48] Gauthier Seys: Florence, en préparant cette interview, tu m’as dit que la relecture avait été particulièrement difficile. Pourtant, c’est ton histoire, tu la connais.

[00:06:55] Florence Chabert d’Hieres: Justement, justement, je pense qu’il a fallu vraiment que je me mette dans la peau de quelqu’un qui recevait le livre. Et pas dans la peau de— dans ma peau du coup, qui lisait son histoire. Parce qu’effectivement, je trouve que Damien a réussi brillamment l’exercice de pouvoir retransmettre tous ces vocaux, de garder ma voix. On m’a souvent dit, là, les personnes qui ont commencé à le lire, on voit très bien que c’est toi avec tes expressions, on voit ton sourire en fait à travers les pages. Et c’est vrai que quand on relit, eh bien on se dit, est-ce que j’assume? Est-ce que j’assume pas? Est-ce que j’enlèverais pas ça? Est-ce que c’est trop ou pas assez encore une fois? Donc voilà, c’était un très bel exercice de relecture.

[00:07:41] Gauthier Seys: Comment l’histoire de Florence, ce parcours parfois un peu inédit, va parler aux expatriés selon toi Damien?

[00:07:49] Damien Bouhours: Alors moi je pense qu’il y a plusieurs couches importantes dans son histoire, plusieurs identités. Elle est maman, elle est entrepreneuse, elle s’est réorientée aussi en expatriation, elle a vécu aussi dans des pays très différents, su s’adapter. Et je dirais que tout ça, c’est des thématiques aussi, je pense, il y a beaucoup de conjoints suiveurs, de personnes qui partent vivre à l’étranger et qui cherchent un peu à retrouver un peu du sens aussi dans cette expatriation parfois subie. Mais au-delà de ça, je pense que le fait de pouvoir justement, toutes les qualités qu’elle a pu dégager grâce à ses expériences à l’étranger apportent aussi des clés de compréhension, plein de solutions possibles pour des personnes qui l’auraient pas imaginé. Et puis pour les thématiques plus difficiles, Je dirais qu’il y a des sujets quand même qui sont assez tabous. On parle de la santé féminine, on parle de beaucoup de choses quand même assez, assez dures aussi, qui sont des sujets qui ne sont pas forcément évoqués. Et là, je pense que ça peut libérer la parole pour beaucoup de personnes.

[00:08:44] Gauthier Seys: Alors Florence et moi, lorsqu’on échange, on se raconte des trucs de fou, on rigole beaucoup. Là où un certain nombre de personnes que je connais peuvent être très affectées, ralenties, plombées, toi, ça a tendance plutôt à te booster. C’est quoi? C’est une question de caractère ou c’est toi qui t’es mis ce caractère en marche?

[00:09:02] Florence Chabert d’Hieres: Je sais pas, c’est pas une question pour Damien ça.

[00:09:05] Damien Bouhours: Je pense qu’il y a quelque chose qui est intéressant parce que j’ai découvert aussi, on a parlé, on a parlé beaucoup aussi de qu’est-ce qui se cache derrière le sourire légendaire de Florence. Et souvent, les, voilà, il y a une vraie sincérité, une vraie bienveillance et un amour de la vie. Mais, mais je pense que c’est, ça cache aussi, voilà, tout ce parcours qu’on dévoile, c’est-à-dire aussi des difficultés auxquelles elle a dû faire face. Et cette attitude, ce mindset comme elle dit, de se dire voilà, malgré ce qui se passe, il faut avancer, il faut faire, je dirais pas il faut faire malgré, mais il faut faire avec. Et c’est ça que je pense qui est intéressant, c’est qu’à chaque fois, ça lui a apporté plus de choses dans sa vie. Ça ne l’a pas du tout ralentie, mais au contraire, elle a pris toutes ces compétences, tous ces moments en plus avec elle, et ça lui a permis d’avancer plus loin.

[00:09:50] Gauthier Seys: Moi, je pense à mon père qui me disait souvent quand j’étais plus jeune, mais je me demandais pourquoi il me disait ça, oh tu sais, c’est pas grave. Quand j’avais une punition, quand j’avais fait une connerie, c’est pas grave tant qu’on a la santé. Et maintenant je commence à comprendre, maintenant que je vieillis et que je commence à avoir des problèmes de santé, finalement même la santé ça a pas été fastoche, hein Flo?

[00:10:10] Florence Chabert d’Hieres: Non, complètement. Alors pour répondre un peu sincèrement aussi, on a parlé de l’adoption, je pense que moi de base je me dis que j’ai eu de la chance. Donc j’ai embrassé cette chance et je me suis dit voilà, peu importe ce qui m’arrive Garde en tête que tu as cette chance et qu’est-ce que tu vas en faire? Alors effectivement, la santé, la santé de la femme. Donc j’ai de l’endométriose, de l’adénomyose, j’ai fait de nombreuses fausses couches, j’ai la maladie cœliaque qui est une espèce d’immense enfer au quotidien. Et du coup, voilà, je pourrais être effectivement abattue. Je dis pas que c’est pas facile tous les jours, mais qu’est-ce que j’en fais? Et en fait, j’ai appris à m’écouter. Et je pense qu’aujourd’hui, dans les différentes casquettes qu’on peut avoir en tant que femme, Eh bien, on est dedans, on est un peu souvent comme un hamster dans sa roue et on se dit, faut que je tienne, faut que je tienne. Et en fait, non, on peut aussi avoir le choix et faire le choix de s’écouter. Donc typiquement, quand j’ai mal et que je suis couchée et que j’ai l’impression d’avoir des couteaux dans le ventre, eh bien, j’ai des couteaux dans le ventre, j’ai mal, eh bien, en fait, je reste couchée, je fais rien. Et c’est aussi ça qui permet de trouver le juste équilibre, je pense.

[00:11:17] Gauthier Seys: Damien, Florence, j’ai dit tout à l’heure qu’on faisait le 3000e podcast. Ça représente 20 jours et 20 heures d’enregistrement avec des francophones dans le monde entier. Pourquoi les invités qui ont vécu les choses les plus difficiles, les obstacles les plus infranchissables, viennent à mon micro en disant j’ai eu de la chance?

[00:11:36] Damien Bouhours: C’est intéressant. Alors moi, de mon point de vue, effectivement, en tant que journaliste aussi, pour avoir interviewé des personnes avec des parcours également parfois difficiles, j’ai l’impression que pour eux, finalement, la vie c’est un vrai cadeau. Ils s’en rendent vraiment compte, ils s’en rendent plus compte que les gens finalement qui ont des facilités dans la vie. C’est parce que justement ils ont fait face à ces épreuves qu’ils se disent voilà, j’ai de la chance, je suis là et je suis là malgré tout. Et je pense que c’est une force qu’il faut, qu’il faut absorber aussi.

[00:12:02] Gauthier Seys: Merci en tout cas Florence et Damien. On va essayer un petit exercice. Mafi mouj kila, c’est donc pas de problème en arabe. On va tous le dire dans toutes les langues que l’on connaît. Alors no problemo pour moi pour commencer.

[00:12:14] Damien Bouhours: Mai pen rai en thaï.

[00:12:16] Florence Chabert d’Hieres: Et Hakuna Matata du coup.

[00:12:20] Gauthier Seys: Très belle conclusion. Je vous invite à découvrir ce livre aux éditions Les Trois Colonnes. Évidemment, la radio des Français dans le monde accompagne ce livre et vous invite à le découvrir où que vous soyez sur la planète. Belle journée parisienne pour Damien, belle journée à la capitale anglaise pour Florence. Au plaisir de vous retrouver.

[00:12:37] Florence Chabert d’Hieres: À bientôt. Français dans le monde, le média de la mobilité internationale.

[00:12:45] Gauthier Seys: Radio et podcasts sur fdlm.fr.

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