Vous avez un projet d’expatriation ou d’investissement en Espagne? J’ai un avocat à vous présenter. Voici 10 minutes, 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et aujourd’hui, on décolle avec Christopher, Jacques et Cortès.
On part à Barcelone.
10 Minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde.
Dans le cadre du partenariat avec Expat Pro. J’ai donc Christopheur qui vient de rejoindre cette plateforme d’experts qui va se présenter à vous aujourd’hui sur l’antenne de la radio. Bienvenue, Christopheur. Bonjour Mathieu, merci pour l’invitation. On doit dire maître, logiquement, c’est le titre officiel.
Aujourd’hui, on peut s’appeler par les prénoms. Très bien, merci. Toi, tu es originaire de hier, près de Toulon, avec déjà un peu d’international dans la peau puisque ta maman est espagnole. Absolument, absolument. J’ai la double culture de base franco-espagnol.
Mon papa est français, ma mère est espagnole et on venait régulièrement en Espagne pour les étés, pour les vacances, voir la famille, etc. Je me doute bien. Tu vas faire l’école d’avocats à Lyon et débuter ta carrière à Paris. Tu me disais en préparant cette interview, faire du droit, du droit international, c’est dans la capitale. Absolument.
Je pense que, pas qu’en droit d’ailleurs, Paris, c’est la ville internationale en France par excellence. Et loin derrière, on a les grandes métropoles comme lui en Marseille, mais dans ce qu’il voulait faire et surtout avec l’esprit, il ne s’était pas assuré. Alors en tout cas, tu avais quand même une petite idée derrière la tête. C’était un jour d’aller vivre en Espagne. Tu as choisi Barcelone.
Ça aurait pu être Madrid aussi. Oui, alors l’histoire est toute bête. Le jour de mes 17 ans, je suis allé, j’ai accompagné ma mère qui avait un voyage d’affaires à Barcelone. Tout seul, j’ai visité la ville en marchant toute la journée. Et à la fin de la journée, je me suis dit un jour, je vivrai ici.
Voilà ce qui s’est passé. Alors il faut dire qu’il y a pas mal d’avantages de vivre à Barcelone, on le dit souvent sur cette antenne. Toi, lorsque tu t’y installes en 2021, qu’est-ce qui aura été facile et difficile? Alors le côté facile, c’est la proximité avec la France. On a quand même une culture qui est assez proche.
On a l’habitude, il y a déjà des Français qui sont ici, donc il y a un terreau d’expatriés français qui est qui est déjà bien là, beaucoup d’institutions, on a l’Institut français, on a un consulat qui est très actif, on a une chambre de commerce française également à Barcelone, et c’est un tissu très dynamique et très international, donc on a des deux. À Barcelone, on peut avoir de l’international et du local, catalan ou espagnol, parce qu’on a les deux mondes ici aussi. On a déjà eu l’occasion d’évoquer des petites tensions avec l’arrivée de beaucoup de touristes chaque week-end, avec l’installation de pas mal de Français expatriés dans la ville. Comment ça se passe cette cohabitation aujourd’hui? Ça se passe mieux que dans ce qu’on dit dans les médias, tu me disais.
Oui, exactement. Je trouve qu’on en donne une image assez désagréable dans les médias, dans ce qui est retranscrit. Il y a un problème, ça c’est certain, avec beaucoup de tourisme de masse, beaucoup d’utilisation de logements, d’appartements pour loger tous ces touristes, au détriment des locaux qui sont parfois obligés d’aller vivre en dehors de Barcelone alors qu’ils travaillent à Barcelone. Une explosion des loyers, etc. Et les politiques publiques qui ont été mises en place.
Bon, après sur le ressenti, c’était ta question initiale, sur le ressenti au jour le jour, on ne va pas vous agresser parce que vous parlez français, non, pas du tout. Et est-ce qu’il vaut mieux parler le catalan aussi quand on vit à Barcelone? Ça, c’est une très bonne question. Il y a beaucoup de Français qui se la posent en arrivant. C’est un plus si on veut s’intégrer, on ne va pas se mentir.
Au moins pour aller commander sa baguette de pain ou faire ses courses pour le quotidien, c’est toujours un plus. Et c’est plus facile de s’intégré quand on parle la langue locale. Maintenant, est-ce que c’est indispensable? Je ne pense pas. En tout cas, dans le monde du travail, non.
Alors justement, parlons de ce monde du travail, le monde du droit. Il s’avère que tu as donc en possession deux droits différents, deux pays qui sont côte à côte, mais qui ont deux visions parfois du droit au quotidien, deux visions différentes. Tu es donc dans deux barreaux, le barreau de Paris et le barreau de Barcelone. Double cursus d’études du coup. Personnellement, ma formation, c’est celle d’un avocat français.
J’ai étudié à la faculté en France, même si j’ai fait un an et demi notamment dans le cadre d’un RASMUS en Espagne. Et l’école des avocats français, donc ma formation est française, mes réflexes sont français. J’ai quand même étudié effectivement le droit espagnol, et c’est ce qu’on disait tout à l’heure hors micro. En Espagne, en fait, il n’y a pas qu’un seul droit. On a le droit espagnols, mais il peut y avoir potentiellement des spécificités dans chaque communauté, chaque région.
Il y en a quand même 17. On ne va pas traiter de la même manière un dossier à Barcelone qu’à Madrid, par exemple. Et en plus, il faut faire aussi attention parce que parfois, les mots de nos langues sont un peu compliqués. Un même mot dans les deux pays peuvent vouloir dire deux choses différentes. Il y a la culture aussi des choses qu’on fait en France.
On ne le fait pas en Espagne. Il faut intégrer ça quand tu es avocat. Absolument, absolument. Et c’est d’autant plus compliqué qu’on est dans deux pays qui sont frontaliers, deux cultures qui sont proches, avec des habitants qui ont l’habitude de passer d’un pays à l’autre. Et effectivement, il y a des mots…
Pour prendre un exemple, il y a celui du notaire. Un notaire, ça reste un notaire en Espagne, mais son temps d’intervention est plus restreint que le notaire français. Donc on va aller le voir peut-être pour les mêmes opérations, mais il ne faut pas s’attendre à ce qu’il fasse les mêmes choses. Alors on va s’installer dans ton cabinet. Il est où à Barcelone?
Mon cabinet est en plein centre, à Gracia, dans le quartier de Gracia, pour ceux qui connaissent, un petit peu au-dessus de Diagonal, cette fameuse avenue qui traverse Barcelone. Et alors, on vient te voir aujourd’hui avec des auditeurs qui ont cette capacité à vivre dans différents pays. On vient te voir pour des problèmes de fiscalité, pour l’immobilier, pour le patrimoine. Grosso modo, la cible de tes clients, ce sont des Français qui veulent s’expatrier ou qui veulent investir? Absolument.
Des Français qui veulent venir s’installer ici ou qui veulent rester en France, mais commencer à poser des billes en Espagne, par exemple une résidence secondaire ou qui veulent tranquillement commencer à préparer leur retraite. Et on va avoir aussi des personnes qui, malgré leur volonté, vont hériter d’un bien en Espagne ou recevoir une donation d’un appartement, d’une maison en Espagne. Et donc je m’adresse à toutes ces personnes-là, qui sont donc effectivement français, particuliers, avec des intérêts patrimoniaux, fiscaux en Espagne. Alors il faut dire qu’il y a une énorme quantité d’Espagnols qui sont venus en France et vice versa. Ces deux pays limitrophes ont connu dans l’histoire des flux importants, donc il y a beaucoup de familles franco-espagnoles aujourd’hui.
C’est ce que j’aime répéter souvent, rien que sur le consulat de Barcelone, donc le consulat de France à Barcelone, qui couvre l’Aragon, Valence, la Catalogne et les Baleares, on compte à peu près 50 000 Français déclarés. Donc c’est l’équivalent d’une ville moyenne française. Et donc tout ce petit monde va et vient travailler en Espagne, ou sa retraite en Espagne, achète, vend, etc. On peut être français, avoir de la famille en Espagne, hériter d’un bien. Et alors là, ça devient une problématique.
Ce sont des droits différents. Là, il faut s’entourer d’un vrai bon conseiller parce que pas faire d’erreurs. Le réflexe qu’on va avoir en France quand on a, par exemple, là tu parles d’un héritage, d’une succession, c’est de s’adresser au notaire. Ici en Espagne, le notaire ne va pas tout faire, c’est ce que je disais tout à l’heure, et donc il y a toute une série de la réunion des documents, l’interrogation des registres publics, les aspects fiscaux, le notaire ne va pas le faire, donc ça retombe sur l’héritier. Et dans ce cas-là, on va souvent s’adresser à un avocat.
C’est là que moi j’interroge. Et on dit toujours que c’est moins cher en Espagne. Est-ce que là aussi, on est dans quelque chose qui est un petit peu une phrase toute faite? On l’entend souvent. Ma réponse serait ça dépend où en Espagne.
Sur le plan de la vie de tous les jours, oui, c’est globalement moins cher. Au niveau fiscal, ça va dépendre des fameuses communautés, des régions dont je parlais tout à l’heure. Moi, je le trouve à Barcelone, qui est en Catalogne, et la Catalogne est réputée pour avoir une fiscalité un peu plus agressive, un peu plus sévère. Alors, je pense qu’elle est plus ou moins similaire en termes d’importance que du côté français, peut-être même un tout petit peu moins sur certains aspects. Ce qu’il faut bien mettre en face, c’est ce que je dis toujours à mes clients, c’est le service public qu’on a en échange de ces impôts.
Et ça, c’est un très bon service public ici en Catalog. Si vous allez à Madrid, ce sera l’inverse. Vous allez avoir des impôts qui sont très bas, mais les gens se plaignent beaucoup de la médecine, etc. Est-ce qu’on. Vient te voir en te parlant de la loi Beckham?
Oh oui, Beckham a pris sa retraite du football, mais pas en fiscalité ici en Espagne en tout cas. Effectivement, tous ceux qui s’installent en Espagne entendent parler du régime Beckham, qui est un régime d’impatriation favorable avec beaucoup d’avantages fiscaux, qui n’est pas toujours le plus pertinent selon les cas. L’erreur principale que font mes interlocuteurs sur ce point, c’est qu’ils s’interrogent trop tard. C’est un message, je pense, que tous les experts en fiscalité et en expatriation doivent le dire, il faut pouvoir anticiper un maximum. Alors justement, quand on fait une erreur, on le paye comment?
C’est-à-dire qu’il y a des choses qui peuvent se rattraper ou quand c’est trop tard, c’est trop tard? Je parle d’une succession, par exemple, on a mal rempli un document et l’administration nous tombe dessus. Alors, au niveau de la fiscalité, pour tout ce qui est succession, opération immobilière, etc., on va toujours avoir la possibilité de se rattraper, mais en payant des intérêts. Il n’est jamais vraiment trop tard. Ce qu’il faut, c’est réagir à temps, mais ça va quand même avoir un coût.
Donc la clé, c’est toujours l’anticipation, s’interroger au bon moment. En amont, il n’y a jamais de questions bêtes. Donc à partir de là, il faut les poser le plus tôt possible. Et en toute confiance, il faut venir te dire les choses simplement et honnêtement. Tout à fait, je suis avocat, secret professionnel, vous pouvez tout me dire, je ne répète rien.
Très bien, mais écoute, le lien de ton site est disponible. On te trouve également sur la plateforme Expat Pro. Et puis, si on a un conseil à te demander, je me permettrai de revenir vers toi au cours de l’année. Avec plaisir. Merci, Christopher, Jacques et Cortès dans le réseau Expat Pro.
Plaisir de te retrouver. Merci à toi Gauthier, j’étais ravi.
Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Radio et podcast sur fdlm.fr.