Connectons les talents avec les opportunités en éducation francophone. Découvrons Edu-Réseau. Dix minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et aujourd’hui, on décolle avec Sandrine Perrier à Lyon.
Dix minutes. Dix minutes, le podcast des Français dans le monde.
La bonne personne au bon endroit, et le bon endroit pour la bonne personne, et PAF! Voilà un sacré slogan qui claque. Bonjour, bienvenue Sandrine. Bonjour Gautier. Content de te retrouver.
Nous nous sommes rencontrés la première fois dans les jolis salons du Quai d’Orsay à Paris, pour un événement, le Petit Journal. Tu venais-tu juste de lancer ton petit bébé? Enfin, de lancer ton bébé. De lancer ton site internet et du réseau, parce que sinon, ça pourrait faire très bizarre. On évite de lancer les bébés.
Oui, la plateforme était assez récente. Alors un mot sur ton parcours, tu es originaire de Lyon, le quatrième arrondissement tu m’as dit, comme si c’était ton petit cocon, ton petit endroit doudou. Et oui, oui, oui, les pentes de la Croix-Rousse, ce petit lieu très cosmopolite, le village dans Lyon, un endroit cher à mon cœur. Très bien, tu fais tes études dans cette ville. Tu as bossé dans le domaine des cosmétiques pendant plusieurs années.
Tu as notamment formé des gens et alors là, tu vas sentir que la formation, c’est ton dada. En 2006, avec ton conjoint, vous avez une opportunité de vivre une aventure C’est en France, mais à 10.000 kilomètres sur l’île de la Réunion, et tu vas faire une reconversion professionnelle en devenant prof des écoles. C’était comment la vie française à 10.000 km de notre vieille France? C’était génial, j’ai rencontré des gens exceptionnels et en même temps c’était vraiment déstabilisant puisque j’étais dans un coin de l’île, dans l’est de l’île, on appelle ça le sud sauvage, et vraiment avec un univers luxuriant, des gens très proches, Enfin voilà, une langue en plus très, très riche. En tout cas, tu vas avoir un certain coup de cœur.
Tu vas avoir un certain coup de cœur pour cette île de la Réunion où tu vas repasser plusieurs fois, avec ensuite quelques expériences en Afrique. En 2014, tu deviens directrice d’école dans une petite école à UEFE au sud du Sénégal. Nous voilà dans la Casamance et une expérience fantastique, m’as-tu dit. Oh oui, une très très très belle expérience au fin fond de la Casamance où nous n’étions que trois coopérants français avec des gens Très cosmopolite, puisque c’est un endroit où il y a pas mal de NG, où travaillent des personnes qui viennent d’Italie, des coins d’Europe, et où cette école française vivait, avec toutes ces personnes venues d’horizons très différents, et en même temps très implantées dans la culture casassaise, puisque grâce aux bourses françaises, les enfants franco-sénégalais pouvaient avoir accès à l’enseignement français dans cette école. Tu vas ensuite avoir une autre expérience en travaillant sur les accords de coopération entre la France et le Sénégal dans les sujets de l’éducation.
À nouveau un petit passage sur l’île de la Réunion, nouvelle expérience à Madagascar. Tout ça va t’amener dans ton cerveau une sorte d’analyse et une réflexion sur la création de haies du réseau. Tu es face à une administration qui peut être parfois un peu lente, Alors,. Je pense que l’administration le prendra peut-être pas très très bien, mais oui, un petit peu, un petit peu lente dans sa… Comment dire?
Trop lente pour moi. Voilà, je vais dire ça. En même temps, Sandrine, on m’a déjà dit plusieurs fois de temps en temps, cette mise à disposition dans l’éducation nationale, ce n’est pas très rodé encore. Enfin, voilà, ça pourrait s’améliorer, on va dire, en restant positif. Oui et puis une envie de bouger.
C’est vrai que je suis entrepreneur dans l’âme. J’ai créé ma première société, j’avais 20 ans. J’étais à l’époque fonctionnaire et puis une envie, voilà, approchant les 50 ans, de faire quelque chose et de faire quelque chose pour mes collègues parce qu’ils avaient un grand besoin. Alors l’idée, c’est de créer un site où il y a deux grandes cuves. D’un côté, des candidats dans le monde de l’éducation et de l’autre côté, des établissements qui recherchent des profils.
Et tu vas faire un espèce de Tinder de l’éducation. Tu vas les relier. Exactement, c’est ce que m’avait dit la personne qui m’avait reçue à la CCI de La Réunion quand j’ai présenté mon projet. Il m’a dit, mais madame, en fait, vous êtes en train de créer le Tinder de l’éducation et j’ai trouvé cette formule extrêmement sympathique et je l’ai gardée parce que c’est exactement ça, un système de matching entre deux profils, enfin, deux personnes qui se rencontrent. Vraiment, puisque c’est un chef d’établissement qui va rencontrer un professeur et vice versa, et avoir une belle aventure ensemble.
Et je trouve l’analogie assez sympathique. Résultat, lorsque vous êtes sur le site eduréseo.fr, vous êtes soit candidat et vous êtes expatrié quelque part dans le monde. Il n’y aura forcément pas très loin une école française ou en tout cas francophone. Et de l’autre côté, des établissements qui vont rechercher des profils. Et donc les auditeurs qui nous écoutent aux quatre coins du monde, s’ils recherchent un job, c’est un bon début déjà.
C’est une sacrée aide parce qu’on a beaucoup, beaucoup de lieux où on peut postuler. On ne sait pas trop où vont nos CV, nos lettres de motivation, c’est un petit peu nébuleux. Alors que là, on ne dépose ni CV ni lettres de motivation. On remplit un profil et après, ont fait matcher le profil avec les demandes des structures. Ce qui fait que les structures, en plus, ont, elles, les cinq premiers candidats, c’est-à-dire ceux qui correspondent le plus à leur fil de poste, et n’ont pratiquement plus qu’à prendre contact avec ces personnes et matcher.
Alors, pour enseigner au-delà des frontières, il faut aussi respecter un certain nombre de codes. Parfois, le CV, on ne le fait pas de la même façon. Parfois la lettre de motivation, il faut l’adapter aux cultures des pays où on se trouve. Et là, tu ne les abandonnes pas, les candidats, tu les accompagnes aussi. Non, je ne les abandonne pas, ça a même été au départ.
Ma première mission, celle que je me suis donnée, c’était d’accompagner à la fois les candidats, mais aussi les structures, les uns dans le recherche-emploi, les autres dans le recrutement. Et cette plateforme, c’est un outil. Mais mon travail, vraiment, et celui que j’ai à cœur de faire, c’est d’accompagner les candidats dans cette rédaction de lettres de motivation, de CV, mais aussi en préparation à l’expatriation. Parce que même quand on est déjà expatrié, partir dans un autre pays, c’est une nouvelle expatriation. Vraiment réfléchir aux attentes des pays, dans quelle culture je vais arriver, et pour ça, eh bien, il faut, à mon avis, une préparation.
Et puis un mot pour les chefs d’établissement ou les écoles qui recherchent à travers le monde, tu gères aussi les urgences. Et oui, ça c’est tout nouveau, c’est tout frais. On l’a mis en ligne peut-être un petit peu tard puisque ça a été mis en ligne le 15 avril, donc on appelle ça les suppléances d’urgence. Vous avez ce matin besoin d’un professeur de français, il n’y a pas de professeur français, vous savez que le bac arrive, il faut absolument voir les derniers petits ajustements pour vos élèves et vous avec quelqu’un qui va être absent une semaine, deux semaines et des besoins de enfin de suppléance d’urgence. Et là, on a créé les bassins de suppléance urgence.
À force de toutes les personnes que nous avons à travers le monde sur la plateforme et au-delà, on met en relation directe. Alors là, il n’y a plus de système de matching, c’est vraiment les candidats qui s’inscrivent et les établissements qui choisissent la personne qu’ils veulent prendre, souvent géographiquement, très proche du lieu de l’établissement. Là, on est vraiment sur quelque chose, un service complémentaire. Alors Sandrine, on découvre eduréseo.fr, le lien est disponible dans le descriptif de ce podcast. Tu as appris à comprendre les différents systèmes à travers le monde.
On parlait en préparant cette interview, par exemple, de l’AEFE avec son réseau de lycées français à travers le monde, au Canada, par exemple, c’est l’EFIA. Exactement, je n’ai pas voulu me cantonner, on va dire, à l’AEFE, à tout le système AEFE, parce que l’AEFE a déjà des plateformes, c’est une grosse machine qui fonctionne, mais permettre aussi d’aller voir dans d’autres programmes ce qui se passe. Et pour moi, une expatriation, ce n’est pas forcément des Français qui vont partir ailleurs, mais c’est aussi des Canadiens qui vont partir ailleurs, des Suisses et tous les francophones. Il faut savoir qu’en Afrique, on a beaucoup de francophones qui sont de très bons enseignants et qui sont acculturés au programme et qui peuvent bouger dans le monde. L’idée, c’est vraiment d’avoir une mobilité, la mobilité du professeur.
Eh bien parler de mobilité pour l’éducation sur la radio de la mobilité internationale, ça me semblait évident d’éclairer cette jolie initiative. Je suppose que d’être chef d’entreprise, de monter tout ça face à des grosses structures, c’est des petits combats quand même qu’il faut mener. Alors, je ne le vois pas comme ça, c’est-à-dire que je ne suis pas face à eux, je suis en complément. Ce que je propose, le système de matching, personne ne le propose. Tout le monde propose de postuler, hop, on clique sur postuler, on postule.
Moi, vraiment là, je suis sur autre chose, vraiment en complément et pas du tout face à eux. Eh ben voilà qu’on se le dise. Sandrine, merci pour cette présentation. Je te souhaite une excellente rentrée ainsi qu’à tous ceux qui vont bientôt retrouver les salles de classe, que ce soit du côté professeur ou aussi on salue les élèves. À bientôt.
À bientôt. Merci Gauthier. Français dans le monde, le média de la mobilité internationale, radio et podcast sur fdlm.fr.