C’est un piège invisible qui vire au cauchemar humanitaire. En Asie du Sud-Est, les « scam farms », ces fermes à arnaques en ligne, se multiplient à huis clos. Derrière les écrans, une réalité glaçante : des centaines de milliers de personnes réduites en esclavage.
Le scénario est toujours le même. Des réseaux criminels internationaux recrutent via de fausses offres d’emploi au Cambodge, au Myanmar ou aux Philippines. Le centre névralgique de ce trafic se trouve aujourd’hui en Birmanie, notamment dans la zone ultra-militarisée et coupée du monde du KK Park, un point de non-droit absolu à la frontière thaïlandaise. Une fois sur place, c’est l’engrenage. Leurs passeports sont confisqués. Les personnes sont forcées, sous la menace, de mener des cyberarnaques à grande échelle. L’ONU tire la sonnette d’alarme et dénonce une situation inextricable : ceux qui n’atteignent pas leurs quotas ou tentent de fuir subissent des tortures systématiques, des décharges électriques, voire des exécutions en toute impunité.
L’industrie s’est mondialisée et touche désormais l’Europe. Au-delà des profils asiatiques, de jeunes Européens, diplômés et connectés, se font enlever. Attirés par des promesses de postes lucratifs dans la tech ou le marketing à Bangkok, ils sont kidnappés dès leur arrivée et revendus à ces centres de fraude informatique.
Pour les experts des Nations Unies, la réponse des États reste largement insuffisante. Face à ce qu’ils qualifient de véritable « crise des droits de l’homme», les appels se multiplient pour démanteler ces réseaux de traite etprotéger les milliers de rescapés qui restent aujourd’hui traumatisés.
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