Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Marie Descourrières. On part ensemble du côté de Munich. 10 Minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde. Mon invitée a plusieurs casquettes différentes.
Elle est architecte d’intérieur. Elle est maman de trois enfants. C’est un vrai métier, un vrai job, mais aussi présidente de Franz München. On va en parler. C’est une association Flamme.
Je salue la Fédération Flamme Monde avec qui nous sommes partenaires, qui nous réunit Marie et moi aujourd’hui. Bonjour Marie. Bonjour Gauthier. J’ai envie de te dire que tu as un sacré planning dans tes journées. T’arrives à t’en sortir?
Comme beaucoup de mamans, c’est un peu difficile, mais on jongle, on jongle. Alors on va commencer par ton parcours. Un mot sur ton histoire. Tu es née à Hyères. Nous sommes dans le Sud-Est, mais tu m’as dit avoir eu des parents aventuriers, ce qui a fait que tu as pas mal valdingué quand tu étais petite.
Lyon, Marseille, les Antilles, un petit peu plus loin. Et puis Paris, c’était quoi cette envie de bouger dans le monde? Pour mes parents, c’était je pense l’envie de découvrir du pays et puis de tester de nouvelles choses, de se confronter un peu à des nouvelles difficultés quand ça devenait trop routinier. Et je pense que j’ai pris un peu ce goût de casser la routine. Alors c’est sûr qu’on est en France quand on est aux Antilles, mais on est quand même un peu plus loin de ta ville natale.
Tu as des souvenirs de cette expérience. Au soleil Ah oui, oui, puisque en plus j’étais lycéenne à l’époque, donc autant dire que j’en ai bien profité. C’était paradisiaque comme on peut se l’imaginer. Malheureusement, l’île sur laquelle j’étais, Saint-Martin,? N’avait pas d’établissement pour étudier après le bac.
Donc j’ai été un petit peu contrainte et forcée de revenir en métropole pour faire la suite de mes études. Alors tu as fait tes études, mais très vite, piqué par le virus de l’international, tu vas tenter l’aventure Erasmus, évidemment, qui ne l’a pas fait, direction l’Espagne. Tu vas être ingénieur en travaux publics, mais la crise de 2008 va te pousser à revenir en France, avec un mari d’ailleurs. Tu vas travailler quelques années en France et en 2017, Vous allez être tenté pour une nouvelle expatriation à Munich. Dis-moi comment la petite famille a décidé d’aller vivre en Allemagne?
Voilà, casser la routine, je crois que ça résume très mal. Comme papa-maman! Il y a un moment où on s’est dit, soit on reste ici et ça peut durer encore des années parce que c’était l’âge de scolariser les enfants. Une fois scolarisé, je voyais mal les déraciner. Peut-être qu’ils ont un peu souffert de ce déracinement petit.
Donc je m’étais dit, il vaut mieux les bouger avant qu’ils s’enracinent. Et je me suis dit, c’est le bon moment. Après, voilà, mon mari a eu une opportunité professionnelle. Et moi, je voulais faire une pause dans ma carrière pour m’occuper des enfants et réfléchir un peu à la suite. Tu vas donc arriver à Munich avec ton mari, deux enfants.
Un troisième va naître en Allemagne. C’est comment de donner la vie lorsqu’on est loin de son pays natal? Heureusement que ce n’était pas le premier, je dois dire. J’avais moins de surprises, de suspense, de questions de comment ça allait se passer. Donc ça s’est passé très naturellement et aussi bien que, peut-être même mieux qu’en France.
Mais bon, je pense que c’est surtout lié au fait que c’était le troisième. D’accord, c’était l’expérience qui parlait. Je renvoie les auditeurs vers notre dossier spécial Grossesse en expatriation. Ça peut toujours servir. En tout cas, tout s’est bien passé et le système de santé allemand n’a.
Plus Oui, la prise en charge était impeccable. C’était très bien. Ensuite, les enfants vont à l’école. Ils vont d’ailleurs aller dans le système allemand. Mais du coup, tu sens un certain décalage s’installer avec la langue française.
C’est très naturellement que tu vas découvrir Flamme, qui est donc un réseau d’associations à travers le monde. On peut peut-être le rappeler quand même, pour aider les enfants à maintenir le français. À l’époque, l’association vers laquelle je me suis tournée, un petit peu par hasard, mais quand même avec le besoin d’offrir aux enfants un cadre dans lequel ils allaient apprendre le français, France Munchen n’était pas encore partie du réseau Flamme. Ce n’est que plus tard, en 2023, que la précédente présidente a fait cette démarche de nous intégrer au réseau. Alors, c’est un diminutif, Franz Müntzen, de lieu de rencontre germano-francophone à Munich.
On comprend qu’il y ait un diminutif qui soit né de cette longue phrase, mais qui en même temps veut tout dire. L’idée, en effet, c’est de proposer des activités pour que les enfants parlent le français. Votre association aujourd’hui, tu peux nous en dire un mot? Je pense qu’elle est décentralisée. Oui, on a six antennes sur Munich, donc il y a six quartiers différents.
Chaque antenne se gère avec un responsable d’antenne et dans chaque antenne, il y a des cours et des activités pour tous les âges de 0 à 12 ans. Ça dépend des antennes, mais même parfois jusqu’à 15 ans. Et cette association, t’es rentrée en tant que maman. Quelques temps plus tard, tu te retrouves présidente depuis 2024. Comment on passe de simple maman qui vient déposer les enfants à présidente de l’assaut?
C’est une bonne question parce qu’on cherche justement à donner envie à d’autres parents de faire aussi cette démarche. Comment moi-même j’ai eu cette envie? Je pense que j’avais à l’époque un peu de temps et puis surtout l’envie l’envie de participer à quelque chose qui n’allait pas me servir forcément à moi mais qui servait aux enfants, pas que aux miens, à d’autres. L’ambiance générale aussi de l’association, l’équipe m’a donné vraiment envie de m’y investir un peu plus et j’en suis très contente parce que c’est une aventure passionnante. Alors, Munich est la première ville d’Allemagne en nombre de résidents français.
La population française globale est estimée en Bavière autour de 60 000 personnes. Ça fait donc beaucoup d’enfants qui ont besoin d’être connectés avec le français. Aujourd’hui, vous vous rassemblez combien d’enfants chaque semaine? 220 En ce moment. Ça augmente chaque année et là on est à un peu plus de 220 je crois.
Donc on a 26 cours par semaine qui sont donc répartis dans les différentes antennes et qui peuvent avoir lieu soit en fin de journée, en semaine, soit le samedi matin. Et puis, on a eu l’occasion de se voir, toi et moi, au cours des rencontres internationales organisées par Flammemonde. On était en octobre 2024. Cette rencontre mondiale a fait des petits, puisque depuis, ne cessent de s’organiser à travers le monde des rencontres qu’on appelle régionales. Vous avez donc décidé récemment, vous avez fait ça il y a quelques semaines, de faire une rencontre en avril 2026 qui s’appelait D.A.R.C.D.A.C.H.
D pour Allemagne, A pour Autriche et C.H. Pour Suisse. Et vous avez donc du coup rassemblé une quinzaine d’associations qui représentent en tout un peu plus de 1500 enfants. Pourquoi avoir eu envie de décliner ce côté réunion internationale en réunion régionale? Pour garder un lien, et garder un lien peut-être plus facilement exploitable, plus facilement activable, grâce à cette géographie quand même plus centrée sur cette région-là, et donc se retrouver sur des problématiques communes, que ce soit au niveau de la pédagogie, de la gestion administrative, du juridique, on va avoir des questions qui sont assez similaires sur les trois pays pour lesquels on peut s’entraider.
Et du coup, d’être assez proche les uns des autres, on s’est dit que ce serait quand même bien de se connaître personnellement, et c’est ça qui permet ces rencontres en vrai. Au moins, même si on peut se voir en visio, c’est quand même pas la même chose que de se rencontrer pour de vrai et d’avoir des échanges humains sur tous les sujets qui nous touchent. Alors ces assos se réunissent, se mettent autour de tables rondes, d’ateliers, notamment avec des partages d’expériences. Ça peut être de l’envie commune de faire avancer le Schmilblick jusqu’à quel outil informatique on pourrait se partager finalement? Oui tout à fait, que ce soit sur le sujet de la pédagogie, on a des retours d’expérience de comment apprendre à parler le français au tout petit, ou comment motiver les plus grands à continuer de pratiquer le français.
Chacun va de son expérience. Au niveau administratif, quels outils sont utilisés? La communication aussi, comment on fait pour trouver de nouveaux membres? Faire parler de l’association, etc. Et puis, il y a quand même eu aussi un grand temps d’échange avec les représentants des institutions françaises et des Français de l’étranger, qui a eu lieu au début de la rencontre, le vendredi après-midi.
Donc, on les a toutes et tous invités à nous rejoindre à l’Institut français de Munich. Et ça a été l’occasion de présenter toutes les associations du réseau et en quoi et comment on pouvait créer du lien avec les institutions françaises aussi et chercher leur soutien. Ensemble, on est plus fort. La présidente Anne-Henri Vernard, que l’on reçoit régulièrement sur notre antenne, la présidente de Flammemonde, va écouter ce podcast. On la salue, elle a été présente lors de votre événement.
J’ai d’ailleurs au passage l’occasion de saluer toutes les équipes de la Fédération et des associations à travers le monde. Et peut-être en disant que ces rencontres régionales sont vraiment l’occasion de bâtir des projets communs et de se motiver aussi. On avait eu, au cours de la rencontre mondiale, cette sensation que de temps en temps, être à la tête d’une association, c’est être un peu solo, un peu se battre contre le vent. Ça, ça permet de rebooster tout le monde. Je pense qu’on est rentré de ce week-end plein d’énergie et puis d’envie de faire de nouveaux projets.
On s’inspire les uns des autres, on se dit finalement il y a encore plein de choses possibles, le champ des possibles est large et en plus je sais à qui m’adresser si j’ai besoin ou je veux développer telle ou telle chose ou mettre en place tel ou tel outil. C’est plus facile après pour lancer les projets ou les changements. Marie, merci beaucoup pour ce bilan suite à cette rencontre régionale flamme d’art. On se retrouve avec plaisir. Je vais te demander juste une petite chose, c’est de saluer toutes les équipes des associations et tous les enfants qui se retrouvent chaque semaine.
De toutes les associations de flammes d’art, tu veux dire? Ah bah oui, il faut leur passer un petit mot et il faudra leur envoyer le podcast aussi, qu’ils entendent ton travail. Oui, t’inquiète pas, ce sera fait, effectivement, on les salue et puis surtout, je les remercie d’être toutes et tous venues à cette rencontre et de l’avoir rendue possible et tout particulièrement l’équipe de bénévoles de France Munchen qui a permis d’organiser cet événement. Eh bien, danke schön, on dit, c’est ça. C’est ça.
C’est à peu près tout ce que je sais faire pour avoir fait allemand première langue. Mais bon, c’est déjà ça. Pas mal. À présent, je peux dire aussi autre chose. Auf Wiedersehen.
Auf Wiedersehen. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le monde.