Voyage musical avec Osam, artiste franco-palestinien

Avez-vous déjà réfléchi à l’impact de la mobilité internationale sur la vie des artistes ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » nous plongeons dans l’univers d’un artiste franco-palestinien qui a non seulement navigué les défis de l’exil, mais qui a aussi transformé ces expériences en une riche source d’inspiration artistique. Comment la musique et le cinéma peuvent-ils servir de ponts culturels dans un monde en constante évolution ?

Notre invité, Osam, est un artiste aux multiples facettes, né au Qatar de parents palestiniens. Il a grandi dans un environnement où la musique n’était pas mise en avant, mais grâce au soutien de sa famille, il a pu suivre sa passion pour la musique. Osam a choisi Paris comme destination pour poursuivre ses études de cinéma, une ville qui a enrichi son parcours artistique en lui offrant une exposition à une diversité culturelle sans pareille. Son style musical unique mélange des influences traditionnelles du oud avec des éléments contemporains, créant une sonorité qui lui est propre.

Dans cet épisode, Osam partage son voyage depuis ses premiers souvenirs musicaux jusqu’à la création de son album Burn Now et son dernier projet inspiré par Mars. Il discute de la résilience nécessaire pour surmonter les obstacles personnels et artistiques, tout en abordant des thèmes mondiaux tels que la pollution et la situation politique actuelle. Osam nous invite à réfléchir sur le rôle de l’artiste dans le monde moderne, tout en nous offrant une évasion musicale vers des horizons plus paisibles. Rejoignez-nous pour découvrir comment Osam utilise sa musique pour inspirer le changement et l’espoir dans un monde complexe.

https://osam-music.com/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec un artiste franco-palestinien au micro de la radio des français dans le monde. Voici Osam. 10 minutes, 10 minutes.
Et de puissance, Studio Parisien le retrouve aujourd’hui. L’actualité est dense pour notre artiste. Avec la sortie d’un album, des clips à découvrir, vous allez plonger dans l’univers de Osam. Bonjour, bienvenue. Merci.
Merci Gauthier pour l’invitation. Ça me fait trop plaisir. Content de faire ta connaissance, on va revenir un peu sur ton parcours. Tu es d’origine palestinienne, mais la famille a dû se déplacer vers le Qatar. C’est là que tu es né et que tu as grandi avant de décider de venir t’installer à Paris pour le cinéma et la musique.
On va en parler d’abord des souvenirs d’enfance. Oui, tout à fait. Du coup, comme tu l’as dit, je suis palestinien d’exil. En gros, je n’ai jamais été en Palestine, mais ma famille sont partis depuis très longtemps. Enfin, mes grands-parents, ils se sont retrouvés au Qatar où je suis né.
Là que tu me demandes comme ça, souvenirs d’enfance, ce qui me vient à la tête, c’est que je voulais toujours être… Depuis tout petit, je savais que je voulais être musicien. J’avais cette image dans ma tête que je veux prendre un chemin un peu différent de ce que je voyais dans ma famille, de ce que je voyais là-bas. Pas de musicien dans la famille, t’es le premier à vouloir toucher aux instruments. Oui, exactement.
T’as été encouragé plutôt? Parce que quand on est musicien, souvent les parents ont tendance à regarder ça un peu de travers. Non, complètement. En vrai, j’avais de la chance d’avoir des parents et une famille qui m’ont beaucoup, beaucoup soutenu, même si ça ne fait pas partie de leur parcours ou de quelque chose d’un peu habituel dans la famille ou dans le climat général dans le pays. Peut-être parce que je suis le plus petit de mes frères et sœurs, du coup, ils pensaient toujours que ça allait être un peu un jeu d’enfants, que voilà, OK, un jour, ça va terminer.
Mais en tout cas, ils m’ont beaucoup accompagné, ils m’ont soutenu et c’est d’une partie grâce à eux aussi que je sois là aujourd’hui, j’imagine. Est-ce que c’est eux qui t’ont offert ton premier oud? Tout à fait. Alors on va expliquer aux auditeurs, parce que moi je fais le malin, mais avant l’interview je ne connaissais pas. C’est un instrument à cordes très connu au Moyen-Orient?
Exactement. C’est un instrument traditionnel, un ancien instrument très très vieux, habituellement utilisé pour faire de la musique traditionnelle, pour accompagner des chanteuses ou des chanteurs.
Mais aujourd’hui, en tout cas, moi, vu mon background, mon expérience, etc. J’essaye de twister cet instrument assez traditionnel et l’emmener vers quelque chose un peu différent avec moi. Il est arrivé avec toi à Paris lorsque tu avais 20 ans. On est en 2011. Alors ça aurait pu être les USA.
Tu avais plusieurs possibilités pour pour étudier quelque part. Tout à fait, oui. J’avais pensé à… Je voulais toujours m’échapper un peu de ce climat où la musique n’est pas mise en avant, les artistes ne sont pas trop, trop appréciés ou mis en avant. Et je pensais à plusieurs endroits, plusieurs options.
J’ai pas mal postulé à droite à gauche. Qu’est-ce que je vais faire? Est-ce que je vais faire des études de musique? Est-ce que je vais faire des études d’autres choses, etc. Finalement, le hasard a fait que je sois pris à Paris dans une école de cinéma, ce qui me passionne beaucoup, ce qui m’inspire beaucoup aussi dans ma musique.
Donc voilà, j’ai dit go, on y va, du coup c’était Paris, je suis venu faire des études de cinéma et travailler sur ma musique en même temps. Et lorsque tu te remémores ton arrivée à Paris, cette grande capitale, culturellement avec des images très fortes, est-ce qu’il y a quelque chose qui t’est resté en particulier, qui t’a particulièrement marqué? J’ai pas un seul souvenir en vrai qui me vient à la tête, sauf que c’était un peu compliqué de ne pas parler français quand on arrive en France, il faut se débrouiller, ça c’est autre chose. Mais Paris, c’était impressionnant quoi. Tout était grand, tout bougeait dans tous les sens et ça me passionnait de ouf en fait.
C’était un truc que j’avais pas chez mes parents forcément, même si on était toujours dans des grandes villes. Arabes, mais rien qu’en Paris, niveau culture, d’avoir accès aux concerts très facilement, d’avoir accès à la culture très facilement, de voir autant de monde qui vient de partout dans le monde, de rencontrer plein de musiciens de partout, de différentes cultures. C’était un énorme, pas choc dans le mauvais sens, mais genre, oui, choc, choc, choc culturel. Donc voilà, là que tu me demandes cette question, je n’y pense jamais en vrai, mais c’est la première chose qui me vient à la tête comme ça. C’est vraiment la diversité, on va dire.
Et lorsque tu es arrivé à Paris, il y avait déjà dans ta playlist des chanteurs français? Je vais t’avouer que non, pas trop. J’ai découvert un peu ici. C’est pas grave, c’est pas grave. Pas trop, ouais.
Non, pas trop, pas trop. Moi, j’étais très dans la musique instrumentale et tout. Et puis, j’ai commencé à m’ouvrir petit à petit vers un peu plus, vers autre chose que la musique, un peu plus, plus proche de ce que je faisais quand j’étais jeune. Musique instrumentale, musique plus proche du hood, etc. Mais pendant ma vie en France, depuis 15 ans et tout, voilà, la vie a fait que je découvre autre chose qui m’a beaucoup inspiré dans ma musique aussi, Pas seulement de la musique en fait, même des films, de l’image, tout simplement la vie ici en fait.
Alors j’ai lu que tu avais été inspiré par Björk, incroyable artiste, Bowie, un génie, Radiohead c’est pas mal. Du coup, quels artistes français as-tu ajouté aujourd’hui? Je pense que la première chose qui me vient à la tête, c’est vraiment Woodkid, parce que c’est quelqu’un que j’aime beaucoup. C’est quelqu’un que j’aime vraiment énormément, sa musique en fait, et qui m’inspire beaucoup. Quelqu’un qui est beaucoup inspiré par le cinéma aussi.
Un petit anecdote assez rigolo, je voulais toujours travailler avec quelqu’un de son équipe, avec son directeur artistique, spécifiquement Charlie Trambure. Et encore, le hasard a fait qu’on s’est rencontré avec Charlie, complètement au hasard, dans une salle d’escalade à Paris. Et on a fini par faire Mars, mon premier single, ensemble. J’étais très reconnaissant pour cette chance que la vie m’a donné. Alors en effet, Charlie Trimbur a travaillé pour Edith Preto, Woodkid, tu disais.
Et toi, comme Woodkid, il y a une passion de mélanger les images, la musique, une mise en scène, les habits, la façon de se tenir, notamment sur scène ou dans les clips. Tout ça, quand tu composes, tu fermes les yeux et tu vois des images Quand je compose, je pense toujours à la scène.? Automatiquement, sans me rendre compte, sans faire exprès, j’imagine ma musique plus sur scène qu’autre chose. Quand je compose, j’imagine vraiment l’énergie qu’on va emmener.
en jouant cette musique sur scène. J’imagine la lumière avec, j’imagine la mise en scène, les costumes, comme tu dis, etc. La présence qui fait partie de ma création, qui fait partie de choses vraiment très importantes pour moi pour compléter la musique. Je pense qu’aujourd’hui c’est vraiment très important l’image et tout ce qui accompagne la musique, l’image d’artiste, ce qu’on présente sur les réseaux sociaux. C’est ça, il faut être global, il faut penser un peu tous les réseaux, ce qu’on va laisser comme image.
C’est ça. Je pense qu’aujourd’hui, c’est super quand on est musicien et on fait que ça et tout. Mais je pense qu’aujourd’hui, c’est très nécessaire aussi de maîtriser un tout petit peu son image, sa présence sur le réseau, parce que c’est l’époque, c’est comme ça. Tout ça joue à l’identité artistique. Alors en 2015, tu commences à travailler sur ton premier album qui sort en 2019, qui s’appelle Burn Now.
Et puis là, c’est nouveau, c’est un voyage sur Mars que tu nous proposes. Qu’est-ce que tu nous as mis dans le clip, sur le visage? Qu’est-ce que c’est que cette matière que tu éteins? Ça se présente en fait ce clip pour moi. Déjà, c’était un clip qui a été tourné En fait, je voulais faire un truc très simple dans la technicité, mais qui reste très compliqué dans l’exécution.
Ce clip a été complètement tourné à l’envers, c’est-à-dire que j’ai appris ma chanson à l’envers, je l’ai chantée à l’envers et elle a été mise en reverse pour que ça reparte dans le vrai sens. Et ça, c’était pour avoir l’effet que quand je mets quelque chose sur… Dans le clip, j’enlève quelque chose sur mon visage qui symbolise une couche de… Qui fait référence à la pollution aujourd’hui. Comme si quelqu’un essaye de se débarrasser d’une couche qui l’empêche d’avancer, en fait.
ça donne référence à la résilience et à la résistance dans le sens un peu global et qui fait référence aussi bien sûr à mon peuple palestinien, qui fait aussi référence à la résistance personnelle parce que c’est quelque chose que l’on parle pas très souvent mais en tant qu’artiste parfois pour arriver à ce stade là et crier et sortir un album on passe par des phases assez bas en fait, assez dures, des phases de doute, de phase de peur Et souvent, on a tendance à faire semblant que tout est beau, tout est cool, on sort un album, on est content, mais personne ne parle vraiment de cette phase avant. Et pour moi, ce clip symbolise tout ça. La résilience à continuer à avancer, à s’arrêter, à aller vers quelque chose où on a envie d’être, en fait. Osam, quand on est un artiste franco-palestinien, évidemment, l’actualité est extrêmement douloureuse. Celle du peuple palestinien, mais globalement celle de la planète.
Une planète qui se dérègle avec des dirigeants qui font des choses un peu hallucinantes. Tu le disais, en même temps, c’est de l’inspiration, mais en même temps, on aimerait bien que ça s’arrête. Tout à fait. J’aimerais bien ne pas parler de tout ça. Oui, bien sûr.
Tous les artistes, on ne parle pas de tout ça. On n’est pas obligé de parler de tout ça. tout ce qui se passe dans le monde, parce que tous les jours, il y a des actus assez choquantes et tout. Mais c’est vrai que c’est aussi notre rôle de souligner tout ça. Comme tu dis, dans mon clip, dans Mars, en fait, je fais aussi référence à la pollution, à tout ce qu’on a fait sur Terre, à tout le bordel qu’on a créé ici.
Comme si, en fait, dans cette EP, j’appelle à Comme si j’avais envie d’aller chercher ailleurs, découvrir quelque chose d’inconnu, quelque chose de moins polluant.
moins problématique avec tous les problèmes qu’on a tous les jours. Beaucoup de climat, le sexisme, etc. Il y a tous les jours des trucs. C’est fatigant. Tous les jours, il y a un nouveau truc.
La politique, il y a énormément de choses à gérer et des fois, c’est juste intense. Du coup, tu as envie de dire bon, j’ai envie d’aller vers un truc beaucoup plus peace en fait. Mais on peut, grâce à ta musique, s’évader. Si Elon Musk t’appelle pour aller faire un petit voyage sur Mars, Est-ce que tu y vas? Non, ce serait plutôt symbolique dans le sens que j’ai envie de chercher un truc de l’inconnu dans la musique, de chercher, échapper vers quelque chose de beaucoup plus inspirant, à la rencontre d’autres musiciens qui m’inspirent.
Voilà, en espérant que tous ensemble on va réussir à changer un tout petit peu ce monde un peu problématique aujourd’hui. Osam, ma dernière question. Tu dois faire un choix. Tu dois faire un choix entre composer tranquille dans ton studio, au rythme que tu veux, aux heures que tu veux, avec les inspirations qui te viennent en tête, ou alors monter sur scène et distribuer ta musique à un public qui est devant toi. Tu choisis quoi?
Scène, bien sûr. C’est la scène, toujours la scène. Toujours la scène. Je vis vraiment avec la vision de la scène et c’est mon premier premier choix. Eh bien, si vous voulez retrouver Osam sur scène direction, le lien dans le descriptif de ce podcast.
On est sur une radio internationale. Là, on parle de dates qui ont lieu à Paris. Mais après, tu vas n’importe où dans le monde pour jouer ta musique. Tout à fait. J’avais déjà pas mal voyagé avec le premier album.
Je suis allé en résidence entre plusieurs pays. Taïwan, Espagne, Pologne, France, un peu partout. Voilà. Et normalement, j’espère que pour le prochain album, ça va être un peu pareil et encore plus, plus, plus. Eh bien, c’est tout ce que je te souhaite.
Vous le retrouvez sur les réseaux OSAM. Merci d’avoir été avec nous. Merci. Merci à toi, Gautier, pour l’invitation. Ça fait trop plaisir.

__________________________________________________
Podcast n°2668 (mars 2026)

Français dans le Monde (FDLM): le média de la mobilité internationale
Radios & podcasts disponibles partout, cherchez « FRANCAIS DANS LE MONDE »
Installez l’APP pour votre mobile
www.fdlm.fr

Podcasts à ne pas louper !