Voyage au cœur de Porto Alegre au Brésil avec Jean Luc Puyau

Avez-vous déjà envisagé de tout quitter pour vivre une aventure à l’étranger ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » réalisé en partenariat avec la Fondation des Alliances Françaises, nous vous emmenons à la découverte de la vie d’un expatrié français au Brésil. Rejoignez-nous pour explorer ce que signifie vivre loin de son pays natal tout en embrassant une nouvelle culture et un nouveau mode de vie.

Notre invité du jour est Jean Luc Puyau, directeur de l’Alliance Française de Porto Alegre. Originaire du sud de la France, Jean-Luc a parcouru le monde, de l’Espagne à l’Équateur, en passant par d’autres pays d’Amérique du Sud. Sa passion pour l’hispanisme et son engagement dans la coopération linguistique et culturelle internationale l’ont mené à occuper divers postes à l’étranger. Aujourd’hui, il partage avec nous son parcours fascinant et sa vie au Brésil.

L’épisode se concentre sur la richesse culturelle de Porto Alegre et les initiatives de l’Alliance Française dans cette région. Jean-Luc nous parle des projets phares tels que le Festival de la Chanson Francophone et le Prix Alliance Française d’Art Contemporain, qui renforcent les liens culturels entre la France et le Brésil. Il évoque également les défis et les joies d’enseigner le français dans une ville où la communauté francophone est restreinte, mais où l’intérêt pour la langue et la culture françaises demeure vibrant.

Voir le site de l’Alliance Française de Porto Alegre au Brésil

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Jean-Luc Puyo, direction l’Alliance française de Porto Alé. 10 minutes.
Allez, vous en avez de la chance. Je vous emmène à Port Joyeux. On va tout au sud du Brésil. 1,5 million d’habitants dans cette capitale de l’État, donc la plus au sud de ce bien beau pays. Bonjour, bienvenue Jean-Luc.
Bonjour Gauthier, bienvenue à vous tous qui me faites l’honneur de m’écouter. Voilà. Grâce au partenariat avec la Fondation des Alliances Françaises, j’ai beaucoup de chance, je voyage. Là, cette fois-ci, ça va être un voyage coloré. On est dans un décor qui est plutôt pas mal.
Tu vas nous parler de ta vie au quotidien, mais si tu le veux bien avant, un petit mot d’abord. Tu es fan de radio, t’adores ça. C’est un lien avec la France encore pour toi aujourd’hui? C’est extrêmement important. J’écoute beaucoup la radio, je m’informe de ce qui passe dans mon pays, bien entendu.
Et j’aurai beaucoup de plaisir de vous écouter sur TV5MONDE parce que je sais que vous donnez beaucoup de soleil aux gens qui vous écoutent. Ça fait du bien en ce moment. Il faut dire que la France est bien loin de toi, puisque pour y venir, tu viens à peu près une fois par an, c’est trois avions différents, donc il faut un peu prendre son courage à deux mains pour rentrer. Absolument, parce que je n’habite pas à Paris, donc je dois prendre un premier avion de Porto Alegre à Sao Paulo, un deuxième avion jusqu’à Paris et un troisième jusqu’à l’aéroport de Pau, puisque je suis hiberné, j’habite un petit village dans le sud de la France. Eh ben justement, on va y retourner dans ce petit village.
Tu vas pouvoir me donner son nom. Tu es originaire de là-bas. Je t’avoue que je ne l’ai pas retenu. Il est très exotique. Ça s’appelle Pardis Bietat.
Ça se trouve à 12 kilomètres au sud de Pau. Voilà, je suppose que rien que de le dire à la radio, ça te rappelle un petit peu le décor, les petites rues, les petits commerces et la famille. Tout à fait. D’ailleurs, je conseille à tout le monde d’aller dans le Béarn. C’est vraiment une très jolie région.
Pyrénées-Atlantique qui englobe aussi le Pays-Bas et toutes les jolies plages. Voilà, j’invite tout le monde chez moi. Très bien. Fais attention, on est écouté par 100 000 auditeurs chaque jour. Ça risque de faire un peu de monde.
Oui, parce que dans mon village, il n’y a que 459 habitants, donc effectivement, on dépasse ça. Tu fais tes études à Bordeaux, un peu en région parisienne également. Un passage par l’Espagne, parce que tu adores l’Espagne. Il faut dire que l’Espagne n’est pas très loin de ton petit village natal, mais cette passion pour l’Espagne va grandir avec les rencontres que tu vas faire avec le temps. Oui, je suis devenu hispaniste.
C’est souvent le cas lorsque l’on est écoliers, lycéens, on rencontre des enseignants qui peuvent éventuellement nous influencer. Donc ça a été mon cas, je voulais faire des lettres, lettres modernes sans doute à l’origine, puis je suis devenu spécialiste entre guillemets de l’espagnol. Et professeur de français à Madrid. et professeur de français à Madrid pendant un temps, avant de devoir faire ce qui n’existe plus, puisque on va évoquer un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, la coopération militaire. Ça existait encore.
Te voilà du coup à Quito, en Équateur. C’est d’ailleurs là que tu vas découvrir les alliances françaises. Tout à fait, j’ai eu la chance d’y être pendant deux années alors que je découvrais tout, j’étais pris en main par l’équipe qui s’en occupait, directeur, directeur pédagogique et je me suis vraiment beaucoup intéressé pour la coopération linguistique et culturelle internationale à tel point que ça orientait ensuite ma carrière puisque j’ai occupé plusieurs emplois à l’étranger comme tu sais. Et puis irrésistiblement, l’Amérique du Sud va revenir plusieurs fois sur ton parcours. C’est ça, j’ai été en poste en Équateur, on vient de le dire.
Ensuite, j’ai été attaché de coopération pour le français et attaché de coopération universitaire dans plusieurs pays, notamment en République dominicaine, Brésil, à Sao Paulo. J’ai été aussi en poste à Tirana, en Albanie. C’était un autre monde culturel. Et puis, directeur d’alliance à Porto Alegre depuis 2023. Et pour compléter ton CV, tu es également enseignant-chercheur, maître de conférences à Montpellier.
à l’Université Paul-Bavéry, Département d’Espagnol. Effectivement, c’est un ensemble cohérent avec l’hispanisme. Je vais te reprojeter Jean-Luc, en 2023, tu te portes candidat pour un poste de directeur à l’Alliance Française de Porto Alegre et tu es choisi. Et te voilà donc dans l’avion pour arriver dans cette Alliance Française. Est-ce que tu peux me décrire un petit peu quand t’es arrivé dans la ville, l’Alliance Française, souvent elles sont jolies, un petit peu comment ça s’est passé tes débuts?
J’ai découvert Porto Alegre parce que j’avais fait une mission dans le passé en tant qu’attaché de Composant pour le français à São Paulo, mais une mission très brève. Donc, je ne connaissais pas Porto Alegre, j’ai découvert la ville. C’est un endroit vraiment intéressant. Il y a une sympathie pour le français dans la ville. Il y a, comme souvent au Brésil, des gens qui ont fait du français dans leur vie.
un peu plus âgés, et l’Alliance française était agréable, avec une bonne équipe, avec un comité très sympathique, s’il m’écoute, je le salue volontiers, ainsi que mes collègues. On a pu travailler, on a pu faire des choses intéressantes, au plan culturel notamment, Tanné parlait tout à l’heure, puisque nous avons un programme ici qui permet à une entreprise naissante de défiscaliser, pour appuyer l’activité culturelle de l’Alliance française, et on a la chance d’avoir ce type de programme à Porto Alegre. Alors la ville, aujourd’hui, on ne peut pas dire que ce soit une grosse communauté francophone. On parle de 250 français inscrits sur le registre, donc on va dire, allez, à la louche, 500 français. Ils sont un petit peu ailleurs au Brésil, ils sont plus du côté de São Paulo ou de Rio de Janeiro.
25 à 30 000 français au total sur l’ensemble du Brésil, mais ils ne sont pas forcément près de chez toi. C’est vrai, à tel point qu’on a mis en place un programme pour avoir une enseignante française à temps plein, c’est extrêmement intéressant, un programme de volontaire solidarité internationale, donc j’ai une collègue française ici et puis les autres qui m’entourent sont des brésiliens, francophones, francophiles, enfin… Tout ça est clair. Mais je ne rencontre pas beaucoup de Français, c’est vrai. Une petite communauté ici.
On est vraiment bien immergés dans le Brésil. Et il y a un tourisme qui plaît aux Brésiliens, qui veulent un peu de fraîcheur, puisque vous avez des montagnes. Comme le pays est plutôt chaud, là, c’est l’occasion pour eux de prendre un coup de frais, ce qui n’est pas la recherche d’un Français, souvent. Côté de Porto Alegre, il y a une ville qui s’appelle Gramado, une autre qui s’appelle Canela. Et ce pôle-là, Gramado-Canela, attire beaucoup de Brésiliens venant d’autres États qui veulent connaître l’expérience du froid.
Quand on habite dans le chaud nord-est, avoir froid est une expérience exotique. Donc il y a un tourisme interne, je dirais, qui est très important dans cette partie-là. Alors vous êtes dans un endroit qui est quand même un peu magique, entre le Rio Guabia, je me suis peut-être un petit peu trompé, et de nombreuses îles de jolies végétations, organisées par quartier? Tout à fait. Le quartier de l’Alliance France est un quartier de classe moyenne, de classe moyennisée.
On est bien situé, les transports sont assez faciles à Porto Alegre, on peut bien se déplacer. Donc il y a une partie fonctionnelle qui va bien, oui, pour notre travail. Et on a des bâtiments très colorés, je vois sur les photos, parce que évidemment, je n’y suis pas. On est en visio au moment où on fait ça. Moi, je suis à Lille.
Toi, t’es de l’autre côté du monde, donc je me contente de photos, mais je découvre une bien jolie ville. C’est vrai, avec des saisons très marquées. C’est un climat qui rappelle un peu l’Europe. L’été est franchement chaud, l’hiver est plus froid. Donc avec une alternance tout au long de l’année, une variété qui est assez agréable, oui, tout à fait.
Alors maintenant, on va pousser les portes de l’Alliance française et découvrir notamment deux au rendez-vous importants. Depuis 18 ans, vous organisez un concours de la chanson francophone, le Festival de la chanson, l’occasion de chanter en français chaque année. C’est une idée qu’un de mes prédécesseurs a eue il y a donc bien longtemps, 18 ans. Et ce concours de chansons françaises et francophones a eu beaucoup de succès à Porto Alegre, également au Brésil, puisqu’il est devenu national à une certaine époque, et maintenant il est revenu local. Ça fait partie des événements phares que les gens apprécient et attendent.
Il y a un capital sympathique autour de ce concours. Et puis on va parler à tous ceux qui connaissent bien La Rochelle, puisque votre ville est associée avec une résidence artistique croisée. Résultat, vous avez des artistes qui viennent de La Rochelle et vous envoyez des Brésiliens là-bas. Nous avons la chance de recevoir chaque année, effectivement, pour une durée de deux mois, un jeune artiste rochelais qui va développer son œuvre au Brésil. Il va travailler chez un partenaire, Fondation Iberé Camargo de Porto Alegre.
Et au terme de ce séjour, il fera une exposition dans un lieu assez bien situé de l’Amérique. Dans le sens contraire, un artiste brésilien ira à Porto Alegre et aura une expérience similaire. C’est un de nos programmes phares qui s’appelle Prix Alliance Française d’Art Contemporain. Jean-Luc, depuis 2023, installé à Porto Alegre, comment tu vois la suite? Tu te sens vraiment bien là-bas?
Tu as envie de poursuivre l’aventure en Amérique du Sud? Dis-moi, c’est le moment de lancer un petit peu tes prochaines envies? Alors, moi, je suis en fin de mission, mais oui, effectivement, je me sens bien porte à l’aigle. Je pense qu’il y a dans cette ville un potentiel intéressant au niveau de la diffusion culturelle, culture francophone, aussi au niveau de l’enseignement du français. Il y a intérêt pour cette langue.
Il y a un public âgé qui a déjà appris le français à la jeunesse. qui veut retrouver ce qu’il savait, réapprendre, se souvenir, etc. Et puis il y a des jeunes, on a des petits-enfants qui ont 6 ans, de 6 à 10 ans, adolescents, de jeunes adultes. Donc oui, je pense que la francophonie a, comment dire, une sympathie, un capital sympathie à Porto Alegre, et le directeur de l’Alliance essaye avec ses moyens de le faire fructifier. En tout cas, moi j’ai beaucoup de plaisir à essayer, voilà, de relever ce défi qui est l’enseignement et la promotion du français.
Je te souhaite une excellente mission là-bas. On va terminer comme tout bon français à table. Est-ce que tu peux me parler d’un plat et d’une boisson que tu pourrais me servir si je venais en fin de journée passer la bordure de soirée avec toi? Alors, si tu venais à Porto Alegre, je devrais absolument, sous peine de ne pas remplir mon contrat d’hôte, je devrais absolument t’amener dans une churrascaria. Ici, les gens aiment beaucoup la viande grillée, elle est très bonne, c’est une spécialité locale.
Donc on irait dans une churrascaria et peut-être qu’on boirait un verre de vin de la région, puisqu’il y a une région vinicole. le riz blanc douceau. Le climat est propice à la fabrication de bons vins, donc voilà ce qu’on ferait. Ce ne serait pas extrêmement exotique, mais ce serait bon, je crois, Gauthier. Je pense que tu serais content d’être venu.
En tout cas, je ferai en sorte que tu le sois. Je ferai de mon mieux pour t’accueillir. Merci beaucoup, en tout cas, pour ce voyage sur la radio des Français dans le monde, en partenariat avec la Fondation des Alliances Françaises. Je te souhaite le meilleur, Jean-Luc. Au plaisir de te retrouver.
Merci beaucoup de ta gentillesse et à bientôt avec très grand plaisir sur Les Ondes. Au revoir, Gauthier.

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Podcast n°2682 (mars 2026)

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