Le trophée ASEAN « Développement Durable » de Sarah Kolbenstetter

Avez-vous déjà réfléchi à l’impact de vos choix de vie sur le monde qui vous entoure ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », réalisé en partenariat avec Lepetitjournal.com, nous plongeons dans le parcours fascinant de Sarah Kolbenstetter, une femme dont la vie a été profondément marquée par la mobilité internationale. En grandissant avec une mère diplomate et des parents globe-trotters, Sarah a développé très tôt une passion pour l’expatriation et l’exploration culturelle. Mais au-delà du simple voyage, elle s’est engagée à faire une différence positive dans chaque pays qu’elle a habité.

Sarah Kolbenstetter, notre invitée du jour, est actuellement basée à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Après avoir grandi en Alsace, ses études l’ont menée en Belgique, en Angleterre et aux Pays-Bas, avant de débuter sa carrière dans le domaine de la francophonie au Sénégal. Son parcours est marqué par un engagement constant envers les causes humanitaires et environnementales. En 2021, elle a fondé Little Greens Park, une entreprise au Cambodge dédiée à la réduction des déchets, avec un focus particulier sur le textile et la construction. Récemment, elle a été honorée du trophée développement durable ASEAN 2025 par Lepetitjournal.com, une reconnaissance qui lui a redonné un élan après une année difficile.

Dans cet épisode, Sarah partage ses réflexions sur les défis environnementaux, notamment la gestion des déchets, un sujet souvent sous-estimé mais crucial. Elle explique comment son entreprise adopte l’approche du zéro déchet, qui privilégie la réduction des déchets à la source plutôt que leur gestion après coup. Sarah discute également des complexités liées au choix des matériaux, soulignant que des solutions apparemment écologiques peuvent parfois être trompeuses. Elle met en lumière l’importance de l’observation et de l’adaptation culturelle dans le cadre de l’expatriation, et exprime son désir de continuer à explorer le monde, avec la Chine comme prochaine destination potentielle.

Voir l’article concernant Sarah sur Lepetitjournal.com

Voir le site web de l’entreprise

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes. Alors, je vais essayer de dire son nom sans me tromper. Sarah Kolbenstel… Voilà, j’ai pas réussi.
Sarah, faut que tu m’aides. Sarah Kolbenstetter. Voilà. 10 minutes. 10 minutes.
Un bon nom de famille qui vient d’Alsace, c’est toujours difficile à dire pour un animateur. Bonjour, bienvenue Sarah. Bonjour, merci. Tu es dans la capitale du Cambodge au moment où on se retrouve avec le fameux décalage horaire. Ça va, la journée s’est bien passée?
Très bien. Bon, on va se promener dans ton parcours, dans le monde aussi, parce qu’on peut dire que tu t’es pas mal promenée. T’as la bougeotte? Un petit peu, oui. Tu penses qu’avec une maman diplomate, des parents qui voyageaient beaucoup, ça t’a donné le goût de l’international?
Ouais, absolument. En grandissant dans ma famille, on a pas mal déménagé, on a vécu à l’étranger. Et mes parents nous racontaient aussi des histoires de leur mission avant qu’on soit nés. Tout ça m’a inspirée à partir et découvrir le monde. Quand on voyage beaucoup, même très jeunes, on fait un dossier sur le déménagement international.
Comment on recrée son cocon? Comment on recrée sa chambre? On la recrée à l’identique ou on en invente une nouvelle à chaque fois? Moi, j’invente une nouvelle à chaque fois. Je m’inspire un peu des pays dans lesquels je vais.
J’adore la décoration. Donc, j’adapte toujours un petit peu. Il y avait quand même un doudou qui faisait le trait d’union entre chaque chambre. Non, pas du tout. Non, même pas de doudou.
On se voit en visio, elle va me regarder en disant non, pas ça. En tout cas, tu as en effet pas mal voyagé. Après avoir grandi en Alsace, tu vas vivre un peu en Belgique, faire des études en Angleterre et aux Pays-Bas et puis ensuite commencer des stages dans des ONG. Là, le goût de l’autre, le goût d’aider les autres. Oui, tout à fait.
C’est ce qui a vraiment défini mon parcours depuis le début, depuis que j’ai commencé mes études. C’est que je voulais faire quelque chose qui serve, qui ait une valeur ajoutée pour l’humanité ou pour la planète, puisque c’est ce que je fais maintenant et c’est toujours ce qui a guidé mes décisions. Tu vas avoir ton premier emploi dans le domaine de la francophonie. Te voilà au Sénégal en 2013. Alors tous ces changements de décors, on peut dire qu’ils sont différents à chaque fois.
C’est quoi ça? Un temps d’adaptation qui est rapide chez toi? Tu as une capacité à la caméléon de t’adapter? Oui, je pense. Je pense.
Je ne dis pas que c’est facile à chaque fois. Ça prend du temps, évidemment, du temps d’adaptation. Au Cambodge, c’était différent par rapport au Sénégal, parce qu’au Cambodge, on parle pas français contrairement au Sénégal donc c’était encore des nouveaux challenges et évidemment ça demande toujours un petit temps d’adaptation mais c’est aussi ça qui fait la beauté de l’expatriation selon moi. Le temps d’adaptation c’est un temps d’observation selon toi? Oui absolument il faut observer et comprendre dans le contexte dans lequel on atterrit pour s’adapter c’est évident.
Est-ce que tu te prépares aux différences culturelles? Est-ce que tu te renseignes un peu avant d’arriver dans le pays? Bien sûr, bien sûr. Même si le choix du pays n’est pas toujours défini par une volonté, puisque ça dépend souvent des offres d’emploi que j’ai eues, je me renseigne toujours sur le pays dans l’espoir de l’intégrer au mieux une fois que j’y serai. Lorsque tu arrives au Cambodge, tu vas te pencher sur les questions environnementales et notamment le grand sujet des déchets.
L’être humain fabrique un nombre incroyable de déchets, on ne s’en rend pas compte. Oui absolument. Je pense que les déchets c’est un sujet qui est à la fois connu et pas connu. Je pense que beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’une fois qu’on jette quelque chose à la poubelle, ça ne disparaît pas comme ça et que ça doit aller quelque part et ça a forcément un impact. Et ça c’est le message que j’aimerais faire passer aux gens, pas seulement aux Cambodgiens, puisque je suis là actuellement, mais de manière générale, le sujet des déchets est un sujet trop souvent oublié.
qui n’intéressent pas forcément les gens. Et moi pourtant, je trouve que c’est un sujet fascinant et j’adore mettre les mains dans les poubelles et plouiller les poubelles des gens. Ça me fait rire. Donc j’essaie de faire partager mon goût pour le sujet et ma passion. Est-ce que notre vieille Europe s’organise au sujet des déchets?
Parce qu’il y a des légendes urbaines qui disent qu’on met tout dans des poubelles, dans des poubelles avec du tri et qu’au final, quand ça arrive à l’usine, tout est mélangé, qu’on a fait tout ça pour rien. Qu’est-ce qui est vrai et faux là-dedans? Je pense qu’en Europe, alors je ne peux pas parler pour tous les pays européens parce que je connais particulièrement la France, mais en France, on a fait énormément d’améliorations pour la gestion des déchets. Plutôt récemment, ça ne fait pas si longtemps que ça, ça reste très imparfait, on n’a pas tout à fait les capacités de recyclage qu’on devrait avoir et il y a encore beaucoup de déchets qu’on ne traite pas comme on devrait les traiter mais je pense que globalement ça va dans la bonne direction et je pense qu’il y a eu une prise de conscience aussi sur ce sujet là et que les choses bougent quand même malgré tout. Est-ce que les industriels ont vraiment intégré la donnée aujourd’hui dans les emballages, dans le stockage ou moyen bof?
Ouh là, j’ai vu sa tête, chers auditeurs, ça ressemble à du Moyen-Orient. Qui écoute ce podcast, je suis pas sûre. Non, je pense que les industriels sont plus réactifs que proactifs, je pense, sur le sujet, malheureusement. La réalité est aussi que les emballages plus durables coûtent aussi plus cher. Donc il y a plein de choses à prendre en compte.
Je n’ai pas envie de pointer du doigt qui que ce soit. C’est un sujet complexe, évidemment. Il y a plein de matériaux qu’on découvre, mais on ne connaît pas encore leurs effets, par exemple sur l’environnement ou sur la santé des gens. Donc je comprends que ce soit un milieu très facile, très difficile à naviguer pour tout le monde. Cela dit, je pense que les industriels pourraient être un petit peu plus proactifs.
On a cette incroyable enquête autour de la bouteille Coca-Cola. Dans les années 80, ils vont organiser une enquête et constater que le recyclage est la meilleure solution. Ils vont choisir finalement le plastique. On a fait beaucoup d’erreurs. On a fait beaucoup d’erreurs, je suis sûre.
Je ne sais pas de quel documentaire vous parlez exactement, mais c’est vrai que surprenamment, parfois, le plastique est la meilleure solution. Parce que, par exemple, le verre, là on parle de Coca-Cola, même si je ne sais pas de quel documentaire on parle, c’est vrai que le verre, par exemple, en termes de transport, ça coûte beaucoup plus cher que le plastique. Et ça, c’est des choses que je découvre au fur et à mesure dans mon travail de tous les jours. Moi aussi, au début, je pensais que tous les plastiques étaient mauvais. Et au fur et à mesure que je me penche sur la question, je me rends compte que parfois, le plastique est une bonne alternative et que des solutions qu’on pense être écologiques, comme le papier, par exemple, sont beaucoup moins écologiques que ce qu’on pense.
C’est vraiment une équation compliquée parce qu’il faut tout intégrer. C’est ça. Vraiment, regardez le cycle de vie du produit en entier. En 2021, tu vas créer ta société au Cambodge qui s’appelle Little Greens Park avec deux secteurs prioritaires, le textile, la construction. Tu veux un zéro déchet.
Tu penses que c’est une vraie solution? Non, alors zéro déchet, c’est l’approche que j’utilise. Le zéro déchet, c’est une approche internationale. Ce n’est pas moi qui l’ai inventée et qui prône la réduction des déchets avant la gestion des déchets. C’est-à-dire qu’on essaye de ne pas générer le déchet au lieu de devoir le gérer plus tard.
C’est l’approche qui, pour moi, fait le plus de sens, notamment dans un contexte comme le Cambodge où la gestion des déchets et le traitement des déchets est très limité. Quand j’ai monté l’entreprise, ce n’était pas du tout les secteurs prioritaires, mais pour 2026, c’est les secteurs que j’ai identifiés comme prioritaires. Le textile, c’est un énorme secteur au Cambodge qui fait vivre énormément de gens, qui va devoir s’adapter aux nouvelles régulations venant d’Europe et des Etats-Unis. La construction, c’est un autre secteur qui est très présent au Cambodge, qui construit énormément, notamment dans la capitale, qui est très peu régulé pour l’instant, ce qui pose beaucoup de problèmes environnementaux. Il y a quelques semaines, coup de fil de Capucine de l’équipe de Le Petit Journal à Paris, elle t’annonce que tu rafles un trophée.
Tu as gagné le trophée développement durable 2025 par lepetitjournal.com et tu m’as dit ce trophée m’a reboosté. T’avais besoin d’un petit coup de fouet. Oui, j’avais besoin d’un petit coup de fouet après l’année 2025 qui a été très difficile, je ne sais pas ailleurs dans le monde, mais en tout cas pour le Cambodge. Beaucoup de mes clients ont souffert de la situation politique avec la Thaïlande. Beaucoup de mes clients ont souffert des annonces aussi des tarifs de l’administration Trump.
Et tout ça a créé un contexte un peu incertain. qui faisait que les entreprises n’avaient pas envie d’investir dans la durabilité, ce que je comprends et que je respecte tout à fait. Mais du coup, 2025 a été compliqué et recevoir le trophée en fin d’année m’a vraiment reboosté. En tout cas, félicitations Sarah pour ce trophée. Je vais te ramener également un peu dans ton Alsace natale, te parler des beaux décors de Noël, des bretzels et de tous ces plats que tu n’as pas forcément au Cambodge aujourd’hui.
Tu arrives à revenir une fois ou deux par an en France? Oui, j’essaie de revenir une fois ou deux. Oui, ça te fait du bien. Et ça me fait toujours du bien, oui. J’aimerais pouvoir rentrer plus souvent, mais malheureusement, avec la distance Cambodge-France, c’est compliqué.
Quand tu reviens en France, tu la trouves changée, cette France où tu passes finalement très peu de temps? Je pense que c’est très difficile pour moi de voir si elle a changé, parce que comme je n’y suis pas tous les jours et je ne vis pas la réalité des gens là-bas tous les jours, c’est difficile pour moi à voir. Et oui, je vous avoue que ça dépend aussi un petit peu de la saison, c’est-à-dire que quand je rentre en hiver, je vois que les gens sont moins avenants, moins gentils que quand c’est l’été. En tout cas, si tu viens deux fois par an, viens une fois en été et une fois en hiver, comme ça, l’affaire sera résolue. Sarah, merci beaucoup pour ce témoignage.
Félicitations pour ce trophée de la part de toute l’équipe du Petit Journal et de la radio des Français dans le monde. La prochaine fois qu’on se parlera, tu seras où? Tu as déjà un endroit dans le monde où tu te dis, là, je n’y suis jamais allé, il va falloir que je mette mes pieds. Pour le travail ou personnellement? Je ne sais pas.
Voilà un endroit qui te fait un peu kiffer. Alors moi, j’ai très envie de découvrir la Chine. Très bien. Par curiosité. Écoute, on verra si dans le futur, on se retrouve là-bas.
Exactement. A bientôt. Merci, à bientôt. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le monde.

__________________________________________________
Podcast n°2664 (mars 2026)

Français dans le Monde (FDLM): le média de la mobilité internationale
Radios & podcasts disponibles partout, cherchez « FRANCAIS DANS LE MONDE »
Installez l’APP pour votre mobile
www.fdlm.fr

Podcasts à ne pas louper !