Découverte de la Roumanie francophile avec Catalina Costache

Avez-vous déjà envisagé de vivre dans un pays où la langue française est encore présente malgré les barrières géographiques et culturelles ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » réalisé en partenariat avec FLAM Monde, nous vous emmenons en Roumanie, un pays où le français conserve une place particulière dans le cœur de ses habitants. Gauthier Seys, l’animateur, engage une discussion fascinante avec Catalina Costache, qui nous éclaire sur les liens historiques et actuels entre la Roumanie et la francophonie.

Catalina Costache est une passionnée de la culture française, née en Roumanie et ayant vécu une partie de sa vie en France grâce au programme Erasmus. Elle a étudié à Clermont-Ferrand et a ensuite vécu dans plusieurs villes françaises avant de retourner en Roumanie avec sa famille. Aujourd’hui, Catalina est présidente de l’Association des Français de Sibiu, où elle s’engage activement à promouvoir la langue et la culture françaises parmi les enfants et les familles locales.

Dans cet épisode, nous explorons la ville de Sibiu, une ville médiévale au cœur de la Roumanie, riche en histoire et en culture. Catalina nous parle de son rôle dans la promotion de la francophonie à travers des activités éducatives et culturelles, et de l’importance de maintenir les liens avec la langue française dans une région où l’allemand est également très présent. Elle partage également des anecdotes sur la vie locale, la gastronomie française à Sibiu, et l’attrait touristique de cette charmante ville, qui fut la capitale européenne de la culture en 2007.

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Catalina Costaqué. Je le fais un petit peu presque ça. Costa, j’en deviens à la française. Direction la Roumanie.
10 minutes. 10 minutes. Le podcast des français dans le monde. Dans le cadre de notre partenariat avec Flammemonde, on va se rendre dans un pays où nous allons finalement relativement peu, la Roumanie. Vous prenez la carte de la Roumanie et on va aller tout au centre retrouver Catalina.
Bonjour et bienvenue. Bonjour Gauthier. Alors il faut dire que c’est un pays qui était très francophile avant la révolution de 89. On apprenait le russe et le français à l’école. Oui, je dirais que ça l’est encore, Bautier, malgré le contexte.
La génération de mes parents avait l’habitude d’étudier le russe et le français à l’école. Donc, mes parents se souviennent encore un peu du français, même s’ils ne l’ont pas beaucoup pratiqué. Mais bon, il paraît, eux, ils me le disent, les professeurs étaient mieux avant. En tout cas, la Roumanie a un fort lien avec la francophonie, mais à Sibiu, les choses sont un peu différentes. Alors nous on dit Sibiu, toi tu dis Sibio, le U devient le O, c’est ça à peu près?
Sibiu. Sibiu, bon voilà, presque. J’ai essayé de restituer. Comme toi, tu me disais que c’était une région plutôt germanophone aujourd’hui. Tout à fait, c’est-à-dire que ça faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois et nous avons eu beaucoup de colons saxons, je crois que ça s’appelle saxon, on dit Sachsen en allemand, qui fait que cette réalité-là, cette histoire-là, fait qu’il y a encore beaucoup de gens qui parlent allemand à Sibiu et je dirais dans toute la région, qu’il y a des écoles avec enseignement en allemand, Et d’ailleurs, mon fils, le plus jeune, étudie dans une telle école, c’est-à-dire au double enseignement et en allemand.
Des fois, on voit le double affichage dans les objectifs touristiques, quand on se promène. On est dans une ville médiévale. Alors, je me promène un peu sur Google pour voir les photos de la ville. C’est très joli. Tu me disais que ça ressemblait un peu à Annecy, que tu connais aussi.
Oui, je crois que les villes médiévales me hantent en quelque sorte, puisque j’ai habité Annecy, en effet, quand j’étais en France et ça me rappelle un peu cette architecture-là. Les petites ruelles pavées, c’est très charmant. Il y a beaucoup de touristes ici à Sibiu, comme à Annecy. Par contre, on n’a pas, je dirais, le petit ruisseau charmant qui traverse, et les canons qui traversent la ville. On a une rivière mais qui ne traverse pas forcément le centre.
Mais autrement c’est dans les montagnes, c’est charmant, il y a des ours, il y a des loups. Voilà, il faut faire attention en se promenant, ne pas croiser un ours, ça t’est déjà arrivé? Oui, quand j’habitais dans un village juste à côté de Sibiu, je devais traverser une forêt pour aller à la maison et j’ai vu, il y avait une maman ours avec ses trois petits qui traversaient tranquillement. Et alors tu as fait quoi? Je me suis tout simplement arrêtée et je me suis régalée du spectacle.
Mais en même temps, ça fait un peu peur. J’imagine. Alors toi, en effet, tu es d’origine roumaine, mais tu es venue en France dans le cadre de Erasmus, ce fameux Erasmus européen qui t’a permis de découvrir Clermont-Ferrand. Pourquoi Clermont-Ferrand? Je veux dire qu’en France, la tradition, ce serait Paris.
Eh bien, parce que l’université de Clermont-Ferrand avait un accord de partenariat avec l’université de Liège, au nord-est de la Roumanie, la ville où je suis née et où j’ai fait mes études de finance. Et donc, dans ce cas de ce partenariat, je crois qu’il y avait deux autres villes partenaires en France. Il y avait Poitiers et Dunkerque, à propos du nord. Et j’ai choisi Clermont parce que c’était au milieu, parce qu’il y avait des montagnes. Et je ne le regrettais pas.
Tu as vécu 14 ans en France, tu as eu ton DESS banque et finances, tu as connu Toulouse, Grenoble, mais pour un choix familial avec ton conjoint, vous décidez il y a 11 ans de revenir vivre en Roumanie. Toutefois, toute la famille a les deux nationalités aujourd’hui. Exactement, oui, j’ai deux garçons, le premier est né en France, il aura bientôt 18 ans cette année. Il s’appelle Igor et il a vécu en France jusqu’à la fin de la maternelle et donc il est bilingue, roumain français, il a la nationalité française. Et puis le deuxième, Pavel, il est né à Sibiu même, mais il a eu la nationalité française par naturalisation.
Voilà, j’essaie d’apprendre le français, mais sans autant de succès. Ça marche moins bien. Alors justement, on va parler de ton rôle de présidente de l’association, l’Association des Français de CBO. 40 enfants se réunissent pour des activités en semaine. Tu es assez fière parce que tu m’as dit que quand tu avais commencé le poste de présidente, il y en avait une vingtaine.
Donc tu as réussi à capter de nouvelles familles francophiles, francophones. Oui, je pense qu’il ne faut pas faire vraiment grand chose pour capter ces familles parce que les parents, surtout quand les enfants sont plus petits, sont très ouverts pour ce genre d’apprentissage adapté pour une langue internationale comme le français. Je disais que l’allemand est beaucoup plus accessible à Sibiu, donc le français ça fait une différenciation. on a la chance d’avoir la ville de Sibio qui est jumelée avec la ville de Rennes, en Bretagne, et le département de Sibio qui est jumelé avec le département de Ille-et-Vilaine, ce qui fait qu’on a une maison qui s’appelle Maison de la France, ou Maison Ille-et-Vilaine, qui est née suite à ce partenariat, et donc c’est dans cette maison-là qu’on déroule les cours, qu’on a une médiathèque, et les gens l’assimilent vraiment à la francophonie. Très bien.
Alors où se trouvent les 5.000 Français? J’en parlais tout à l’heure sur le territoire. Là, on est à Sibiu. Je suppose que nombreux sont à Bucarest? Oui, la plupart sont à Bucarest.
Alors, je n’ai pas de statistiques officielles, mais à chaque fois que je vais à Bucarest, je suis étonnée par le nombre de gens qui parlent français dans la rue, parce que forcément, j’ai une oreille pour ça. Et c’est très agréable, beaucoup moins à Sibiu bien sûr, plus dans les grandes villes comme il y a chez Cluj, je dirais. Il faut savoir aussi qu’il y a des universités en Roumanie qui ont des sections en langue française. Et vous avez… Université de médecine, pardon.
Vous avez notamment l’OTAN qui est pas loin, pas mal de familles militaires qui sont également présentes sur le terrain pour ça. Alors vous, vous rassemblez avec les enfants et vous avez des activités, projections de films, vous avez des ateliers de conversation, la semaine de la francophonie, l’occasion de parler de cette jolie langue française. Voilà, vous arrivez tout au long de l’année à inventer des rendez-vous pour parler de cette francophonie. Voilà, je dirais que tout prétexte est bon pour parler de la francophonie. L’offre crée la demande.
Et ça, c’est toujours vrai aujourd’hui. Si on propose aux gens des activités attirantes pour les enfants, par exemple, on a eu la galette des rois. avec des jeux de société pour les familles, donc on a eu beaucoup, beaucoup de monde. On avait presque plus de place à les accueillir, toutes les galettes sont parties. Là, ce soir, on a un atelier de conversation en langue française avec un bénévole qui vient du sud de la France, un monsieur qui est à la retraite, qui, bien sûr, habite à Sibiu et qui veut garder le lien avec la francophonie.
Et du coup, le sujet sera le transport ferroviaire. Et alors, petite question pragmatique, est-ce que vous parlez parfois de gastronomie française aussi? Mais bien sûr, puisqu’on a parlé de la galette des rois, mais il n’y a pas que ça. Alors, il faut savoir que Sibiu, je disais, c’est une ville très touristique. Nous avons un restaurant qui s’appelle Jules, comme Jules, comme prénom.
qui est francophone à Sibiu. Et la patronne, je dirais, c’est une dame qui a vécu en France, qui a travaillé pour Louis Vuitton à Paris, qui a travaillé dans le monde de la mode et qui est très passionnée par la gastronomie française. Donc, à chaque occasion, bien sûr, elle est là pour nous proposer des bons vieux plats français et francophones. Et on a eu, par exemple, là pour la Chandler, les crêpes Suzette, qui sont magnifiques. Très bien.
En tout cas, je ne sais pas, c’est peut-être une idée aussi de voyage pour les Français qui vivent en Europe, de venir à Sibiu plutôt que d’aller dans la capitale, parce que les photos que je vois sont assez stupéfiantes. C’est très, très joli. Il y a des touristes. Ah oui, c’est plein de touristes. Sibiu est une ville culturelle aussi, et c’était la capitale européenne de la culture en 2007.
Bon, il y avait le huracán, mais quand même. et il a séduit le festival de théâtre dans le top 3 mondial, à savoir avec Avignon et Edinburgh en Écosse, il y a le festival de Sibiu et nous avons y compris des théâtres français. qui viennent les plus prestigieux. Ça se passe fin juin. Pendant une semaine, la ville est complètement bloquée.
Il n’y a plus de place pour se loger, donc les gens commencent à réserver dès le début de l’année. Et c’est génial pour ceux qui aiment le théâtre. Et bien en tout cas, Catalina, pour les Français ou en tout cas ceux qui veulent maintenir du français, il y a une école flamme en plein cœur de la Roumanie. La page Facebook est présente dans le descriptif de ce podcast. Si vous voulez entrer en relation avec Catalina et ses équipes, on va embrasser tout le monde et tous les enfants qui viennent chaque semaine.
Merci Gauthier, tu le transmettrais. Merci, salut. Salut. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr.

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Podcast n°2678 (mars 2026)

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