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Généalogie et Expatriation avec Grégory Viguié

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Vous êtes-vous déjà demandé d’où vous venez et qui vous êtes réellement ? Dans cet épisode du podcast « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », Gauthier Seys explore ces questions fascinantes avec son invité, Grégory Viguié, un expert en généalogie. Ensemble, ils discutent de l’importance de connaître ses racines, surtout pour ceux qui ont beaucoup voyagé ou vécu à l’étranger.

Grégory Viguié est un généalogiste passionné, basé à Nîmes, qui a consacré sa vie à retracer les histoires familiales. Né en 1975 à Nîmes, il a passé une partie de son enfance en Allemagne en raison de la carrière militaire de son père. Après des études d’histoire à Montpellier, il s’est spécialisé dans la période de la Première Guerre mondiale et a obtenu un diplôme de généalogiste. Depuis 2011, il dirige sa propre étude, aidant particuliers et professionnels à découvrir leurs ancêtres et à reconstituer leurs arbres généalogiques.

L’épisode se concentre sur la manière dont la généalogie peut aider les expatriés à se reconnecter avec leurs racines françaises. Grégory explique les défis et les joies de la recherche généalogique, notamment la découverte de documents anciens et la reconstitution d’arbres généalogiques. Il partage également des anecdotes sur ses clients, dont certains vivent à l’étranger depuis des générations, et explique comment il parvient à remonter le temps jusqu’au XIIe siècle grâce à des archives bien conservées. Pour ceux intéressés à en savoir plus sur leur histoire familiale, cet épisode offre un aperçu captivant du monde de la généalogie.

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https://etude-gregory-viguie.com/

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Podcast n°2216 (Juillet 2024) produit par www.FrancaisDansLeMonde.fr, 1ère plateforme multimédia pour ceux qui se préparent, qui vivent ou qui rentrent de mobilité internationale. Ecoutez nos radios et nos podcasts « Expat » en installant l’application mobile gratuite.

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Chapitrage de l’épisode

00:00:01-Introduction du podcast
00:00:23-Présentation de l’invité, Grégory Villiers
00:00:38-Enfance de Grégory en Allemagne
00:01:72-Souvenirs d’Europa-Park et de l’expatriation
00:02:131-Passion pour l’histoire et la généalogie
00:02:165-Lancement de l’entreprise de généalogie
00:03:182-Services pour expatriés
00:04:243-Traçabilité des familles françaises
00:04:294-Archives anciennes et leur conservation
00:06:364-Dossiers militaires de 14-18 et archives américaines
00:07:390-Travail de généalogie pour une famille de San Diego
00:09:503-Émotions des clients en découvrant leur généalogie
00:10:594-Différents types de généalogistes et conclusion du podcast

Retranscription de l’épisode

Voici un nouveau podcast qui parle de la mobilité internationale et qui va rejoindre la galerie des 2000 interviews disponibles sur francaisdanslemonde.fr. Je suis Gauthier Seys et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Grégory Villiers. On va parler généalogie. 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. francaisdanslemonde.fr.
Parfois on peut se poser la question, d’où je viens ? Qui suis-je ? Quand on se déplace dans le monde, on se marie, on fait des enfants, est-ce que son arbre c’est généalogique ? On arrive à le reconstituer, pour ça il y a des spécialistes. Et j’en ai un avec moi, bonjour Grégory.
Bonjour. Je suis à Nîmes avec toi aujourd’hui, au soleil, donc c’est ta région de cœur qui a quasiment, à part une petite parenthèse, toujours vécu. Oui, je suis né en 1975 sur Nîmes, donc je suis un Nîmois de naissance et j’ai fait une petite infidélité, une parenthèse d’une dizaine d’années puisque mon père était un militaire de carrière. Donc de mon plus jeune âge, j’étais un expatrié puisqu’on a vécu donc en Allemagne une dizaine d’années. Ton papa en effet est militaire, il est dans la FFA et donc pendant une dizaine d’années tu vis en Allemagne.
Je te posais la question en préparant cette interview, est-ce que tu as des souvenirs, c’est une petite enfance, et tu te souviens notamment des débuts de Europa-Park ? Oui, on habitait pas très loin d’Europa Park, on était à la frontière, donc pas très loin. Je me rappelle, au début du parc, j’étais tout jeune et on aimait bien le week-end y aller, donc il n’était pas le parc que l’on peut connaître actuellement. Mais j’ai quand même de très bons souvenirs de ma période d’expat, donc de ce parc. mais de la vie en Allemagne, côtoyer d’autres personnes avec une autre langue étrangère, les paysages.
Et pour un jeune nîmois, aller un petit peu à l’étranger, c’était une ouverture d’esprit. Et déjà, il y avait les prémices à l’époque du travail avec les expatriés. Tu retournes de temps en temps, tu retournes voir un petit peu ce terrain d’enfance. L’historien est nostalgique, il aime bien retrouver son école où il a connu l’appartement où il a habité. C’est une région, c’est un pays que j’ai beaucoup aimé dès mon plus jeune âge, donc dès que j’ai l’occasion, passer quelques jours de vacances, c’est super.
Il faut dire que tu es passionné d’histoire, tu fais des études à Montpellier, spécialiste de la période 14-18 justement. Justement, France-Allemagne, il y a tout un terreau d’histoire dans ce domaine-là. Et puis, tu vas ensuite faire un diplôme de généalogiste. C’est une passion, cette histoire. C’est déjà tout petit.
Tu sais que c’est ça que tu vas faire. C’est comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit. Mais ce n’est pas dans une marmite, je suis issu d’une famille de militaires. On fait la première guerre mondiale, la deuxième. Donc j’ai toujours été passionné par le côté militaria et l’histoire.
Et c’est tout naturellement dès mon plus jeune âge que j’ai travaillé sur ma propre généalogie. Et après, j’ai monté le cursus normal. J’ai monté mon entreprise, mon étude. Et maintenant, au lieu de faire ma généalogie pour moi, je le fais pour des clients et pour des particuliers. En effet, ton étude est lancée en 2011.
Tu proposes tes services pour les particuliers et pour les professionnels. Tu édites des livres et on va s’intéresser plus spécifiquement, par exemple, à la quinzaine de clients pour qui tu travailles aujourd’hui, qui sont expats et qui ont envie de connaître leur généalogie. Alors, l’être humain a toujours beaucoup bougé. Le français a notamment bougé avec les colonies. Et c’est pour ça qu’on retrouve du français un petit peu partout sur la planète.
Oui, le français est présent un petit peu partout, sur tous les continents. Et le français expatrié, il y a toujours dans le cœur ses racines françaises et son pays. Donc, il y a de plus en plus une envie de connaître son passé, son terroir, à quoi ressemblaient les descendants. Et donc, c’est un petit peu par hasard que pas mal d’expatriés m’ont demandé de faire des recherches aussi bien ponctuelles sur un ancêtre au 14-18 ou pour faire un arbre généalogique complet aussi bien pour eux ou pour un cadeau pour des membres de leur famille qui sont restés en France. Alors on est en 2024, on peut remonter comme ça jusqu’à quand Grégory ?
Alors moi je suis remonté à titre perso jusqu’au XIIe siècle du côté de mon père et parce qu’il y avait des branches nobles. Je n’ai plus de château, je préfère le dire, je n’ai plus rien du tout. Mais voilà, quand il y a des branches nobles dans son arbre, c’est plus facile de remonter loin. Mais on peut remonter facilement pour un client à condition qu’il y a les archives soient toujours présentes. XVe siècle, XIVe siècle, ça peut prendre du temps mais c’est possible.
Mais alors, comment on peut trouver des informations sur le XIIe siècle ? Il y a des endroits en France où on stocke des documents du XIIe siècle ? Alors, c’est très, très rare. Attention, on peut arriver, mais que ce soit aux archives nationales à Paris ou dans certaines archives départementales, il peut y avoir des fonds d’archives très anciens et ça peut remonter jusqu’à ce moment-là. Alors on rentre dans ces archives, j’aimerais bien personnellement un jour visiter ça, ça doit être stupéfiant.
Je t’ai posé la question de savoir si tout n’était pas numérisé, tu m’as dit c’est infaisable. Il y a tellement, surtout en France où on est un pays avec une très riche histoire, mais partout dans le monde. Mais on a cette tradition de conservation et tout. On a énormément de sources. On connaît principalement l’état civil, les recensements, les dossiers militaires.
Mais il y a tous les dossiers pour des avocats, des notaires. C’est énorme. Et donc, s’il fallait tout numériser, ça serait très, très cher déjà pour les régions, les départements et l’État. Donc, quelque part, c’est bien parce que ça nous permet de continuer à travailler dans les vieux registres avec cette bonne odeur d’ancien. Et oui, ça sent ces vieilles archives.
Si on parle de 14-18, puisque tu es spécialiste de cette période, on a beaucoup de soldats qui se sont déplacés dans le monde. On garde quel genre de documents pour savoir qui était où et qui a fait quoi ? Il reste énormément de sources, que ce soit les dossiers du recrutement militaire, c’est les archives départementales qui les gardent. On peut prendre l’exemple, par exemple, de dossiers d’officiers qui, eux, sont conservés intégralement au service historique de la défense à l’ENSENC. Et dans ces dossiers, on trouve étormément de documents.
Ça peut aller des photos, j’ai retrouvé même des médailles qui ont été conservées. Il y a même des dossiers d’étrangers qui ont combattu en France. C’est intéressant. En 1917, quand les États-Unis sont rentrés en guerre, il y a des dossiers de soldats américains. Donc aussi bien dans ce cas de figure, même si les expatriés aiment rechercher sur leurs descendants de 14-18, mais il y a aussi des Américains qui m’ont déjà contacté pour avoir des éléments sur leurs ancêtres qui ont combattu en France.
Par exemple, actuellement, tu travailles pour une famille qui est basée à San Diego et tu as réussi à remonter sur six générations. C’est ça, sur 6 générations. Là, le travail est quasiment… Ça fait une quinzaine d’années, je crois, qu’ils sont aux Etats-Unis. Donc, voilà, ils n’ont plus trop de contacts, mais c’est leur grand-père qui est toujours en France.
Et donc, pour son anniversaire, pour ses 70 ans, ils ont souhaité leur offrir un livre généalogique sur la famille. Donc, ils ont fait appel à moi. Donc, je travaille régulièrement avec eux en visio, comme on fait tous les deux aujourd’hui. Et donc, le travail est quasiment terminé. Et puis, ça sera rendu normalement d’ici 6 à 7 mois.
Alors tu retrouves des documents et tout ça sont encore en bon état, je veux dire un document aussi ancien, une photo par exemple, on a du mal à imaginer qu’elle puisse être encore aujourd’hui de qualité.
Dans ce cas de figure, il y a la photo d’un soldat qui a combattu en 1914. C’était une photo qui avait été prise quand il est rentré à l’hôpital, au service médical. Il avait pris la photo pour garder en souvenir la blessure, bref, pour le soigner. Cette photo n’a jamais été diffusée, elle a été prise, elle a été développée, elle a été mise dans le dossier. jamais touchée en super bon état.
Et après, quand on la regarde au service historique de la défense, elle est dans un état nickel. Donc, c’est ça où la conservation est géniale. Et puis on a un morceau. Les photos sont très difficiles à retrouver. C’est très rare, mais quand on en trouve une, c’est super émouvant parce qu’on travaille pendant six mois sur une personne et on voit en réalité à quoi il ressemble.
Et justement, quand tu livres ton travail à tes clients et que tu leur remets leur arbre généalogique, ils doivent être très émus, justement. Oui, parce qu’ils ne s’y attendaient pas. Je ne leur dis pas, je leur fais la petite surprise. Mais quand ils découvrent la photo, après forcément, ils se cruent la photo, ils agrandissent, ils découvrent des ressemblances avec les petits enfants et tout. Donc, oui, c’est super émouvant parce que, outre de savoir ce qu’a fait cette personne pendant la guerre, ils ont en plus le visage.
Ils se rendent compte qu’en réalité, il y a beaucoup de traits de ressemblance aussi bien au caractère ou par le passé de ce qu’ils ont fait, qu’aussi bien la ressemblance physique. Petite question de culture générale. Depuis quand on a un nom de famille ? Parce que tu dois retrouver des noms et des prénoms, mais on a depuis toujours un nom de famille ? Il y a toujours eu un nom de famille depuis l’époque romaine.
L’époque préhistoire, non, on n’a pas d’archives. Mais oui, l’époque romaine, par exemple. Alors, selon les époques et selon les lieux, tu avais, par exemple, au lieu d’avoir un nom et un prénom, à une certaine époque, à l’époque médiévale, il n’y avait qu’un seul élément. Par exemple, moi, Viguier. Après, ça s’est transformé comme il y avait de plus en plus de monde, mais il avait été décidé de mettre deux éléments, un nom et un prénom.
À une époque, il y avait quatre éléments. Donc ça a bougé, c’est jamais l’état civil et un nom de famille a évolué, s’est transformé, etc. Moi, par exemple. Je m’appelle Seis, je suis dans le nord de la France. Seis, c’est quand même un mot plutôt espagnol.
On peut imaginer, si je m’amusais à faire ma généalogie, que j’atterrisse en Espagne ? Peut-être, ou c’est peut-être un faux ami. C’est-à-dire, tu penses que ça a une consonante allemande, mais peut-être que le nom a été transformé pour X raisons que ce soit. Je dis n’importe quoi, peut-être que tu as des origines en réalité auverniates. D’accord.
Donc, des fois, il y a des faux amis. Comme c’est une personne, j’ai un ami qui s’appelle La Forêt. Il m’a dit, tiens, peut-être que je suis né à La Forêt. Mais non, si on fait une traduction latine du nom à une certaine époque, ça a un sens complètement différent. Alors, en tout cas, si vous voulez en savoir plus sur votre arbre généalogique, avec cette petite réflexion, ce petit bémol, c’est que toi, tu ne travailles pas sur le côté successoral.
C’est-à-dire si c’est pour retrouver un château, des terres ou de l’argent, ce n’est pas ton domaine. Non, je saurai, je le garderai pour moi. Non, non, un généalogiste, il y a deux styles de généalogiste. Tu as le généalogiste successoral, donc justement, c’est lui qui s’occupe de retrouver des héritiers dans le cadre d’une succession. Et tu as un généalogiste familial, c’est mon cas, où là, c’est pour remonter les arbres généalogiques, trouver des informations sur l’histoire des familles.
Merci Grégory, c’était passionnant. Et puis, si un auditeur aujourd’hui veut en savoir plus sur sa famille, sur son histoire, eh bien, ils peuvent te contacter. Il y a des fois, tu leur dis ah ben non, je ne fais pas, c’est trop compliqué. Il y a des fois, tu refuses. Disons, d’abord, je fais toujours une pré-recherche pour savoir si c’est faisable, parce que ça ne sert à rien de faire payer une prestation pour leur dire six mois après, je n’ai rien trouvé.
Un généalogiste a un devoir de moyen et non pas de résultat, parce que je ne peux pas savoir ce que je vais trouver et si les archives sont toujours présentes. Donc voilà, à partir de là, à partir de là, si je sais que c’est faisable, je dis que c’est faisable. Et puis après, on essaie de trouver un maximum de documents. Le lien pourra arriver sur le site de ton étude et dans ce podcast. Au plaisir de te retrouver du coup.
Et puis, dès que je peux, je viens te voir et je te fais visiter un centre d’archives. J’adorerais ça. Avec grand plaisir. À très vite. Au revoir.
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