[00:00:00] Gauthier Seys: Vous vous apprêtez à vivre une grossesse en expatriation? Ne bougez pas, j’ai une podcasteuse à vous présenter. 10 minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysses et aujourd’hui on décolle avec Julie Martin, direction la Haute-Savoie. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde. Alors, la Haute-Savoie, oui, mais c’est en sandwich entre le Japon et Shanghai en Chine, la prochaine expatriation de mon invitée. Bonjour Julie.
[00:00:41] Julie Martin: Bonjour Gauthier, bonjour à tous.
[00:00:43] Gauthier Seys: Alors, tu changes de place aujourd’hui, c’est moi qui t’interviewe, c’est toi qui réponds aux questions puisque tu es podcasteuse et tu donnes la parole à de jeunes mamans. Tu parles de grossesse et d’expatriation, un excellent sujet. On va pas se mentir, c’est une sacrée aventure. D’avoir une grossesse à l’étranger?
[00:01:02] Julie Martin: Oui, une sacrée aventure. L’expatriation est déjà une grande aventure, une grande aventure à deux quand on part en couple et une grande aventure en famille. Et la maternité est aussi une grande aventure. Alors les deux cumulés ensemble, c’est la double aventure. Et donc ça a été pour moi en tout cas le cas, une très grande aventure. Donc ça méritait, et ben ça méritait d’être un peu plus creusé comme sujet et qu’on donne la parole à toutes ces femmes qui vivent ces deux grandes aventures cumulées.
[00:01:28] Gauthier Seys: Et de le partager dans ce fabuleux concept de podcast que l’on peut écouter à tout moment de la journée. On en sait quelque chose, on en produit quelques-uns. Le tien s’appelle Nouvelle ère, nouvelle mère, maternité à l’étranger et vie d’expat. Mais commençons, si tu le veux bien Julie, par ton parcours. Tu es née en Bretagne, tu as grandi en Haute-Savoie, tu y es actuellement parce qu’un petit bisou aux familles, aux amis et tout ça avant de repartir quoi.
[00:01:52] Julie Martin: Exactement, cet été entre deux pays, entre deux expatriations, moi je suis venue poser mes valises pendant 2 mois chez ma maman avec mon fils Voilà, de retour aux sources, faire un peu le plein de, et ben, de chaleur humaine avant cette grande aventure qui nous attend, avant toutes ces découvertes. Voilà, et surtout des grandes découvertes qui vont concerner aussi mon fils puisque ça va être une nouvelle maison, une nouvelle langue, une nouvelle école. Et puis moi dans tout ça qui, et ben, qui m’assure que tout se passe bien pour la famille.
[00:02:21] Gauthier Seys: Et plein de raclette également, on va énerver quelques Français au bout du monde qui ne peuvent pas en manger puisque là tu peux en manger au petit-déjeuner, l’après-midi, la nuit, tu fais ce que tu veux. Tu vas faire une licence à Chambéry, c’est d’ailleurs là que tu vas rencontrer ton mari. Tu vas ensuite poursuivre ton parcours d’étudiante pour être avocate, tu vas étudier à Lyon. Tu aimes le droit du travail, tu aimes le droit de la famille, tu aimes le droit français. Tu étais vraiment destinée à rester sur le territoire hexagonal.
[00:02:52] Julie Martin: Exactement, j’étais destinée à rester sur le territoire national et Pourtant, je pense que j’ai toujours eu envie de vivre ailleurs. Je peux pas te dire d’où ça me vient. J’ai quand même le souvenir d’avoir beaucoup voyagé, je dirais, en Europe avec mes parents, avec ma maman surtout. Mais c’est vrai que quand je rencontre mon mari, c’est pas quelque chose dont on parle tout de suite, mais rapidement, je crois qu’on trouve un point commun et on a un amour, une fascination pour les US. Et je pense qu’on avait toujours rêvé un jour de vivre aux US.
[00:03:26] Gauthier Seys: Alors vous allez le faire parce que vous allez vous marier et vous offrir un road trip d’un mois pour découvrir le sol américain. Bon, je l’avais fait aussi pareil après un mariage. Maintenant, ça n’est plus ma femme, mais je l’ai vécu aussi. Découvrir l’Amérique, ces décors qui changent chaque jour, C’est une aventure, c’est des souvenirs incroyables. Tu m’as dit combien de photos? Tu m’as dit plus de 8000, je pense.
[00:03:53] Julie Martin: C’était incroyable.
[00:03:54] Gauthier Seys: Je vais vous montrer, mes amis, regardez les photos que j’ai faites. Il y a de quoi déprimer.
[00:03:58] Julie Martin: Non, c’était incroyable. On a fait un super road trip, on a vu, oui, on a vu plein de villes, on a vu des paysages différents, on a vu plein de parcs nationaux, on a pu marcher. Et puis surtout, je pense qu’on est une génération, moi j’ai 35 ans, je suis de 1991, on est, on a été vachement bercés en fait par tous ces clichés US. Ben tu vois, Heartlake, Heartlake à vif, c’était tu vois les casiers à l’US, le bus, le bus jaune, ouais, les pom-pom girls, tu vois, les donuts, le cliché des policiers qui mangent leur donut dans la voiture. Ben ouais, on a mangé des donuts, tu vois, on a, on a coché tous les clichés, c’était génial.
[00:04:42] Gauthier Seys: La même chose que toi, quand je suis arrivé, c’était San Francisco et j’avais l’impression de rentrer dans une série télévisée en fait.
[00:04:47] Julie Martin: Fait.
[00:04:48] Gauthier Seys: Le soft kill est tellement fort qu’on a l’impression de rentrer dans un imaginaire qu’on pouvait pas imaginer, enfin, pouvoir vivre comme ça. C’est une grande aventure, tu as donc de beaux souvenirs en tête. Vous rentrez de ce road trip et alors là, il y a le projet via ton mari de vivre une aventure d’expatriés, et pas n’importe où, direction Tokyo. Comment ça s’est passé à ce moment-là? Il y a une longue discussion, il y a eu des hésitations?
[00:05:16] Julie Martin: Non, aucune. Non, aucune, parce que je pense qu’on était à un moment de notre vie un peu charnière et on avait aussi peut-être envie que quelque chose bouge. Et en fait, quand l’opportunité s’est présentée, on s’est dit mais ouais, on fonce. On n’avait jamais envisagé ce côté-là du globe, ça nous semblait quasiment inaccessible. En fait, on n’y avait jamais pensé. Et tout de suite, tu penses à la barrière de la langue, au gap culturel. Et là, en fait, on s’est dit mais oui, on est tous les deux, en fait, on fonce, enfin go. Enfin, c’était, c’était trop beau pour dire non.
[00:05:50] Gauthier Seys: Et donc ça va se faire assez vite, vous allez vous installer là-bas. Tu vas découvrir, bah tu voulais que ça bouge, tu vas découvrir que ça bouge dans le pays puisque c’est un pays où tu vas te rendre compte que dans les ascenseurs il y a de quoi survivre en cas de tremblement de terre. Ça t’a un peu surpris, mais en même temps ça t’a rassuré.
[00:06:08] Julie Martin: Ouais, exactement. Oui, pendant les visites, dans certains ascenseurs tu as des box avec des kits de survie. Et oui, oui, ça surprend puisque très rapidement dans les visites d’appartements, quand l’agent immobilier ouvre la baie vitrée et tu as un accès sur un petit balcon et tout de suite on te dit, alors sur le balcon vous n’avez le droit de rien entreposer et surtout il faut toujours laisser accès à cette trappe. Donc là tu comprends qu’il y a une trappe avec une échelle déroulante pour en cas de besoin évacuer. Donc oui, tout de suite tu dis, ah oui, ces codes-là il va falloir que je les intègre. Très rapidement on te parle des sacs de survie, des kits de survie, donc très rapidement tu intègres ça et tu dis, ah oui, c’est un vrai risque et ils en sont bien conscients et nous aussi il faut qu’on soit prêt en fait.
[00:06:50] Gauthier Seys: C’est quand même, on me le dit toujours, vraiment une autre culture au niveau du boulot, le quotidien, faire ses courses, la langue. Tu l’as souligné, on s’accroche un peu au début. Il y a des jours, on se retrouve à sa maison en se disant mais mon Dieu, mais pourquoi j’ai accepté cette folie?
[00:07:05] Julie Martin: Alors moi, je crois que je me suis jamais dit ça, pour être honnête, parce que je, comment le dire, je trouve qu’on a toujours été très bien accueillis. Je trouve, tu vois, tout de suite que quand les gens perçoivent qu’on est français, Il y a un vrai amour pour la France au Japon et tout de suite ils s’illuminent, leur visage s’illumine, ils parlent de Paris. Bon là maintenant en 2026 par exemple on parle des JO, tu vois il y a une vraie… Ils adorent la France. C’est des personnes, il y a toute une génération, ils ont, je dirais dans des classes je pense élevées, qui ont eu un accès à l’éducation, ils parlent le français donc ils sont ravis de pouvoir initier une conversation et se remémorer tout ce qu’ils ont appris. Donc non, au début je me suis jamais dit oh là là qu’est-ce qu’on a fait. Alors je dis pas que tous les jours étaient roses parce que tous les jours ne sont pas roses dans une expatriation. Oui, oui tu passes 3 heures au supermarché pour savoir ce que tu vas faire à manger mais c’était super et puis moi je suis arrivée, j’étais à la fois dans une posture je dirais à la fois privilégiée parce que j’avais du temps pour découvrir et explorer parce que je ne travaillais pas parce que moi j’ai suivi mon conjoint et cette posture elle a aussi une complexité puisque je suis dépendante tant par mon visa que d’un point de vue financier. Mais voilà, c’est toute la complexité de l’expatriation en fait.
[00:08:24] Gauthier Seys: Alors ça va se terminer récemment, juin 2026, et vous savez déjà que la prochaine destination ce sera la Chine. Mais on s’y retrouvera, Julie, tu me raconteras ton installation prochainement à Shanghai. Vous êtes arrivée là-bas, au bout de quelques mois grossesse, et là tu t’étais quand même un tout petit peu renseignée, tu avais googlisé la possibilité de vivre cette grande aventure. Tu découvres l’asso Hippo Hippo, des groupes Facebook. Bref, tu as été une maman qui a bien prévu la chose.
[00:08:55] Julie Martin: Ouais, moi c’est dans ma nature d’être un peu control freak, on va pas se mentir. Donc oui, quand on part au Japon, ça fait plus de 10 ans qu’on est ensemble, on sait qu’on a ce projet-là, c’est un projet de famille et l’expatriation ne doit pas retarder ce projet-là. Il faut qu’on avance un peu sur tous les projets de vie parce qu’on ne sait pas combien de temps on va rester. Donc très rapidement, moi je dis à mon mari, en fait, on on va pas attendre. En fait, on ne sait pas combien de temps peut prendre cette grossesse, on ne sait pas. Donc il faut qu’on y aille, en fait, tout simplement. On se lance dans cette grande aventure et on a été très chanceux puisque je tombe très rapidement enceinte. En effet, on arrive en novembre et j’ai un début de grossesse en février.
[00:09:34] Gauthier Seys: Et alors là, tu vas te dire, mais pourquoi ce que je vis, je le partagerais pas? Tu vas devenir podcasteuse avec la création de Nouvelle Ère, Nouvelle Mère. C’était quoi cette envie de repartager ton expérience, de tendre le micro à d’autres mamans?
[00:09:48] Julie Martin: Eh ben, c’était une envie, oui, de partager et aussi de permettre à des femmes qui pourraient vivre ce que moi j’ai vécu de ne pas le vivre. Parce que par bien des aspects, ça a été très difficile. Ça a été très difficile des fois de ne pas trouver toutes les informations que je cherchais. Ça a été difficile des fois d’avoir l’impression de manquer de ressources parce que oui, il y a plein de choses. Qui existent, mais parfois on cherche une information ou même par exemple, tu vois, où habiller son enfant. Mais moi au début au Japon quand mon fils est né, mais je me disais mais je vais pas l’habiller chez Petit Bateau, ça coûte une fortune et j’ai pas envie de l’habiller que chez H&M ou chez Gap. Et tu découvres des lieux de vie fréquentés par des mamans japonaises et là tu demandes d’où vient ce magnifique petit body et en fait elle te donne et ben le nom d’un magasin qui est une chaîne au Japon et tu— et 2 jours après tu y vas et en fait c’est la caverne d’Ali Baba et tu te dis mais C’est génial. Donc tu vois, j’ai voulu mettre en lumière et à la fois des parcours de vie, parce que dans le podcast on parle de grossesse, d’accouchement, de post-partum, mais pas que. On parle vraiment de l’expatriation au féminin et en famille dans sa globalité. Et aussi, j’ai vraiment eu envie de mettre en lumière des ressources, que ça soit des associations, des livres, des magasins, tout ce qui peut être utile à une maman expat à l’étranger.
[00:11:01] Gauthier Seys: Et ben écoute, je suis très heureux de te tendre le micro. C’est la même vocation que nous avons avec France et dans le monde. D’ailleurs, ton podcast va rejoindre notre dossier spécial sur la grossesse en expatriation. C’est vrai qu’il faut penser à plein de choses, ça va de l’assurance en effet aux habits comme tu le disais, et partager aussi des façons de voir de pays en pays les choses différemment. L’accouchement ne se passe pas toujours de la même façon, parfois ça se passe de façon un peu plus difficile aussi. Tu ne t’interdis rien dans les sujets?
[00:11:32] Julie Martin: Non, je m’interdis rien. La seule limite, c’est que le podcast n’est pas une interface de notation des professionnels. Donc les invitées partagent avec plaisir leur expérience. Ça ne les concerne qu’elles. Elles partagent ce qu’elles ont envie de partager et on aborde, voilà, le suivi de grossesse, le post-partum et parfois le gap culturel. Toujours, mais toujours dans le respect et du pays dans lequel elles vivent. Parce que moi, aujourd’hui, je parle avec des femmes qui sont aux quatre coins du monde. Récemment, par exemple, j’ai parlé avec une maman qui est installée en Inde. Et ben, Inde, il y a un fort poids de la religion, donc on respecte ça aussi. En tout cas, moi je suis personne, je juge aucune pratique, je suis juste émerveillée par tout ce qui est possible de vivre en fait à travers le monde. Et j’ai aussi envie des fois de déconstruire un peu des clichés, tu vois, sur certains pays.
[00:12:20] Gauthier Seys: Je connais le sujet. Voilà, en tout cas, si vous êtes future maman, une quinzaine d’épisodes vous attendent. De nouveaux sont en préparation, notamment quand on sera installé à Shanghai. Et ce sera l’occasion rêvée de se retrouver. Merci Julie.
[00:12:34] Julie Martin: Merci beaucoup Gauthier.
[00:12:35] Gauthier Seys: À bientôt.
[00:12:36] Julie Martin: À bientôt.
[00:12:39] Gauthier Seys: Français dans le monde, le média de la mobilité internationale, radio et podcast sur fdlm.fr.