Vous avez besoin de bouger et de vous occuper de votre mental et de votre corps, eh bien ne bougez pas, j’ai quelqu’un à vous présenter. 10 Minutes d’inspiration pour votre vie aux quatre coins du globe. Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et aujourd’hui, on décolle avec Charlotte Flambeau, direction Toulouse.
10 Minutes, 10 minutes, le podcast des Français dans le monde.
Parler de bouger à des gens qui sont quelque part dans le monde et qui ont l’habitude de bouger, ce sera facile. Bonjour et bienvenue Charlotte. Bonjour Gauthier, merci pour l’accueil. Si mes informations sont bonnes, tu t’es promenée ce matin en écoutant ma voix pendant que tu promenais ton chien. Oui, tout à fait.
Tu nous as accompagnés pendant toute notre promenade. Tu es nouvelle arrivante chez Expat Pro. On salue ce réseau d’experts avec qui nous sommes partenaires. Tu es coach sportive et professionnelle. Tu as eu un parcours dans le monde des ONG, on va en parler.
Et aujourd’hui, tu prends soin, avec les auditeurs du quatre coins du monde et en visio, de les faire bouger. Mais on commence par le début. Tu es originaire de Toulouse. Rien que pour le plaisir de ces chararments petits patelins chantants, est-ce que tu peux me dire d’où tu es? Alors moi, je suis née à Aurignac, dans le Cominge, et là, j’habite à Escalquins, au sud de Toulouse Evidemment, tu.
Fais tes études d’arts et métiers dans le domaine de l’aéronautique, où tu seras ingénieur pendant 10 ans. Un grand classique quand même pour les habitants de cette région. Ah oui, tout à fait. C’est un peu un incontournable. Si on veut bosser dans l’industrie, là, sur Toulouse, c’est quand même l’aéronautique.
Créateur d’emploi, on va dire. Alors dans la famille, ton papa, ta sœur avaient déjà l’habitude de bouger. Tu vas naturellement faire tes stages à l’étranger, en Angleterre, en Italie, au Portugal. Tu sais pourquoi il y a cette petite fibre de l’international au sein de votre famille? Je ne sais pas pourquoi on a un peu le pied en l’air.
Je pense que c’est parce qu’on aime bien découvrir des nouvelles choses et on est curieux et qu’on aime rencontrer des gens. Et je pense aussi bouleverser un peu notre quotidien, nos idées reçues. Justement, tu vas bouleverser ton quotidien lorsque tu vas avoir une espèce de quête de sens. Tu vas avoir envie. De faire de la logistique mais dans un autre univers, les ONG, et tu vas candidater chez Médecins Sans Frontières où tu vas entrer et travailler pendant 6 ans.
Alors Médecins Sans Frontières, la logistique, c’est te rendre dans des endroits du monde pas cool. Oui voilà c’est ça, soit en zone de conflit, soit après une catastrophe naturelle, soit des zones aussi où on est depuis longtemps et où on ne travaille plus sur du développement. Et la logistique c’est vraiment permettre aux médecins de faire leur boulot sans se préoccuper de rien. Alors tu vas te retrouver au Nigeria, en Côte d’Ivoire, aux Philippines pendant le typhon, en Libéria sous Ebola. Il y a des moments où on a une pression dingue.
On m’a souvent dit que travailler dans le monde des ONG, c’était un petit peu être parfois, avoir le sentiment de solitude. Alors oui, ça peut et c’est ce qui est assez paradoxal parce qu’on vit tout le temps les uns avec les autres. On travaille les uns avec les autres et en même temps, on est quand même, oui, tout seul dans son poste ou dans sa position, même s’il y a beaucoup d’échanges avec notamment le personnel national. Mais le soir, quand on rentre dans sa chambre, effectivement, on est tout seul. Depuis que tu as quitté le monde des ONG, tu m’as dit qu’ils s’étaient un peu organisés sur ce sujet.
Notamment, ils encadrent un peu mieux aujourd’hui. Oui, ils encadrent, il y a une espèce de mentoring qui s’est mis en place, du mentoring qui s’est mis en place, qui permet d’accompagner justement les gens qui en font la demande. Et ce qui est génial, c’est que c’est et pour les expatriés et pour les nationaux aussi, les gens qui sont dans le pays, et ça permet d’avoir comme une écoute active, quelqu’un qui écoute le soir quand on a besoin de parler, sans forcément avoir un jugement technique ou un jugement hiérarchique. Je fais partie du programme de mentoring d’MSF depuis quelques années maintenant et j’ai accompagné 3 ou 4 bénévoles, enfin volontaires. Qu’est-ce qu’on peut donner comme conseil à quelqu’un qui veut faire de l’humanitaire aujourd’hui?
C’est vraiment de le faire bien réfléchi et en adéquation avec tout son environnement. Il ne faut pas que ce soit une fuite en fait, il ne faut pas qu’on parte parce que ça ne se passe pas bien ici, il faut être très bien dans ses baskets. Et puis vraiment se dire qu’on le fait pour soi quand même, on ne va pas sauver le monde, on le fait avant tout pour soi, pour qu’on soit prêt à revenir. Et Charlotte, pour être bien dans ses baskets, tu as eu une solution en 2016 quand tu rentres à Toulouse, tu vas créer ta propre activité. Tu as voulu rebosser un petit peu dans le monde de l’industrie, mais tu me disais quand on vient de l’humanitaire, ce n’est pas forcément bien vu.
À l’époque, ce n’était pas vraiment très bien vu, effectivement. Je ne sais pas si les gens… Peut-être parce qu’il y avait ce décrochage aussi pendant quelques années de l’industrie, ou c’est parce qu’on vient d’un mode de management qui n’était pas tout à fait le même, voire complètement différent de ce qu’on attendait dans l’industrie en France. En tout cas, j’ai eu des expériences pas très rigolotes en entretien, ce qui fait qu’il m’a fait changer un peu de voie. Et puis tu vas te pencher sur le sujet du coaching, tu vas te dire que c’est idéal pour toi, un peu plus de légèreté et un vrai sens pour accompagner les gens. Tu crées Charlotte Flambeau Coaching, c’est cf-coaching.fr.
Et aujourd’hui, tu accompagnes des gens qui ont vécu un burnout, un accident ou qui ont vécue un retour en France après une expatriation. Finalement, des moments où dans son cerveau, c’est un peu le bordel. Oui, c’est ça. C’est-à-dire qu’on a une nouvelle contrainte ou donnée à prendre en compte dans sa vie, qui est voulue ou pas voulue, et c’est qu’est-ce qu’on en fait et comment on continue à avancer avec ça. C’est vraiment ça l’idée.
Et du coup, tu t’attaques aussi bien au physique qu’au mental. Et oui, parce que le mouvement pour moi, c’est vraiment la clé. C’est la clé de tout. C’est que dès qu’on a besoin de réfléchir, on se met en mouvement parce que le mouvement libère la parole, parce que parce qu’on a besoin de bouger. Et donc, je suis et coach sportif et coach professionnel et souvent les deux en même temps, parce que ça fait vraiment sens.
Et tu peux travailler à distance avec des auditeurs qui sont aux quatre coins du monde. Ça fonctionne. Oui, ça fonctionne plutôt bien. Sur le coaching professionnel, ça fonctionne super bien. Et même en France, je ne fonctionne qu’en visio, je n’ai pas de bureau.
Et après, en coaching sportif aussi, ça fonctionne vraiment bien parce que maintenant, on a développé, ça s’est développé beaucoup. Et puis, ça permet aux gens surtout de se connecter partout où ils sont, à des heures pas forcément d’ouverture de centres ou de choses comme ça. C’est vraiment la liberté, je dirais, d’horaire, la liberté de lieu, la liberté de la liberté. Et on se tourne vers toi parce qu’on a un petit problème d’estime de soi, perte de valeur, son image qui est un peu altérée. Et le faire tout seul, c’est difficile.
Oui, complètement. C’est difficile parce qu’en fait, on est dans son prisme et l’idée, c’est vraiment que quelqu’un aille vous poser les bonnes questions pour qu’on se dise, ah mais si, en fait, je sais le faire. Le coaching, c’est vraiment aider les gens à trouver les ressources qu’ils ont en eux parce qu’on a tous les ressources en soi pour être bien. Ça fait partie de la vie, mais des fois, on ne se laisse pas l’espace. C’est vraiment créer un espace tant privilégié comme une parenthèse.
Alors concernant la partie sportive, on le sait, le sport c’est bon aussi pour le moral, c’est très bon pour le corps et parfois pour ceux qui sont peut-être un peu moins accros à ça, un coach, ça va leur permettre de tenir leurs objectifs. Et oui, c’est motivant, c’est très motivant parce que du coup, même si on n’a pas envie, il y a quelqu’un qui est soit derrière la caméra, soit derrière votre porte et qui gratte pour rentrer. Et du coup, ça crée une motivation, le fait d’être plusieurs, d’être deux, d’avoir des conseils aussi. Puis là, c’est vraiment l’idée d’encadrer en sécurité, donc de faire vraiment une activité physique. J’aime mieux le mot activité physique que sport, qui a quand même cette connotation un peu compétition, mais de faire une activité physique en sachant qu’on ne va pas se faire mal, qu’on va se faire du bien.
Qu’on va progresser, qu’on va un peu se marrer aussi parce que c’est important que ce soit ludique. Alors tu vas intégrer l’Institut de Coaching International, devenir coach professionnel et donc lier les deux. C’est un accompagnement global. Comment on lie les muscles et le cerveau? Oui, c’est ça.
En fait, ils appellent ça, maintenant, ça s’appelle holistique. Je crois que le mot existe, mais c’est vraiment l’idée de, parce qu’on se met en mouvement, en fait, le cerveau, il commence à mieux fonctionner, même de manière physiologique, il est plus irrigué, donc il fonctionne mieux. Donc, soit on peut faire des accompagnements en marchant, soit on peut aussi faire quelques exercices et en profiter pour parler en même temps. Voilà, c’est vraiment trouver la formule. En fait, il n’y a pas de formule miracle, c’est vraiment la personne qui va voir qu’est-ce qui est bon pour elle et on va adapter en fonction.
Alors on le sait, on l’a déjà fait dans un dossier spécial. Retour en France, revenir en France après une expatriation, après avoir connu d’autres cultures, un autre rythme de vie. Parfois, ça peut être un petit peu compliqué. C’est quoi? Il faut remettre le cerveau dans le bon sens.
Oui, je pense qu’il faut remettre le cerveau dans le bon sens et surtout remettre les priorités. Alors moi je parle du côté humanitaire, c’est un peu différent, mais ne pas garder ce prisme de l’humanitaire et se dire qu’en fait il y a des problématiques aussi quand on rentre, qu’on va retrouver celles qu’on a laissées souvent, et puis aussi que ce n’est pas les mêmes que quand on est en expatriation, on vit comme dans un… Alors, ce n’est pas un monde parallèle, mais c’est comme si ce n’était pas la vie qu’on avait au départ. Après, quand on reste longtemps, je pense que ce n’est pas vraiment la même chose, mais du coup, quand on reste longtemps et qu’on rentre, on a peut-être cette idée d’arrachement aussi, de laisser quelque chose sur place. Je pense qu’on laisse un petit peu de nous partout où on va de toute façon.
Charlotte, j’ai l’impression qu’un certain nombre d’auditeurs, lorsqu’on a évoqué ces sujets, se sont dit, ça pourrait peut-être être pour moi, comment concrètement on entre en relation avec toi et comment ça se passe pour bosser avec toi? Sur Expat Pro, du coup, j’ai ma fiche de profil et après, il y a juste à cliquer pour rentrer en contact ou après, les gens peuvent jeter un oeil sur mon site internet mais qui est référencé aussi sur Expat Pro, sur le site. Et il faut s’accorder combien d’heures par semaine avec toi? L’idée c’est d’être régulier. Sur de l’activité physique, l’idée c’est de la régularité.
Donc c’est bien si on essaie de faire ça une fois par semaine. Après, sur du coaching ou de l’accompagnement, ça s’avance vraiment au rythme de chacun. Il y a des gens qui ont besoin de plus de temps et de plus de temps entre les séances pour laisser mûrir. En fait, c’est vraiment pour suivre son rythme propre. Aujourd’hui, tu as laissé Médecins Sans Frontières derrière toi.
Je suppose que quand on regarde l’état du monde, assez souvent, tu penses à tes petits camarades qui continuent aujourd’hui à aller aider la planète. Oui, complètement. C’est même le plus compliqué, je trouve. C’est que dès qu’on allume les infos, on a envie de rappeler, de dire c’est bon, je suis dispo, on peut repartir. C’est ce qui est compliqué.
En tout cas, tu aides aussi aujourd’hui avec ton accompagnement coaching. On te trouve sur Expat Pro. Au plaisir de te retrouver sur notre antenne. Et puis, bonne balade avec ton chien et nos podcasts. Merci, Gauthier.
Et à demain matin, du coup, en balade.
Français dans le monde, le média de la mobilité internationale. Radio et podcast sur fdlm.fr.