De Rennes à Johannesburg, le parcours éducatif de Muriel Huet

Avez-vous déjà ressenti un coup de cœur instantané pour un pays, un lieu qui change votre trajectoire de vie de manière inattendue ?

Dans cet épisode des Trophées des Français de l’étranger 2026 organisé par Lepetitjournal.com, La radio des Français dans le monde, partenaire média officiel vous invite à explorer un parcours inspirant à travers le témoignage de Muriel Huet, lauréate 2026 dans la catégorie « éducation » remis par le CNED. En nous racontant son histoire, Muriel nous pousse à nous interroger sur l’impact que peuvent avoir les rencontres et les découvertes culturelles sur notre vie professionnelle et personnelle.

Muriel Huet est une éducatrice passionnée, fondatrice de l’association « Epelle moi – Afrique du sud » et cofondatrice de « Cinéma TAKE », deux projets innovants basés en Afrique du Sud. Originaire de Rennes, elle a parcouru le monde, de l’Allemagne à l’Angleterre, avant de s’établir en Afrique du Sud, un pays qui l’a profondément marquée. Son parcours est jalonné d’expériences internationales qui l’ont conduite à explorer les systèmes éducatifs à travers 13 pays, toujours avec une passion pour l’éducation et le cinéma. Sa capacité à créer des espaces d’expression et d’apprentissage pour les jeunes est au cœur de son engagement.

Dans cet épisode, nous découvrons comment Muriel utilise ses compétences et son réseau pour promouvoir une francophonie plurielle et inclusive en Afrique du Sud. À travers « Epelle moi – Afrique du sud », elle soutient de nombreux jeunes issus de la diaspora africaine en leur offrant des opportunités d’apprentissage et d’intégration. Parallèlement, avec « Cinéma TAKE », elle initie les jeunes aux arts du cinéma, leur permettant de s’exprimer à travers la création de courts-métrages. Muriel partage avec nous son amour pour l’Afrique du Sud, un pays qui, malgré ses complexités, offre un terreau fertile pour l’innovation et la collaboration interculturelle.

Lisez l’article concernant Muriel Huet sur Lepetitjournal.com.

Contactez Muriel Huet via Linkedin

En savoir plus sur les deux associations via les comptes Instagram : Epelle Moi Afrique du Sud & Cinéma TAKE

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des Français dans le Monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec la lauréate éducation 2026 Trophée des Français de l’étranger, organisée par Le Petit Journal. Voici Muriel Huet. 10 minutes, 10 minutes. Le podcast des Français dans le Monde.
Voici la lauréate 2026 éducation remise par le CNET dans le cadre de notre partenariat avec le Petit Journal. J’ai ce délicieux plaisir de vous présenter les lauréats 2026. Muriel en fait partie. Elle a fondé Epelmois et cofondé Cinémathèque. Elle est basée en Afrique du Sud, mais actuellement de passage dans la capitale à Paris.
Bonjour, bienvenue Muriel. Merci beaucoup Gauthier. Bonjour et merci de m’accueillir dans ce podcast. Je suis très, très heureuse d’être ici. Je t’ai vue il y a quelques heures sur scène, radieuse.
Évidemment, quand on fait tout ce travail associatif et qu’on se retrouve mis sous les projecteurs, on a un petit moment de fierté. C’est indescriptible. Franchement, la journée, la soirée que j’ai passée hier, moi, je me suis sentie transportée. C’était très, très inattendu. Donc, tout s’est déroulé assez vite ces dernières semaines.
En fait, je pense que beaucoup de gens comme moi, on est sur le terrain, on fait les choses, on est dans l’action. Et en fait, c’est incroyable tout d’un coup de faire une pause de recevoir une reconnaissance comme ça, d’écouter en plus d’autres personnes parler de notre parcours. C’est une expérience assez unique et clairement j’ai ressenti une grande fierté hier et je me suis dit que quand même J’ai peut-être fait des petites choses ces dernières années. Après, je pense que c’est aussi… Pour moi, en tout cas, j’ai ressenti que c’était quand même un trophée collectif.
Ce n’est pas que le mien. Il y a plein de personnes que j’aurais aimé avoir auprès de moi hier parce que je n’ai pas fait ces associations toutes seules, je n’ai pas fait ces projets toutes seules. Il y a plein de gens autour de moi qui travaillent avec moi, qui me portent. Donc c’est une grande reconnaissance pour le travail qu’on fait sur place en Afrique du Sud. Et bien Muriel, ce podcast, c’est l’occasion de tous les saluer, de tous les féliciter.
de t’avoir entouré sur ses projets. Avant d’entamer le détail de ce prix, on va revenir sur ta Bretagne natale. Tu es originaire de Rennes, c’est là que tu vas faire tes études. Mais à 20 ans, une envie de découvrir l’Allemagne, notamment, ta maman est allemande. Tu vas faire donc un Erasmus à Cologne.
Et puis, ça ne va pas être suffisant. Un an, tu vas rester un peu plus ou tu vas être assistante de français. Tu disais que c’était une super ville, Cologne, notamment quand on est étudiant. Ouais, clairement. Déjà, Renne, c’est plutôt pas mal quand on est étudiant.
Cologne, c’est un peu plus grand. Renne, c’est déjà bien. Je suis à Lille. Lille, Renne, quand on est étudiant, attention à son cursus, ne pas louper les cours le lendemain matin après avoir fait la fête.
Mais non, Cologne, c’est une ville super. D’ailleurs, j’y suis retournée à l’été dernier. C’était assez drôle de revoir une ville où on a vécu étudiant pendant deux ans. Puis, en fait, c’est une ville qui reste toujours un peu son chez soi, même après 20 ans. Et non, c’est une ville qui m’a beaucoup plu.
Et en fait, c’est un peu là où tout a commencé, parce qu’après l’Allemagne, je ne suis jamais retournée vivre en France. Et oui, ensuite, tu vas enchaîner avec Londres où tu vas passer ton CAPES. Ça s’appelle comment le CAPES chez les anglophones? PGC. Voilà, je t’ai laissé le dire.
Pendant 9 ans, tu vis dans la capitale anglaise. Tu vas adorer ce passage aussi. Et ensuite, tu auras un projet, un projet de tour du monde des écoles. Tu vas visiter 13 pays. L’idée, c’était d’explorer les différents systèmes éducatifs.
En fait, c’est parti d’une grande envie de voyage, mais j’avais envie de voyager avec un but. J’ai toujours été passionnée par l’éducation et le cinéma, et j’avais envie de découvrir ou de développer ces deux passions. en découvrant d’autres cultures, d’autres systèmes éducatifs. Donc, j’ai fait jouer mon réseau. À l’époque, il n’y avait que Facebook vraiment.
Et puis, les blogs, les emails. Et vraiment, j’ai réussi à trouver plein de contacts. C’était incroyable. Donc, je me suis fait accueillir dans plein de pays. Et puis à chaque fois, J’ai découvert des enseignants, des personnes inspirantes.
Grâce au British Film Institute, avec lequel je travaille depuis plus de 15 ans, j’ai aussi mené des conférences, formé des professeurs autour du cinéma et de l’enseignement des langues. Et puis vraiment, ça m’a permis de rencontrer des personnes incroyables. J’ai beaucoup appris de toutes ces personnes. Ça a été un grand tournant de ma vie parce que je me suis dit que Ça m’a donné l’idée et l’envie de créer mes propres projets. J’avais vraiment envie de développer ma pratique sur la formation des professeurs, mais aussi sur le cinéma, l’enseignement des langues, mais de manière assez innovante, inclusive, donc toujours à chercher des nouvelles pédagogies.
Et puis, je me suis lancée, je me suis dit, je ne peux pas retourner à Londres après ça. Et un des pays où je me suis arrêtée, c’était l’Afrique du Sud. Justement, parlons-en de cette Afrique du Sud. On en échangeait quelques mots juste avant d’enregistrer ce podcast. Quand tu as posé le pied sur le sol de l’Afrique du Sud, il y a eu un arc électrique.
Si on est dans une BD, on verrait une espèce de fusion à un moment. Muriel, arrivant en Afrique du Sud, a un coup de cœur pour ce pays, pour le peuple, les rencontres que tu vas y faire, des rencontres extraordinaires. Tu m’as dit Est-ce que t’as su identifier pourquoi, pourtant il n’y avait pas de raison très logique, pourquoi il y a eu ce coup de cœur pour ce pays? Alors déjà, la plupart de mes amis à Londres étaient sud-africains, donc j’avais déjà quand même un attachement à l’Afrique du Sud, que j’avais très envie de découvrir grâce à ces amis. Et en fait, quand je suis arrivée, j’ai retrouvé cette chaleur que j’avais trouvée chez eux à Londres.
Et en fait, ça m’a bouleversée ce pays. En fait, je suis restée quelques semaines pendant le tour du monde, et c’était cette énergie des gens, la manière dont j’ai senti que tout était possible, alors en même temps avec énormément de complexité, un pays qui nous remet beaucoup en question, et ça, ça m’a plu en fait, de devoir me re-questionner, Ensuite je suis partie, j’ai continué mon voyage, mais je faisais que de repenser à l’Afrique du Sud. Je suis rentrée et pour moi c’était évident, il fallait que j’y retourne, donc j’ai tout fait pour y retourner. Et en fait quand je suis arrivée là-bas, j’ai tout de suite su que j’avais fait le bon choix. Et ça a été rencontre extraordinaire après rencontre extraordinaire.
Beaucoup de Sud-Africains m’ont portée et sans eux, tous ces projets n’auraient pas été possibles. C’est vraiment un pays qui lui-même se réinvente. J’ai l’impression d’être tout le temps en train de… je vis dans un pays. où je me sens tout le temps transportée. C’est un pays complexe.
C’est un pays où on a des discussions. J’ai l’impression que toutes les semaines, j’ai des discussions incroyables. Toutes les semaines, j’ai l’impression de rencontrer quelqu’un d’incroyable. Et vraiment, je pense que si je n’avais pas été en Afrique du Sud, ces projets n’auraient peut-être pas vu n’aurait peut-être pas été là aujourd’hui. Et c’est vraiment les personnes que j’ai rencontrées qui m’ont inspirée à créer tout ça.
Et j’ai l’impression que c’est un pays où tout est toujours un peu possible. Ça peut partir d’un café et trois jours après, hop, les choses se passent. Et tu as créé là-bas deux associations de droits locales, une qui s’appelle Epel Moi, l’autre Cinémathèque. En deux phrases, tu peux nous expliquer l’objectif de ces assos? Ouais, alors Epelmois Afrique du Sud, c’est une association de droit local, on travaille avec environ 1000 jeunes par an.
On travaille beaucoup sur la langue française avec beaucoup de jeunes, notamment des jeunes francophones issus de la diaspora africaine qui vivent dans des quartiers défavorisés. Des quartiers où ça peut être très compliqué pour eux d’y vivre à cause de la xénophobie. Donc ils cachent un peu leur langue, leur identité et nous en fait on a créé des espaces dans Johannesburg où ils peuvent s’exprimer librement, ils peuvent vivre leur langue au pluriel parce qu’il n’y a pas que le français. Donc nous on fait vraiment la promotion de la francophonie plurielle, inclusive, multilingue.
créer une plateforme où ils peuvent pratiquer ces langues, l’écriture, la lecture. On leur donne des perspectives d’avenir. On les aide aussi à s’intégrer dans le système anglophone sud-africain, donc aide aux devoirs. Et puis, on leur fait rencontrer d’autres jeunes. Donc, on travaille aussi avec des jeunes apprenants du français, du Lesotho, Malawi, Afrique du Sud et des enfants des écoles françaises.
On a des compétitions, des pellations, des débats, etc. Et puis, on organise des événements toute l’année, mais notre plus grand événement, c’est lors du mois de la francophonie en mars, où on fait rencontrer tous ces jeunes de milieux divers, de cultures diverses. Et puis, c’est un grand moment de convivialité autour de la langue française. Et ces jeunes, en fait, C’est une vraie ouverture d’esprit quand ils se rendent compte qu’ils peuvent se retrouver autour de la langue française, ils peuvent devenir amis avec quelqu’un d’un milieu très différent du leur.
C’est vraiment de leur donner cette plateforme pour s’exprimer et pour s’ouvrir un petit peu à ce qu’est la francophonie et à l’international. Et Muriel, tu as une autre passion, le cinéma, et de là est né Cinémathèque. C’est un acronyme, je ne vais pas savoir le répéter, tu peux me le dire? Cinémathèque, The Alternative Kinetic Experience. Voilà, merci.
Alors qu’on a fondé avec mon mari et une très bonne amie, Émilie Demont. Donc Poumy est réalisateur de films, Émilie est galeriste. On est tous les trois passionnés de cinéma et il y a plusieurs années on s’est dit mais on veut créer quelque chose en Afrique du Sud pour donner plus d’accès un cinéma peut-être qui est un peu invisible des fois en Afrique du Sud où il y a beaucoup de blockbusters qui sont montrés au cinéma, mais il n’y a pas toujours de films africains. Et donc on voulait créer un petit peu un endroit où on peut avoir des projections un petit peu différentes. Et puis, en fait, très vite, on s’est réorienté vers les jeunes et l’éducation qui est aussi ma passion.
Et puis, on s’est dit en fait, on a besoin de leur donner une plateforme à ces jeunes pour s’exprimer. Et qu’est-ce qu’il y a de mieux que le cinéma Et donc avec des jeunes de Township, de bidonville, tous les ans,? donc à peu près une soixantaine, tous les ans, on crée des courts-métrages. Mais c’est vraiment eux qui créent leurs courts-métrages. Donc nous, on les initie à l’art du cinéma, on leur montre comment filmer, enregistrer le son, la lumière, écrire un script.
C’est eux qui font leurs films, on est là pour les guider. Et tous les ans, on participe au festival de cinéma 100 ans de jeunesse qui existe depuis 30 ans, qui est un festival français. Mais on est le premier pays africain à participer. Et tous les ans, on amène des jeunes aussi au festival en France. Cette année, ce sera en Allemagne.
Il nous reste toujours à trouver des sponsors pour nos billets d’avion. Le message est passé au passage.
En tout cas, tu mérites largement ce prix, même voire deux prix Éducation Trophée des Français d’étrangers 2026. Tu es à 11 heures d’avion de ta Bretagne natale. Qu’est-ce qui te manque le plus de la Bretagne? Mais les galettes, bien sûr. D’ailleurs, j’en ai mangé une ce week-end, mais j’ai mon BINIC en Afrique du Sud.
J’ai ramené de la farine de Saint-Razin, donc tout va bien. Je vais pouvoir faire mes galettes à mon retour. Eh bien, en tout cas, passe le message auprès de tous ceux qui t’accompagnent dans ces deux très beaux projets. Félicitations pour ce prix et puis au plaisir de te retrouver. Tu es une auditrice des podcasts.
Te voilà dans la galerie. Muriel, bienvenue. Merci, franchement, je suis très heureuse et puis je profite de ce podcast vraiment pour dire merci à tous ceux qui m’ont accompagnée, qui travaillent avec moi depuis toutes ces années, parce que vraiment, ce trophée, il est à nous tous. Eh bien, bravo et à très vite. Merci beaucoup.
Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le monde.

__________________________________________________
Podcast n°2673 (mars 2026)

Francaisdanslemonde.fr : le média de la mobilité internationale
Radios & podcasts disponibles partout, cherchez « FRANCAIS DANS LE MONDE »
Installez l’APP pour votre mobile
www.fdlm.fr

Podcasts à ne pas louper !