Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent, qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Davina Daou, direction Chypre. On parle du digital nomadisme. 10 minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde. C’est avec plaisir que je retourne sur cette jolie île de Chypre pour retrouver Davina.
Son portrait, son parcours, son travail au sein de Nikosi Accueil ont déjà été mis en avant sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde. Bonjour Davina. Bonjour Gauthier, merci de me recevoir encore une fois. Alors en tout cas, tu vas pouvoir me confirmer que Chypre reste toujours ton coup de cœur, que ça se passe bien, que ton entreprise Daft Consulting se développe aujourd’hui ? Tout à fait.
On a beaucoup de chance d’être à Chypre et plus on y passe du temps, plus on a envie d’y être et tout va très bien pour nous. Merci. Alors, on est en Europe. Je le rappelle parce que Chypre ne fait pas partie des zones qu’on connaît le mieux. Un petit mot sur toi et Chypre.
Oui, alors en fait, Chypre, c’est une île qui est à la porte de l’Europe et du Moyen-Orient et qui reste la zone européenne dans la partie qui est sud de l’île et qui est donc effectivement, nous, en tant que citoyens français installés à Chypre, on a tous les avantages européens. Et en partie, je suis expatriée à Chypre, j’accompagne les entrepreneurs, les solopreneurs ou bien les entreprises dans leur installation, développement de leur activité. Mais je le fais d’une manière un peu holistique, avec une approche plus alignée sur la vie de la personne et l’adaptation de notre mode de vie. Tu es également une nouvelle experte faisant partie du réseau Expat Pro. C’est dans le cadre de ce partenariat que nous allons échanger ensemble, avec ce focus justement sur la création d’un métier nomade.
Est-ce qu’on peut dire que c’est un peu une nouvelle mode ? Complètement. Après le Covid, il y a eu une vraie tendance qui a affecté beaucoup de gens. Les gens n’avaient plus envie d’être un peu coincés sur un seul territoire. Et donc, ils ont eu envie de commencer à voyager régulièrement d’un pays à l’autre, avoir la liberté de pouvoir travailler un peu partout dans le monde.
Alors, tu me disais qu’être expat et être digital nomade, c’est quasiment deux choses différentes. Il y a beaucoup de ressemblances, mais un digital nomad, ça travaille à distance. Donc l’idée, c’est de voyager régulièrement d’un pays à l’autre, justement, peut-être faire trois mois par-ci, trois mois par-là et pouvoir bouger. À l’inverse, un expatrié comme moi, je suis installée dans un pays, mais j’ai conçu un concept d’entreprise qui est transportable si nécessaire. Donc ça veut dire que je vais pouvoir garder la liberté et la flexibilité du nomadisme, mais à la fois aussi rester sur place pour des raisons qui sont professionnelles ou personnelles.
On a besoin parfois de rester plus longtemps dans un pays, donc on a cet avantage-là, mais c’est effectivement un petit peu différent entre expat et digital nomad. On va dire que l’expat va se poser un moment. Le digital nomade sait que, soit parce qu’il est conjoint accompagnateur, soit parce que c’est dans sa façon de voir les choses, il a envie de découvrir le monde. Dans le cas où on a envie de régulièrement bouger, s’inventer son propre travail et se promener dans le monde avec son travail, ça peut être vraiment chouette. Exactement, ça a énormément d’avantages.
Entre autres, la liberté géographique, ça veut dire voyager et profiter un peu d’un autre mode de vie. La flexibilité aussi dans l’organisation. On n’est plus dans un 9h-17h, on n’est vraiment plus on va dire autonome et on gère son temps et son organisation. L’enrichissement culturel aussi, c’est hyper intéressant de travailler d’un pays à l’autre, voir comment ils travaillent, quelles sont les structures, etc. Et la résilience, parce qu’effectivement, changer d’un pays à l’autre, il faut beaucoup de résilience, il faut avoir envie, c’est aussi beaucoup d’engagement.
Donc il y a énormément d’avantages, effectivement. Alors Davina, s’il y a des avantages, il y a toujours, et c’est la vie qui est comme ça, des inconvénients. Oui, malheureusement, oui. Et on ne les connaît pas suffisamment et on n’en parle pas assez. On voit un peu que le côté un peu magnifique, je prends mon ordi, je vais travailler sur le bord de la plage de n’importe quel pays, mais en vrai, ça peut être pesant.
Déjà, l’entrepreneuriat, à la base, c’est un peu pesant parfois, mais là, il y a une sorte d’isolement qui peut parfois peser et ce n’est pas toujours évident. Il faut aussi être très discipliné, c’est-à-dire vraiment organiser son temps de manière à ce qu’on soit productif, efficace. Et il y a aussi un autre aspect qui est important, et j’aide énormément les gens à l’anticiper, c’est les aspects légaux et fiscaux, qui sont parfois pas connus ou bien pas anticipés. Quand on décide de partir, on se dit « bon, allez, j’y vais ». Mais en fait, ça a un poids sur l’organisation, ça a un poids aussi sur les conséquences plus tard.
C’est-à-dire que si je ne suis pas préparée en aspects légaux et fiscaux, je peux me retrouver avec des frais à payer que je n’avais pas prévus ou bien l’impossibilité de travailler comme je le veux. Et il y a énormément de projets qui échouent à cause de ça, malheureusement, parce qu’ils ne sont pas pensés pour durer. Ils sont pensés juste sur l’instant. Je prends mon ordi, je m’en vais. Et c’est là où j’essaye d’intervenir et d’aider justement les Français ou les expats à anticiper leur départ pour qu’il y ait une vraie réussite et un vrai engagement sur du long terme.
Alors, on va prendre ces points les uns après les autres. D’abord, sur la partie création d’entreprise, il y a tout le choix de la structure juridique, le choix de la banque. Enfin, c’est une petite partie qui n’est pas à négliger parce que si on pense être digital nomade, par exemple, la banque doit le savoir. C’est ça, il faut clarifier le projet, il faut clarifier les démarches. À Chypre, en tout cas, si on crée une entreprise, au moment de la création d’entreprise, dans les statuts, dans les mémorandums, il faut préciser qu’il y aura des rentrées d’argent de tel et tel pays, la banque doit être tenue au courant.
Et en fait, si on le fait à la base, on crée une entreprise qui aura des facilités plus tard. Si je reçois des paiements de l’étranger du jour au lendemain, ma banque le sait et n’aura pas de contrainte. En étant en Europe, on est quand même assez surveillé, il faut faire attention. Et donc, effectivement, clarifier le projet, clarifier les démarches, c’est hyper important. Et s’assurer qu’on a consolidé dès le début une entreprise qui dure.
Justement, un petit nota bene, une petite différence entre un Européen qui va se lancer dans cette aventure et qui va pouvoir bénéficier de tout le marché européen, avec quand même des simplifications dans les démarches. Si on n’est pas dans l’Europe, là, c’est un peu plus compliqué. Complètement. Toute la structure internationale en mode d’entreprise ou d’entrepreneur, elle est complètement différente. En Europe, on est plus ou moins alignés.
On a beaucoup de ressemblances. Il y a des différences d’un pays à l’autre, mais c’est quand même beaucoup plus facile. Et la structure entrepreneuriale et les banques sont bien plus, on va dire, ouvertes d’esprit et comprennent qu’il puisse y avoir beaucoup plus d’échanges. Dès qu’on sort en zone internationale, selon les pays, il y aura peut-être des interdictions. Par exemple, il y a des pays où si on fait envoyer de l’argent de là jusqu’à Chypre, ça ne marche pas.
Ce n’est pas possible. L’argent sera refusé. Donc tout ça, c’est des choses qu’il faut préparer en amont. Et en ayant les bons documents, la bonne structure, en fait, on évite plus tard d’avoir des problèmes à gérer au lieu d’essayer de développer cette entreprise et de la rendre vraiment viable. Est-ce que la notion de siège social a du sens quand on est digital nomade ?
Oui, c’est important. C’est important de le faire. C’est important d’avoir un siège, même si on voyage, mais d’avoir, oui, une seule structure qui est préparée. Et clairement, en fait, ça évite les problèmes à chaque fois que je vais bouger d’un pays à l’autre et que je vais avoir besoin d’un aspect légal ou fiscal. Ça anticipe, en fait, les démarches.
Alors concernant les métiers, on se doute que si on veut être boulanger, on va être difficilement digital nomade. C’est plutôt les métiers avec un ordinateur, tu me disais. C’est ça. Très souvent, en tout cas à Chip, on a beaucoup de forex, tout ce qui est trading. En fait, les gens qui clairement travaillent derrière un ordinateur toute la journée, qui n’ont pas forcément besoin d’être en France pour développer leur activité.
On a aussi des familles qui veulent un autre mode de vie, qui ont envie de bouger et dont les deux parents peuvent travailler soit parce qu’ils ont un site internet, soit parce qu’ils peuvent gérer les équipes à distance, soit parce qu’ils sont dans un domaine où, clairement, ils n’ont pas besoin ni d’un local, ni d’un entrepôt, ni d’un bureau. Le bureau, c’est en ligne. Et ça, c’est aussi beaucoup grâce au Covid. Après le Covid, on a commencé à mettre toutes les réunions en ligne et à se réinventer, justement, en ligne. Et donc, il y a une sorte de…
de mode d’emploi hybride qui nous permet de travailler un mois à l’étranger, de revenir une semaine ou quelques jours de temps en temps quand c’est nécessaire. Alors c’est vrai que cette période de Covid nous a appris à travailler à distance, même certains métiers de la santé, du coaching, des choses qui ne se faisaient pas forcément avant autrement qu’en réel, peuvent se faire maintenant assez facilement en distanciel. Le live coaching par exemple, Expat Pro d’ailleurs, ils ont beaucoup d’accompagnement professionnel et ils sont regroupés dans le monde entier. Donc ça, c’est bien quand on habite à l’étranger de pouvoir compter sur quelqu’un qui puisse nous donner des conseils et avec qui on puisse travailler à distance. Donc ça va être par exemple, oui, le live coaching, les Forex, tout ce qui est trading, tout ce qui est en vente de sites internet par exemple ou bien web development, ce genre de choses.
Alors Davina, pour conclure, on va quand même mettre un petit warning parce que peut-être, dans le caractère des personnes, certains ne sont pas faits pour le digital nomadisme. C’est peut-être pas fait vraiment pour soi, ce projet-là. C’est ça. En fait, dans mon approche, quand j’aide les Français ou les Européens à développer leur propre mode de travail, je travaille beaucoup sur le côté personnel en fait. C’est-à-dire qu’on doit créer un travail qui est adapté à notre mode de vie.
et qui est adapté à ce qu’on est, à la personne que nous sommes. Si on a besoin d’être en travail d’équipe, de voir du monde, d’être tout le temps connecté, etc., le nomade, digital nomade, ça va être compliqué parce qu’il y a justement, ce que je disais tout à l’heure, l’isolement qui n’est pas facile. Il faut aussi avoir une certaine capacité d’adaptation, s’adapter à un climat, s’adapter à des modes de travail, s’adapter à des cultures professionnelles qui sont différentes. Et donc à la base c’est très important de faire une réflexion sur soi-même en se disant est-ce que je peux moi gérer justement les contraintes que ça peut engager et est-ce que je suis capable personnellement de créer cette discipline et cette résilience à vouloir vraiment développer mon concept. avec les inconvénients qu’on a.
Après, ça reste une très belle expérience, c’est incroyable de pouvoir bouger de cette façon-là, mais effectivement, je pense qu’il faut faire un travail rétrospectif et se poser vraiment les bonnes questions, se dire est-ce que je peux, moi, construire ce genre de business et est-ce que je peux le faire de manière à ce que je sois épanouie également. Et alors, en l’occurrence, si vous vous posez des questions, le mieux, c’est de s’entourer d’un professionnel et de vous tourner, pourquoi pas vers Davina, qui va pouvoir un peu allumer les lumières sur les points importants pour éviter de faire une erreur, finalement. C’est ça. En fait, on accompagne professionnellement les gens qui, justement, ont envie de passer de ce cap là et qui n’ont peut-être pas toutes les notions en main. Et donc, on va les aider à organiser leur départ ou bien leur changement de carrière.
Eh bien, peut-être que votre nouvelle vie professionnelle va commencer en écoutant ce podcast. Merci, Davina. Je te souhaite une belle journée à Chypre. Plaisir de te retrouver. Merci, Gauthier.
À très bientôt. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le monde.