Nicolas Rochelemagne : L’intelligence artificielle, un monde d’opportunités

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Est-il possible de mieux comprendre une marque à travers les émotions de ses utilisateurs ?

Dans cet épisode captivant de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », Gauthier Seys nous invite à explorer le monde fascinant de l’intelligence artificielle appliquée aux émotions des consommateurs. En compagnie de Nicolas Rochelemagne, CTO d’Emoticonnect, nous nous interrogeons sur la manière dont la technologie peut transformer notre perception des marques en analysant les ressentis des utilisateurs. Cette approche innovante pourrait-elle révolutionner la façon dont les entreprises interagissent avec leurs clients ?

Nicolas Rochelemagne, l’invité de cet épisode, est un expert en intelligence artificielle avec un parcours atypique. Originaire de Saint-Étienne, il a d’abord envisagé une carrière militaire avant de se tourner vers l’informatique. Après avoir travaillé à Paris, il a déménagé aux États-Unis, d’abord au Texas, puis dans l’Utah. Aujourd’hui, il est à la tête de la technologie chez Emoticonnect, une entreprise française qui utilise l’IA pour analyser les émotions des utilisateurs vis-à-vis des marques. Son expérience internationale et son expertise technique apportent un éclairage unique sur le sujet.

L’épisode se concentre sur Emoticonnect et sa mission de révolutionner la compréhension des marques par le biais de l’intelligence artificielle. En collectant et en analysant des commentaires laissés sur diverses plateformes en ligne, Emoticonnect aide les entreprises à identifier les émotions positives et négatives associées à leurs produits et services. Cela permet non seulement d’améliorer les stratégies de communication, mais aussi de détecter rapidement les problèmes potentiels. En mettant l’accent sur l’importance de l’IA dans notre quotidien, Nicolas et Gauthier discutent également des défis culturels et des perceptions différentes entre la France et les États-Unis, tout en soulignant le potentiel global de cette technologie innovante.

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https://www.emoticonnect-technology.com/

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Chapitrage de l’épisode

0:00:01-Bienvenue et Introduction
0:00:22-Présentation d’Emoticonnect
0:00:43-Rencontre avec Nicolas Rochelemagne
0:00:57-Retour sur les origines à Saint-Etienne
0:01:17-De l’armée à l’intelligence artificielle
0:02:17-Expérience à Houston, Texas
0:03:19-Installation en Utah
0:05:02-Travailler à distance avec Emoticonnect
0:06:36-Analyse des émotions avec Emoticonnect
0:09:44-Spécificités culturelles françaises
0:10:34-Prénom du robot et parité chez Emoticonnect
0:11:41-L’impact de l’intelligence artificielle au quotidien
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Transcription IA de l’épisode :

Vous allez plonger au cœur d’une nouvelle histoire inspirante. Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde. Je suis Gautier Seyss et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Nicolas Rochelemagne. Direction le nord de Salt Lake City, aux USA. 10 minutes, le podcast des français dans le monde.
La joie, la confiance, la surprise, le dégoût, la tristesse, la peur, la colère. Je ne vais pas les jouer, je ne suis pas acteur. Est-ce qu’on pourrait mieux connaître une marque grâce aux ressentis qu’ont les utilisateurs ? L’intelligence artificielle permet cela aujourd’hui. Ça s’appelle Emoticonnect, c’est une boîte française.
Mais pour en parler, j’ai un CTO avec moi qui est lui aux USA. Bonjour Nicolas. Bonjour. Merci de nous donner quelques minutes, on va échanger, on va présenter Moti Connect dans un instant. Si tu veux bien, on recommence par le début avec Saint-Etienne.
Je te ramène en France, ça te rappelle des bons souvenirs ? Oui, Saint-Etienne, c’est là où j’ai passé toute mon enfance, toute ma scolarité jusqu’au lycée, jusqu’à la terminale, avant d’intégrer une prépa. Et toute ma famille est encore là-bas, papa, maman, frère, tout le monde est là-bas. Tu fais en effet un lycée militaire, tu voulais rentrer à Saint-Cyr. C’était vraiment dans l’une de tes passions.
Il y avait l’armée de terre et l’informatique. Par contre, des problèmes de santé et puis l’amour aussi qui va changer un petit peu ton chemin. Finalement, tu vas laisser l’armée derrière toi et tu vas te plonger dans l’informatique avec déjà à l’époque une spécialisation intelligence artificielle. C’était très précurseur à l’époque. – Exactement, en 2003, à la sortie de l’école, après 3 ans de spécialité intelligence artificielle, le marché était… ne savait pas quoi faire en fait de l’intelligence artificielle.
C’était très immature à l’époque. C’était encore beaucoup de recherches. Beaucoup de recherches sur comment l’utiliser, comment ça fonctionne, où est-ce qu’on arrive. On n’avait pas les modèles qu’on a à l’heure actuelle, loin de là. On n’avait même pas les capacités de calcul.
On ne suit bien les cartes graphiques qui sont utilisées aujourd’hui. J’ai eu plusieurs portes qui sont fermées pour des très grands constructeurs qui exploraient ces idées. J’ai eu l’énorme chance de rejoindre une startup qui travaillait dans la publicité en ligne et qui avait des solutions innovantes. En gros c’est proposer des pubs ciblées, t’étais chez Weborama à l’époque, tu bosses à Paris pendant dix ans et puis un jour ta femme a une opportunité, elle bosse dans le monde du pétrole. Direction du coup Texas, tu es à Houston en 2009, enfin vous êtes puisque vous arrivez à deux.
C’est après l’immense tempête, après la crise des subprimes, l’immobilier ne vaut plus rien du tout. Quand on en a parlé hors antenne pour préparer cette interview, c’est pas forcément ton meilleur souvenir Houston. Houston c’est assez surprenant puisque déjà il y a la météo qui est extrêmement humide, beaucoup de mosquées qu’on ne s’y attend pas. Et puis la ville, elle s’étend sur 50 km de large. Tout ressemble à la même chose, à des centres commerciaux de partout de gauche à droite.
Nous on vient de notre Europe où on a l’habitude de trouver des villes avec du caractère, des commerces locaux et tout ce genre de choses. Ça n’existe plus. Alors en fait la réalité c’est Il faut du temps. Vous pouvez tout trouver à Houston, mais il faut savoir où, en fait. Et la ville est tellement grande que les gens prennent leur voiture pour, même dans le même lot de parking, pour déplacer d’un magasin A à un magasin B.
Nous, on marche, on a l’habitude de marcher en Europe. Ben non, sur le même parking, ils vont prendre la voiture pour traverser trois ou quatre magasins. C’est vraiment très très différent comme mode de vie. En tout cas, il n’y a pas eu de coup de cœur pour le Texas. Et une fois que vous aurez obtenu tous les deux la carte verte, vous allez plutôt vous installer dans l’état de l’Utah.
Alors là, c’est quand même un peu plus français dans l’ambiance. Il y a des montagnes, il y a des lacs. Tu peux faire des randonnées. Résultat en 2019, vous choisissez le nord de Salt Lake City avec l’une de ses conditions, être proche d’un aéroport pour pouvoir revenir facilement en France. C’est clair, la famille c’est ce qui est le plus important, donc pour nous c’était important de pouvoir aller les voir et puis voir nos parents qui ont la possibilité de venir facilement avec un vol direct de Paris.
Ça faisait vraiment partie des conditions de base. On ne cherchait pas à s’isoler au milieu de nulle part. Et puis Salt Lake City, c’est les parcs nationaux au nord et au sud. Au nord, vous avez Yellowstone à 4 heures. Beaucoup plus au sud, vous avez le Grand Canyon.
Moi, 4 heures avec Arches, Canyonland, qui sont des parcs assez incroyables. Le sud de l’Utah, c’est beaucoup de pierres rouges, comme ce que vous pouvez imaginer dans les Far West. C’est très joli. Et puis le nord de l’Utah, c’est des montagnes, mais beaucoup secs. Pas l’humidité, très peu d’eau.
C’est un désert de montagne. Quand il neige, Aux Etats-Unis, beaucoup de personnes disent qu’on fait le meilleur burger, on fait le meilleur milkshake, on a les meilleures neiges du monde, etc. Ça a été un peu les champions dessus. Et en fait, ils disent qu’ils ont la meilleure neige du monde, bien sûr. Mais ce qu’on n’imagine pas, c’est qu’il est strictement impossible de faire une boule de neige, par exemple.
Parce que la neige est tellement, tellement sèche, ce n’est que de la poudreuse. Parce qu’il n’y a pas d’humidité dans l’air. Et ce qui rend le ski assez spécial, c’est un peu le paradis du ski. Alors tu travailles aujourd’hui donc pour une boîte française, Emoticonnect, avec cette petite particularité que les équipes qui sont en France et toi, il y a huit heures de décalage, ça oblige un petit peu de rigueur dans le fonctionnement ? Ça oblige de la rigueur mais en fait à partir du moment où c’est huit heures, elles nous permettent un recouvrement d’une demi-journée de travail, c’est-à-dire qu’on a une demi-journée effective de de rencontres, d’échanges, de réunions.
Et l’autre demi-journée, on se retrouve isolé et on se retrouve isolé de façon à pouvoir avancer de façon beaucoup plus productive sur les sujets qui ont été identifiés avant. Finalement, ça te va bien, quoi. Exactement. Un décalage plus important, un décalage de douleur, c’est vraiment ce qu’il y a de pire. Mais là, on m’arrive encore avant une demi-journée, c’est très très bon.
Il y a une partie qui chevauche avec les horaires français et c’est là que tu fais les réunions et comme ça au bout d’un moment il doit aller se coucher et t’es tranquille, tu peux bosser. Ça évite les réunionnites aiguës. Alors on va parler de MOT Connect qui est une boîte française avec des clients principalement français mais donc toi tu travailles depuis les USA. On le disait, l’intelligence artificielle, on a eu du mal à comprendre ce qu’elle allait bien pouvoir faire dans notre quotidien. Et bien là, pour les chefs d’entreprise qui nous écoutent, ça devient concret.
On analyse l’émotion qu’ont les utilisateurs vis-à-vis d’une marque. Alors c’est vis-à-vis d’une marque ou vis-à-vis d’un produit aussi. L’objectif, c’est qu’aujourd’hui, où beaucoup d’utilisateurs s’intéressent avec votre marque ou votre produit en ligne sur les différentes plateformes sociales, que ce soit Instagram, LinkedIn, Google Review, YouTube, Facebook, et toutes ces plateformes-là où les utilisateurs laissent des revues en ligne. Vous pouvez même imaginer un site marchand où vous pouvez laisser vos revues sur les articles. Notre objectif, c’est de récupérer l’ensemble de ces revues et pour les dissocier en deux parties.
1. Comprendre, vous, votre communication puisque des moments, ces revues, elles sont liées sur des postes que votre marketing va mettre en place. Donc, essayez de comprendre et vous aider dans vos stratégies de communication. Mais 2, c’est essayer vraiment de détecter, de pouvoir sonner l’alarme le plus tôt possible pour que vous puissiez comprendre qu’il y a quelque chose qui ne va pas sur votre produit, sur votre marque ou qu’il y a quelque chose qui va très bien. Et le but, c’est que vu que ces données en ligne, on peut les récupérer facilement, on peut les récupérer aussi sur vous, sur votre produit et sur vos concurrents.
Et on peut vous aider à comprendre en quoi vous vous différenciez de votre concurrence, sur quel point il faut insister pour continuer à être différent et aussi, qu’est-ce qui va inciter dans ces émotions, il y a la peur et tout comme la tristesse, qu’est-ce qui suscite des émotions négatives et qu’est-ce qui suscite des émotions positives sur votre produit. Mais Nicolas, une petite question. Quand je vais voir, par exemple, les commentaires sur notre page YouTube, on a des milliers de vues. Ceux qui s’expriment sont plutôt des gens qui ne sont pas contents ou des gens qui critiquent ou des gens qui vont exprimer plus de la colère. J’ai moins des messages de félicitations en disant c’était cool, etc.
Du coup, ça fait une petite particularité latine quand même d’analyser le comportement des Français. C’est sûr que les français ont un comportement très latin de se plaindre très tôt, très vite. C’est un peu celui qui crie le plus fort qui va gagner. C’est ce qu’on reçoit dans le quotidien. Et c’est un peu pareil même sur la route, quand on conduit, c’est celui qui va conduire, qui va se mettre le premier sur la sortie d’autoroute, qui va pouvoir sortir.
Ce genre de comportement n’existe pas aux Etats-Unis, dans la culture, ça n’existe pas. D’où même un simple parc d’attraction, on va vouloir passer devant tout le monde quand on a une queue. En France, ça arrive régulièrement. C’est quelque chose qui ne fait pas partie de la culture anglo-saxonne du tout. Mais ça empêche que même si on dit qu’on se plaint beaucoup et effectivement il est plus facile de se plaindre que de sortir des commentaires positifs, aujourd’hui sur les clients sur lesquels on travaille, sur l’ensemble des dizaines de milliers ou centaines de milliers de commentaires qu’on récupère, Les émotions négatives, par exemple là j’ai devant les yeux un rapport, les émotions négatives de colère on est à 25%, alors que sur la joie on est à 30%.
Donc on arrive quand même aussi à trouver du bon. Petite chose amusante, la fondatrice est une femme, il y a beaucoup de femmes dans l’entreprise, et vous avez décidé que votre robot s’appellerait Jacqueline. Voilà, je ne sais pas comment on dit un américain, comment on dit Jacqueline en américain ? J’ai beaucoup de mal avec les prononciations de mots français à l’américaine. Par exemple, il y a massage aussi.
Il y a beaucoup de mots comme ça. Mais c’est vrai que Jacqueline, c’est un challenge pour eux pour prononcer. Et peut-être même que d’un point de vue marketing, peut-être qu’il faudra qu’on revisite de le renommer pour un nom. Ça pourrait très bien avoir un nom différent en Espagne, un nom différent en Angleterre ou en Allemagne. Vous avez tenu à ce que ça soit un prénom féminin parce que justement, c’est un monde un petit peu d’hommes et l’intelligence artificielle est souvent associée aux masculins.
Vous avez voulu quand même lui donner une âme féminine. Marie qui lead tout le projet en France avec une équipe de femmes aussi à ses côtés. C’est aussi pour un beau pied de nez à ce monde high tech qui est souvent uniquement entre hommes. et moi je suis l’homme entouré de ces femmes là et c’est un peu un hommage aussi à elle d’avoir choisi ce prénom Jacqueline pour notre beau. Alors on salue d’ailleurs Marie Argence avec qui j’ai préparé cette interview Emoticonnect, boîte française, mais qui va se développer pour la planète entière.
Il y a des débouchés en ce moment. Vous êtes sur un bon segment. Exactement. Aujourd’hui, le problème, c’est que l’IA, on l’entend un peu à tout va. On l’entend tellement qu’il y a une sursaturation au niveau des médias, au niveau de…
Les gens en ont peur. Les gens en ont peur, s’ils ne savent pas ce que c’est. Souvent, les médias communiquent un peu tout et n’importe quoi sur ce sujet-là. Vous avez de l’IA aujourd’hui, je ne sais pas, dans votre télé, dans votre voiture, dans un peu tous les domaines que vous utilisez dans votre vie. Mais ce qu’il faut bien voir, c’est que cette utilisation qu’il y a de robots est tout simplement là pour nous aider et nous supprimer de ces tâches réverbatives, de façon à ce que nous, on puisse se concentrer et apporter de l’intelligence sur la partie qui a du sens.
Merci pour cette présentation, Nicolas. Si vous voulez en savoir plus et si ça vous intéresse, emoticonnect-technologie.com, le lien est présent dans ce podcast. Merci. Et Cocorico quand même, malgré que tu sois aux Etats-Unis, on peut le faire. Amusez-vous bien en Utah.
Tu as prévu ce week-end une petite randonnée ? Oui, alors du vélo si possible. On est au début du printemps et on a toujours des tempêtes de neige. Il arrive. C’est n’importe quoi.
Au plaisir de se retrouver, amuse-toi bien, au plaisir. Merci, au revoir.
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