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La réforme de la Moudawana : une petite révolution marocaine (1)

De nombreux français établis à l’étranger choisissent de se tourner vers des pays dits “occidentaux”, dont la culture, les traditions et le système juridique s’approchent du modèle français. Les droits des femmes, en particulier, y sont similaires à ceux des françaises, où du moins l’étaient, avant l’abrogation de l’arrêt Roe v Wade sur l’avortement aux Etats-Unis.

Mais le modèle occidental ne fait pas force de loi. Cap sur la 9e destination au registre des expatriés français, le Maroc, à la veille de ce qui pourrait être un chamboulement attendu depuis de nombreuses années : la nouvelle réforme de la Moudawana. 

Rédigée en 1958 sous le règne de Mohammed V, la Moudawana, qui est le code de la famille marocain, a fait l’objet de nombreux changements au cours du temps. Amendé une première fois en 1993 par son fils, le roi Hassan II, la plus grande révision du code est promulguée par le roi actuel Mohammed VI en 2004. Celle-ci a marqué une nouvelle page de l’histoire marocaine, vers une amélioration des droits des femmes dans ce pays à majorité musulmane, où le souverain n’est nul autre qu’un descendant du prophète, et le Commandeur des Croyants, selon la Constitution. Il revêt alors la double casquette de chef temporel et de leader spirituel du Royaume.

La dernière réforme engagée avait ainsi consacré l’âge minimum légal du mariage à 18 ans, rendu la polygamie plus difficile d’accès – avec la nécessité du consentement de la première épouse, abandonné la règle de l’obéissance de l’épouse ou encore autorisé le divorce pour les femmes. Seulement, et comme beaucoup d’associations féministes marocaines le déplorent, ces règles sont trop souvent contournées par les juges en pratique.

Le mariage sur mineures est encore répandu et accordé sur justification par certains juges, de même pour la polygamie. C’est pourquoi, le roi avait annoncé en 2022 la nécessité de réformer à nouveau le texte afin de corriger certains dysfonctionnements… le tout en jonglant avec le respect de la charia… pas évident ! De plus, les partis islamistes siégeant au Parlement – comme le PJD (Parti de la Justice et du Développement) ou parfois l’Istiqlal – s’opposent fermement à un assouplissement du texte, et ce, malgré la volonté du souverain.

C’est un véritable défi auquel font face les associations et la société civile, soulignant qu’aujourd’hui l’homme n’est plus l’unique pourvoyeur des ressources, et que les femmes participent à égalité à l’entretien de la famille. Dans un autre épisode, retrouvez le détail des mesures en cours de discussion au Parlement marocain.

60 secondes EXPAT par Eva Savarieau (Juillet 2024) produit par www.FrancaisDansLeMonde.fr , 1ère plateforme multimédia d’aide à la mobilité internationale. Ecoutez nos radios et nos podcasts « Expat » en installant l’application mobile gratuite. 

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