De l’hôtellerie de luxe à l’humanitaire avec Manon Fernandes

Avez-vous déjà envisagé de tout quitter pour vous consacrer à une cause qui vous tient à cœur à des milliers de kilomètres de chez vous ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde » réalisé en partenariat avec Lepetitejournal.com, nous explorons cette question en plongeant dans l’histoire inspirante de Manon Fernandes, une jeune Française qui a troqué le luxe parisien pour s’engager dans une mission humanitaire au Cambodge. À travers son parcours, nous découvrons les défis et les satisfactions d’une vie dédiée à l’amélioration de l’éducation des jeunes filles dans un pays où elles ont longtemps été laissées pour compte.

Manon Fernandes est la lauréate du Trophée ASEAN Hospitalité et Tourisme 2025, une reconnaissance bien méritée pour son travail exceptionnel avec l’ONG Tout à l’école. À seulement 26 ans, Manon a déjà un parcours impressionnant. Originaire de Sergi Pontoise et diplômée en hôtellerie de luxe, elle a choisi de suivre sa passion pour des projets plus proches de ses valeurs personnelles. Son engagement au sein de l’ONG « Toutes à l’école », fondée par l’ancienne journaliste Tina Kieffer, vise à offrir un avenir meilleur aux petites filles cambodgiennes en leur donnant accès à une éducation de qualité.

Dans cet épisode, nous suivons Manon dans son aventure au Cambodge, où elle a pris en charge la gestion de la restauration pour 1700 élèves. Elle nous parle des défis qu’elle a rencontrés, notamment les différences culturelles et les résistances au changement, mais aussi des succès qu’elle a obtenus, comme la rénovation de cuisines et la formation de femmes locales. Manon partage également ses espoirs pour l’avenir et comment elle espère que son travail continuera d’inspirer d’autres initiatives similaires à travers le monde. C’est un épisode qui célèbre la résilience, l’innovation et l’impact positif que l’on peut avoir lorsque l’on suit ses passions.

https://lepetitjournal.com/cambodge/communaute/manon-fernandes-ameliore-le-quotidien-de-1700-eleves-au-cambodge-429225

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec la lauréate du Trophée Hospitalité et Tourisme Direction le Cambodge avec Manon Fernandez. 10 minutes.
Avec notre partenaire lepetitjournal.com, je continue à me promener dans le monde, direction la capitale du Cambodge, Phnom Penh, avec mon invité aujourd’hui qui va répondre à mes questions. Bonjour Manon. Bonjour Gauthier. Content de te retrouver. Ça y est, tu vas faire un petit peu de radio aujourd’hui.
Dis donc, cette ONG qui t’a amenée de l’autre côté du monde, elle t’en aura fait faire des choses. Ah ça, c’est une belle surprise. Tu as 26 ans. Aujourd’hui, tu es donc dans la capitale du Cambodge. Mais on va revenir, si tu veux bien, à Sergi Pontoise.
Nous sommes en région parisienne. Tu es natif de là-bas. Tu vas faire des études Bac plus 5 en hôtellerie de luxe. Alors, c’est sûr que là, il va falloir m’éclairer un tout petit peu. Il y a un petit différentiel entre le luxe et ton travail aujourd’hui au Cambodge.
Effectivement, effectivement, on est sur deux opposés, il est vrai. Après, à côté de ça, à côté de mes études, j’ai travaillé pendant assez longtemps dans un restaurant indépendant, donc avec un esprit beaucoup plus familial, beaucoup plus convivial. Et c’est vrai qu’en ayant le comparatif des deux, j’ai toujours plus apprécié le côté familial et convivial. Donc, c’est vrai que ça n’a pas de sens quand on regarde par rapport aux études que j’ai faites, mais par rapport à ma personnalité, on est complètement dans ce que j’aime. Alors, on va parler de cette rencontre avec cet ONG.
D’ailleurs, tu disais dans le petit journal, je suis heureuse d’apporter quelque chose d’utile et ce projet ne fait que commencer. Donc, on est ensemble aujourd’hui pour parler d’une grande aventure. L’ONG en question, c’est tout à l’école. Elle a été créée en 2005 par une personnalité connue des Français. Oui, Tina Keffer, ancienne journaliste.
Et la mission pour elle, c’est d’accompagner le développement, l’éducation des petites filles, notamment pour ce qui concerne du Cambodge, des petites filles, parce que au Cambodge, c’est plutôt les petits garçons qui vont à l’école. Les petites filles, elles restent à la maison pour travailler. C’est ça, c’est ça. Alors l’ONG a ouvert il y a 20 ans, et donc il y a 20 ans, c’était encore plus le cas. Ça commence à changer, l’ouverture d’esprit commence à changer, à se développer, donc les filles vont un peu plus à l’école.
Mais il est vrai qu’il y a 20 ans, ce n’était pas le cas, d’où le choix de Tina d’ouvrir une école pour les filles. Alors toi, tu avais déjà eu l’occasion de découvrir le Cambodge, tu y étais allé 4 mois, mais il y a eu le Covid, t’as dû rentrer, il y avait un petit goût d’inachevé peut-être. Lorsque l’occasion de retourner pour travailler sur ce projet s’est faite, tu as dit oui tout de suite. Oui, c’est vrai qu’il n’y avait pas vraiment eu d’hésitation. J’avais vraiment beaucoup aimé le Cambodge malgré le fait que je n’avais pas eu le temps de vraiment le découvrir.
J’avais visité peu de choses et découvert peu de choses. Donc, quand j’ai eu l’opportunité et que j’ai fait cette rencontre qui m’a permis également de rejoindre cette ONG, ça a sonné comme une évidence, il fallait que j’y retourne. Alors en octobre 2023, tu y retournes. Lorsqu’on a fait en France des études dans le luxe et qu’on se retrouve dans une cantine scolaire qui sert 2300 repas par jour au Cambodge, est-ce qu’on hallucine un tout petit peu? On hallucine un petit peu.
Bon, ce n’était pas mon premier voyage au Cambodge, donc je savais à quoi m’attendre. Après, on a toujours des belles surprises. C’est vrai que nous, en tant qu’Européens, on peut être parfois un peu étonnés de voir les conditions de certaines cuisines, comment les repas se font, dans quelles conditions, le fait de cuisiner à même le sol. Ce genre de choses, c’est quand même assez lointain des belles maisons parisiennes. Donc forcément, c’est assez surprenant.
Mais ce qui est bien, c’est qu’il y a beaucoup de travail, il y a tout à faire, donc on y va. Alors, c’est vrai que les normes d’hygiène et de sécurité, ce n’est pas le top encore. L’idée pour toi, assez vite, aura été d’avoir la gestion de la restauration pour ses 1700 élèves et d’éviter la malbouffe, de repenser un petit peu tout le process. Le travail est énorme quand on commence. Oui, le travail est énorme, surtout que comme dans toutes les régions du monde, le changement fait peur.
Donc au début, ça a été un réel challenge, que ce soit par rapport aux étudiantes, que ce soit par rapport aux membres du personnel et également par rapport à mes équipes qui étaient qui était assez réfractaire à ce changement-là. Malgré le fait qu’on utilisait des produits cambodgiens, donc des saveurs locales, c’était quand même un changement, donc ce n’est pas facile au début. Et au fur et à mesure, les gens commencent à comprendre, les gens commencent à apprécier, et on met en avant surtout la santé en fait. Donc forcément, à un moment donné, ça parle aux gens et ils s’investissent et maintenant ils adorent ce projet. Et Manon, quand on a une jeune fille à la tête de toutes ces équipes, ça doit être un petit challenge pour toi.
C’est un challenge. Moi, j’aime beaucoup les challenges. Vous vous en douterez sûrement, du coup. J’aime beaucoup les challenges. Le plus beau, quand même, c’est de commencer à penser quelque chose et de voir l’évolution jusqu’à la finalité.
Donc, c’est ça qui, je pense, est le plus stimulant dans chaque challenge. Mais effectivement, je ne me rends pas compte. C’est plus en en parlant, comme aujourd’hui, on est en train de le faire, où je me rends compte qu’effectivement, il y a eu beaucoup de travail et c’est beau. Alors je confirme, c’est beau au sein de cette ONG. Donc du coup, tu vas travailler sur la rénovation de la cuisine principale, la création de deux nouvelles cuisines annexes.
Il y a 25 cuisinières à former, un immense boulot, une ferme agroécologique qui a été créée. Waouh! Oui, alors la ferme agroécologique était déjà présente avant, mais c’est vrai qu’elle s’est développée pendant ce projet-là. Ce sont des projets annexes qui sont réalisés par d’autres équipes et qui sont forcément en collaboration avec nous parce qu’on met en avant forcément le modèle de la ferme à l’assiette, mais de la ferme à l’assiette de façon agroécologique. Dans un pays où on utilise énormément de pesticides, c’est encore plus valorisant.
Et donc, du coup, aujourd’hui, avec tout ce travail réalisé, une sensation de fierté? Forcément. Forcément, c’est une grande sensation de fierté, déjà pour les personnes qu’on nourrit chaque jour, sachant que maintenant, elles ont des repas équilibrés, variés, sains et qu’elles les aiment maintenant. C’est une fierté aussi pour les femmes qui travaillent au quotidien avec moi, qui sont pour la plupart des mères des étudiantes, en fait. Donc, elles ont eu des formations de cuisine, donc elles ont un diplôme maintenant.
La plupart sont soit analfabètes, soit elles ne sont jamais allées à l’école. Donc, c’est aussi une montée en compétence pour elles. Ça les crédibilise aussi dans le monde du travail. Donc, c’est super intéressant et c’est une fierté aussi pour la jeune génération que je représente. Donc, c’est que du positif.
Il y a quelques semaines, un coup de fil de capucine de la rédaction Le Petit Journal International pour t’annoncer que tu as gagné le prix Hospitalité et Tourisme dans le cadre des Trophées des Français Aséanes. Ça y est, tu vas te retrouver à la cérémonie à la Résidence de France de Singapour avec ta plus jolie tenue. Tu te souviens de ce coup de fil? Tu te souviens de cette cérémonie? C’est quoi qui t’a marqué le plus?
J’ai été assez surpris, comme on le disait, parce que c’est vrai qu’au quotidien, je ne me rends pas forcément compte de tout ce projet, de l’ampleur de ce projet et de tout ce qui a été mis en place. Donc, assez surprise, mais très contente, très contente. J’étais d’ailleurs dans mon bureau, je me rappelle, en train de planifier l’ouverture de ces deux nouvelles cuisines. Donc, je ne m’attendais pas du tout à un appel comme ça à ce moment-là. Donc, c’était une très bonne nouvelle.
Et est-ce que tu crois que ton travail, le travail de l’ONG, va continuer à faire ses petits un peu partout dans le monde? J’espère, j’espère vraiment que c’est un projet, c’est un très beau projet. C’est de l’espoir qu’on redonne à des familles qui sont les plus défavorisées. J’espère vraiment que ces initiatives-là continueront d’être apportées à travers le monde et pourquoi pas dans d’autres établissements. Et pourquoi pas par toi?
Est-ce qu’aujourd’hui tu vois ton avenir au Cambodge ou quelque part ailleurs? Si t’as une nouvelle mission en partant de zéro comme tu l’as eu, t’es partante? Moi, je suis guidée par le challenge, vraiment. Donc, tout ce qui est création de projets en lien avec la restauration, parce que je suis quand même passionnée de restauration, quelle qu’elle soit maintenant, ce type de restauration me convient. Mais je n’ai pas vraiment d’idée sur exactement ce que je veux faire.
Je pense que je suivrai, je suis les opportunités et les challenges. Voilà, les challenges. Je pense que c’est surtout ça. et les sourires des enfants parce qu’il y a une très belle photo sur l’article du petit journal. Ça doit te distribuer pas mal de bonheur.
Oui, effectivement, on voit concrètement ce qu’on apporte au quotidien en regardant justement ces petites filles courir à 11h30 parce qu’on mange très tôt au Cambodge. À 11h30, elles courent pour venir chercher leur plateau. Donc, c’est ça la plus grande victoire finalement. Félicitations Manon pour ce prix, pour le travail effectué et puis je vais te demander de faire un petit bisou aux 1700 élèves de la part de l’équipe de la radio des Français dans le Monde. Oui, je leur ferai avec plaisir dès demain.
Ça va être facile, ça va te prendre quelques heures peut-être. Merci en tout cas, bravo, félicitations et puis au plaisir de te retrouver parce que je pense qu’encore t’auras plein de nouvelles idées à développer. Oui, sûrement. À bientôt. À bientôt.

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Podcast n°2667 (février 2026)

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