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Chantal Cadasse : Réussir son immigration au Canada

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Avez-vous déjà rencontré des difficultés avec l’immigration canadienne ? Dans cet épisode de « Dix minutes, le podcast des Français dans le monde », Gauthier Seys discute avec Chantal Cadasse, cofondatrice de Connexall Immigration, qui partage son parcours semé d’embûches pour s’installer au Canada. Si vous envisagez de déménager à chez nos cousins Canadiens, cet épisode est fait pour vous !

Chantal Cadasse, originaire de la Martinique, a suivi un parcours académique en France avant de s’aventurer au Canada grâce à un Programme Vacances Travail (PVT). Avec son amie d’enfance Nora, elles ont fondé Connexall Immigration, une société spécialisée dans l’accompagnement des immigrants. Chantal, qui réside à Toronto, et Nora, basée au Québec, apportent leur expertise pour aider les francophones à naviguer les complexités de l’immigration canadienne.

L’épisode aborde en détail les défis rencontrés par Chantal lors de ses démarches d’immigration, notamment les difficultés avec les courriers électroniques et les refus de permis. Elle partage des conseils précieux pour éviter les erreurs courantes et souligne l’importance de bien se préparer en amont. Chantal explique également les différences culturelles et administratives entre les provinces canadiennes, et comment Connexall Immigration aide les clients à s’installer et s’intégrer dans leur nouveau pays.

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https://connexallimmigration.com/

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Podcast n°2225 (Juillet 2024) produit par www.FrancaisDansLeMonde.fr, 1ère plateforme multimédia pour ceux qui se préparent, qui vivent ou qui rentrent de mobilité internationale. Ecoutez nos radios et nos podcasts « Expat » en installant l’application mobile gratuite.

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Chapitrage de l’épisode

0:00:01 – Introduction du podcast et présentation de l’invité Chantal Kadass
0:00:23 – Connexions avec Nora et la création de Connexol Immigration
0:01:20 – Début de l’aventure : formation et arrivée en France
0:02:22 – Le déclic pour le Canada : le Programme Vacances Travail
0:03:22 – Challenges administratifs et erreurs de communication
0:05:33 – Changement de vie et départ pour Toronto
0:06:36 – Différences culturelles entre Montréal et Toronto
0:07:17 – Nouveaux défis avec l’immigration canadienne
0:08:01 – Lancement de Connexol Immigration avec Nora
0:09:54 – Complexités des démarches d’immigration au Canada
0:12:01 – Importance de préparer son projet d’immigration en avance
0:13:30 – Conclusion et remerciements

Retranscription de l’épisode

Voici un nouveau podcast qui parle de la mobilité internationale et qui va rejoindre la galerie des 2000 interviews disponibles sur francaisdanslemonde.fr. Je suis Gauthier Seyss et j’ai le plaisir de passer dix minutes avec Chandal Kadass, direction Toronto. Dix minutes, le podcast des Français dans le monde.
Voici un podcast qui va faire écho à un autre podcast que j’ai eu l’occasion de faire avec Nora, le podcast 2194. Chantal et Nora étaient copines d’enfance en Martinique et aujourd’hui elles se retrouvent pour développer ensemble leur propre société, Connexol Immigration. Chantal, bonjour et bienvenue. Bonjour Gauthier, ça fait plaisir d’être là. Je suis content de faire ta connaissance.
On a discuté un peu hors antenne avant d’enregistrer ce podcast. Alors si vous avez déjà rencontré des problèmes avec l’immigration canadienne, installez-vous confortablement puisqu’on va vous parler des petits soucis que Chantal a aussi rencontrés. Mais heureusement, j’ai envie de dire maintenant, Connect Sol Immigration est là. Tout à fait. On revient en Martinique et plus précisément au pied de cette jolie montagne.
Nous voilà à Morne Rouge. C’est un lieu qui t’évoque quoi, si je t’en parle comme ça là maintenant ? La fraîcheur. Un beau décor quand même. Un beau décor, ça c’est sûr.
Oui, les Antilles, c’est très beau. D’ailleurs, tu y retournes de temps en temps puisque tu peux télétravailler. Donc tu m’as dit que tu venais d’y passer trois mois. Tout à fait, c’est ça, oui. Alors, tu vas faire la même école que Nora.
Et puis, une petite différence, c’est qu’elle va partir poursuivre ses études au Canada. Toi, en 2009, te voilà en France, à Paris, heureuse d’avoir atterri dans la capitale française et de poursuivre ton cursus et de passer ton master en France. T’étais contente de vivre cette expérience ? Oui, disons que j’étais surtout contente d’avoir deux ans de plus en tant qu’étudiante. Master, voilà.
C’était pas spécialement Paris alors, du coup ? Non, pas spécialement. Mais bon, c’est bien quand même, dans tous les cas. Alors, après ton master, tu trouves un boulot qui te plaît. Sauf que tu m’as dit, j’étais un petit peu dans le métro boulot dodo.
Si tu étais restée en l’état, ça aurait été une vie un peu plus, un peu plus grise, peut-être ? Totalement. Ça, j’ai pas de mal à le croire. Alors là t’étais allé à un salon de voyage sur le Québec, tu avais eu un coup de cœur pour un projet professionnel là-bas avec un fameux PVT, Programme Vacances Travail, et là t’as eu quelques péripéties avec tes emails, raconte-nous. Oui, c’est ça.
Je vais sur ce salon. J’ai déjà allé au Canada, donc le Canada m’avait déjà « assignée ». Puis là, je vais sur ce salon, je vois le Stand Québec et là, on me dit effectivement qu’il y a un accord bilatéral avec la France et que pour les jeunes, c’est possible d’avoir un PVT, donc permis vacances-travail. Puis là, je me suis dit OK, je donne mon adresse e-mail. Puis un jour, je reçois une newsletter, donc une infolettre.
Et puis là, je vois que c’est ouvert. On peut poser notre candidature pour ce fameux permis. Et là, c’est ce que je fais. Je rassemble les éléments, je fais un dossier et j’envoie à la poste. Tu payes d’ailleurs ?
Il faut payer un peu d’argent ? Ouais, il faut payer déjà l’envoi, mais aussi, à l’époque, il me semble que c’était 150 euros pour le visa, plutôt pour le permis. Et puis, il fallait un certain nombre d’argent sur le compte pour prouver qu’on a de quoi subvenir à ses besoins durant le séjour. Et puis, c’est ça. Donc, j’ai envoyé mon dossier.
Et puis, plus de nouvelles. Donc, bon, moi, j’ai continué ma vie, puis j’ai travaillé. Puis un beau jour, je me dis bon, il faudrait quand même que j’appelle l’ambassade parce que je n’ai pas eu de nouvelles. C’est quand même un dossier qui m’a pris du temps. Puis là, je les appelle et là, ils me disent qu’ils m’ont répondu depuis longtemps.
Mais il se trouve que ce courrier là, déjà, il était dans mes courriers indésirables. Et en plus, ce n’était pas forcément évident de savoir que c’était le permis pour aller au Canada. L’intitulé de l’email n’était pas clair. Oui, non, l’email n’était pas clair du tout. Écoute, en plus, ça s’appelait « lettre d’introduction ».
Bon, introduction, OK. Mais moi, je n’avais pas compris que c’était cette lettre-là qu’il fallait présenter à l’aéroport pour qu’on puisse te délivrer le permis derrière. D’accord. C’est ça. Donc, en fait, l’ambassade, j’ai recherché dans mes emails et je les ai rappelés.
Et ils m’ont expliqué ça. Ils m’ont dit, ça y est, allez au Canada demain si vous voulez, parce que tu sais, il y a une période d’expiration aussi. Oui. Et ça, c’est une seule fois dans la vie de chaque citoyen français. Donc il ne faut pas louper la fenêtre.
Donc je ne voulais pas perdre ça non plus. Donc résultat, tu te retrouves avec un job que tu aimes bien à Paris, une proposition d’aller faire un PVT au Canada. Bon, le choix va être vite fait. Tu voulais apprendre l’anglais, tu voulais découvrir un peu plus le pays, donc tu as décidé de changer de vie. C’est ça.
Voilà, j’ai posé ma démission et puis j’ai quitté, j’ai remis mon appartement et puis j’ai quitté la France. Alors tu vas un peu vivre à Montréal, mais tu trouves que c’est un peu trop francophone pour toi, comme tu voulais mieux maîtriser l’anglais. Résultat, tu décides de t’installer à Toronto. Montréal-Toronto, 5 heures en voiture, 1h30 en avion. C’est pas si loin, mais le pays est grand, donc il y a quand même un autre monde.
Surtout que cette fois-ci, Toronto est très anglo-saxon dans sa culture. Totalement. Toronto, c’est un petit New York. Donc même au niveau, tu sais, quand t’arrives, tu vois Dundas Square. Dundas Square, c’est un petit Times Square.
Donc même l’architecture, les gens, déjà le fait que ce soit… qu’ils parlent tous anglais. Il y a un autre peps, en fait, je trouve, qui fait très nord-américain, justement. Alors le Canada est organisé avec des provinces, donc c’est deux provinces différentes. Et là, tu vois vraiment des différences.
Ce n’est pas le même quotidien quand on est montréalais ou quand on vit à Toronto ? Oui, non, ce n’est pas le même quotidien. Montréal, c’est un peu, on va dire pour faire une caricature, c’est un peu un style européen, un tout petit peu, versus Toronto, qui est déjà un style plus américain. Je trouve que ça va beaucoup plus vite.
Toronto, je trouve que c’est beaucoup plus cosmopolite, ça draine beaucoup plus de monde. C’est le poumon économique du Canada, donc tu as tous les sièges sociaux et tout ça. L’architecture, elle n’est pas la même. La baguette, la fameuse baguette que tout le monde recherche en Amérique du Nord, il n’y en a pas à Toronto versus à Montréal. On peut trouver des bâtisseries françaises et tout ça.
Même dans la culture, la façon de vivre et tout ça, c’est différent. Alors Chantal, il va y avoir quand même une nouvelle galère avec l’immigration, décidément, pour que ça t’amène à aujourd’hui avoir ta propre société, t’en as eu des galères. Tu fais des demandes d’extension de permis de travail, c’est refusé. Une demande de résidence permanente, c’est refusé. T’as traversé une galère.
On peut vraiment dire un moment où tu m’as dit si je n’avais pas été solo et qu’on ne m’avait pas aidé. À ce moment-là, tu étais un peu dans la mouise quand même. Ah oui, totalement. Je n’ai pas compris. Je pensais que j’avais un bon profil, soi-disant, voilà, française, jeune, bilingue, master.
Je me suis dit, mais quel profil vous voulez ? Je ne comprenais pas pourquoi cette résistance. Comme quoi, ça peut être difficile, même quand on pense qu’on va passer. Alors, on se bat ou les doutes s’installent et on se dit je vais devoir partir. Finalement, tu n’avais pas vraiment envie de retourner en France, pas vraiment envie de repartir en Martinique.
Donc, c’est le combat qui s’est mis en place pour avoir les documents nécessaires. Totalement, c’est le combat, c’est la peur. Tu vois, tu te dis, mais bon, est-ce que ça va passer? Est-ce que ça va pas passer? Qu’est-ce que je vais faire dans ma vie?
À quoi bon avoir fait tout ça? Là, c’était même physiquement, tu sais, j’ai commencé à avoir des boutons partout. Mal dormir. Les docteurs, ils comprenaient pas. Enfin bref, c’était traumatique.
Alors, à ce moment-là, avec Nora, donc une copine d’école, vous échangez et vous décidez de vous lancer dans le projet de Connexol Immigration. Ça vous oblige à retourner à l’école. T’étais pas très contente de devoir y retourner. T’en avais fait assez. Oui, c’est ça.
En fait, toute cette expérience-là, ça a fait germer une petite graine d’entreprenariat, donc j’ai essayé pas mal de choses. Au final, c’est une conversation que j’ai eue avec quelqu’un qui m’a dit « Pourquoi pas l’immigration ? » et je me suis dit « Oui, effectivement », puisque je pense que j’ai été dedans. C’est vraiment quelque chose que j’ai vécu. J’en ai parlé à Nora et elle m’a dit « Ok, bon, cool, let’s do it ».
Et puis, oui, effectivement, les migrations, c’est très réglementé. On est particulièrement surveillé par le gouvernement. Donc, il faut les autorisations nécessaires. Donc, oui, il fallait repasser par le banc de l’école. Et puis, le français fait qu’on voudrait aussi pouvoir représenter les gens au Québec.
Il se trouve qu’il faut aussi un autre type de permis, donc un autre examen. Donc, voilà, c’était assez long en termes, on va dire, scolaires, techniques scolaires. Quand on est francophone et qu’on a ce désir de Canada, c’est vraiment important de passer par une structure comme la vôtre pour arriver à comprendre, trouver le bon visa, faire les bonnes démarches. Seule, on peut s’en sortir ou on risque vraiment d’avoir des galères comme tu as connu toi ? Alors tout à fait.
Ce qu’il faut savoir, c’est que ce n’est pas du tout obligatoire de passer par un consultant, un avocat, un professionnel de l’immigration. Ça, ce n’est pas obligatoire. Maintenant, C’est sûr que l’immigration a une seule erreur et c’est du 6 mois, c’est du 10 mois, c’est un dossier qui est bloqué à l’immigration. Je peux vous dire que c’est très compliqué pour le débloquer. Et puis même, ils ne sont pas très…
Ce n’est même pas parce que je suis dans la profession. Des fois, ils ne sont pas très clairs dans les procédures, dans les programmes. Et au niveau de la personne même, dans la stratégie à adopter, là, il y aura peut-être des doutes. C’est là où le professionnel a tout son sens, en fait. Et puis, je suppose que comme partout, les lois évoluent.
Ce qui est vrai un jour n’est plus vrai le lendemain. Il y a eu la sortie du Covid. Tout ça a fait qu’il vaut mieux s’entourer de quelqu’un qui maîtrise le sujet, finalement. Tout à fait, et puis si on prend une province comme Québec, Québec, c’est une province qui sélectionne ses propres immigrants, donc qui répond aussi à ses propres règles. Donc dépendamment de la province où on va, ça peut changer aussi.
Alors ça peut être aussi différent d’y aller seul, jeune ou jeune plus âgé ou en famille. Tout ça, ça donne des dimensions et des obligations légales différentes. Totalement, et puis j’ai envie de dire, au-delà de juste l’immigration, c’est vraiment, tu sais, on touche aussi l’aspect installation, c’est-à-dire qu’est-ce que vous voulez pour votre famille, comment ça va se passer l’intégration après. Moi, je vois l’immigration justement avec ce volet intégration aussi, pour que la personne sache bien dans quoi elle rentre, quoi. Concernant le travail, on dit toujours que le Canada veut attirer les talents.
Tu as été bien placée pour savoir que ça ne suffit pas toujours. C’est quoi les points de vigilance avec les choses qui peuvent poser problème avec les services d’immigration ? Alors, purement avec les services d’immigration ? Ce qui peut poser problème, globalement, parce que quand on a un problème, on a un problème.
Ouais, non, c’est sûr. Alors, ce qui peut poser problème, Déjà, c’est de faire une demande, par exemple, pour le Québec, et puis penser qu’on peut aller ailleurs. Déjà, il y a un problème d’intention là, ça peut poser un problème par la suite. Ensuite, c’est de ne pas retrouver ses papiers, de ne pas savoir où on était, les voyages qu’on avait faits. les adresses.
Tout ça, là, il y a un vrai petit travail de détail, en fait, qu’il faut faire. Donc, voilà, pour ceux qui n’ont pas leur papier en règle et tout ça, c’est sûr qu’il y aura un problème. Ensuite, au niveau de l’immigration, c’est juste de ne pas respecter C’est ce qu’il faut donner, en fait. Et l’ordre, les Etats… C’est que l’agent d’immigration, il aura le temps de s’attacher à un dossier.
Non, les agents d’immigration, là, ils ont en général cinq, huit minutes sur un dossier. Ils sont tous débordés de toute façon. Et puis, il y a aussi beaucoup de communautés. Tu sais, le Canada, c’est connu, c’est connu mondialement. Donc, en face, il y a des Indiens, il y a les Chinois, il y a les Syriens, il y a les Iraniens.
C’est de comprendre que l’agent sur le dossier, il n’a pas forcément le temps d’entrer dans trop de considérations. On a eu Lara qui a vécu en famille une expatriation qui s’est un peu mal passée avec l’immigration. Le dossier a été rejeté. C’était une erreur. L’erreur arrive souvent.
Alors, j’en vois pas souvent, souvent, mais oui, j’en ai déjà vu. Je n’aurais pas dit souvent de mon. Expérience, en tout cas. En tout cas, c’est un bon moyen, sachant que quand on se prépare à vivre l’expatriation, le mieux, c’est de vous contacter très en amont, le plus en amont possible. Totalement.
L’immigration, c’est des grosses décisions. Ça se prépare vraiment. Il faut au moins un bon six mois, un an à l’avance, voire plus, pour savoir exactement dans quelles démarches on va entrer. C’est surtout ça. La stratégie, c’est le point clé.
Le diagnostic, c’est le point clé. Et puis, regardez de temps en temps sa boîte de courrier indésirable, visiblement. Tout à fait. Chantal, merci beaucoup. Vous travaillez toutes les deux, vous êtes toutes les deux cofondatrices de la société.
Avec cette petite particularité, c’est que toi, tu es plutôt sur le territoire Toronto, une autre province, alors que Nora, elle, est sur la zone Québec. Merci pour cet éclaircissement. Si un auditeur nous écoute et galère, il peut rentrer en contact avec vous. Bien entendu, avec plaisir. Et jamais trop tard, même si on a commencé solo et qu’on se rend compte qu’on s’en sort pas, on peut accrocher une société spécialisée en cours de route.
Oui, totalement. Après, c’est surtout pas ce qu’on recommande parce que nous, une fois que le mal est fait, le mal est fait. Donc, c’est difficile de rentrer sur un dossier quand il a déjà été entamé. Chantal, merci beaucoup. Je te souhaite une excellente journée avec ce grand décalage horaire.
Moi, c’est la fin de journée. Toi, c’est le début de journée à Toronto. A bientôt. Merci, Gauthier. A bientôt.
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