Les sourires Cambodgiens & le poivre de Kampot avec Nathalie Chaboche

Avez-vous déjà envisagé de quitter votre pays pour vivre une aventure à l’étranger, tout en ayant un impact positif sur une communauté locale ?

Dans cet épisode des Trophées des Français de l’étranger 2026 organisé par Lepetitjournal.com, La radio des Français dans le monde, partenaire média officiel vous invite à explorer un parcours inspirant à travers le témoignage de Nathalie Chaboche, lauréate du prix humanitaire des Trophées des Français de l’étranger remis par la CFE.

Nathalie Chaboche, originaire de Bretagne, a un parcours qui sort de l’ordinaire. Avec son mari belge, Guy, ils ont d’abord fait carrière dans l’informatique et le marketing en Europe. Cependant, leur vie a pris un tournant inattendu lorsqu’ils ont décidé de s’installer au Cambodge après que leur dernière fille ait obtenu son bac. Ce choix les a menés à développer une plantation de poivre à Kampot, tout en s’engageant activement dans le développement communautaire local.

L’épisode se concentre sur l’incroyable aventure humaine et entrepreneuriale de Nathalie et Guy. Leur projet ne se limite pas à la production de poivre de Kampot, mais s’étend à un engagement social profond, notamment par le soutien à une école locale. En offrant des ressources éducatives et en améliorant les infrastructures, ils ont contribué à offrir de meilleures perspectives aux enfants du village. Cette initiative a non seulement transformé leur vie, mais a également eu un impact significatif sur la communauté cambodgienne. Découvrez comment leur passion pour le Cambodge les a amenés à être surnommés affectueusement grand-père et grand-mère par les habitants locaux, et comment ils ont réussi à créer un lien fort entre leurs racines européennes et leur nouvelle vie en Asie.

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de recevoir Nathalie Chaboch. Nous sommes dans le cadre des Trophées des Français de l’étranger, organisé par lepetitjournal.com. 10 minutes. 10 minutes.
Et j’ai le plaisir de recevoir la lauréate humanitaire, le prix remis par la CFE. C’est un parcours assez étonnant. Je demandais à Nathalie si elle dormait de temps en temps, parce que pour pouvoir réaliser tout ça, à mon avis, ça fait quand même un petit planning chargé. Bonjour, bienvenue Nathalie. Bonjour, merci de me recevoir.
Planique chargée, oui, mais ce n’est pas un travail. Pour nous, c’est une vraie passion, donc on n’a pas l’impression de travailler. On va raconter tout ça à nos auditeurs. Une belle histoire qui commence pour toi. En France, tu es du côté de Paris-Bretagne, tu m’as dit.
Bon, ça fait un grand écart un petit peu, mais un petit peu la côte et un petit peu la capitale. C’est ça, quand on est Breton, on est toujours attaché à son caillou. Si on vit à Paris… Tu as un drapeau de Bretagne au Cambodge? Oui, bien sûr.
Ah ben voilà, ils l’ont tous. Et puis tu vas rencontrer ton mari, Guy, qui lui est Belge. Vous vous rencontrez en 1983 et vous allez faire des étincelles dans l’informatique tous les deux en travaillant beaucoup, notamment à Londres. pour lancer une boîte de e-mail marketing. Vous allez bosser un peu dans l’immobilier.
Donc là, on est sur le territoire européen avec son petit ciel gris, les enfants, voilà, une vie un peu classique. Oui, classique, active, parce qu’on a toujours été très impliqués dans nos affaires. Mais c’est vrai qu’on n’avait pas pris encore la dimension, même si on avait des filiales partout dans le monde, qu’on a toujours beaucoup voyagé, on ne s’était jamais lancé, même si Londres est quand même très différent de Paris, on est sur une île et tout est différent, mais ce n’était pas un vrai choc culturel comme on l’a vu. Pas très exotique. 2013, votre dernière fille vient de passer son bac, vous êtes un peu libéré de vos obligations à ce niveau-là.
Vous avez envie de voyager, vous avez envie d’Asie, vous allez débuter par le Cambodge. Mais alors le tour du monde va vite s’arrêter, puisque à peine arrivé au Cambodge, au bout de trois jours, vous savez qu’il se passe quelque chose avec ce pays. Est-ce que tu peux nous reprojeter à ce moment-là et nous dire qu’est-ce qui s’est passé entre le Cambodge et vous deux? C’était incroyable, on a eu l’impression de dérouler comme une bobine de fil, où la région de Kampot nous a particulièrement plu, puisque c’est vraiment un village d’inspiration coloniale, il y a tout un quartier français colonial, il y a une grande histoire autour du poivre. puisque durant le protectorat, en fait, tout le poivre qui était vendu en France sous le nom de poivre d’Indochine venait de la région de Kampot.
Donc, il y a tout cet historique et puis la découverte en visitant une petite ferme familiale de Kampot . Et là, on découvre comment pousse le poivre. On le goûte et on se dit voilà, il y a quelque chose à faire et nous voilà parti. Alors, pour le coup, l’Europe, la grisaille londonienne est bien derrière vous. C’est quoi les paysages?
Quand tu regardes, fais nous voyager avec tes propres mots. Alors franchement, la région de Kampot est exceptionnelle puisque c’est une région qui a des collines, qui a des montagnes aussi, avec les fameuses montagnes du Beaucor qui culminent à 1000 mètres. Et puis on voit la mer, on est en bord de mer. De notre maison, en fait, on est au-dessus de la plantation de poivre. Et puis après, il y a un lac d’irrigation qui s’appelle le lac secret.
Donc voilà, ça c’est une vue panoramique. Donc on voit la mer, on voit le lac, on voit les montagnes. et on voit même l’île de Phu Quoc qui est l’île vietnamienne. Donc voilà, un petit endroit paradisiaque qu’on a découvert complètement par hasard. On ne pouvait pas y accéder parce qu’il n’y avait ni route, ni eau, ni électricité, ni rien du tout.
On est arrivés à moto derrière des Cambodgiens qui nous ont amenés jusqu’à ce terrain en friche. Et alors quand ils voient une petite Française et un petit Belge arriver, c’est quoi la réaction? Souvent dans les pays d’Asie, c’est le sourire qui se voit sur le visage. Vous avez été bien accueilli visiblement. Oui, et le sourire cambodgien est très remarquable parce qu’il est très naturel.
Et ça, c’est vraiment quelque chose qui nous fait beaucoup de bien tous les jours. Quand on croise un Cambodgien ou une Cambodgienne, il y a toujours en fait un échange de regard. Ce qu’on n’a plus en France ou en Europe, il y a un échange de regard, il y a un sourire, il y a un bonjour, il y a beaucoup de respect. Je pense qu’on a été très bien accueillis. Ils étaient contents d’avoir un projet qui se développe.
dans cet environnement rural où il n’y avait pas beaucoup d’opportunités de travail. Alors tu laisses l’informatique derrière toi pour t’intéresser au poivre, le poivre de Kampot . Là, j’ai besoin d’une petite explication, Nathalie, parce que je ne le sais pas moi-même. Comment on récupère du poivre pour faire sa cuisine? En fait, c’est une liane.
Le principe c’est qu’on coupe une liane pour en faire des petites boutures, on plante une bouture, ça va grimper autour d’un poteau, il faut attendre 3 ans et au bout de 3 ans on a des grappes qui se forment, qui donnent au départ des grappes avec des multiples grains de poivre. Ces grappes vont être récoltées pendant plusieurs mois puisqu’on les sélectionne une par une à maturité. Et donc on va en faire, soit avec les grains verts, on va en faire le poivre noir, on laisse mûrir les grains sur la grappe, ils passent au rouge et on en fait le fameux poivre rouge de Kampot . Et de ces grains très mûrs aussi, on va enlever la peau extérieure et le noyau, en fait, c’est ce qui est le poivre blanc. En tout cas, vous n’aurez pas perdu de temps puisque dès le mois de août, vous commencez à planter et puis très vite, ça va se développer.
Les premières visites de touristes, vous les faites à partir de 2016. Et puis, on va dire que ça se passe plutôt bien. Donc votre quotidien est assez chargé dans ces champs de poivre que vous récoltez. Mais ça ne va pas vous suffire, si j’ai bien compris. En fait, on voulait aller vraiment de la ferme, donc du plant de poivre jusqu’au consommateur final et qu’il soit partout dans le monde.
Donc ça nécessite de monter une marque et puis de s’exercer à tous les métiers qui vont de la ferme à l’assiette. qui sont des métiers de traitement du poivre, de conditionnement, d’exportation, d’importation, de distribution, de marketing. Voilà, donc on ne s’ennuie pas tous les jours et on apprend tous les jours des nouveaux métiers, donc c’est parfait. Ça s’appelle la plantation. Et à côté de la plantation, il y a une école, petite école avec les enfants du village.
Alors vous vous dites, on peut peut-être faire quelque chose, on peut donner un petit coup de main. Il manquait de moyens dans cette école? Oui tout à fait, il faut se rendre compte qu’après le régime des Khmer Rouges, il n’y avait plus d’infrastructure éducative, donc il a fallu que le gouvernement reforme des professeurs, qu’il reconstruise les écoles, il y avait tout à refaire. Donc cette petite école du village avait peu de moyens. Donc nous on s’est dit on veut aider et donner la chance à ces enfants d’accéder à une éducation de qualité.
Donc depuis 13 ans en fait on paye un salaire complémentaire aux professeurs, ils font école le matin et l’après-midi. On a équipé l’école de sanitaires, d’eau potable, on a refait la cour de l’école, on a enfermé avec des grillages l’école, parce qu’avant il y avait les vaches dans l’école donc c’était pas très pratique. Au niveau hygiène, on fournit les fournitures tous les ans, les vélos. Et puis, nos enfants qui finissaient le primaire, on a commencé à les suivre et à se dire, c’est compliqué la ruralité au Cambodge parce que l’école, elle est à Kampot, elle est à 20 km. Donc là, on a sélectionné les meilleurs élèves, ceux qui souhaitaient suivre un cursus secondaire.
Et donc, on en a entre 6 et 10 qui suivent un cursus secondaire et puis maintenant, ils sont passé bachelier et on en suit six à l’université à Phnom Penh, dont l’aîné est en quatrième année de toi. En plus de la vraie famille, ça fait une grande nouvelle famille au Cambodge avec 300 salariés, ces petits élèves que vous suivez depuis une dizaine d’années, qui sont maintenant à l’université. Donc tout ça a grandi. C’est une plantation, en même temps une aventure pour le poivre, mais une aventure humaine aussi. Oui, c’est vraiment une aventure humaine et d’ailleurs tous nos employés, tous les enfants et même les gens, les visiteurs, les Cambodgiens qui viennent à la plantation nous surnomment en fait grand-père et grand-mère parce qu’on est vraiment les…
Alors, on est quand même un peu étrangers, même si on a la chance d’avoir reçu la nationalité cambodgienne, on est quand même toujours considérés comme les étrangers, mais on a beaucoup de reconnaissance de nos employés, des enfants et je pense que du pays aussi qui apprécie ce qu’on fait. C’est devenu le site touristique le plus visité de la région. On a eu l’année dernière 150 000 visiteurs. beaucoup d’internationaux, mais beaucoup de locaux aussi qui retrouvent un environnement qu’ils apprécient. Et qu’est-ce qui se passe il y a quelques semaines lorsque l’équipe du Petit Journal t’appelle pour t’annoncer que c’est toi qui vas rafler le prix humanitaire 2026?
Est-ce que tu es bien loin de l’Europe à ce moment-là? Tu es dans ta plantation quand tu as le coup de fil? Oui, effectivement. C’est le soir, puisque avec le décalage horaire, c’était le soir. J’ai l’équipe de Petit Journal qui m’annonce cette super nouvelle.
C’est un peu la panique en se disant, comment on n’a pas prévu de rentrer, il faut qu’on rentre. C’était pour nous la pleine haute saison. Mais on a dit, l’événement est tellement important et on est tellement fiers pour le Cambodge et pour nos équipes, on y va, on rentre à Paris. Et ça met un beau coup de projecteur sur ce projet qui a bien grandi sur toutes ces années. Voilà, c’est effectivement une belle opportunité.
On est très fiers de mettre en avant surtout le côté social puisque c’est pour nous, c’est notre vrai moteur en fait. Bien sûr, c’est un projet qui a pour but de mettre en avant les épices du Cambodge, de les commercialiser partout dans le monde. Mais le plus important, c’est le social. Et justement, quand vous avez l’occasion de revenir dans la capitale, je suppose que tu as pu faire un petit crochet pour la Bretagne, sans doute, ou en Belgique. Quel plaisir tu as de retrouver cette Europe?
C’est toujours un grand plaisir parce qu’en fait, on a cette chance unique de vivre deux vies, une vie à la plantation. Donc là, on est au milieu de la campagne avec nos équipes cambodgiennes. Mais le soir, c’est tout calme, il ne se passe rien. On est vraiment perdu, loin de toute animation. Et à Paris, on a la chance de vivre dans la ville, donc on retrouve tous les aspects culturels, la famille, l’occasion de ce trophée et c’était aussi l’occasion de réunir la famille et ils étaient très contents de participer à cet événement.
Voilà, on était fiers pour eux et je les ai aussi remerciés parce que c’est vrai qu’on est partis au bout du monde, on les a un peu abandonnés et souvent ce sont les jeunes qui se disent «moi je pars à l’étranger, je vais faire le tour du monde» et nous c’est nous qui partons six mois par an au Cambodge. Et bien voilà, ils vont pouvoir tous écouter ce podcast et dire merci à la grand-mère pour son incroyable parcours et pour ce joli prix qui va revenir avec toi et que tu vas mettre en bonne place, je suppose, à la plantation. On leur a déjà montré, mais je vais me faire un grand plaisir de leur apporter et on va fêter tout ça tous ensemble. Voilà, vous allez danser sur quoi? Sur de la musique cambodgienne ou sur un tube français?
Vous faites des fêtes avec de la musique? Non, non, cambodgienne. Oui, cambodgienne. Et là, on tourne en rond, on danse et on tourne en rond. C’est très sympathique.
Tu m’enverras des photos. Avec plaisir. Merci beaucoup, Nathalie. Bravo pour ce prix. Tu remercies toutes les équipes qui travaillent.
Et puis, allez voir le documentaire sur le site du Petit Journal. Très, très belles photos. C’est vrai que ça fait un peu rêver. C’est des paysans. Merci beaucoup.
À bientôt. Merci beaucoup. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr et sur YouTube en cherchant Français dans le Monde.

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Podcast n°2679 (mars 2026)

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