Voyage d’un boxeur entre France & États-Unis avec Baptiste Cheval

Quitter votre petit village natal pour poursuivre un rêve à l’autre bout du monde : c’est possible !

Dans cet épisode des Trophées des Français de l’étranger 2026 organisé par Lepetitjournal.com, La radio des Français dans le monde, partenaire média officiel vous invite à explorer un parcours inspirant à travers le témoignage de Baptiste Cheval. Ce boxeur talentueux, originaire d’un petit village en Normandie, partage son incroyable parcours qui l’a mené des champs paisibles de son enfance aux lumières éclatantes de New York.

Baptiste Cheval est aussi lauréat du « prix du public 2026 » des Trophées des Français de l’étranger. Récompensé pour son parcours exceptionnel, Baptiste a su captiver le public par sa détermination et son talent. En plus de sa carrière de boxeur, il a également travaillé dans des emplois variés, allant de l’aide à la personne à des petits boulots pour financer ses études. Son histoire est celle d’un jeune homme qui a su transformer chaque défi en opportunité.

Dans cet épisode, Baptiste nous raconte son départ audacieux pour New York en 2023 avec seulement 5000 euros en poche, déterminé à percer dans le monde de la boxe. Il partage les défis financiers et culturels qu’il a dû surmonter, ainsi que les soutiens précieux qu’il a reçus en chemin. Grâce à sa persévérance, il a réussi à se faire remarquer par le prestigieux New York Athletic Club, ce qui a propulsé sa carrière à un niveau international. Avec passion, Baptiste nous parle de son amour pour la boxe et de son désir de représenter la France sur la scène mondiale, tout en jonglant avec sa vie de famille entre la Normandie et les États-Unis.

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Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Baptiste Cheval, il est boxeur et lauréat prix du public 2026 des trophées des français de l’étranger. 10 minutes. 10 minutes.
Une interview qui va finalement durer à peu près le temps d’un combat de boxe, une dizaine de minutes en espérant qu’ils ne me mettent pas KO. Bonjour, bienvenue Baptiste. Bien le bonjour. Content de te retrouver. Je t’ai vu sur la scène au Quai d’Orsay aller récupérer ce prix du public que le Petit Journal t’a remis cette semaine.
Ça fait quoi? C’est un autre O-Ring de monter sur cette scène devant tous ces officiels. Et c’est vrai que c’est toujours impressionnant. Je suis préparé pour prendre des coups, pour en donner devant du public. Mais moi pour ce type d’événement, alors toujours honoré.
Et puis c’est toujours une expérience incroyable à saisir. Donc un peu stressé au début, évidemment. Petite boule de stress. Mais ça s’est bien passé dans l’ensemble. C’était super.
Un beau petit cocktail dans un beau petit lieu plutôt sympathique. Avant d’arriver au Quai d’Orsay, on va revenir en Normandie. Tu es originaire d’un petit village de 300 âmes. Exactement, je viens de Saint-Denis-de-Merée, à côté de Condé en Normandie. Voilà, c’est là où j’ai grandi.
300 habitants, donc j’ai grandi entre les forêts, les champs, les petites maisons de pierre normandes. C’est là que j’ai fait toute ma petite vie. Et c’est aussi de là que je suis parti pour vivre le rêve américain. Alors justement, quand tu vis une bonne partie du temps à New York, le décor est assez différent quand même. Fini les petites maisons en pierre.
Ça a été, comme on peut l’appeler, un choc culturel. C’est vrai que je n’étais pas un grand globetrotter avant de partir à New York et passer de la Normandie, le calme normand de la province, à une ville aussi grande que New York. C’est un peu compliqué de s’adapter au début, mais ça se fait. Après, je suis jeune et c’était le moment pour le faire. Donc on l’a fait et c’était super.
C’est une expérience incroyable encore aujourd’hui. Alors en effet, la boxe mène à tout. À 11 ans, tu découvres ce sport. À 15 ans, tu rencontres ta femme qui est au lycée. Vous allez depuis avoir un bébé.
Et puis tu bosses quelques petits boulots. Alors tu mets des coton-tiges dans des boîtes. J’ai commencé à travailler à l’usine, je me souviens le jour de mes 18 ans, le 5 juillet, je suis réveillé à 5 heures, je n’ai pas perdu de temps, je suis allé travailler directement, il fallait rentrer dans le frigo, donc je suis allé travailler à l’usine. Le moine, Kalini, je fais une petite pub, je mettais des coton-tiges dans des boîtes, alors ce n’était pas le travail le plus glamour, mais ça me permettait quand même de pouvoir financer aussi mes études, ma vie d’étudiant, puisque j’étais à la fac de sport, à Staps, Et le week-end, je travaillais là-bas et puis la semaine, j’étais en cours. On pourrait faire aussi la suite de Intouchables puisque tu faisais un boulot d’aide à la personne et t’avais un monsieur qui t’appelait fiston d’ailleurs.
Oui, oui. En fait, c’est une histoire aussi qui est folle. Ça a été une expérience de vie incroyable pour moi. Pour ceux qui ont vu le film Intouchables, c’était littéralement ça en fait. Sur mon groupe Staps, j’ai vu une annonce d’une personne qui était hémiplégique, handicapée à la suite d’un double AVC, qui cherchait un profil sportif pour pouvoir s’occuper de lui à plein temps et avait besoin d’un gars costaud pour pouvoir le lever, le déplacer, etc.
Donc ça consistait à J’habitais chez lui littéralement et on allait faire des activités. Je l’ai emmené au golf, je l’ai emmené au ping-pong. J’ai rencontré son kiné qui m’a montré des exercices. C’était super, c’était une expérience incroyable. Autant humainement que c’était incroyable.
C’était vraiment une expérience humaine très enrichissante. Tu vas lui faire écouter le podcast? Oui, carrément, je lui enverrai. Je pense à toi et toute la famille parce que j’ai vécu chez lui pendant plusieurs années et forcément on crée des liens. Il est venu me voir à mes combats, il me laissait m’entraîner comme je voulais, c’était vraiment cool.
Il s’est déplacé quand même le soir où j’étais champion de Normandie et je lui ai donné ma coupe, c’était son cadeau. Donc il m’a soutenu, il m’a présenté aussi à un partenaire qui est aujourd’hui un de mes partenaires principaux qui est Leclerc de Yves. Donc il m’a aidé aussi dans ma carrière et puis surtout il m’a aidé à l’apprentissage de la vie parce que moi j’étais un petit con de 18 ans. qui est étudiant, et il m’a appris beaucoup de rigueur, c’est un ancien chef d’entreprise, il a beaucoup de salariés, c’était quelqu’un de très important, très influent, et il m’a appris cette rigueur, il m’a appris énormément de choses, il m’a fait déguster du vin, c’est lui qui m’a appris à être premier-né, deuxième-né, toutes ces choses qui sont… qui sont ultra enrichissantes, et puis on avait souvent des longues discussions, et c’était vraiment une des plus belles expériences que j’ai eues dans ma vie.
Il a fallu, au bout d’un moment quand même, que je prenne mon envol, et j’ai dû lui annoncer que j’avais un projet professionnel dans la boxe, et que je ne pouvais pas faire ça toute ma vie non plus. Il a dit au moins que c’était difficile, mais il a compris, il m’a dit écoute, C’est normal, il faut que tu prennes ton envol, tu peux pas rester avec un petit vieux comme ça jusqu’à la fin de ta vie.
qui a été très compréhensive, elle m’a dit t’as raison Baptiste, allez fonce, on te soutient. Et on était très contents de t’avoir eu dans la famille pendant tout ce temps. Alors tu fais des études dans la fac de sport, tu fais de la boxe. Il faut expliquer aux auditeurs que faire de la boxe, même à haut niveau, au niveau national, ça ramène pas beaucoup d’argent en France. C’est pas un sport qui est vraiment rémunérateur.
Alors tu l’adores ce sport, mais pour pouvoir aller plus loin, l’idée, ce sera d’aller aux Etats-Unis, puisque là, c’est une terre de boxe. Tu vas donc décider en 2023 de partir et de vivre à New York. Tu arrives là-bas avec 5000 euros en poche. Personne t’avait dit que ce serait très cher, la vie sur place? J’avais calculé que j’avais 1500 euros par mois dans le logement.
À ce moment-là, j’étais au chômage. Je me suis dit, bon, je vais avoir 1000 euros de chômage. Ce n’était pas possible. Je suis parti un peu comme un fou. C’était n’importe quoi.
C’était l’aventure. Très vite, j’ai compris que ça allait être très compliqué au bout d’un mois. Mais ça m’a forcé à être dans mes retranchements et à trouver des solutions, débloquer des solutions et charbonner. Parce que c’est ça, à un moment, j’ai regardé ma femme et je lui ai dit, bébé, je crois qu’on va devoir partir. pas pouvoir faire les trois mois, au bout d’un mois et demi.
Elle m’a dit non, on a dit qu’on partait trois mois, on reste trois mois. Elle m’a donné cette force parce qu’on avait dit à toute notre famille qu’on partait trois mois. C’était compliqué pour la famille aussi de nous voir partir. On est issus d’une famille traditionnelle normande, on quitte le patelin, c’était un petit peu le choc, surtout pour sa famille. Pour sa famille, je leur ai enlevé leur fille un peu, ce qui est compréhensible avec ce rêve.
Et donc ça a été dur, mais voilà, elle m’a dit non, Baptiste, on a dit qu’on partait trois mois, on reste trois mois. Et j’ai dit ouais, t’as raison. On peut dire que tu t’es battu et bien battu puisque tu montes sur scène, tu gagnes de nombreux combats et ça va te permettre de te développer. Tu vas trouver un contrat avec des agents. C’est une nouvelle dimension, finalement, d’avoir su percer dans ce sport aux Etats-Unis.
Une dimension qui s’ouvre à moi, et c’est clair que c’est une nouvelle dimension, dans le sens où le fait qu’on reste les trois mois, il s’est passé quelque chose d’incroyable, c’est qu’à la fin de mes trois mois, je me fais repérer après un test match par le New York Athletic Club. Qui était parti plus tôt? Ce ne serait jamais arrivé. Je me fais repérer par le New York Energy Club qui me propose de rester pour les représenter lors des tournois nationaux, internationaux, etc. pour les Golden Globes.
Ce à quoi, évidemment, je réponds positivement. Je rentre en France, retour à l’usine, très difficile, le temps de faire mes papiers de visa. Je repars. Et là, je commence à enchaîner les combats. Très vite, j’ai la chance, l’opportunité de concourir pour la ceinture de titre de champion de New York.
Puisqu’il y a eu un désistement trois jours avant, un des deux prétendants s’est blessé. Ils n’arrivaient pas à trouver un adversaire qui accepte, évidemment, trois jours avant le combat. Moi, avec la frougue, évidemment, je n’allais pas laisser cette occasion filer. Mon entraîneur m’a proposé ce combat. J’ai dit on accepte, on y va tout de suite.
On y est allé. et je deviens champion contre toute attente de la ville. Puis après, champion de l’État. Ensuite, je remporte plusieurs tournois internationaux, les Golden Globes, où je boxe au Madison Square Garden pour la finale. Et voilà, ça m’est suivi tout un tas de tournois et de compétitions que j’ai remportées.
Et voilà, ça a été une aventure extraordinaire et qui aujourd’hui m’a ouvert beaucoup de portes, et dont celle de pouvoir aller au Quai d’Orsay récupérer le trophée des Français et des étrangers. Le public a voté massivement pour moi, Salut mon parcours, j’ai remercié le public d’ailleurs. Bravo, on les salue puisque c’est en effet eux qui ont attribué ce prix. D’ailleurs, tu es assez dynamique sur les réseaux sociaux. Tu as peut-être motivé ta communauté à voter pour toi.
Exactement, je les ai sollicités. Je dis les gars, j’ai été nominé, je compte sur vous et j’ai la chance d’avoir une communauté qui est très active, une communauté surtout qui est très fidèle et j’ai bâti une communauté qui est vraiment géniale. Ils me donnent énormément de force, ils me soutiennent toujours, dans la défaite, dans la victoire. Ils sont très actifs et ça j’en suis très fier, je suis très fier de ma communauté. de mes supporters, puisqu’ils sont là aussi sur le ring.
Même au Madison Square Garden quand je boxais aux Etats-Unis, il y avait des Français qui ont fait le déplacement. Là, mon combat en Normandie, c’est blindé parce qu’il y a beaucoup de supporters qui viennent. Donc merci à vous. Merci au Petit Journal aussi pour l’organiser, ce beau trophée qui permet aussi de mettre la boxe en valeur. Et je suis honoré de pouvoir mettre ce beau sport en valeur, qui est un petit peu marginalisé, c’est vrai aujourd’hui dans les médias, on n’en parle pas trop.
Ça fait quelques années que quand même, à 10 ans, il y avait un creux au niveau de la boxe, ça passait plus creux à la télé. Mais aujourd’hui, il se passe un nouvel essor, donc ça c’est cool. Alors, juste une petite question. Je me pose un peu comment dans ta tête ça se passe, puisque avant le combat, tu dois être hyper concentré. On le disait, un combat, c’est assez rapide et assez rapidement.
Donc, tu sais si tu vas gagner ou perdre. Et si tu gagnes dans des lieux comme le Madison Square Garden, ça doit faire un bruit d’enfer, c’est-à-dire que tu dois passer d’une phase de hyper concentration à une exaltation de fou. Comment tu vis ça? Oui, en fait, on a appris à le gérer au fur et à mesure des années. Le premier combat que j’ai fait, je me souviens, c’était dans ma salle.
Enfin, c’était dans mon gymnase, dans ma ville. Il y avait 500 personnes. Ça, je me souviens de toute ma vie, le taux d’adrénaline, la pression que j’avais. Je ne me souvenais même pas du combat, en fait. Je ne me souvenais même pas.
Je me souviens juste qu’il avait levé mon bras. Donc je l’avais gagné, j’étais content. C’est vrai que c’est des sensations qui sont indéscriptibles et c’est ce qui fait aussi pourquoi je continue la boxe. C’est ce shot d’adrénaline, cette sensation qui est incroyable. Le stress dans les vestiaires avant de monter sur le ring, cette peur au ventre.
Parce que tu sais que tu montes sur le ring, le gars en face de toi, il veut t’éteindre. Et toi, il faut que tu fasses lui ou moi. Il y a du public, des fois des milliers de personnes. C’est quand même très, très Je sais pas comment expliquer, mais animal presque. Instinctif, mais en même temps, c’est indécritible, en fait.
C’est très difficile à décrire ce type de sensation. Il faut l’expérimenter pour le comprendre. Je suis pas là de monter sur un ring, c’est moi qui te le dis, ou en tout cas, ça ne durera pas longtemps, ça ne durera pas dix minutes. On n’a pas les mêmes abdos, toi et moi, la vie est injuste. Les abdos, c’est pas…
c’est parce qu’il fait un bon combattant. Il y a des Andy Ruiz, des Tyson Fury, ils ont la bedonne. Et pourtant, ça ne l’empêche pas des champions du monde. Bon, je vais essayer alors. En tout cas, félicitations.
Le prix est remis par la Banque transatlantique. Tu es boxeur vivant en partie aux Etats-Unis. Il te reste une dizaine d’années, Baptiste, parce que c’est du sport, donc il faut rester jeune dans ce sport. Comment tu vois un peu les choses aujourd’hui? Il y a un petit garçon qui est arrivé dans votre vie, une vie aux Etats-Unis, une vie en Normandie.
Tu sais pas? Moi je me suis toujours laissé porter par des… Voilà, je me fixe un petit objectif. Un petit objectif. Je me fixe un objectif et je me laisse porter.
Mais toujours me donner des objectifs. Sinon tu te ramollis. Donc je me laisse porter, je me suis toujours laissé porter aujourd’hui. La chance m’assourit, enfin pas la chance mais le destin m’assourit. Et je ne veux pas forcer les choses, il faut rester lucide.
L’ambition c’est bien, mais il faut faire toutes les choses étape par étape. Je ne vais pas arriver à dire que je vais être champion du monde. Je veux être champion du monde, comme tout boxeur le rêve, mais on va diriger vers ça et on verra où le vent nous mène. En tout cas, le but c’est de remplir le frigo, que ma femme et mon enfant soient à l’abri. Il va falloir que je gagne beaucoup de combats, que je trouve beaucoup de partenaires pour continuer de représenter la France vraiment au plus haut niveau international.
Je suis content d’avoir le drapeau français quand j’arrive sur les marches du Madison Square Garden. On a de très bons sportifs en France et je suis content d’en faire partie et de pouvoir mettre à l’honneur notre beau pays dans le monde international. Eh bien Baptiste, la prochaine fois qu’on se reparle, c’est quand on aura le plus grand titre possible mondial. Ça te va? C’est un bel objectif?
Ça me va, ça me va. J’espère qu’on se reparlera bientôt alors. Moi aussi, avec plaisir. Belle journée à Paris et à très vite. A très vite.

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Podcast n°2676 (mars 2026)

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