Expatriation et résilience avec ArThuy : L’art de se reconstruire

Avez-vous déjà ressenti le besoin de tout casser pour mieux vous reconstruire ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », Gautier Seys explore cette question intrigante avec son invitée, Thuy Gattaux, également connue sous son nom d’artiste, ArThuy. Ensemble, ils discutent des défis de la vie d’expatrié et de la manière dont la mobilité internationale peut parfois nous pousser à réévaluer et à réinventer nos vies.

Thuy, originaire du Vietnam, vit au Luxembourg depuis une quinzaine d’années. Elle est à la fois chef d’entreprise et artiste. Après avoir suivi son mari au Luxembourg pour des raisons professionnelles, elle a fondé Home Service Lux, une entreprise de services pour expatriés. Cependant, un burn-out il y a quatre ans a marqué un tournant dans sa vie, l’incitant à chercher des moyens de se reconstruire intérieurement. C’est ainsi qu’elle a découvert le Kintsugi, un art japonais de réparation de céramiques brisées avec de l’or, qui est devenu une métaphore puissante pour sa propre guérison et celle des autres.

L’épisode se concentre sur la méthode unique développée par Thuy, inspirée du Kintsugi, pour aider les expatriés à se reconstruire après des périodes de transition difficiles. En utilisant cet art comme un outil de réflexion et de guérison, elle propose un processus de réparation symbolique qui permet de sublimer les cassures de la vie. Thuy explique comment cette méthode peut être particulièrement bénéfique pour les expatriés confrontés à des changements de culture et de repères, et comment elle a aidé de nombreuses personnes à découvrir de nouvelles perspectives et à poursuivre leurs rêves. Pour ceux qui souhaitent explorer cette approche, Thuy propose des ateliers et des consultations personnalisées pour guider les individus dans leur propre parcours de reconstruction.

https://arthuy.lu/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Seys et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec ArThuy, direction le Luxembourg. 10 minutes. 10 minutes. Le podcast des français dans le monde.
Parfois la vie devait vous amener à tout briser pour reconstruire bien au propre. On va en parler avec mon invité, double casquette, chef d’entreprise et artiste. Bonjour Thuy, c’est ton vrai prénom et je t’ai présenté avec ArThuy ton nom d’artiste. Bienvenue sur la radio des Français dans le Monde. Bonjour tout le monde, bonjour Gauthier.
On va parler de toi, de ton parcours et de ce qui t’a amené à aujourd’hui proposer une méthode de reconstruction, comme je le disais. Tu disais en préparant cette interview, notamment en parlant de ton assistante Evelyne, l’expatriation peut tellement chambouler Ça peut un peu nous casser à l’intérieur? Oui, oui, oui. Tout ce qui est nouveau perturbe à la base. Et atterrir dans un territoire, un environnement qui est autre, où on n’a plus de repères, ce n’est pas évident.
Ce n’est pas évident. Je l’ai ressenti quand je discute et échange avec d’autres expats. Et j’ai le plaisir d’ailleurs de pouvoir partager aussi mes expériences, mon vécu. Et c’est vrai qu’on ressent beaucoup ce manque de communication tout simplement, de partager, d’être écouté. Alors on va parler de cette méthode, mais avant on revient à toi, d’où tu es originaire, avec des parents qui ont une origine vietnamienne.
On a échangé quelques mots sur le Vietnam. t’y es pas allé depuis longtemps et t’as un peu peur d’y retourner parce que le pays change tellement, se modernise tellement, t’as un peu peur de ne plus retrouver son authenticité en y allant. Exactement. Ça fait quand même depuis plusieurs années que je n’y suis pas allée et je suis de loin à travers les réseaux. Surtout, je vois l’évolution aussi à travers TikTok.
Moi, je vois beaucoup de trends, de petites vidéos comme ça qui viennent de mon pays d’origine, donc ça me fait bizarre parce qu’à l’époque, ce n’était pas le cas. Et je vois que ça a pas mal évolué et un peu trop à mon goût. Voilà, j’ai peur. J’ai peur de ne plus retrouver cette authenticité que j’avais, que je trouvais avant, tout simplement. Bon, en tout cas, tu n’y es pas retournée depuis une dizaine d’années.
Si tu y retournes, tu me rappelles. Ouais, non, sans souci. C’est à Troyes que tu vas rencontrer ton futur époux qui est Lorrain. Il va avoir une opportunité professionnelle de travailler au Luxembourg. Vous allez donc vous y installer il y a une quinzaine d’années.
Alors, tu n’es pas encore luxembourgeoise. Tu pourrais demander la nationalité au bout de 20 ans. C’est ça la règle là-bas? Oui, oui, il est possible au bout de 20 ans avec un test, etc. Il y a possibilité ensuite d’acquérir la nationalité.
Alors le Grand-Duché de Luxembourg aujourd’hui, 174 nationalités différentes. 47% de la population résidente n’a pas la nationalité luxembourgeoise. Beaucoup, beaucoup d’expats. On y parle le français, l’allemand, un peu le luxembourgeois. Tu dis quelques mots en luxembourgeois?
Un petit peu, un petit peu. C’est vrai que je côtoie énormément d’expatriés, donc je n’ai pas forcément la pratique. Enfin, je n’ai pas eu l’occasion de trop pratiquer. Evidemment, une plaque tournante internationale au Luxembourg. Avec un petit bémol, peut-être, on n’est pas au soleil.
Alors là, les crèmes, il n’y a pas moyen d’investir sur les crèmes solaires. On va dire que c’est… C’est gris, mais il faut savoir que toutes les façades sont quand même assez colorées ici. On a quand même de la couleur à travers le béton. À 30 minutes, tu as l’Allemagne, à 30 minutes, tu as la France, à 30 minutes, tu as la Belgique, même si au final, tu consommes là où tu te trouves avec un pays qui est assez cher.
Les loyers, l’avenir au quotidien, c’est au-dessus de la France. Tout à fait, tout à fait. On manque cruellement de logements d’ailleurs, c’est pour ça que l’offre et la demande font que les logements sont très coûteux. L’avis est plutôt, je dirais, cher, mais cela correspond aussi à nos salaires. Et on a aussi l’opportunité, comme je t’avais dit, de pouvoir partir dans les pays frontaliers.
Il y a 12 ans, tu as créé Home Service Lux. C’est un service de personnel pour une clientèle plutôt expat. Alors tu me disais, il y a le mot luxe dedans parce qu’à l’époque, je voyais plein de sociétés qui mettaient ce mot-là. Les expats aiment le luxe au Luxembourg. Écoute, il fallait trouver un nom.
Donc il y a 12 ans, et quand j’ai débarqué, je n’avais pas encore suffisamment de connaissances au niveau de la culture luxembourgeoise, et puis toutes ces nationalités qui sont là, il fallait trouver THE nom pour adapter à tout le monde. Et donc, pourquoi pas Home Service Lux, Lux à la fin pour Luxembourg, évidemment. Et je voyais plein d’autres sociétés avec le « Lux » à la fin. Donc, c’était vraiment l’époque là où ce « Lux » était à fond. Et donc, je me suis dit tiens, hop, allez, cherche pas, on comprend tout de suite.
Très bien. En attendant, tu vas avoir un incident dans ton parcours. Il y a quatre ans, tu vas vivre un burn-out, un gros burn-out qui va un peu redistribuer les cartes. Tu me disais que c’était un tout, une espèce de trompe-l’un. C’est ça.
Ça a débordé. Oui, en fait, ça s’est déclenché suite à un échec professionnel. Après, je pense que J’avais un certain niveau d’exigence aussi envers moi-même. Et à ce moment-là, le fait que j’aie vécu cet échec, j’avais du mal, j’avais du mal. Et donc, ça a débordé.
Le corps a dit stop en fait. Le corps a parlé en premier, il a dit stop. Je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais plus manger. C’était vraiment le burn-out que j’ai vécu. Et c’était la première fois, c’est impressionnant.
et beaucoup de prise de conscience pour la suite. Mais oui, ça a débordé un trou plein, une accumulation de choses, de sujets de ma vie que j’ai gardé profondément. Tout est sorti parce que j’ai toujours voulu résoudre ça toute seule. Et alors là, tu vas te faire aider avec un art japonais qui s’appelle le Kintsugi. Qu’est-ce que tu peux me dire sur cet art?
C’est un art japonais, un artisanat d’art où on répare des céramiques brisées avec de l’or. On sublime les cassures, on ne va pas les cacher. C’est vraiment un art de réparation à la base japonaise et je me suis formée à cet art qui m’a énormément aidée et qui apporte tellement de vertu. J’étais confrontée avec moi-même. Mais tu m’as montré un vase en préparant cette interview, un vase que tu reconstruis en ce moment.
Cet art, justement, c’est aussi l’art de la patience. Il faut reconstruire et ça colle. Il y a toute une mécanique qui s’inscrit dans le temps. Exactement. Et c’est ça, en fait, le temps qui a fait que j’ai pu, entre guillemets, me réparer intérieurement.
Et ce temps, tu ne peux pas aller plus vite. C’est un processus de réparation qu’il faut respecter un temps de séchage, de durcissement. Et donc, ça t’impose un rythme qui n’est pas le sien qu’on vit actuellement, où on vit à 100 à l’heure. Et donc, j’étais obligée de patienter pour passer à l’étape suivante. Et franchement, rien que ça, ça parle.
Alors justement, nos auditeurs expats qui vivent en ce moment une période difficile, pour toi, on peut atteindre cet art, mais il faut passer par l’étape de casser le vase, oser se déconstruire avant de se reconstruire. Tout à fait. Donc à partir de cet art ancestral, j’en ai créé une méthode unique, donc ma méthode Artree, où là on va briser. Et c’est là qu’on parle de reconstruction comme dans beaucoup de sujets, que ce soit dans un environnement professionnel, familial, personnel, etc. Donc oui, je pense que pour des expats, ça peut apporter énormément de…
un soulagement ou ça peut être aussi un renouveau tout simplement. On brise parce qu’on change de pays, on change de culture, on change nos repères. Et le fait de rendre symbolique un objet par l’acte, c’est puissant, ça ancre tout simplement. Et cet acte de briser avant de reconstruire, il est douloureux? Oui, il peut être douloureux.
J’ai reçu des personnes où on libère en fait de certaines douleurs, mais ça peut être aussi, entre guillemets, j’ai eu le cas d’une personne qui m’a dit que c’était justif parce que c’était extrêmement libérateur.
Qui m’a parlé notamment des conjoints expats qui ont souvent la mauvaise place. On en parle sur la radio des français dans le monde. Et c’est peut-être une aubaine finalement de se poser la question de comment se reconstruire dans ce cadre-là et de devenir une personne pleine et entière en peut-être réalisant ses rêves. Tout à fait, je pense que c’est un travail de l’intérieur de soi avant de montrer notre extérieur parce qu’on va réparer de l’intérieur un objet. et rendre visible ce côté vraiment sublime, la sublimation des caissures ou des chemins qu’on peut dire.
Ça peut être des chemins, nos vies, des chemins où des conjoints, conjointes ont traversé. Donc c’est une belle introduction en fait à leur histoire, à des passages, à des traversées qu’on va sublimer et en créer quelque chose de plus beau, de nouvelles objectifs, comme dans mes accompagnements. Ça peut être, voilà, être dans un nouveau pays, c’est un nouveau départ. Donc c’est une belle introduction pour travailler sur la suite de ce qu’on a envie. Avec la méthode ArThuy aujourd’hui, tu as accompagné des reconstructions.
Avec le temps qui passe, les gens reviennent vers toi et te racontent un peu leur nouvelle vie? J’ai des personnes qui ont passé des capes grâce à ces ateliers, ces expériences. Alors il y en a qui se sont lancés dans l’entrepreneuriat. Donc tu vois, ça s’est vraiment révélé par rapport à leur personnalité, à leurs envies, à leurs potentielles, à des ressources intérieures qu’ils ont oubliées ou qui ont commencé à développer. parce qu’en passant par du manuel, par cet acte de réparer, on ressent, on voit, donc ça a permis vraiment à amener beaucoup de réflexion et de déclic.
J’ai des personnes où le côté créatif, c’est complètement dévoilé, et aussi le ressenti du lâcher prise, parce que ça c’est un sujet le lâcher prise, ça a été beaucoup un sujet, et de se dire qu’en fait il faut se prioriser pour mieux se retrouver. C’est comme se perdre pour mieux se retrouver, faire attention à ne pas se perdre trop longtemps, mais c’est de la réflexion personnelle qui fait qu’ensuite, une fois qu’on acquiert la confiance en soi, l’estime de soi, on peut tout faire. Arthur, si un auditeur ou une auditrice a cette interview qui résonne en lui, on peut te contacter? Il y a un rendez-vous de découverte pour échanger et pour faire connaissance? Oui, c’est ça.
L’objectif de cet appel, déjà moi il reste sur le côté humain, c’est moi qui suis devant l’écran avec vous, et j’ai besoin de vous entendre pour bien comprendre ce que vous attendez. Mais avant cela, j’aime bien faire une introduction sur l’art du Kintsugi, pour bien vous donner les bonnes informations sur cet art, est-ce que j’en ai créé avec cette méthode, qui est plutôt accessible à tout le monde, puisque j’ai fait des reconstructions en famille, des enfants, parents, des groupes, des couples, et donc on s’apprend aussi à se connaître, on en échange, c’est vraiment un espace d’écoute sécurisé, Et puis à ce moment-là, je dirige vers tel ou tel service que je peux proposer. Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le site ArThuy.lu. Le lien est disponible dans le descriptif de ce podcast. Merci beaucoup pour cette interview, pour ce moment.

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Podcast n°2648 (janvier 2026)

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