Entre Hugo et Shakespeare : Poésie et pédagogie avec Michaël Vidon

Avez-vous déjà pensé à la puissance des mots et comment ils peuvent transcender les frontières culturelles et linguistiques ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des français dans le monde », Gauthier Seys nous invite à explorer le monde captivant de la poésie avec Mickaël Vidon, un poète français vivant en Angleterre. Ensemble, ils discutent de la manière dont la poésie peut enrichir notre compréhension des langues et servir de pont entre différentes cultures.

Mickaël Vidon, notre invité du jour, est un poète passionné qui a quitté Paris pour s’établir près de Brighton, en Angleterre, après un coup de cœur pour le pays lors d’un programme Erasmus. Avec une formation en droit et une passion pour la culture et la musique, Mickaël s’est plongé dans le monde du slam à Paris avant de poursuivre sa carrière poétique en Angleterre. Aujourd’hui, il partage son amour pour les mots en tant que professeur de français, utilisant la poésie comme un outil pour aider ses élèves à apprendre et à s’exprimer dans de nouvelles langues.

Dans cet épisode, Mickaël nous parle de l’art du slam, de son impact sur l’apprentissage des langues, et de son approche unique pour enseigner la poésie à des élèves de tous âges. Il explique comment la poésie peut être utilisée pour encourager l’expression personnelle et le jeu linguistique, et comment elle peut aider à surmonter les barrières linguistiques. En partageant son propre parcours et sa passion pour les mots, Mickaël nous montre comment la poésie peut être un moyen puissant de connecter les gens à travers le monde, rendant l’apprentissage des langues à la fois amusant et enrichissant.

http://www.michaelvidon.com/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seys et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Mickaël Vidon en Angleterre. On parle de la poésie.
10 minutes, 10 minutes, le podcast des français dans le monde. À l’heure où le monde est bien compliqué parfois, mettons un peu de poésie avec notre invité. Un français qui s’est installé en Angleterre il y a quelques années. Le coup de cœur est arrivé, il y est resté. Fusion entre Victor Hugo et William Shakespeare.
Il s’appelle Michael. Bonjour, bienvenue sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde. Salut ! C’est pas mal quand même. Entre Hugo et Shakespeare, on ne peut pas faire beaucoup mieux, je.
Crois. Ça. Va. Alors, on va s’intéresser à ta vie près de Brighton. On est dans le sud de l’Angleterre, à peu près à deux heures de Londres.
Mais si tu veux bien, on revient à Paris, là où tout a commencé. Tu originaires de là bas, tu vas faire des études de droit, mais aussi passionné de culture et de musique. Tu fais partie d’un groupe et dès lors, tu vas commencer le slam. Ça se passe notamment pour le Grand Slam de Belleville en 2009. Tu as encore des souvenirs de.
Ce grand concours ? Oui, c’était le Grand Slam National et aussi la Coupe du Monde et c’est organisé par Slam Productions à Paris. Ça se passe à Belleville, c’est un moment hyper important pour moi parce que c’est là où je suis allé en finale en tant que poète, en français. Et j’ai aussi traduit des poèmes pour la Coupe du Monde, en particulier l’anglais Keith Jarrett et le canadien Ian Keteku. Et donc quand ils disaient leurs poèmes, au-dessus d’eux, il y avait mon texte qui s’affichait, la traduction de leurs poèmes.
C’était hyper enrichissant et c’est la première fois que j’ai gagné de l’argent avec la poésie et avec la. Poésie bilingue. Alors justement, pour moi, le slam, c’était un texte sur de la musique. Alors tu ne me disais pas tout à fait. Le slam, c’est vraiment l’art de restituer un poème, de l’écrire et de.
Le lire. Voilà, exactement. En fait, le slam, c’est la compétition. Comme le mot shlem, le mot shlem du rugby, le slam, c’est le slam de poésie. En fait, le slam, c’est le moment où les poètes se retrouvent et ils parlent, ils disent leur poème.
et ils se font juger par 5 membres du public au hasard. Ce sont des gens qui n’ont aucune connaissance de la poésie et ils doivent juste donner un avis sur 10 avec des chiffres après la virgule.
Il y a une expression en anglais, c’est « The points is not the points, the points is poetry ». Ce qui compte, c’est qu’on se retrouve, qu’on fasse de la poésie et c’est une façon de démocratiser la poésie et de la rendre intéressante, amusante. Il n’y a pas de règle vraiment sur ce dont on va parler, mais c’est. Un moment de partage. Et la poésie est internationale, elle traverse les frontières.
L’utilité des mots, de les juxtaposer, de les. Rendre beaux, c’est international. Bien sûr, le jeu avec les mots, il n’y a pas de frontière. Et moi, c’est ce qui m’intéresse ici en Angleterre. Je suis prof de français trois jours par semaine et le reste de la semaine, je visite des écoles et j’enseigne comment utiliser la poésie dans les langues que l’on apprend.
Donc, je suis spécialiste en français, bien sûr, mais je fais écrire les enfants en espagnol, en mandarin, n’importe quelle langue qu’ils sont en train d’apprendre. Parce que moi, je pense que ce qui est important, c’est que les élèves s’expriment de façon ludique. C’est par le jeu et par l’expression que l’apprentissage de. La langue est favorisé. Et on.
Joue avec les mots. Bien sûr. Et donc, moi, ce qui m’intéresse, c’est de faire mélanger les langues que l’on apprend avec les langues que l’on connaît. parce que ça permet d’avoir plus d’assises et les élèves ont plus confiance. Mais aussi, ils peuvent bien sûr exprimer leur personnalité dans les différentes langues.
Et ils peuvent bien sûr se rendre compte que les langues ont des capacités diverses à faire passer du sens. Les mots ne fonctionnent pas pareil dans les différentes langues. C’est. Ça qui est fascinant. Alors, Mickaël, avant de parler de ton travail avec les élèves sur cette poésie, on revient sur ton parcours.
Il s’avère qu’après tes études, tu vas aller faire un Erasmus. À 23 ans, tu arrives en Angleterre. Ça s’est tellement bien passé que tu n’es jamais rentré. Aujourd’hui, pour toi, la France, c’est pour venir faire du tourisme, un peu voir la famille, mais ton chez. Toi est en Angleterre.
Oui, en fait moi je voulais absolument aller en Angleterre parce que quand j’étais à l’école j’adorais apprendre l’anglais et je regardais beaucoup la télé, les séries, les films et je suis devenu fluent, je suis devenu très bon en anglais mais c’est en venant que je me suis rendu compte qu’il y avait encore une montagne à gravir. Surtout dans l’expression, dans la façon de parler en fait. Utiliser la poésie, ça m’a beaucoup aidé parce que quand je suis arrivé en Angleterre, je suis direct allé dans les scènes de slam en Angleterre. Et écrire des poèmes en anglais, ça m’a aidé à apprendre l’anglais de façon plus intense. Et c’est pour ça que je fais ça aujourd’hui avec les jeunes parce que moi, au niveau personnel, c’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé.
L’apprentissage de la langue, mais les subtilités, les différents types d’argot, les différents registres de la langue, les accents. Bon, ça, je ne suis pas très bon dans les accents, mais je trouve ça sublime à écouter. Et en fait, moi, j’adorais ça, être à l’étranger et apprendre tous les jours. Je continue à apprendre tous les jours l’anglais. Mon expatriation, c’est une histoire d’amour avec la.
Langue anglaise, c’est tout. Et alors maintenant, quand tu rentres à Paris et que tu entends des mots d’argot actuels, parce que l’argot évolue avec le temps, d’année en année, c’est là que tu te rends compte que tu. N’Es plus chez toi. Exactement. Et souvent, je vois mon frère qui est un peu plus jeune que moi, mais pas tant que ça.
Et je prends mon petit cahier de notes et je prends des notes sur quel est l’argot que les qui est utilisé aujourd’hui et j’utilise ça dans mes leçons parce que c’est bien d’avoir la mesure de. L’Évolution de la langue. Pourquoi tu as choisi en Angleterre Brighton ? T’aurais pu décider en tant qu’artiste de te baser à Londres qui est. Quand même la capitale mondiale.
Je travaille beaucoup à Londres, mais c’est vrai qu’en fait, je suis venu à Brighton parce que je travaille dans une école, un collège lycée. Et en fait, c’est là où j’ai trouvé un travail. Je suis très heureux dans cette école, c’est une super école. Et donc, c’est pour ça que je n’habite pas loin de là. Il y a de très beaux paysages dans le sud, il y a la mer, bien sûr, les belles collines.
Et c’est une belle région du monde, mais on verra où le futur me portera. Ce qui compte, c’est. Que je reste au Royaume-Uni. Aujourd’hui, on va revenir sur la poésie. Tu es professeur de français.
Alors pour Le Fleu, ce sont les non-français, non-francophones qui apprennent la langue. Mais tu as aussi découvert, et c’est là où on s’est rencontré, les écoles Flamme. Là, ce sont des Français qui ne le pratiquent pas. qui vit en expatriation loin de leur pays d’origine et qui veulent maintenir cette langue française. Là, dans tous les cas, toi, tu arrives avec ta poésie et dans les deux cas, que ce soit des anglophones ou des francophones, tu penses que cette poésie peut.
Les aider Ouais, en fait, c’est vrai qu’il y a une différence au niveau de l’enseignement entre le fleu et le flamme. ? J’ai vu ça à la conférence en particulier. C’est vrai que dans le flamme, il y a ce côté où il faut vraiment parler tout le temps français au maximum parce que les enfants, le reste du temps, ils sont en Angleterre avec l’anglais partout autour d’eux. Mais j’aurais quand même montré qu’à la conférence que ça peut être important pour les élèves de parler, d’écrire des poèmes avec les deux langues en même temps.
Parce qu’en fait, il y avait une chercheuse qui était là, qui a fait une présentation qui s’appelle Florence Bonasina-Puck. Elle se concentre sur le translanguaging, c’est quand on change, on switch entre les différentes langues. et elle a fait un peu une présentation où elle montre les mythes qui sont que dans le cerveau on a le français d’un côté et l’anglais de l’autre. En réalité on a juste un gros sac avec le langage et si on peut switcher en tant qu’adulte on peut switcher en tant qu’enfant. Donc en fait mes intuitions poétiques elles s’avèrent être des choses qui ont été étudiées dans le domaine de la neurosciences et de la linguistique appliquée.
Faire écrire les enfants, même si on parle beaucoup en français dans les sons flammes, les faire écrire avec l’anglais, ça peut permettre de débloquer des choses de leur identité que peut-être ils ne savent pas encore dire dans le français. Donc moi, c’est des choses que je fais pour les fleux et pour les flammes. Mais la raison principale, c’est que les enfants puissent exprimer, qu’ils peuvent jouer et qu’ils sont les agents, qu’ils. Ont. La main sur la.
Situation. Créateur. Voilà, les créateurs, exactement. Alors, puisqu’on parlait de jeu, on peut parler de règles. Tu me disais qu’en l’occurrence, il n’y en avait pas vraiment.
Il y a plus de contraintes que de. Règles pour écrire de la poésie. Alors, si on dit on va écrire un poème et ça va être un sonnet avec les quatrains et les tercets, les rimes croisées et tout ça. Oui, on peut dire que c’est des règles. Mais moi, je commence jamais en écrivant un sonnet.
Les élèves, je ne vais pas leur dire dès le début, on va écrire un sonnet. Mais par contre, je leur donne des contraintes, surtout les élèves plus jeunes ou les élèves qui ont des compétences linguistiques moindres. Les contraintes, ça peut aider justement à se libérer. D’ailleurs, pas seulement dans les langues que l’on apprend, bien sûr, aussi dans la poésie en général. Un exemple de contrainte très connu, c’est le haïku, par exemple.
Donc, c’est trois vers et c’est un syllabique. Donc, cinq syllabes, sept syllabes, cinq syllabes. Donc là, quand les élèves sont en train de chercher, compter leurs syllabes, ils font attention à la phonétique. ils réfléchissent à quelles sont les lettres qui sont silencieuses ou pas, et surtout ils ne se prennent pas la tête sur qu’est-ce que je peux dire, qu’est-ce que je ne peux pas dire, ils sont là en train de se concentrer sur leur syllabe, et donc ça les libère, ça. Libère leur créativité et leur expression.
Alors Mickaël, on a bien compris l’utilité de la poésie pour l’enseignement et puis surtout pour passer du bon temps et pour que ça soit un peu plus doux. D’ailleurs, on va conclure, si tu veux bien, puisque tu es un performeur avec une poésie à toi qui s’appelle J’aime les mots. L’antenne de la radio des Français dans le Monde est ouverte. Et je te laisse le dire. J’aime les mots.
Ils volent dans ma tête comme une nuée d’oiseaux. Jamais ils se posent, toujours en mouvement. J’aime les mots, words Ils volent dans ma tête, head Comme une nuée d’oiseaux, birds Jamais ils se posent, touchdown Toujours en mouvement, motion J’aime les mots, I love words Ils volent dans ma tête, lying in my head Comme une nuée d’oiseaux, like a vast flock of birds Jamais ils se posent, never do they land Toujours en mouvement, always in motion J’aime les mots, I love words Ils volent dans ma tête, they fly in my head Comme une nuit d’oiseau, like a murmuration Jamais ils s’arrêtent, always overhead Ondulant là-haut, always in motion J’aime les mots, they’re like birds In my world, ils sont chez eux Dans ma tête, it’s a flight show Le jour comme la nuit, in the light of obscurity Ibus cascadeurs, nerdy birds font les beaux J’aime les mots. Words I love. They cuddle dans ma tête.
In my head, ils se lovent. C’est une fête câline. A disco for Karen. No bouncers à la porte. À dehors, pas de physio.
Words mingle en personne. Tous les mots sont welcome. Maudit ci, d’over there, mis ensemble, space they share. Something happens, ça se transforme. New.
Meaning. Rien ne se perd. Merci. Merci, Mickael. Mickaelvidon.com, le site web pour aller plus loin sur cet.
Échange. Merci. Belle journée à Brighton. Merci à toi.
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Podcast n°2631 (janvier 2026)

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