Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Et je rajouterai tous ceux qui se préparent à un déménagement. Bienvenue dans le dossier spécial consacré au déménagement international. Je suis Gautier Seys et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Joele Luaces de AGS déménagement.
On va retrouver Joele qui a vécu 27 déménagements dans sa vie. A 46 ans aujourd’hui, elle est de retour en France. Bonjour, bienvenue Joël. Bonjour. Content d’échanger avec toi.
Tu es aujourd’hui chez AGS Déménagement, une société familiale créée il y a 50 ans. Il y a plus de 100 filiales dans le monde. Il y a plus de 2000 personnes qui y travaillent. Toi, tu es responsable du développement commercial Monde. C’est énorme comme titre.
T’as vu ça? C’est incroyable. Alors, tu ne peux pas être mieux placée pour répondre à ces questions sur le dossier spécial consacré au déménagement, parce que toi, t’en as fait une petite série dans ta vie. Exactement. J’en ai connu beaucoup et j’en ai fait mon métier.
C’est quand même dingue. T’es originaire de Las Palmas, aux Canaries. Il faut dire que tes parents étaient expats. Ton papa était ingénieur dans le bâtiment. Tu as grandi en Afrique de l’Ouest.
Excellent souvenir, j’ai l’impression. Oui, j’ai beaucoup aimé. Peut-être mieux que ton retour en France pour tes études. Lorsque tu arrives en novembre, il neige en France et là, c’est le choc. Oui, c’est le choc.
Surtout que je n’avais pas eu la chance de venir en vacances. Je ne connaissais pas la France du tout. Voilà, tout simplement. Au début, c’était un peu dur, dur. Il faut s’acclimater, il faut s’habituer.
Nouveau code, nouvel environnement. Après tes études de commerce international que tu as fait à Nice, tu vas rentrer chez AGS. Tu as alors 24 ans. Ça te fait 22 ans de boîte. Félicitations, ce n’est pas commun aujourd’hui.
Quelqu’un qui est aussi fidèle à sa société pendant autant de temps. Tu as vu ça? Mais vraiment. Mais je n’ai pas vu le temps passer, comme je te disais. Et puis j’aime mon métier.
C’est beau de déménager les gens et puis c’est une chouette boîte. Donc voilà, je n’ai vraiment pas vu le temps passer parce que j’y ai pris beaucoup de plaisir. Alors tu commences par être commerciale, puis directrice de filiale et aujourd’hui à la Direction Générale depuis trois ans. Lorsque tu es en Afrique de l’Ouest, tu vas connaître le Burkina Faso, tu vas connaître Cap Vert avec une première grossesse, le Togo, le Maroc avec une deuxième grossesse. Et c’est d’ailleurs par rapport aux enfants que vous avez décidé en famille de rentrer en France l’été dernier.
C’est mieux, tu penses, que les enfants puissent faire toute leur scolarité en France? De mon point de vue, oui, parce que je pense que j’ai connu ce déracinement, ce choc en quelque sorte. Mes enfants, eux, ont eu la chance de venir en vacances en France, mais j’avais besoin qu’ils aient ce moment-là en France, qu’ils connaissent la vie en France et qu’ils ne vivent pas un petit peu ce petit choc que moi-même j’ai connu. Et d’être constamment déraciné, par exemple, de devoir se réinventer à chaque fois, c’est un peu dur? Ça, c’est pas dur, c’est un très très bel exercice, c’est merveilleux, ça fait des personnes très souples, très agiles, qui s’adaptent partout, ça donne une ouverture d’esprit vis-à-vis des autres cultures, ça connaît super bien sa géographie, ça n’a pas peur de bouger, donc de ce côté-là, c’est très très beau.
Mais voilà, on reste quand même attaché à la France, c’est un beau pays, au niveau des études et des opportunités, c’est extrêmement bien fait. Mes enfants étaient scolarisés dans le système AFE et je trouve ça absolument génial. Donc voilà. Et puis, beaucoup de parents doivent se séparer de leurs enfants à la majorité. Et je ne faisais pas partie de ceux-là, en tout cas.
Je suis restée auprès de mes bébés. Alors un mot sur AGS aujourd’hui, j’ai présenté la société familiale, elle gère la logistique. Alors vraiment, là, c’est la partie bateau, avion. Il faut déménager des choses d’un point A à un point B, mais aussi tout ce qui est aide à l’installation, ce qu’on appelle la relocation. Et toi, tu as eu l’occasion dans les différents métiers que tu as pu faire, mener jusqu’à 200 déménagements de famille par an.
Et là, du coup, on peut dire que tu as une expertise. Oui, j’en ai. Oui, c’est vrai. Ça me flatte, j’ai un peu du mal, mais oui, je suis devenue une experte. L’avoir pratiqué moi-même et en plus, avoir accompagné toutes ces familles dans leur déménagement, ça fait de moi effectivement une bonne expertise.
Tu m’as dit, on transporte la vie des gens. Exactement, c’est ça. On transporte la vie des gens. Et puis aussi, on le fait d’un endroit connu vers un endroit inconnu. Il y a des personnes qui sont dans l’excitation, c’est un vrai bonheur, c’est un vrai plaisir.
Il y en a d’autres qui sont dans l’angoisse. Et puis, on est là à un moment donné dans leur existence, dans leur parcours de vie, à un moment important pour eux. Donc, tout vient de pourquoi ils font cette étape. Mais on est là et on les accompagne à ce moment-là. Donc, je dis que ce n’est pas non plus anodin comme métier.
Et ton principal métier, finalement, c’est de rassurer. Oui, on est là pour rassurer. Parce que oui, ça peut être stressant. Alors, il y a plein de choses sur lesquelles il faut rassurer. Des choses qui sont très techniques.
Il y a qu’est-ce qu’on va prendre? Qu’est-ce qu’on ne peut pas prendre? Ça dépend de l’endroit où on est, l’endroit où on va. Et puis, il y a toute une dimension qui est ensuite beaucoup plus personnelle. Est-ce qu’on a besoin de ces doudous?
Il y a certains personnes qui ont besoin d’objets qui sont toujours dans leur salon, d’autres qui s’en foutent complètement. Finalement, c’est un système à données extrêmement variables. C’est exactement ça. Moi, je t’ai donné le nombre de mes clients. J’en ai fait à peu près en moyenne 200 par an, mais sur la taille du groupe, c’est énorme le nombre de personnes que l’on déménage par an.
Mais c’est difficile de donner une seule règle. C’est suivant ses choix, ses personnels, à quel moment on en est dans notre vie, pourquoi on y va. Donc, si c’est un départ définitif, si c’est une mutation de 4 ou 5 ans. Tout dépend des raisons pour lesquelles on part et puis l’attachement que l’on a à ses affaires ou pas. Je pars du principe qu’à partir du moment où on a la volonté de faire un déménagement, c’est qu’on tient à ses affaires.
Évidemment, si on est seul ou en couple, c’est différent d’être en famille. Si on a choisi de déménager ou si c’est imposé, tous ces paramètres, finalement, font qu’on ne peut pas réellement donner de conseils. À part un seul sur lequel tu as été ferme, c’est se préparer le plus en amont possible. Ben oui, l’anticipation, on est quand même dans un métier de logistique, de transport et de logistique, donc c’est un métier très technique, où on dépend aussi des compagnies maritimes, des compagnies aériennes, il y a aussi les douanes dans les pays dans lesquels vous allez, donc c’est vraiment, il faut bien anticiper et bien préparer les étapes et ne pas s’y prendre à la dernière minute et puis il y a toujours des changements, il y a toujours On part du principe qu’on veut prendre tel nombre d’affaires et puis à la fin on réduit et puis à la fin on rajoute et puis on se rend compte que finalement on ne va pas trouver les mêmes qualités de matelas ou les mêmes choses dans le pays où l’on va aller. Donc toutes ces choses-là, effectivement, il faut bien anticiper, il faut bien s’y prendre à l’avance.
Et évidemment, passer par un professionnel, c’est s’assurer de son expertise, de la connaissance du pays où il va se rendre, qu’on ne peut pas forcément connaître quand on fait ça solo. Exactement, on a l’impression qu’on va réduire les coûts, que ça coûtera moins cher si on le fait par soi-même, mais je n’ai que des cas concrets sur mes 20 petites années de carrière où non, finalement, ce qui paraît économique au premier abord ne l’est pas. Tous les paramètres ne sont pas pris en considération et c’est vraiment un métier que le déménagement, donc il vaut mieux vraiment se faire accompagner. Alors si là on a un auditeur qui s’apprête à vivre une mobilité internationale, déjà première chose, ne le fais pas tout seul, tu vas sans doute faire des petites erreurs que tu vas regretter. Passe par un professionnel en le contactant assez en amont pour que les choses puissent se mettre en place.
Et ensuite, sur une partie un peu logistique, vous avez des conseils particuliers à donner? Alors, tout va dépendre de ce que vous souhaitez prendre et la destination dans laquelle vous allez s’éloigner. C’est pour ça que ce métier, et je le fais depuis aussi longtemps, comme je te le disais, je n’ai pas vu le temps passer parce qu’il n’y a pas un déménagement identique. Donc, suivant la destination où tu vas, tu vas prendre une solution maritime ou aérienne. Il y a des pays qui sont dans les terres, ce qu’on appelle l’Inlande, où il n’y a pas de port d’entrée.
Tu auras en plus du camion, donc tu arriveras par bateau et après, ça prendra le camion. Donc, il y a tous ces paramètres, si vous voulez, de transport et de logistique à prendre en considération. Ça donne un temps de transport. Et on est comme tout le monde dans le transport et la logistique, on dépend de ce temps de transport. Donc, si tu veux aller, je ne sais pas, au Costa Rica, ça ne va pas se faire en dix jours.
Ça va prendre minimum un mois. Enfin, c’est quatre à cinq semaines. Donc déjà, ça, c’est juste ton temps de transport. À cela, tu vas rajouter en amont l’emballage. Il y a toute la partie administrative.
Il y a beaucoup de documents à préparer. On passe une doigte. C’est pas des marchandises, c’est la vie des gens, mais ça passe comme des marchandises au niveau de la douane. Donc, il y a toute une préparation au niveau des documents. Il faut que ça soit des douanes à destination, qu’on puisse livrer.
Il y a tellement de facteurs à prendre en considération que oui. Et en tant que professionnel, tu prends aussi en considération la mentalité, un peu la personne, comment elle est, comment elle se comporte. Selon ce qu’elle va dire, tu vas conseiller différemment. Si, par exemple, elle tient énormément à ses affaires, ce sera différent. C’est exactement ça.
Comme je disais, c’est la partie humaine de la logistique. Tu vois, si les personnes hésitent, par exemple, tu leur donnes des petits conseils. Par exemple, si vous avez des cartons à faire, ne le faites pas en présence des enfants, s’il vous plaît. Attendez qu’ils soient à l’école ou à l’extérieur. Si vous écoutez vos enfants, ils prendront absolument tout.
Il n’y aura jamais eu de tri et puis ils veulent se séparer de rien. Puis comme par hasard, le doudou que vous avez mis dans ce carton là, que vous n’aviez pas non plus prévu de jeter, c’est son doudou préféré qui va absolument emmener avec lui à l’autre bout du monde. Donc oui. Et Joël, si je comprends bien, on ne peut pas donner un conseil particulier là maintenant pendant l’interview parce que les meubles, par exemple, ou la vaisselle, parfois il vaut mieux l’emmener et parfois il vaut mieux l’acheter sur place. Si tu peux, c’est toujours on s’adapte au budget des gens, tout dépend.
Alors, il y a plusieurs facteurs à prendre en considération. Oui, tu peux donner des conseils techniques. On prévoit de contacter votre déménageur minimum six mois avant la date prévue de départ. Comme ça, vous avez le temps de faire la visite. Vous aurez une première estimation.
Vous pourrez éventuellement réajuster les choses que vous voulez prendre. Il pourra déjà vous donner les informations sur les documents à fournir pour la douane. Je vous dis 6 mois, c’est l’idéal, mais bien entendu, on a des fois des personnes qui ne peuvent pas contacter autant à l’avance, mais quand c’est un projet de vie ou un départ définitif, c’est quelque chose que vous pouvez parfaitement anticiper. Donc après, il y a la partie préparation, on vous amène des cartons, vous fournissez les cartons pour emballer les choses que vous souhaitez emballer vous-même. Il y a la partie financière, coûts, la date du déménagement, le transport, la date du bateau, l’arrivée à destination.
Souvent, j’ai eu le cas moi dans mon expérience personnelle, les personnes n’avaient pas pris en considération les délais et ils avaient mis toutes les affaires pour la rentrée scolaire dans le conteneur maritime. Et le conteneur maritime, des fois, il a du retard et il se retrouve à la rentrée, je n’ai pas le cartable de mon fils et ainsi de suite. Voilà, il faut anticiper. C’est une question d’anticipation à chaque fois. Et puis évidemment, avec 22 ans de boîte chez AGS déménagement, quelques anecdotes rigolotes.
On va parler de celle du chat qui a eu la bonne idée pendant que les déménageurs étaient en train de charger le camion à se faufiler et à se cacher derrière quelques cartons. Et il a fait le voyage en bateau. Exactement. Et on a eu beaucoup de chance parce que, pour le coup, celui-là, il n’a pas eu beaucoup de délai. Ça a été trois semaines porte à porte.
Je n’avais jamais vu ça sur de la France-Canada. Et quand ils ont ouvert le conteneur, le chat était là, effectivement, vivant. Je tiens le lien, sinon je ne parlerais pas de lui. Oui, c’est vrai, c’est vrai. Quitte à finir cette interview, autant la finir en happy end.
Oui, puis dans les histoires de parcours, moi, j’ai des clients qui me demandent leur carte de fidélité tellement ils ont déménagé avec nous. Qui ont fait énormément, beaucoup de pays avec nous et qui reviennent parce qu’ils sont satisfaits, ils sont contents, ils ont une belle expérience. Après, je bosse dans une belle boîte, sinon je ne serais pas restée aussi longtemps. Je crois. Oui, et qui a un réseau incroyable d’avoir le même interlocuteur du début à la fin.
Et ne pas avoir plusieurs intermédiaires, c’est quand même assez rassurant. Ça aussi, c’est un détail important. On n’en a peut-être pas parlé suffisamment, mais voilà, tu as AGS sur toute l’Europe, sur toute l’Asie, sur toute l’Afrique, et le Middle East également, puisque c’est un sujet d’actualité. On n’est pas du tout sur le continent américain parce que tu as cette culture du déménagement déjà là-bas, il y a déjà une expertise, et depuis très très longtemps. Donc si tu veux, on n’avait pas une valeur ajoutée, mais on travaille avec des agents très compétents sur tout le continent américain.
Mais sur tous les pays où on est présent, je trouve ça très pratique et je conseille vraiment à tout le monde d’avoir un seul interlocuteur du début à la fin. Parce que si on déménage, c’est qu’on tient ses affaires et j’ai eu le cas de récupérer des dossiers sur des concurrents parce que l’interlocuteur à destination ne répondait plus ou l’interlocuteur à destination avait fermé la boîte et ils ne savaient plus quoi faire de leur conteneur. Donc voilà, rester dans un groupe où c’est la même société du début à la fin, ça c’est vraiment une plus-value pour nous. Et bien c’est pour ça que AGS déménagement est partenaire de ce dossier spécial. C’est très logique.
Joël, ma dernière question. Avec 27 déménagements, aujourd’hui à 46 ans, elle est où ta vraie maison? Dans mon cœur, dans la famille. Très bien. Écoute, tu les salueras de ma part, du coup, de la part de toute l’équipe de la radio.
Merci d’avoir répondu franchement à ces questions qui sont très claires. En même temps, ce n’est pas très précis parce que si on doit synthétiser, chaque cas est particulier. Exactement. Et on s’adapte à chaque cas particulier. C’est ça qui est bien.
Merci mille fois. Merci à toi. Dossier spécial, réussir son déménagement international, parrainé par AGS. Déménager en toute sérénité, partout dans le monde, avec AGS. Ags-déménagement.com.