De Paris à Montréal : une aventure musicale par Goodbye Karelle

La radio des Français dans le monde vous fait découvrir l’artiste Canadienne Goodbye Karelle

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », notre invité est Goodbye Karelle, artiste montréalais avec des liens profonds avec la France. Ayant écrit son premier album à Paris après une rupture amoureuse, Goodbye Karelle partage son amour pour la culture française et son expérience de vie entre les deux pays. En plus d’être musicien, il a également une carrière dans le cinéma, bien que la musique reste son moyen privilégié d’expression. Il nous parle de son parcours unique, de son identité de genre et de son engagement pour la communauté queer.

Au cours de cet épisode, nous abordons des sujets variés allant de l’impact culturel de vivre à Montréal à la dynamique des relations franco-canadiennes. Goodbye Karelle nous raconte comment la musique lui permet de s’exprimer librement et de se connecter avec son public. Nous discutons également des défis politiques actuels, notamment ceux posés par les discours anti-queer aux États-Unis, et de l’importance de la résilience et de l’activisme. Enfin, Goodbye Karelle partage ses réflexions sur l’inspiration qu’il puise dans la culture pop européenne et ses espoirs pour l’avenir.

https://www.instagram.com/goodbyekarelle/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde, pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Seysse et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Goodbye Carel, direction Montréal. 10 minutes.
Quelques milliers de kilomètres nous séparent. Goodbye Carrel. Et une météo qui doit être sensiblement différente. L’hiver à Montréal, c’est pas pour rigoler. Non, il fait moins 25, mais il fait moins 40 il y a trois jours.
Il y a une vague de froid épouvantable qui traverse actuellement le territoire nord-américain. On a du mal en France de s’imaginer ce que c’est que moins 25 degrés. Ça veut dire que quand tu sors et que tu vas faire des courses, tu congèles en marchant? Non, tu as des manteaux adaptés, tu as des foulards, tu as des bonnets, tu te mets des bonnes bottes. Le pire, je ne crois pas que c’est le froid, mais c’est la neige.
Il y a eu 160 cm de neige hier. Donc, c’est difficile de retrouver ton auto si tu ne te souviens pas où tu l’as stationnée. Ton auto est juste sous la neige. Je pense que c’est plus difficile de marcher des fois pour aller justement faire l’épicerie que le froid. En tout cas, pour moi, ça fait 30 ans que je le vis, donc c’est habitué.
Mais pour nos auditeurs qui rêvent de vivre au Canada et qui débarquent avec leur petit manteau qu’ils ont acheté, ça ne va pas aller. Ça ne va pas le faire. Il faut s’adapter. Alors on entend ce petit accent de Québec. L’histoire entre la France et le Québec a toujours été passionnée, très culturelle, très musicale aussi.
Tu es souvent en France. Déjà cinq fois cette année, tu es venu nous retrouver pour des festivals, pour des concerts. C’est quoi cet amour qu’il y a entre nos deux pays? Moi, j’aime beaucoup la France. J’ai écrit mon premier album il y a quatre ans à Paris.
Je sortais d’une relation amoureuse qui m’avait fait beaucoup de peine, puis j’avais besoin de quitter Montréal. Donc je suis parti, je suis allé à Paris, puis je suis resté trois mois. Puis j’ai écrit mon premier album là-bas, donc je pense que j’ai déjà une relation assez particulière avec la France. Après, on a signé avec une équipe française, donc ils me font faire beaucoup de spectacles là-bas.
Moi, je l’aime beaucoup ça. Après, j’ai hâte de faire des spectacles, je pense, dans ma ville ou du moins dans mon pays. C’est peut-être un peu plus intimidant comme c’est plus des gens que je connais et qui me connaissent. Il y a quelque chose de rassurant dans le fait que les gens ne te connaissent pas. Là j’étais très étonné parce que j’ai fait deux spectacles la semaine dernière à Nantes et à Paris et les gens étonnamment chantaient quand même mes paroles donc je suis plus incognito.
Tu es dans une famille d’artistes, la musique était au cœur de ta vie. Et donc, tout à fait normalement, tu vas commencer ta carrière en faisant du cinéma. Alors là, je ne l’ai pas compris. Il faut que tu m’éclaircisses le truc. Ouais, je pense que j’avais un amour des films très jeune.
J’avais comme cette espèce d’obsession avec les films, avec le travail d’acteur. Je pense que les films me touchaient beaucoup, puis je pense que j’essayais de comprendre comment les acteurs font pour toucher quelqu’un à travers un écran. J’ai rencontré quelqu’un par des amis de la famille qui était agent d’artistes. J’ai commencé à faire ça, puis j’ai fait ça depuis que j’avais 13 ans. Mais la musique a toujours été, pour moi, un exutoire, puis ma façon de canaliser mes émotions.
Je suis toujours été quelqu’un de très anxieux, puis ça a toujours été pour moi une façon de sortir de ma tête. C’était la musique, c’était pas le cinéma qui faisait ça. Le cinéma, à la limite, c’est assez présenté, mais c’est pas ton dada. Je pense que j’aime beaucoup, mais à un moment donné, je me posais beaucoup de questions sur moi, sur qui j’étais, sur mon identité de genre notamment, qui a toujours été un peu complexe depuis que je suis enfant. Mais quand tu tournes des films et des séries toute ta vie, et que tu incarnes toute ta vie des femmes, des filles, à un certain moment donné, moi c’est devenu trop intense, donc il a fallu que je me retire un peu.
pour prendre soin de moi, de ma santé mentale, de comment je me sentais, de ce que j’étais, ce que je n’étais pas. Puis à ce moment-là, j’ai fait mon premier album et je n’ai pas arrêté depuis. C’est quand même libérateur pour moi d’avoir le contrôle sur mon projet, puis de pouvoir parler de moi au masculin si j’ai envie d’en parler au masculin. C’est ça, la musique, en tout cas, tu peux être toi-même. En l’occurrence, on parle de cet album qui est intime avec cette voix chaude.
Tu peux restituer, tu le disais, venir à Paris et même ta séparation, ta rupture, ça peut être inspirant dans le décor de la grisaille parisienne. Ça t’a inspiré d’ailleurs? Ben oui, c’est sûr, c’est sûr que ça m’a inspiré. Je me ramassais tout seul, j’étais tout seul dans un petit appartement à Paris. Au début, j’avais pas d’amis, je connaissais personne.
Il faisait plus chaud qu’ici. Il y avait des danettes, on a pas ça au Québec, j’adore ça, c’est ma passion. Les petits pots de dessert là? Donc c’était réconfortant, il y avait des très bons restaurants ici, mais je pense juste d’être dans un autre pays, loin de chez soi, ça m’a fait énormément de bien, j’ai rencontré des gens, je me suis fait des amis, donc c’est sûr que ça m’a aidé, j’aurais pas pu écrire cet album autrement. Cela dit, aujourd’hui, tu évoquais ton identité de genre, tu évoquais la culture queer dans laquelle tu baignes.
Tu es à Montréal, à quelques kilomètres d’un pays où il y a un monsieur tout orange qui aujourd’hui s’acharne particulièrement sur cette culture queer. Comment tu le vis? C’est peut-être dur. Ça fait de la peine. Je pense que ça donne encore plus envie de se battre.
Il y a des gens qui se sont battus avant nous. Je pense que c’est important qu’on continue à le faire. Mais ça me brise le cœur. C’est horrible. J’ai des amis qui se sont fait enlever leur passeport avec leur nouvelle identité de genre sur leur passeport.
Ils se le sont fait enlever. C’est tout à refaire. C’est horrible ce qui se passe, on est quand même à l’abri ici au Québec, du moins pour l’instant, mais il faut rester sur ses gardes, il faut parler, il faut parler fort, il faut s’affirmer, puis oui, je vais rentrer en guerre. Au-delà de ce discours insupportable de Trump envers la communauté queer, il y a aussi un acharnement sur le peuple canadien. Ils veulent faire de vous un 51e état.
Alors j’ai du mal à me rendre compte. Nous, on est en France, on a quand même l’océan qui nous sépare. J’ai du mal à me rendre compte comment on se réveille, qu’on entend ce gars dire un truc pareil et qu’on vit sa journée après. On est sonné, on est décontenancé, on est agacé. Je pense pas que ça va arriver, donc je le laisse parler.
Je pense qu’il a envie de parler, puis il a envie de faire son spectacle. Mais j’ai pas peur de ça. Et venir aujourd’hui en France pour monter sur scène, pourquoi pas à Londres, à Berlin, quelque part l’Europe t’y installerait bien? Je ne sais pas si je m’y installerais. J’ai mon amoureuse ici à Montréal.
J’ai le rêve d’avoir une famille. J’aime beaucoup Montréal. Montréal, c’est une ville formidable avec une ouverture d’esprit. J’ai grandi là-dedans et ça m’a quand même aidé. Ça m’a aidé à m’affirmer.
J’aime Montréal, j’aime le changement de température, je trouve qu’il n’y a rien de beau comme le printemps qui arrive ici. En Europe, on ne le ressent pas ce le moins 25, puis après c’est le printemps qui arrive, c’est genre une euphorie. C’est extraordinaire, donc je pense que juste pour ça, je resterais quand même ici. Mais quitte à faire beaucoup d’aller-retour en Europe, assurément. J’adore l’Europe, j’aime ça, j’ai des amis là-bas, je commence à avoir mes repères aussi quand je vais en Europe, donc peut-être un peu des deux.
Est-ce que la culture pop européenne t’inspire en particulier? Oui, j’aime beaucoup la culture pop française, j’aime beaucoup la culture de rap français, j’en consomme beaucoup. J’en ai deux morceaux sur mon album, donc oui, j’aime beaucoup ça, j’ai depuis toujours que je consomme de la chanson française de France. Quel est l’artiste que tu écoutes le plus, l’artiste français que tu écoutes le plus? J’ai commencé à écouter Ben PLG que j’aime beaucoup.
J’ai des amis à Paris, Nina, Versip et Nour, qui ont sorti des projets que j’aime énormément. J’écoute tellement de tout. C’est vraiment difficile de choisir un en particulier. J’écoute vraiment de tout. Je n’ai jamais vraiment eu un artiste préféré de tous les artistes.
J’écoute de tout en même temps, j’écoute du classique, j’écoute du rap, j’écoute Bob Dylan, j’écoute tellement de choses en même temps, donc c’est trop dur à dire. Sur la radio des Français dans le Monde, on entend Oxybalade. On est dans quelque chose, comme on le disait tout à l’heure, de très intime. C’est très particulier d’être artiste, d’avoir écrit des choses très privées et ensuite de monter sur scène et de les livrer au plus grand nombre. Faut oser quand même, faut y aller.
Je pense que c’est là où c’est vraiment libérateur, justement. Je suis quelqu’un d’anxieux, quand même. Écrire des chansons, c’est une façon pour moi de sortir ça de ma tête, de mon cœur. Ça fait vraiment du bien. Je pense que si ça reste dans mon calepin, chez moi, dans ma carte de son, sur mon ordinateur, Mais c’est pas là où c’est libérateur.
Moi je pense que justement c’est de le chanter puis de l’assumer devant les gens, de voir que les gens sont touchés parce que tu chantes, tu te sens moins seul. Tu te sens moins seul dans tes peines, dans tes craintes, dans tes angoisses. Je pense que c’est là au moins où ça me fait du bien. J’ai un pouvoir magique. Tu peux là rentrer en studio avec qui tu veux, vivant ou mort, pour faire un duo.
Avec qui tu vas rentrer en studio? Eléonore Cohen, sûrement. Très bien. Bon, on lui passe un coup de fil, on tient au courant. Ton album est disponible.
Je vous invite à vous y plonger. On passe un excellent moment avec Goodbye Carel. Merci d’avoir été avec nous sur l’antenne de la radio des Français dans le Monde. Un petit message à tous les Français amoureux du Canada et à tous les Canadiens amoureux de la France. Qu’est-ce que tu leur dirais?
Je leur dirais merci à la France pour les danettes parce que c’est vraiment quelque chose que j’aime beaucoup. C’est une obsession la danette. C’est vraiment une obsession. Les musiciens quand on part en tournée, ils sont genre calme-toi, arrête d’en manger.
Je dirais très difficile d’arrêter de fumer. Pour un Canadien qui fume, qui veut arrêter, qui va en France, je pense que c’est un peu une tâche impossible. Et puis pour les Français qui viennent au Québec, achetez-vous un bon manteau pour les veuves, mais le printemps à Montréal, c’est la plus belle place au monde. Pour mon information personnelle, vanille ou chocolat pour la danette? Caramel.
Ah caramel, très bien, l’autre goût, le troisième goût. Merci beaucoup en tout cas pour ce moment. A bientôt sur la radio des Français dans monde. Le Merci beaucoup. Vos podcasts sur la mobilité internationale sont sur fdlm.fr.

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Podcast n°2654 (février 2026)

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