Trouver son équilibre en étant « Expat » avec Caroline Mathieu

Avez-vous déjà envisagé de vivre à l’étranger, ou êtes-vous actuellement expatrié, cherchant à trouver votre place dans ce monde en perpétuel mouvement ?

Dans cet épisode de « 10 minutes », Gauthier Seys engage une conversation captivante avec Caroline Mathieu, une coach expérimentée qui partage ses réflexions sur les défis et les opportunités liés à la vie d’expatrié. Ensemble, ils explorent comment naviguer dans les eaux parfois tumultueuses de l’expatriation tout en maintenant un équilibre personnel.

Caroline Mathieu, notre invitée, est une coach d’origine belge, ayant passé plus de vingt ans à s’adapter à différentes cultures et contextes internationaux. Actuellement basée au Sénégal, Caroline a vécu dans cinq pays différents au cours de sa carrière, ce qui lui a permis d’acquérir une perspective unique sur les défis de l’expatriation. Avec une expertise dans l’accompagnement des individus et des entreprises, elle propose des solutions pour aider les expatriés à s’épanouir tant personnellement que professionnellement.

Dans cet épisode, Caroline partage son expérience et ses conseils sur la manière de s’adapter à un nouveau pays, de trouver un équilibre personnel et de réinventer son parcours professionnel en tant qu’expatrié. Elle aborde également l’importance de la préparation au retour dans son pays d’origine, souvent sous-estimée par ceux qui vivent à l’étranger. En discutant des soft skills nécessaires pour réussir dans un environnement multiculturel, Caroline met en lumière l’importance de rester connecté à soi-même et d’exploiter les opportunités uniques que l’expatriation peut offrir.

https://www.cmacoach.net/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Caroline Mathieu direction le Sénégal et on parle de coaching.
10 minutes.
En octobre 2022, Caroline était mon invitée. C’était le podcast 1615, si vous voulez le retrouver. Et depuis, il y a eu pas mal de changements. On va débriefer tout ça ensemble dans le cadre du partenariat avec Expat Pro. J’ai le plaisir d’accueillir la coach Caroline, qui est d’origine belge et qui me dit toujours, c’est la radio des Français dans le monde.
Bonjour Caro! Bonjour Gauthier, comment vas-tu? Les Belges, les Suisses, tous les francophones sont les bienvenus aussi. Pas d’exclusion. Me voilà rassurée.
Merci beaucoup. La Belgique ne te manque pas trop? La Belgique me manque toujours un peu, bien sûr. Après, on a la chance d’avoir toujours des bons copains belges partout où nous nous trouvons et donc de garder un certain lien avec la culture, avec les amis, avec les bonnes habitudes. Et puis, on rentre quand même régulièrement au pays pour rester aussi en connexion et en relation proche avec la famille et les amis.
Et que s’est-il passé depuis notre dernier échange? Vous étiez au Rwanda, vous voilà à Dakar… Changement de pays! Et oui, encore une fois, ce n’est jamais que la cinquième ou la sixième fois sur les 17 dernières années. Donc, ça fait partie de notre parcours, de notre vie.
Là, ça a été un peu plus précipité que d’habitude et un peu plus court pour diverses raisons professionnelles au niveau du travail de mon mari. Et donc, après 18 mois, nous sommes revenus au Sénégal. En fait, on connaît bien le Sénégal. C’est notre troisième fois que nous venons travailler ici au Sénégal. C’est un peu comme un retour à la maison, finalement.
Ça fait 20 ans que vous êtes en expatriation, cinq pays différents. La petite différence aujourd’hui, c’est que les deux enfants ont quitté le navire. Ils ont leur propre activité, évidemment en expat. L’un aux USA, l’autre aux Philippines. Pas facile, les réunions de famille.
Non, pas facile en effet, mais toujours très riche du coup et plein de moments de bonheur auxquels on donne encore plus de valeur puisqu’ils sont rares. Donc, ce n’est pas facile, mais c’est riche et c’est intéressant. Par contre, ce qui a été encore moins facile, c’est de les voir partir et de se retrouver dans une maison vide. Le fameux syndrome d’une vie vide. En tant que maman, je l’ai bien vécu là et je l’ai bien senti.
Et justement, le fait d’avoir des enfants éparpillés dans le monde, toi, tes origines en Belgique, alors que tu vis au Sénégal, toute la famille éclatée sur la planète, tu le gères comment? Ne serait-ce que juste sur les décalages horaires ou les choses de ce style? J’ai trouvé un truc dernièrement qui m’a aidé, c’est que j’ai mis sur l’écran d’accueil de mon téléphone les deux time zones de mes enfants. Donc à gauche, j’ai l’heure de la Nouvelle-Orléans où ma fille étudie et à droite, j’ai l’heure de Manu où mon fils travaille. Puis au milieu, j’ai moi.
Donc j’ai actuellement moins six heures avec ma fille, là je l’ai sous les yeux, et plus huit heures avec mon fils. Puis j’ai leurs photos en fond d’écran, donc comme ça, ça me permettrait d’avoir la sensation de rester connecté avec eux. Sacré décalage horaire, on connaît bien ça au niveau de la radio. Tonactivitéc’estmacoach.net, le site est disponible dans le descriptif de ce podcast, propose des accompagnements de coaching sur deux niveaux différents. On va s’intéresser à celui qui concerne les expats, mais parlons d’un mot sur ton accompagnement des entreprises.
Oui en effet, donc je travaille avec les entreprises que ce soit des organisations internationales, des agents des Nations Unies ou autres, ONG ou bailleurs de fonds puisque je suis principalement basée dans des pays en voie de développement par le travail de mon mari. mais également des entreprises privées, typiquement commerciales, qui ont du business à l’international. J’accompagne ces entreprises avec des coachings individuels ou des coachings d’équipe, à développer ce que j’appelle, pour la faire courte, les compétences personnelles, mais dans le cadre professionnel. Donc, on parle de ce qu’on appelle les soft skills, la communication, le travail d’équipe, l’adaptabilité, la cohésion d’équipe, la collaboration, le tout dans un milieu multiculturel, ce qui ne facilite pas toujours les choses et qui en même temps est une grande richesse. Et j’invite les personnes intéressées à se rendre sur ton site pour en savoir plus.
Cela dit, ensemble, on va évoquer l’autre accompagnement que tu proposes pour les conjoints expats. C’est une situation que tu connais bien, Caro, ça fait 20 ans que tu es à cette place. C’est ça, c’est ça, c’est un peu l’histoire de ma vie. Et aujourd’hui, vraiment, j’ai vraiment ce besoin, cette envie de partager cette expérience parce que ce n’est vraiment pas une position toujours facile. Et pourtant, c’est très important de trouver sa place dans ce monde-là, dans ce monde d’expat et la position de conjoint d’expat n’est vraiment pas évidente.
J’aurais bien voulu, moi, être aidée à mes débuts. Donc aujourd’hui, avec 20 ans d’expérience, je veux partager ça et c’est très intéressant et très chouette. Bon, pour ton information, Caro, il y a quelques podcasts inspirants à écouter sur le site francaisdanslemonde.fr qui parle de ce sujet, sujet sur lequel on va s’arrêter en quatre étapes. La première partie, comprendre et s’adapter. Arriver dans un pays, c’est tout qui change et ça peut être un peu fatigant.
Ça c’est clair, mais oui, il faut tout retrouver. On ne se rend pas compte, mais il faut tout retrouver. De l’endroit où aller acheter ton pain, aux horaires de l’école, à la langue, à la culture, aux uses des coutumes, à la religion, ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire, comment est-ce qu’on peut s’habiller, comment est-ce qu’on ne peut pas s’habiller, le trafic, la circulation, est-ce qu’on roule à gauche, est-ce qu’on roule à droite? Est-ce qu’il y a un code de la route? Est-ce que le code de la route est respecté?
Ici au Sénégal, par exemple, c’est le gros bordel sur les routes. Il faut s’habituer à conduire dans un bordel comme ça. Après, quand on sait conduire au Sénégal, on sait conduire partout. Ça a des avantages. Deuxième point, ensuite, c’est trouver un équilibre personnel parce que cette place du conjoint accompagnateur n’est pas simple.
Dans certains pays, on ne peut pas travailler. Il faut s’occuper des enfants. Il faut s’occuper de l’installation de la maison, etc. Ça peut être un peu un abîme où on se perd. Complètement et où on se noie aussi et on ne sait pas par où prendre les choses.
On a l’impression qu’on est un peu perdu et qu’on est constamment en train de construire. Et puis deux ans après, on me dit que ça fait deux ans que je suis en train de construire et de m’installer. Mais qu’est-ce que j’ai fait pour moi en tant que personne, en tant qu’individu et pas forcément en tant que maman, épouse ou femme d’eux? Donc il y a un risque, comme tout cela peut prendre du temps, qu’on s’oublie un peu et mon rôle aujourd’hui, enfin mon objectif plutôt aujourd’hui, c’est vraiment de permettre à ces personnes de rester aussi connectées avec soi-même et focussées sur ce qui est important pour soi en tant qu’être humain, à part entière et avec nos valeurs, nos envies, nos besoins. Une fois qu’on a retrouvé son équilibre de vie, on peut aussi réinventer son parcours, peut-être se créer son propre job, qui peut être un job nomade, par exemple.
Toi, tu parles des expats de preneurs. Oui, exactement. J’aime bien ce terme-là parce qu’en vrai, Souvent, être entrepreneur, ça peut, quand on est en Europe ou quand on est à la maison, ça peut être comme un rêve, mais qui peut paraître inaccessible parce que ça demande des grandes capacités financières d’investissement. On a toujours l’impression qu’il faut voir les choses en grand. Et aujourd’hui, en tant que conjoint d’Expat, je trouve que c’est un peu Un bon moment en fait, parce qu’on est plus cool, on a peut-être, il ne faut pas se mentir non plus, dans certains cas quand même une pression financière moins importante, donc on a plus le temps.
Et il faut se rendre compte aussi qu’être entrepreneur et démarrer son activité de nomade, Ça ne veut pas toujours dire devoir louer un bâtiment, engager 12 personnes et avoir justement un grand investissement financier. Il suffit de nous, des bonnes idées et de démarrer et on peut démarrer petit. Et quand on est conjoint d’expat, on a cette chance et cette opportunité d’avoir le temps de démarrer petit en étant en connexion avec ce qu’on aime faire et ce qu’on veut faire depuis toujours, ce qu’on ne se serait peut-être pas donné l’occasion et la chance de faire dans une vie plus classique en restant en Europe, que ce soit en Belgique ou en France. Et puis dernier point, à ne pas zapper la préparation au retour. Lorsqu’on a un peu le temps, il faut bien le préparer.
Quand on a moins le temps, il faut un peu le subir. Là aussi, c’est une étape importante. Oui, de la même manière qu’en fait on croit que c’est facile parce qu’on retourne à la maison, mais en vrai non parce que, après ça dépend le nombre d’années qu’on a fait à l’étranger, mais c’est plus la maison en fait et donc même si on a la pression peut-être on va retrouver sa maison d’un point de vue physique, son toit, ses murs. Mais tout a changé et puis surtout, nous aussi, on a changé. L’expatriation, ça change, ça change le mindset, ça change l’état d’esprit, ça change l’équilibre, ça change plein de choses.
Et quand je parle d’équilibre, je parle d’équilibre aussi familial. Et donc, il faut se refaire une vie vraiment dans ce monde qu’on croit être le nôtre, qu’il l’est toujours, mais dans lequel il va quand même falloir se réadapter. Et donc, là aussi, c’est vraiment important d’être à l’écoute de soi et d’accepter que ça va être différent d’avant. Ça, c’est la première étape. Alors si vous êtes prêt à entamer votre transformation, vous pouvez contacter mon invité du jour, Caroline Mathieu, sur son site internet.
Merci Caroline. Un petit mot sur ta vie au Sénégal? Tu connaissais, tu disais, tu étais déjà venue. C’est quoi le gros atout et le gros défaut? Tiens, pour conclure.
Le gros atout, le sourire des gens et le climat. On est dans un climat vraiment très agréable, 9 mois sur 12, donc ça c’est vraiment chouette. Mais au-delà de ça, c’est vraiment le sourire de la population partout où on va. Le gros défaut, c’est le bordel, pardon pour le mot, mais c’est vraiment un gros bordel dans les rues. Du coup, il y a beaucoup de trafic et il peut y avoir du coup un taux de pollution assez élevé.
Donc ça, c’est vraiment le côté triste du pays, mais c’est un magnifique pays avec des gens vraiment adorables. Il y a aussi plein de choses à voir et plein de choses à faire des concerts de Dakar. Donc, c’est vraiment une chouette. On a beaucoup de chance de vivre ici. Merci beaucoup pour ton témoignage et si notre coach invité du jour vous inspire, n’hésitez pas à la contacter de notre part.
Belle journée à toi. Un grand merci Gauthier. Belle journée à toi aussi et belle journée à tous.

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Podcast n°2643 (février 2026)

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